Ma voie de père (Hirata)

Ma Voie de Père
Hirata © Guy Delcourt Productions – 2010

Voici un grand mangaka qui se plie à l’exercice de l’autobiographie avec beaucoup d’humour.

Ma Voie de Père est un recueil de plusieurs nouvelles pré-publiées en 1990 dans un hebdomadaire japonais : Young Magazine. Jusqu’alors, l’auteur était coutumier des gekiga de Samouraïs (contexte : Japon féodal).

Dans ce riche recueil, il va s’amuser à décortiquer l’étymologie des idéogrammes et de la langue japonaise. Hirata se sert pour cela de thèmes aussi variés que : la politique, la parentalité, la culture, le respect, l’altruisme, le courage, la confiance… j’en passe. Le contenu est assez dense et très riche.

Il aborde tout cela à partir d’un événement du quotidien et selon l’humeur sera tantôt cynique, tantôt pitre, tantôt tyran… Il part toujours d’un fait assez banal et l’étire vers une question existentielle ou métaphysique, une réflexion plus philosophique…

Originale cette intervention en début ou en fin de chapitres de l’épouse d’Hirata qui tour à tour introduit, poursuit ou précise la réflexion amorcée par son époux (je n’ai jamais vu ça dans une autre BD).

Je souhaitais initialement découvrir cet auteur par le biais de L’Âme du Kyudo mais… vu le thème de l’album (et la présence récurrente de scènes de combats), j’ai opté pour une découverte plus en adéquation avec mes goûts de lecture. C’est donc mi-amusée, mi-intriguée que je me suis lancée dans cet épais petit recueil. Accueillie par un autoportrait caricaturé de l’auteur qui présente le contexte de création de ce qui va suivre, je dois dire que c’est avec le sourire que je me suis lancée dans la lecture. Le dessin est minutieux, fouillé… bref, ce qui saute rapidement aux yeux, c’est le soucis du détail dont fait preuve l’auteur.

Sur ce trait foisonnant s’applique un flot incroyable de dialogues, bulles de pensées, narration… Au début, on surfe agréablement sur la vague de la découverte, pensant prochainement pouvoir briller en soirée mondaine. Sur la durée en revanche, c’est saoulant et plus on avance, moins on retient… ou quelques bribes. Je suis allée jusqu’à insérer un marque page au niveau de la dernière page de la dernière nouvelle… les pauses dans ma lecture ne m’étant pas d’un grand secours. Pourtant le contenu est pertinent mais sa densité a eu raison de ma concentration… La principale raison : les décorticages d’idéogrammes que l’auteur effectue quasi systématiquement. N’étant pas addict à la culture japonaise au point d’avoir appris à la lire, à l’écrire et à la parler… j’ai vu danser deux nuits durant les petits idéogrammes au plafond de mon cerveau… leur proximité avec quelques petites araignées trainant ça et là n’a pas fait bon ménage.

Dans les nombreux bonus de l’ouvrage, une note des traducteurs qui m’a fait sourire. En voici un extrait :

« Hirata est pris d’un délire de sagesse sauvage. Il s’amuse à se prendre au sérieux. C’est déjà un délire pour le lecteur japonais qui n’aurait jamais imaginé qu’on puisse faire dire tout ça à quelques mots simples, mais pour le lecteur francophone, ça ressemblerait à quoi ? A priori, on pourrait se dire que traduire de l’étymologie sauvage en bande dessinée, c’est comme faire manger une carotte à un chat, c’est pas simple ».

Pour le reste des bonus de l’album : une histoire de 70 planches intitulée « On étouffe », un écrit d’Hirata intitulé « Terro Terro Terro Terro Terrobôzu » rédigé au lendemain des attentats du 11 septembre, quelques strips humoristiques, les commentaires de l’éditeur japonais (qui a tout de même misé gros quant à la légèreté du projet comme il était initialement posé) et une postface de l’éditeur retraçant la venue à Angoulême d’Hirata en 2009 et la prestation de ce dernier.

PictoOKUn album intéressant mais pour lequel je n’ai pas su adapter mon rythme de lecture pour que la lecture soit réellement agréable. Convient-il mieux de lire une nouvelle par jour pour répartir le flot d’informations ?

Une lecture que je partage dans les BD du mercredi de Mango.

Ma Voie de Père

One Shot

Éditeur : Delcourt

Label : Akata

Dessinateur / Scénariste : Hiroshi HIRATA

Dépôt légal : février 2010

ISBN : 978-2-7560-1843-0

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Ma Voie de Père – Hirata © Guy Delcourt Productions – 2010

17 commentaires sur « Ma voie de père (Hirata) »

  1. Un manga autobiographique, plein d’humour, riche en informations sur les idéogrammes.. C’est très ambitieux et tentant mais en même temps ce sont des nouvelles, genre que je n’apprécie pas beaucoup: faut voir!

    J'aime

    1. faut voir oui. Par contre, je ne sais pas du tout quel est le rythme de lecture qui convient à ce type d’album. La lecture « d’une traite » ne m’a pas convaincue… à voir s’il n’est pas plus pertinent de lire une scénette par jour ??

      J'aime

  2. C’est vrai que son trait est assez « ancien »… surtout quand on a l’habitude du manga classique. Mais Hiroshi Hirata fait vraiment partie de ses auteurs qui racontent des histoires comme personne. Evidemment, ces albums sont toujours très précis, très documenté mais ça fait partie de son style.
    Je n’ai pas encore lu cet album, j’espère pouvoir le récupérer dès que possible. Mais « L’âme du Kyudo » qui n’est pas une histoire de combat mais de défi & « Satsuma » (en revanche là, il y a beaucoup de sang) tous les deux racontant l’histoire du japon par le prisme de ses samouraï, on touche là la très grande qualité.
    Alors évidemment le dessin… mais je pense qu’on peut passer outre avec un peu de volonté.

    J'aime

  3. J’abonde dans le sens de David ! L’ame du Kyudo est un de mes préférés de l’auteur 🙂
    Sinon,tu me croiras ou pas ,ma voie de père m’attends depuis sa sortie dans ma PAL…
    Je vais essayer de m’y mettre rapidement !
    J’ai déjà vu le bonhomme en interview, documentaire et c’est un sacré mec ! C’est un vieux papy bourré d’humour ! J’ai l’impression que ça ressort bien dans cette bio !

    J'aime

    1. blablabla L’Ame du Kyudo, vous m’en voulez tous avec cet album ! ^^ C’est parce que j’ai dit qu’il était chez moi ?? ^^ Mais après Kaze No Shô, j’ai pas forcément envie de retrouver du sang, des tripes et des boyaux de samourais. Je m’y prépare psychologiquement… mais ça prend du temps ^^

      J'aime

    2. ah oui, et dans les bonus en fin d’album, il y a un texte de l’éditeur qui relate le passage d’Hirata à Angouleme en.. euh… 2008 ?? (je ne sais plus). Il a l’air effectivement haut en couleur cet auteur et oui, ses humeurs ressortent bien dans cette bio ^^

      J'aime

  4. On ne t’en veux pas, on appelle ça de l’incitation active ^^
    je te rassure tout de suite : y’a pas de sang ni de boyaux dans l’ame du kyudo car le but des archers est de réaliser une certaine performance : tirer des fleches à travers une galerie.
    ici, c’est plutot le culte de l’effort et de la perfection du geste qui est important. S’il y a des morts, c’est d’épuisement.
    Donc tu vois, ton argument est refusable : tu peux aller le lire dès demain ^^

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s