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Addiction, BD, Couple, Femmes, Historique, Musique, Sentiments
Paris, période de l’Entre-deux-guerres.
Une femme belle et audacieuse. Elle sera la muse et la compagne de Man Ray durant plusieurs années, elle travaille comme modèle auprès de Maurice Utrillo, Foujita, Maurice Mendjisky (voir Wikipedia
)… côtoie Pablo Picasso, André Breton, Jean Cocteau… il s’agit d’Alice Prin alias « Kiki », la Reine de Montparnasse.
Les deux premiers chapitres ont l’espièglerie de l’enfance. De la finesse est présente dans la description de cette jeune fille qui surprend déjà par sa spontanéité et sa perception des choses, des gens.
« On ne peut pas savoir quelle tristesse peut envahir le cœur d’un enfant qui n’a pas de père, dont la mère est au loin et dont la seule tendresse vient d’une grand-mère » (extrait de la chronologie de Kiki insérée en bonus de l’album ; source : les Souvenirs de Kiki qui recueillent ses mémoires). Cette gosse-là m’a fait le même effet que lorsque j’ai vu La Môme interprétée par Marion Cotillard, un personnage rustre mais si touchant qu’on lui passe ses frasques et ses caprices. L’impression reste la même lorsqu’elle vit une nouvelle rupture en 1913, elle a alors 12 ans. De nombreuses ruptures sont parsemées dans sa vie d’artiste et de femme.
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Mais si Kiki est la muse d’une génération qui cherche à évacuer la gueule de bois de la Grande Guerre, elle est avant tout une des premières femmes émancipées de ce siècle. Au-delà de la liberté sexuelle et sentimentale qu’elle accorde, Kiki s’impose par une liberté de ton, de parole et de pensée qui ne relève d’aucune école autre que celle de la vie
peut-on lire sur le site de Catel.
De tout cela, je ne connaissais rien du tout, excepté certains artistes connus. Cela faisait même plusieurs années que je ne m’étais pas penchée sur cette période, je me souviens aussi des cours d’Histoire du Collège ou du Lycée où il était question de la vie artistique des Années folles, celle des années 1930… le contexte politico-économique.
En me relisant, je me rends compte qu’on pourrait facilement croire que j’ai savouré ce titre. Mais ce n’est pas le cas. J’ai aimé l’ambiance, j’ai adopté cette femme qui m’a beaucoup fait penser à Edith Piaf : elles sont presque de la même génération, chacune avec son homme, les amis qui passent naturellement de la sphère privée à la sphère professionnelle sans ambiguïté et les drogues : alcool, stupéfiants. Les airs de Piaf m’ont accompagnée durant la lecture, d’autant plus que les dessins de Catel font écho à la manière dont Piaf chantait sa ville : Paris.
Pourtant… pourtant, une fois encore la découpe en courts chapitres. 30 chapitres (!!) pour 368 pages… ce qui fait une moyenne de 12 pages par chapitre !!! C’est beaucoup trop court pour moi, cela donne le rythme adéquat au récit mais en contrepartie, cela saccade la lecture. On repart en douceur au début de chaque chapitre, la mélodie s’emporte et le lecteur est embarqué par l’ambiance Kiki : les bals, les projections, les cafés en terrasse… et de nouveau la même cassure et le même mouvement de musique.
Pourtant… même les 42 pages de bonus -comprenant une chronologie de Kiki, des notices biographiques des artistes croisés dans l’album et une bibliographie des ouvrages consultés par Catel & Bocquet pour réaliser Kiki de Montparnasse- que j’ai lues dans leur intégralité ne me font pas revenir sur ce sentiment d’une lecture en demi-teinte. La présence de chapitres à foison me gêne, même constat récurrent et fait récemment sur Les Faux visages.
Pourtant… une dernière fois, les dessins de Catel servent à merveille cette biographie. Cet album a reçu le Fauve FNAC-SNCF – Prix du public à Angoulême en 2008.
