Des tics et des tocs

Au fur et à mesure, je constate que l’on devient complètement toqué par sa collection. Je m’explique.

Alors, il y a ça qui est rigolo :

Un peu tous les jours, quand l’envie de lire une BD arrive.

« Mmh, qu’est-ce que je me lis ? » dit-elle en son fort intérieur. « Allez, hop, zou, j’prends ça, ça
me dit bien … purée mais… merde… je n’arrive pas attraper cette BD ». Ben oui, il faut dire qu’elles sont un peu serrées les bougresses.

La choper par le haut de la tranche ? ben nan, ça l’abime. Faut la prendre à pleine tranche à pleine main mais purée que c’est serré. « Allez, en poussant un peu les autres je vais bien réussir à me faire une p’tite place pour mes doigts… mince alors, ce n’est pas assez… gniaa… arghh… humpfff… grrrrr ». Des fois ça fini même en « bon, qu’est ce que je peux lire d’autre ? ». Et très souvent, la bonne résolution, toujours la même : « bon, demain, il faut vraiment que je trouve fasse une descente dans les BD et que je les reclasse ». Comme si ça pouvait rendre élastique les étagères. Bah, on a bien le droit de rêver !

Ensuite, y’a aussi « tiens, je vais me lire une p’tite BD, j’ai les mains propres ? ». Et zou, tu te les laves et puis entre temps tu tombes sur un autre truc à faire, donc tu te les relaves parfois une fois, deux fois. Toqué.

Pareil, tu ne grignotes pas n’importe quoi quand tu bouquines, à croire que c’est la BD qui te dictes ton régime alimentaire. Tout ce qui est trop gras est proscrit.

Et puis il y a aussi ça :

Tu parles un peu autour de toi de ton dada, histoire de voir s’il y moyen de te découvrir un point commun avec un collègue par exemple. Quand cela arrive, c’est cool. Tu prêtes, on te prête, du coup tu découvres.

Mais c’est plus souvent le « non, je ne connais pas trop mais j’aimerais bien découvrir » que tu as en réponse.

Pour prêter tes BD a quelqu’un qui n’a pas l’habitude (une fois sortis des Astérix et Tintin qui reviennent le plus souvent), tu te fais passer pour une véritable maniaque. Passées les vérifications d’usage quant à la confiance que tu peux accorder à la personne histoire, ne serait-ce que pour avoir la certitude de récupérer tes bébés dans un délai raisonnable (ce qui varie énormément d’une série à l’autre… enfin… oui quoi… mais j’me comprends).

Il y a plusieurs cas de figure qui me viennent à l’esprit.

Le premier : « alors, je te prête ça, tu verras c’est sympa… par contre… quand tu lis une BD, tu la tiens comment ? … ah… alors si tu veux vraiment que je te la prête je vais t’expliquer, tu l’ouvres pas à plat parce que ça fait craquer la colle de la planche et après les pages se barrent… enfin, tu fais gaffe quoi… ».

Je pense aussi à « Tu as des gamins non ? Oui, alors si tu pouvais ne pas laisser l’album trainer n’importe, ça serait cool… enfin, tu gères quoi mais bon, écoutes, en fait je vais te prêter ça pour commencer, ça devrait te plaire et tu me diras … je verrais pour te prêter ça ensuite ». Il y a quelques séries auxquelles je tiens moins, principalement du fait que les tomes qui la constituent ne sont pas des premières éditions. Toquée.

Pareil au moment d’acheter, tu ouvres délicatement, puis tu humes le fumet de la BD neuve. L’extase c’est quand on entend les tous petits craquements de la BD que l’on ouvre pour la première fois… le pied. Le nec plus ultra, c’est quand ton libraire adoré va te la chercher dans l’arrière boutique et que tu la récupères dans une petite poche plastique de protection… là, l’extase, c’est à la maison, dans le canapé, parce que tu es même le premier à mettre tes gros doigts boudinés dessus… toquée.

Ou alors il y a aussi les situations, pauvre guignol dans le magasin, je retourne la BD sous toutes ses coutures, à l’affut du coin corné, de la grosse griffure sur une couverture ou d’un trou-du-cul qui aurait mis ses doigts plein du gras d’un kebab et qui aurait fait une grosse trace.

Ou encore les regards noirs que je jette aux guignols, jeunes et moins jeunes, qui bouquinent une BD à l’arrache en magasin et qui la tienne n’importe comment. Le plus souvent, je les vois assis en tailleur, la BD grande ouverte sur les jambes, en train de manger un gâteau qui fait des mies à gogo. « Que lit-il lui ? … mmh… pauvre BD… m’enfin je m’en moque, je n’aime pas ce style de BD… mais quand même ». Bref. Des choses hyper constructives.

Ensuite, je pense à la bagarre hebdomadaire avec tes charmants bambins. J’en suis venue à une forme de chantage du style : « si tu veux lire les BD de papa et maman, il faut manger tout tes légumes pour devenir aussi grand que papa ». NA ! Ça laisse le temps de voir quand on sait que le pitchoun a 3 ans et que le second (3 mois) n’est pas encore en âge de demander.

