Où le regard ne porte pas… (Abolin & Pont)

Où le regard ne porte pas
Abolin – Pont © Dargaud – 2004

Italie, début du XXème siècle.
Dans un petit village de pêcheurs, Lisa attend William qui a suivi ses parents venus de Londres. Son père rêve d’une nouvelle vie, ils ont quitté la ville pour s’installer à Barellito et vivre de la pêche.

William, Lisa, Nino et Paolo deviennent « copains comme cochons » et partagent, le temps d’un été, tout y compris ce petit quelque chose qui nous pousse à tourner les pages frénétiquement afin de savoir…

Pour l’occasion, j’ai eu envie de revenir sur un vieux coup de cœur.

Enfin, vieux… pas tant que ça puisque la série date de 2004. Mais je ne relis pas forcément tout, et cette série, je n’ai du la relire qu’une ou deux fois depuis. Où le regard ne porte pas… est une douceur, la meilleure des sucreries du rayon Confiseries, de la poésie mise en images.

Il y a peu de bandes-dessinées qui ont pour personnages principaux des enfants et qui, de plus, ont retenus mon attention. Je citerais Peter Pan de Loisel, bien sur, mais aussi Basil et Victoria, Bout d’Homme et Couleur de peau : miel. Celles-là, elles ont ce petit truc en plus d’indicible qui fait que ça fait la différence. Après, ma culture BD a des lacunes … oh comme j’aimerais les combler !

Ce présent tome est tout en rondeur, tout en douceur. Les personnages principaux (des enfants), permettent d’aborder des sujets graves de manière très juste, sans pour autant tomber dans la naïveté mielleuse.

La finesse de cette BD parvient à nous faire passer par plusieurs émotions et sentiments :
– la jalousie (Willy, Nino et Paolo aiment tous les trois la petite Lisa… une rivalité qui, à l’âge de 10 ans, n’est pas toujours simple à gérer),
– la peur de l’inconnu (cet inconnu différent, étranger qui débarque dans une vie bien ritualisée, une vie en huis-clos),
– l’espoir (de ce jeune père de famille qui rêve d’une vie meilleure pour sa famille),
– la tristesse voire la souffrance de se sentir rejeté,
– l’amitié…

Début du XXème, c’est aussi l’essor industriel et l’arrivée de l’automobile. On mesure la révolution que cela a pu apporter, les espoirs que cela représentait. On sourit en remarquant le décalage.

Un énorme travail a été fait par Olivier PONT. Les dessins de PONT donnent vie aux jeux de regards entre les personnages, on sent les yeux pétiller. Des regards remplis tour à tour de complicité, de sous-entendus, de méchanceté. Je regrette de ne pas le trouver plus souvent dans mes lectures des petits détails comme celui-ci, impalpable… sans autant de finesse. Beaucoup de cases sont muettes, mais les dessins zooment sur des regards qui se suffisent à eux-mêmes. Un regard qui donne sens à ce qui se vit, à ce qui se joue et à ce qui se dit.

PictoOKPictoOKJ’ai nagé comme un poisson dans l’eau dans la lecture de mes p’tites bulles. Ces enfants me parlent, ces personnages me touchent.

La nature du lien particulier entre les 4 enfants est tout à fait préservée dans ce tome, il garde toute sa part de mystère. Ce qui laisse le temps de découvrir les personnages et une irrésistible envie de lire le tome 2 pour comprendre.

Je suis particulièrement sensible à la question de l’amitié et la manière dont les auteurs ont su tisser des liens entre eux rend cette histoire tout à fait crédible. Les personnages seraient prêts à sortir du domaine de la pure fiction que cela ne me choquerait pas. Vraiment je trouve que ce tome est un petit bijou du 9ème Art. N’en tienne qu’à moi !

Le tome 2 est également sur ce blog.

Où le regard ne porte pas…

Tome 1 / Diptyque terminé

Editeur : Dargaud

Collection : Long courrier

Dessinateur : Olivier PONT

Scénariste : Georges ABOLIN

Dépôt légal : Janvier 2004

ISBN : 978-2205-05092-9

Bulles, bulles, bulles…

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Où le regard ne porte pas – Abolin – Pont © Dargaud – 2004

Auteur : Mo'

Chroniques BD sur https://chezmo.wordpress.com/

5 réflexions sur « Où le regard ne porte pas… (Abolin & Pont) »

  1. Je ne suis pas une grande fan de BD en particulier mais parfois je craque sur quelques unes et j’avais particulièrement sur celle là (et le tome 2) qui font donc parti de ma toute petite collection BD

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  2. J’ai envie que ma bibliothèque le commande!
    J’ai lu « DesSeins » de Olivier Pont et j’en garde un très joli souvenir et je pense que cette bande dessinée pourrait tout autant me plaire. Et ton avis me le confirme!

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    1. Vu la date de sortie de ce diptyque, je ne comprends pas que ta bibliothèque n’aie pas encore fait la démarche de se le procurer ! Fou ça !!
      Quant à « DesSeins », l’album a obtenu de belles critiques. S’il croise ma route, je n’hésiterai pas à le lire (le souci, c’est qu’il y a toujours un album qui me tente davantage :mrgreen: )

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