Une lecture que je partage avec Mango et les lecteurs du mercredi
J’ai lu l’album dans sa totalité. Sans rechigner dans la lecture, sans rechigner lorsqu’il s’agissait de poser le livre pour ranger ou dormir. Déjà, la lecture se délite, ma mémoire focalise sur plusieurs moments qui m’ont marqué, mais cette étrange contentement de me dire que je peux le ranger à sa place dans la bibliothèque sans envie de le relire. Quoique… à l’écriture de cet article et toujours en compagnie d’Edith, je me dis que la sensation que m’a laissée cette lecture ne peut que se bonifier…
La chronique de Lunch, de Lorraine et de Gridou.
Un blog consacre une de ses Catégories à Kiki.
Extraits :
“Faut qu’tu saches ma princesse… les princes charmants, ça existe que dans les contes. Dans la vraie vie, ‘y a que des crapauds” (Kiki de Montparnasse).
“- Vous allez poser ici.
- Je me déshabille ?
- Non, ce n’est pas la peine.
- Je peux si vous voulez. Il fait chaud ici.
- C’est votre visage qui m’intéresse. Mettez-vous de profil.
- Avec ma gueule à couper le vent ?
- Elle est à couper le souffle… Comme une déesse Grecque » (Kiki de Montparnasse).
“D’ailleurs s’il me demandait de jurer fidélité et toutes ces fadaises, peut-être bien que je me laisserais faire. Toute à lui, rien qu’à lui. C’est pas forcément contre ma nature. Mais pareil dans l’autre sens. Tout à moi, juste à moi. C’est la moindre des choses qu’on soit dans la même prison” (Kiki de Montparnasse).
Kiki de Montparnasse
Éditeur : Casterman
Collection : Écritures
Dessinateur : CATEL
Scénariste : José-Louis BOCQUET
Dépôt légal : mars 2007
ISBN : 2203396210
Bulles bulles bulles…
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Une biographie en Bd qui pourrait servir de base à un film ? je ne suis pas tenté après ce que tu en dis .
Je suis assez ambigue sur cette lecture. Je le reconnais volontiers. J’ai plus adhéré à l’ambiance et aux personnages qu’à la manière dont l’album était construit. Ce second point m’a gênée durant la lecture
J’ai beaucoup appris sur cette période et ce milieu en lisant cet album et c’est sûrement ce qui m’a le plus plu. Cette Kiki a eu une vie peu commune et donc forcément intéressante. Par contre, je n’ai aucun souvenir de la découpe en chapitres, comme quoi, cela n’a pas du me gêner
Je crois qu’en ce moment, je cherche de la fluidité dans ms lectures. J’ai l’impression de me répéter d’une chronique à l’autre concernant les ouvrages et leur construction. Mais bon, ça m’a agacée ici, ce va et vient permanent qui nous empêche de tourbillonner au même rythme que Kiki
Moi je suis bien tentée par contre car je ne connais pas cette femme ! Et je remarque que toutes les deux nous présentons aujourd’hui une BD sur Montmartre et sa bohème !
Que présentes-tu ??? J’arriiive ! ^^
Cette BD me tentait et lire ton billet m’a vraiment donné envie de l’acheter. Merci Mo’ !
J’ai pourtant eu du mal à construire cet écrit et faire la part des choses entre le fond et la forme. Ravie d’avoir piqué ta curiosité cependant
Tu me surprendras encore longtemps comme ça !!!
Un bien beau billet , allé, je clique sur “Play” , me laisse embarqué par la foule , je ne freine pas la roulette de ma souriiiis et parfois celle ci semble s’évader sur les bulles bulles bulles
Pourquoi je te surprends ici ?? Notre avis est finalement assez proche sur cet album ^^ Essplik
J’aime énormément cette période de l’entre-deux guerres, le destin de cette femme a l’air passionnant… Dommage que ton ressenti soit si mitigé, je le note quand même dans un coin de ma tête, d’autant plus que j’ai souvent croisé cet album dans les bacs ! -
Oui, son parcours est passionnant et cette période de l’histoire m’a toujours captivée. Les gens semblaient si vivants malgré leurs difficultés !!! Mon grief tient essentiellement à la découpe en chapitres. Ils sont bien trop courts, je trouve que ça nuit à la fluidité du récit même s’il ne souffre pas de confusions, pas de flash-backs alambiqués etc. J’espère que j’aurais l’occasion de lire ta critique un jour ou l’autre
J’ai souvent hésité avec cet album depuis sa sortie. Ton avis “entre deux eaux” me laisse une fois de plus en plein dilemme !