Toqués aussi les déménagements et tes cinquante-mille cartons de BD. Pas trop gros, parce que tu ne pourrais pas les porter. Pas trop petits parce que sinon, il y aurait quarante douze mille cartons en plus. Juste ce qu’il faut pour que les cartons puissent être portés de manière efficace, sans que l’on ait envie de les jeter dans le camion… parce qu’il faut les poser délicatement ces p’tites choses, sinon ça abime le contenu. Généralement, c’est même toi qui gère les cartons BD ou alors c’est que tu as briffé tous tes potes sur le portage des cartons BD et que le mot BD est écrit dessus en gros, sur toutes les faces du carton bien sur !

La constitution des cartons aussi : essayer au maximum de ne pas casser les séries. On court droit dans le mur car, quand il reste de la place pour 3 BD et sachant que cette série se range à côté de telle autre (et que je  serais bien contente en ouvrant le carton de les retrouver ensemble pour les reclasser) mais que, manque de bol, la série en question comporte 7 tomes…. Moi je dis que les BD font travailler les neurones !

Le truc sympa aussi c’est aussi quand il y a du monde à la maison. Le collectionneur de BD ou l’Art de l’accueil. Je m’explique.

« Passes à la maison ce soir, on se fait une petite bouffe ! ». Les copains arrivent, toi tu as laissé une BD traîner sur la table du salon et, au moment de l’apéro, tu bondis comme un diable d’une boite pour ôter la BD avant que ton pote n’ait eu le temps de poser son verre ou sa binouze dessus.
« A part ça, tu es toujours le bienvenu tu sais ! ». L’autre te regarde du style « c’est bon, c’est une BD quoi ! Il ne faut pas exagérer… ».

Et bien si en fait, c’est justement parce que c’est une BD qu’on ne pose pas son gros verre dessus ! Encore pire, sa bière bien fraîche sortie du frigo ou la condensation dégouline. Sacrilège ! M’enfin !

Ou alors quand des malheureux ont décidé de passer leurs vacances chez toi et que tu vois l’inculte prendre une BD pour s’en servir comme d’un support pour écrire une liste de course. « Mais ça va pas la tête ??? Tu fais quoi là ??? Tu n’as pas l’intention d’écrire dessus tout de même ??!! ». Non mais.

Ou bien : « Je voulais juste te dire que tu n’hésites pas si tu as envie de lire une BD ». Par contre, je me vois souvent reprendre le laïus de 2 heures sur comment ouvrir un album, comment le manipuler. Quand la lecture est finie, comment poser le tome sur des supports bien à plat… blablabla. Et puis surtout « tu regardes bien où tu prends la BD, car c’est exactement au même endroit qu’elle se range !… si tu ne retrouves plus, tu la mets de côté je la rangerais moi-même » (ben oui, on est jamais aussi bien servi que par soi-même).

Je n’ai jamais eu à préciser que l’on ne cornait pas les pages des albums pour pouvoir ensuite reprendre sa lecture à l’endroit où on l’a interrompue. Cela me semble du bon sens.

Deux écoles s’affrontent aussi : ceux qui embarquent les BD dans les toilettes et ceux qui n’embarquent pas les BD dans les toilettes. Etant de la seconde, je profite des BD qui sont embarquées par d’autres dans les toilettes… ce n’est point ma responsabilité si malheur il arrivait !

Je pense enfin au rangement. Situation rare, mais qui n’est pas exceptionnelle non plus : quand il est plus que nécessaire d’augmenter la capacité de rangement des bandes-dessinées. Moi, j’ai le réflexe Ikéa… les Billy font très bien l’affaire (c’est pile poil le bon écart entre les étagères). De plus en plus, j’envisage tout de même que la solution de faire soi-même ses rayonnages est plus sympa. N’en reste pas moins qu’il y a bougrement de monde qui achète des Billy, cela signifierait-il que les fans de BD représentent une part conséquente de la population ? Une entité à part entière ?

Bon, l’heure est grave.

Quand l’idée m’est venue de parler de mes tocs de bédéphile, je pensais avoir peu de choses à relater. Et puis de fil en aiguille, à force de s’amuser à écrire ce post, je me rends compte que la liste est conséquente !!

Brr… soupir… Quelqu’un pour me soutenir ??

Auteur : Mo'

Chroniques BD sur https://chezmo.wordpress.com/

3 réflexions sur « Des tics et des tocs »

  1. Nan! T’es trop maniaque, pas de soutien! Mais c’est vrai que j’ai failli tuer ma mère qui à (attention je préfère prévenir ton âme sensible que ce qui suit est de l’horreur pure:)ouvert au cutter un carton de BD en entaillant la couverture de ma trilogie Nikipol (payée avec mes petits boulots d’étudiante) de 12 bons centimètres… (je t’avais prévenue, c’est hard;)

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