Nuits blanches (Orff)

Nuits Blanches
Orff © Ca et là – 2007

Quelques jours avant de partir à la guerre, Jack rencontre une jeune étudiante. A peine le temps de consommer cette tendresse réciproque… et Jack part avec ses souvenirs et ses regrets.

Je poursuis la découverte de cet auteur américain. Il y a quelques temps, j’avais lu Au fil de l’eau : deux amis d’enfance se retrouvaient par hasard et partageaient leurs souvenirs avant de se quitter… J’étais restée sceptique sur cet album : la grossièreté des dessins exploitait maladroitement un monde onirique et deux personnages trop ambigus pour permettre au récit d’être fluide.

Dans Nuits blanches, Orff poursuit son exploration des sentiments et parle cette fois de la naissance d’une amitié. On ne sait que peu de choses des personnages principaux, immatériels et chimériques. Les dessins de Joel Orff sont moins grossiers mais restent maladroits et lourds. Le trait de l’auteur accentue l’amertume des personnages. La surabondance de planches sombres, à laquelle on pouvait s’attendre avec le titre de ces escapades nocturnes, rend l’ensemble assez étouffant. J’ai pourtant été étonnée de voir que les attitudes des personnages étaient plus fluides et plus aériennes que dans le précédent album.

L’engagement de Jack perd de son sens, la jeune fille tente logiquement de le faire revenir sur ses convictions… je trouve cela pathétique et sans surprise. Heureusement, on ne tombera pas non plus dans l’idylle amoureuse. L’étudiante parade vêtue d’une fausse insouciance mais on la sent capable de reproches moralisateurs.

Le seul aspect positif que je retiens : la spontanéité des personnages certainement permise par le côté éphémère de la rencontre. Ils ne se font aucune promesse et, avec le recul, je me demande si Jack aura le courage de finir la lettre qu’il tente d’écrire en début d’album. Car au final, ma magie de cette rencontre aurait-elle existé si ce départ ne leur avait pas été imposé ?

PictomouiUne nouvelle fois, je suis restée extérieure à ce récit. On baigne entre remords et regrets mais au final, l’histoire mène dans un cul de sac.

L’avis de du9.

Extrait :

« – Si seulement on s’était rencontrés plus tôt. Je t’aurais convaincu de ne pas t’inscrire à l’armée.
– Ça m’étonnerait. Comment ?
– Je peux être très persuasive.
– C’est vrai.
– Je veux dire… toi et moi, nous sommes des marginaus. Tu crois que tu vas te battre pour quelque chose dont nous ne faisons pas vraiment partie » (Nuits blanches).

Nuits blanches

One Shot

Éditeur : Ça et là

Dessinateur / Scénariste : Joel ORFF

Dépôt légal : mars 2007

ISBN : 978-2-916207-16-2

Bulles bulles bulles…

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Nuits blanches – Orff © Ça et là – 2007

8 commentaires sur « Nuits blanches (Orff) »

  1. Décidémment, je n’arriverai à rien avec toi en ce qui concerne Joel Orff 🙂 Je sais que je ne te convaincrai pas mais tout de même! Je ne suis pas du tout d’accord avec toi sur le dessin « lourd et maladroit ». Au contraire, pour moi, son dessin est vraiment maîtrisé. Il y a une forme de caricature très à l’américaine, avec une explosion de vie, une atmosphère tout à fait particulière. Alors évidemment, le trait n’est pas dans l’esprit ligne claire, ce n’est pas « beau » mais très évocateur. C’est déformé, disproportionné mais très à l’image de son récit où les personnages sont émotionnellement instables. Pour moi, ce dessin est une forme d’écriture à part entière. Après comme tous les récits où l’empathie joue un rôle important, on y entre ou pas. Et c’est trop court pour réussir à y pénétrer si l’on accroche pas d’entrée.
    En ce qui concerne le dessin maladroit, je te conseille d’aller voir quelques sites types webcomics. On trouve des pépites mais aussi de jolis exemples de trucs pas terrible.

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    1. Qui a dit que je courais après la ligne claire ?? ^^ 🙂
      Je suis d’accord avec toi sur les ambiances particulières, les perspectives déformées qui créent des décors intéressants (le second visuel que j’ai inséré me plait vois-tu >;->). Mais les expressions des personnages me piquent tout de même les yeux. Contrairement à toi, je ne les trouve pas expressifs, ils figent les visuels en second plan et ce sont des lâches (dans les deux albums). Je bloque ^^ C’est le genre de lecture qui me frustre parce qu’il ne manque pas grand chose pour que ça passe. Je ne peux même pas m’essayer à un troisième Orff, je crois qu’il n’y a que ces deux-là publiés en français. C’est ballo 😛

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      1. Personne…
        c’était juste pour souligner le fait que ce n’était pas un dessin classique.
        N’étant pas de mauvaise (moi 😉 ) je tiens à souligner le fait que j’ai préféré Au Fil de l’eau.
        Je t’offrirai le prochain album publié par ça et là alors 😉

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        1. fais attention, ça ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde ça ^^
          A l’avenir, je pèserais mieux mes mots sur Orff et Kalesniko ^^ J’aurais tout de même du préciser que mes quelques lecteurs auraient accès à ton autre avis dans mes commentaires (j’ai hésité ^^). J’ai cherché chez toi, mais je n’ai rien trouvé sur Nuits Blanches
          Dans le genre de dessins atypiques, je viens de lire Par les chemins noirs de David B. Là par contre, j’adhère plus aux ambiances

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  2. Ouais mais David B aussi, c’est extraordinaire même si je suis assez hermétique à la plupart de ses oeuvres.
    Il FAUT lire L’Ascension du Haut Mal !

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