A l’Ouest de Tokyo (Naïto)

A l'Ouest de Tokyo
Naïto © Carabas – 2004

Michan et Naïto sont mariés depuis peu, bien qu’ils se connaissent depuis 7 ans. Le plaisir d’être ensemble et de s’aimer s’émaille progressivement. Une forme de routine tue leur relation à petit feu.

Naito est mangaka, Michan travaille dans une entreprise. Leur maison est le lieu de leurs retrouvailles quotidiennes, leurs horaires décallés ne leur permettant pas de s’aimer comme ils le voudraient. Ils apprennent progressivement à trouver des repères de vie malgré ces contraintes, ils pensent avoir trouvé une harmonie quand soudain… tout bascule.

Une vie faite de petits riens, où se côtoient pèle-mêle des moments de bonheur et des périodes de doutes. Une certitude de pouvoir compter sur l’autre à tout jamais, émaillée par une peur au ventre quant à l’idée de perdre l’autre. Tout comme Gainsbourg, un  » Je T’aime, moi non plus  » résumerait bien des choses.

Entre habitude et lassitude, Yamada NAITO nous décrit sa perception spéciale du couple.

C’est la première BD que je lis d’une auteure mangaka. Le rythme est différent des mangas que j’ai lu jusqu’à présent et je dois dire que le style de NAÏTO prend au dépourvu. Tout d’abord, j’ai eu l’impression de ne pas y comprendre grand chose. Le récit est assez saccadé. Les passages passé-présent sont mal marqués. On passe d’une scénette à l’autre sans transition. On saute d’une discussion entre deux personnes à une réflexion/pensée intime de Michan ou de Naïto, sans avoir eu le temps de dire « Ouf ». On voit les personnages nous livrer leurs inquiétudes, leurs angoisses, et cette introspection s’arrête brusquement pour partir sur l’assaisonnement d’un plat de pâtes ou la nécessité d’aller faire pisser Mirza !! On ne gère rien et on ne situe pas ce qui est du passé, du présent ou du futur.

Bref, cette forme de récit est assez atypique et le graphisme l’est tout autant. On reconnaît mal les personnages, souvent méconnaissables d’une case à l’autre, souvent androgynes aussi.

Quelle désagréable impression de ne rien maîtriser du récit.

L’originalité de l’album tient au fait que Yamada utilise des photos pour ses fonds de cases. Parfois les photos restent brutes, parfois l’auteur accentue d’un coup de crayon certain reliefs ou certains détails architecturaux. Les personnages sont superposés sur ces fonds, de manière plus ou moins harmonieuse. Des dessins au crayons gras, des aquarelles… se côtoient dans les planches. Est-ce là un style qui va se développer ?

Ais-je aimé ? je suis incapable de le dire ! Je ne crois pas. Je suis incapable de savoir si j’ai lu une réflexion sur le sens de la vie, le sens des valeurs, le sens du partage ou si c’était un essai philosophique ? Ce qui est certain, c’est que cette lecture ne laisse pas indifférent.

Une interview de l’auteur.

Extrait :

« Si parfois une angoisse me prend, ce n’est pas le fait d’être seule… c’est plutôt de ne plus penser qu’on est deux personnes différentes. Comme mes parents qui ne s’en apercevront qu’à la mort de l’un d’eux  » (A l’Ouest de Tokyo).

A l’Ouest de Tokyo

One Shot

Éditeur : Carabas

Collection : Alternative

Dessinateur / Scénariste : Yamada NAÏTO

Dépôt légal : octobre 2004

ISBN : 2-914203-67-5

Bulles bulles bulles…

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A l’Ouest de Tokyo – Naïto © Carabas – 2004

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