BitterKomix (Collectif)

Bitterkomix

De la bande-dessinée qui sort un peu de mes lectures habituelles, mais il est vrai que ces derniers temps, l’envie de lire autre chose était prégnante. BD un peu différente également puisque les planches présentées ont initialement été publiées dans une revue de BD sud-africaine… et que cela fait des lustres que je n’ai pas lu de revues de BD (je suis une nostalgique inconditionnelle des Fluides des années 80-90…).

L’idée que l’Association publie un recueil des meilleures parutions de Bitterkomix s’est fait progressivement.

Au départ, passage à l’An 2000 oblige, l’Association monte le projet COMIX 2000 : album de BD muettes de 2000 pages dessinées par des auteurs de 29 pays différents.

Dans ce contexte, Jean-Christophe MENU réceptionne notamment les planches de la revue Bitterkomix. Trois auteurs sud-africains sont alors repérés : Anton KANNEMEYER qui signe sous le nom de Joe DOG, Conrad BOTES qui signe sous le pseudo de KONRADSKI et Mark KANNEMEYER qui signe sous le pseudo de Lorcan WHITE. Tous trois sont Afrikaners. Tous trois ont grandis en Afrique du Sud et vécus quelques années en Europe.

Tous trois ont une dent monstrueuse contre le système éducatif dans lequel ils ont grandis. La revue Bitterkomix voit le jour en 1992 alors qu’ils usent leurs fonds de culotte sur les bancs de la FAC.

Extrait de l’article d’introduction rédigé par JC MENU :

Propos de JC MENU

Un article de Gregory KERR explique très bien comment les jeunes blancs sont pris en charge par Les Jeunesses Volontaires.

Les points de similitudes à d’autres mouvements (détestables) d’enrôlement des jeunes sont nombreux : la pratique religieuse y est prônée, le respect de l’autorité (en premier lieu respect de l’autorité paternelle mais il y a toute la clique qui s’en suit : culte, système éducatif, armée), l’exclusivité raciale (les blancs sont les leaders naturels du pays) et conformisme sexuel (les blancs avec les blancs, seule l’hétérosexualité est acceptable…)… un système que l’on envie à personne.

La revue BITTERKOMIX fait polémique…

Les auteurs y déversent tout le mépris qu’ils ont à l’égard de ce système de pensée.

© 2008 – Joe Dog, Conrad Botes & L’Association

L’Association rassemble donc 15 années de revue Bitterkomix dans cet ouvrage.

Ce recueil nous parachute dans une société aux rouages quelques peu grinçants et nous offre un bel aperçu des moments les plus marquants de la revue et du collectif Bitterkomix depuis sa création. Mélange de planches en couleurs et de planches en noir et blancs, apports de travaux effectués dans le cadre d’expositions…. le style est pour le moins spartiate et éclectique, traitant des problématiques politiques, raciales… le tout ayant bien fermenté dans un bain d’apartheid.

Les œuvres présentées sont agrémentées de trois articles, dont un rédigé par Jean-Christophe MENU (membre fondateur de l’Association), qui aident énormément à la compréhension du contexte social des auteurs. La présence de ces articles estompe légèrement le côté violent, voire glauque à certains moments, des travaux contenus dans cet ouvrage.

Y transpirent les influences de la BD internationale, et européenne en particulier… Tintin… revue et corrigé, injecté dans les planches, non pour lui rendre hommage mais pour pointer du doigt le caractère racial qu’il contient.

PictoOKCe recueil est réellement intéressant et permet de voir ce qui se fait un peu ailleurs…

D’autres en parlent aussi : du9, Amba TILL.

En 2009, le Festival d’Angoulême a consacré une expo à cette revue… Joe DALY, un des auteurs mentionnés dans cet ouvrage, est l’auteur de The Red Monkey.

Bitterkomix

Éditeur : L’Association

Dessinateurs / Scénaristes : Collectif d’auteurs

Dépôt légal : février 2009

ISBN : 9782844142863

Bulles bulles bulles…

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Bitterkomix © 2008, Joe Dog, Conrad Botes & L’Association

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15 commentaires sur « BitterKomix (Collectif) »

    1. oui, complètement. A ne pas lire d’une traite en revanche mais il m’a permis de découvrir tout un univers BD que je ne connaissais pas (bédé sud-africaine, underground). Un humour assez spécial quand même ^^

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  1. C’est le moins qu’on puisse dire, c’est vraiment très spécial ^^’ mais en effet en en lisant par petites doses de temps en temps comme ça, ça passe plutôt bien ^^

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    1. oui, c’est vrai qu’à dose homéopathique ça passe bien. J’ai quand même été écœurée par certaines scènes (celle qui m’a marquée, c’est la scène où la petite fille se fait violer par son père). Enfin, il faut doser son humour : entre les scènettes à prendre au premier degré et celles à prendre au 15ème… sacrée gymnastique de l’esprit ^^

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  2. Je te rassure ça m’a pas mal retourné également, il faut dire aussi qu’on voit ça de notre point de vue avec nos habitudes et autre donc c’est forcément plus choquant je pense. Mais comme tu l’as si bien dit, les explications de Menu aident quand même à mieux comprendre le contexte et le pourquoi du comment.