Mdr. J’ai moi aussi mis très longtemps à venir à cet album pour cette raison. Lorraine me l’avait conseillé fin 2009, j’avais toujours pris connaissance des chroniques mises en ligne depuis cette période et je restais toujours dubitative. OliV a présenté sa chronique lundi dernier, peut-être son écrit t’aidera-t-il à y voir plus clair ?… et une petite synthèse pour bientot ??
Le thème me tente beaucoup mais j’ai vu pas mal d’avis mitigés. J’essaierai de la trouver en biblio.
Oui, c’est le genre d’albums pour lesquels il est nécessaire de se faire son propre avis. Ici, le défaut principal que je lui reproche n’est pas réellement une gêne pour beaucoup de lecteurs. Donc à voir…
J’ai lu les 20 premières pages à la bibliothèque, mais ce n’est pas trop mon truc je crois…
C’est marrant ça, je ne t’imaginais pas du tout en “rat de bibliothèque” Yvan ^^ Je te voyais plutôt “librairie”. C’est amusant les représentations qu’on se fait des uns et des autres. Bon, sur ce commentaire hautement constructif, je m’en vais me préparer pour aller travailler ^^
Je comprends ce qui te gene dans cette BD mais j’ai toujours envie de le lire – l’histoire m’interesse.
Et tu fais bien de ne pas te raviser !!! Je pense que cet album te plaira. Je lirais ton avis avec intérêt
Si le rythme de la narration est aussi saccadé avec des cloisonnements aussi nombreux que tu le notes, je crois que je ne m’embarquerai pas dans cette histoire d’autant plus que les dessins ne me plaisent pas tellement mais ceci dit , si je la vois à la bibliothèque, il se peut aussi que je la choisisse pour me faire une idée.
Oui, cet effet donné par la découpe sèche en chapitre varie vraiment d’un lecteur à l’autre. Quoiqu’il en soit, le récit ne perd pas tellement en fluidité. C’est plus une question de rythme et à ce niveau, ce n’est qu’une question d’affinité personnelle. Pour ma art, je n’aime pas mais je ne souhaite imposer ce ressenti à personne
J’espère que j’aurais l’occasion de te lire sur Kiki
PS : Mango, il y a un soucis sur le lien pointé sous ton pseudo
C’est drôle. J’en garde toujours un super souvenir de cette lecture, appris beaucoup de choses aussi, comme toi, sur l’époque, sur la femme. Et aucun souvenir de cette construction saccadée, et pourtant je suis souvent gênée par les découpages tortueux de chapitres…
Ping : Roaarrr : (Fauve) Prix de la BD FNAC « Bar à Bd
Tiens, je suis surprise de cette avis en demi-teinte. Peut-être que je vais me lancer quand même
Le côté muse photographique m’intéresse !
Il n’est pas très facile d’accès cet album tout de même. Le dessin tout d’abord… il m’a tenue en respect pendant plus d’un an. Et puis, je reviens régulièrement sur la question de cette découpe frénétique en chapitres et même avec un peu de recul, l’impression reste toujours la même : ça m’a réellement gêné pendant la lecture. Allez… passes à la lecture et dis-nous ce que tu penses de cet album ^^
Les deux auteurs sortent un nouvel album dans la même collection le 14 mars. Ils retracent cette fois-ci la vie d’Olympe de Gouge, l’une des premières féministes qui a fini guillotiné en 1793. un pavé de 400 pages, je ne sais pas si je vais me laisser tenter…