Dix de Der (Comès)

Dix de Der
Comès © Casterman – 2006

« Le Bleu » est un jeune soldat américain qui débarque dans les Ardennes belges en Décembre 1944. Sa Compagnie, a été appelée en urgence pour renforcer la présence des troupes alliées et tenter de tenir en respect les Allemands. Cet objectif s’annonce difficile à atteindre, d’autant qu’ils sont sous équipés en armements et vêtus d’uniformes inadaptés aux conditions hivernales.

« Le Bleu » est placé en planque dans un trou d’obus, au pied d’une Croix. L’attente commence, l’inquiétude et la tension montent. Soudain, Le Bleu entend des voix, se retourne, donne l’échange. Débute pour lui une étrange expérience au contact de Joseph, Manfred et Amédée… trois fantômes.

« Belote, rebelote et dix de der », le rideau se lève, la lecture commence…

On identifie au premier coup d’œil le trait de Comès : faciès, décors et contrastes de ses univers en noir et blanc réalisés à l’encre de Chine. Le noir, très présent en début d’album sur les fonds de cases (l’action se déroule de nuit au début) va s’estomper progressivement pour laisser place au blanc (de la journée qui commence et des paysages enneigés). Aux « gueules » des soldats s’ajoutent des regards perdus ou profonds, parfois mystérieux… on y plonge. Le voyage graphique est assuré, c’était prévisible, c’est Comès ! Et  rien qu’en regardant la couverture, un flot de questions déferle : ce soldat coiffé d’un casque marqué d’un pique, une allusion aux jeux ? Une issue de conflit qui doit son salut au hasard ? à l’enjeu d’une partie de cartes ?

De nombreux contrastes aident à la construction du scénario, à commencer par la rigueur militaire qui s’oppose au côté loufoque des fantômes. Un récit original, cynique, qui nous invite ouvertement à réfléchir sur l’absurdité de la guerre. Toute l’attention se centralise sur  » Le Bleu  » ; on se demande si son inexpérience, son angoisse, ne lui ont pas fait perdre la raison. Hallucine-t-il ?

Avec ironie, sarcasme parfois, l’auteur va ouvrir cette « tranche de vie »  d’un simple soldat de la Seconde Guerre mondiale à quelque chose de plus général. Cet individu va représenter une destinée collective : massacres des populations, exécutions de soldats, erreurs de tir…. Comès remue. Il pousse la provocation plus loin en critiquant de manière acerbe les dogmes du catholicisme qui deviennent ici dérisoires, chimériques.

Un scénario absolument génial où se mêlent absurde et fantastique.

PictoOKCet album a certes moins de puissance que Silence pourtant j’ai vraiment passé un bon moment de lecture.

Des liens : la chronique de David sur iddbd, reportage/interview de Comès sur Arte, interview de Comès sur Casterman et une présentation assez complète de l’univers de Comès sur La Marchande de nuages.

Autres albums de Comès sur le blog.

Extrait :

« Dieu notre « Saigneur » » (Dix de Der).

Dix de Der

One Shot

ÉditeurCasterman

Dessinateur / Scénariste : Didier COMES

Dépôt légal : octobre 2006

ISBN : 2203334959

Bulles bulles bulles…

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Dix de Der – Comès © Casterman – 2006

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10 commentaires sur « Dix de Der (Comès) »

  1. Bon je vois que cette fois-ci, ma proposition détournée à fait mouche 🙂 Je suis ravie que tu ais apprécié ! Sacré chute hein ! Me reste plus qu’à lire Silence, de mon côté ! 😉

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  2. Faut vraiment que je me mette à Comès, car les billets que j’ai lus sur Silence et sur Dix de der m’ont donné très envie. Avec le challenge BD, je vois trop de BD géniales, mon porte monnaie tire la tronche du coup xD

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