    Mais c’est clair qu’il vaut mieux pas tout prendre au premier degré lol

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    1. mdr, j’avais poursuivis avec d’autres albums mais je n’ai pas parlé de tous ici. Certains me laissent vraiment perplexe. Mais ici, il y a The Red Monkey de Joe Daly. De plus, en faisant des recherches pour insérer des liens dans mon billet de Ma mère était une très belle femme, j’avais été étonnée d’apprendre que Karlien de Villiers a fait partie du collectif de Bittekomix. Pas du tout le même style, j’ai du mal à imaginer ces productions dans ce cadre à vrai dire

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  3. Au niveau du dessin de Karlien de Villiers (d’après ce que j’en ai vu hein) je trouve que ça collerait bien dans Bitterkomix, du coup tu piques ma curiosité et je vais tacher de m’intéresser un peu plus à elle et son travail ^^

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    1. je piques peut-être ta curiosité mais je t’imagine mal accrocher à De Villiers. Peut être parce que je suis un peu mitigée parce rapport à ce que j’ai lu d’elle (un album… je ne vais pas généraliser non plus ^^). J’avais mis un pouce levé mais j’ai toujours reconnu ma difficulté à critiquer des récits autobiographiques (partant du principe qu’il est toujours possible de critiquer la forme du récit, j’ai du mal à critiquer le fond ; les choses se sont passées comme elles sont pour l’auteur, personne ne peut revenir sur son passé, c’est un partage et rien d’autre… pour moi, l’expérience « réelle » n’est pas critiquable (j’espère que tu me suis parce que j’ai du mal à le formuler ^^).
      Voilà, tout ça pour dire que j’ai du mal à t’imaginer lire cette auteure (fais moi mentir lol ^^) mais c’est un peu comme moi et les univers post-apocalyptique (tiens, sur ton bon conseil de mai, j’ai débuté l’aventure Mutafukaz)

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  4. Je te suis tout à fait, on est sur la même longueur d’ondes ^^

    C’est vrai que tout ce qui est autobiographique c’est jamais vraiment évident et j’en lis rarement (mais j’avais beaucoup aimé couleur de peau : miel quand je ‘lavais lu ^^).

    Après je ne sais pas si j’adhérerais ou pas à ce qu’elle fait, mais si j’en ai l’occasion, je pense que je tenterai le coup. Mine de rien c’est un gros avantage d’avoir le sens critique d’une huître avariée (ce qui est mon cas) c’est qu’en général on est rarement déçu de ce qu’on lit, regarde…etc. et mine de rien c’est un gros plus ^^

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    1. mdr. Je crois plutôt que ton point fort, c’est de parvenir à laisser de côté les avis que tu as pu lire à droite et à gauche et ainsi entrer complètement « neutre » dans la lecture ». De mon côté, quand je note un titre dans ma LAL ou que je l’intègre à ma PAL (deux abréviations barbares quand même ^^), je crois que je ne parviens pas à moduler mes attentes à l’égard de l’ouvrage. D’où les déceptions…

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      1. Je me laisse quand même influencer, puisque lorsque je m’achète des BD (là ce mois-ci ça a pas arrêté par exemple lol) c’est généralement que j’en ai vu des avis très positifs et si je lis des mauvais échos en général je fais l’impasse.

        C’est le problème justement des avis très (trop) positifs, quand on te dit monts et merveilles sur quelque chose, tu t’attends à ce que ce soit extraordinaire et même si ça révèle bien au final, c’est pas la merveille que tu attendais.

        Mais c’est vrai que de ce côté là j’ai de la chance, vu qu’en général ça n’influe pas vraiment sur ma lecture. Au contraire, ça m’a parfois permis de passer outre certains préjugés que j’avais à l’écart de certains dessins et de découvrir des auteurs que je n’aurais jamais lus sinon ^^

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        1. ouais… ah, j’aimerais bien moi que mon environnement de travail ce soit des piles et des tonnes de livres ^^ Bon, je fantasme certainement sur une réalité qui est beaucoup moins fleur bleue mais bon… ce petit « Bar à BD » est un moyen de créer quelque chose virtuellement que financièrement je ne peux pas me permettre

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  5. C’est bel et bien mon environnement de travail, il y a des livres partout et c’est génial. Le gros bémol c’est qu’on a pas le temps de lire tout ce qu’on voudrait -_-‘ (moi mon rêve ce serait d’être comme Gaston Lagaffe avec une méga construction en livres dans laquelle je pourrais dormir et lire tranquille mdr)

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    1. il faut inventer le statut de lecteur professionnel je crois. Être payé pour lire… le pied ! 🙂 Bon, il faut que je redescende un peu sur terre quand même ^^

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