Ma mère était une très belle femme (De Villiers)

Ma Mère était une très belle femme
De Villiers © Ça et là – 2007

Karlien De Villiers retrace son enfance en Afrique du Sud.

Entre journal intime et critique de société, nous revivons avec elle le chemin parcouru de sa naissance à ses 12 ans.

Le prologue et l’épilogue quant à eux se passent en 2000, date à laquelle elle revient en Afrique du Sud après deux ans d’absence.

Jusqu’à présent, mes lectures sud-africaines s’inscrivaient dans la mouvance Bitterkomix (Karlien a d’ailleurs publié ses premières histoires dans la revue).

Dans Ma Mère était une très belle femme, le ton posé est assez conventionnel et très  » politiquement correct « . Un témoignage personnel qui nous permet de nous rendre compte des événements qui ont animés l’Afrique du Sud du début des années 70′ à 1987, l’agressivité et les tournures incisives des Bitterkomix en moins.

Quoiqu’il en soit et quel que soit le style employé par les auteurs afrikaners, des thèmes similaires : Apartheid, racisme, religion, couple parental à la dérive, toute puissance des Blancs, contexte politico-économique instable et insécurisant. Des jeunes issus de familles afrikaners (attachées à leurs privilèges) qui grandissent dans les convictions de leurs parents alors que les médias véhiculent des informations parfois contradictoires.

Le contexte socio-politico-économique rythme donc le récit qui, quant à lui, décrit la quotidienneté d’une famille afrikaner de l’idylle de ses parents (au moment de leur rencontre) à la scolarité de Karlien, en passant par l’influence de sa sœur aînée sur son parcours (jalousies de petites filles, complicité et désaccords). Tout y passe, jusqu’au divorce de ses parents et la maladie de sa mère.

Qu’y apprend-on ? Peu de choses quant à l’aspect « vie quotidienne ». On sera choqué ici et là de certaines réflexions que la jeune fille nourrit naturellement comme, par exemple, le fait qu’il soit normal d’avoir accès à des bus réservés aux Blancs ou que les Noirs soient exclus de l’élite et destinés à des postes peu valorisants. De même, on approuvera plus ou moins la manière dont elle adhère à certains préceptes.

Pourtant, l’auteur ne se leurre pas et ne nous leurre pas. Elle ne cache pas l’étonnement qu’elle a eu, enfant, face à certaines réponses qui lui ont été apportées. Elle ne fera pas non plus l’impasse  sur l’écart entre les discours qui lui ont été tenus (mère, père, belle-mère, enseignants…)…. nous permettant ainsi d’accéder à un panel plus représentatif d’opinions (généralement très tranchées et incapables de toute remise en cause).

PictoOKDans la grande famille des autobiographies, on ne peut pas dire que ce soit celle à qui j’attribuerais mon plus grand coup de cœur. Mais au-delà de l’aspect personnel du récit, Karlien DE VILLERS nous brosse un portrait de société intéressant, une société en pleine métamorphose.

J’ai été incapable de retrouver le billet de blog qui m’avais fait découvrir cet ouvrage… qui l’a lu ?

Ma Mère était une très belle femme

One Shot

Éditeur : Ça et là

Dessinateur / Scénariste : Karlien DE VILLIERS

Dépôt légal : mai 2007

ISBN : 978-2-916207-18-6

Bulles bulles bulles…

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Ma Mère était une très belle femme – De Villiers © Éditions Ça et là – 2007

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9 commentaires sur « Ma mère était une très belle femme (De Villiers) »

  1. Total d’accord !!!!
    Un vrai grand coup de coeur pour cette BD très étonnante et d’une très très grande finesse. Les éditions ça et là sortent vraiment des superbes BD de sous les chapeaux de magiciens-éditeurs !!!

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  2. Je complète mon commentaire : cet album est avant tout une biographie de groupe de sa famille. L’idée principale n’étant pas de faire une analyse de la société sud-africaine post-apartheid mais de
    voir l’évolution d’une famille blanche moyenne dans une société qui change. Il y a un parallèle étonnant entre le délitement des valeurs racistes blanches et celui de la famille de l’héroine.

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  3. Oui mais en fait, ça traduit une réalité simple. Les familles (comme dans Marzi d’ailleurs) sont englobés dans cette évolution globale, elles ne voient pas les réalités qui changent autour
    d’eux.
    C’est un parti-pris certes, mais pas c’est suffisament efficace pour distiller une réalité.

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  4. Réalité tronquée ? Non, perçue plutôt. Ces auteurs parlent avant tout de leur enfance/jeunesse. Ils ne perçoivent que les « détails » de l’histoire propre. Les évolutions larges de la société
    apparaissent en filigrane dans leur récit. Mais c’est comme dans Lupus, le détail peu en apprendre plus que le récit lui-même 🙂
    Au bout du compte, ce n’est pas un livre d’Histoire mais l’histoire d’une personne ou d’un groupe. Si je racontais ma vie, ô combien intéressante pour le commun des mortels, je crois que les
    grandes étapes politiques de la France des années 80/90/2000 apparaîtrait finalement assez peu.

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  5. Oui mais dans Pilules Bleues, ce n’est pas le thème absolumment gigantesque de l’évolution politique d’une société… ça reste un thème unique, plus concret, plus facile à aborder qu’une évolution
    générale. Autant, dans Pilules Bleues ça touche directement la vie (ça la change même) autant dans Marzi ou Ma mère était une très belle femme, c’est indirect, diffus (j’ai un doute sur
    l’orthographe de ce mot là) très indirect. Comment en tirer des conclusions autre que générale ?

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  6. Ah je peux comprendre cette overdose !
    Ah le fameux bitterkomix… Un grand ami spé BD m’en a beaucoup parlé mais on est tous les 2 d’accord que ce n’est pas une lecture que j’aurais aimé donc j’ai passé mon chemin sur ce titre.

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  7. La personne dont je parle est libraire bd et me connait très très bien (on a vécu ensemble) 😀
    Et elle sait ce que j’aime ou pas. Bref, je sais que je n’arriverais pas à lire ce recueil malgré les louanges qu’il m’a fait. Mais je comprends le gout du risque et de la surprise que tu m’incites
    à prendre 😉

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