Ce qu’il en reste (Dauvillier & D’Aviau)

Ce qu'il en reste
Dauvillier – D’Aviau © Les Enfants Rouges – 2007

Un jeune couple est en souffrance. La routine a mis leur couple à l’épreuve de l’érosion des sentiments. Amour ou attachement ? Ils se croisent plus qu’ils ne vivent ensemble. Pour Théo, cette situation est douloureuse. Il est écrivain, son appartement est son lieu de travail et ce n’est pas simple de parvenir à faire la part des choses.

Chronique d’une rupture annoncée.

Une envie de découvrir encore ces auteurs doublée d’un échange dans les commentaires de Nous n’irons plus ensemble au Canal Saint-Martin avec Loïc Dauvillier ont logiquement guidé mes pas sur cet album.

Ce couple, ce pourrait être n’importe qui. Leur quotidienneté est retranscrite avec beaucoup de pudeur et de réalisme. La rupture semble être leur seule solution pour se retrouver pourtant, le souvenir des sentiments qu’ils ont partagés et la tendresse particulière qui les lie encore les empêche d’avancer et ronge à petit feu ce qui pourrait encore être sauvé. Comme dans Inès, nous retrouvons une souffrance silencieuse qui fait monter la tension tout au long de l’album.

Jérôme D’Aviau illustre parfaitement le récit en nous proposant très peu d’espaces-planche communs aux deux personnages principaux. En parallèle, il crée pour cette jeune femme des ambiances clarteuses qui accentuent son côté dynamique (elle bouge en permanence). Elle semble forte et décidée. Quant à Théo, il apparaît plus mystérieux, solitaire et pensif. Fonds de cases grisés et personnage aux traits tirés, il se se tapit chez lui pour écrire et se cogne aux murs de son petit univers. Quand l’inspiration arrive, les mots se déversent en flots.

La construction du récit est intéressante, les dialogues sont très épurés, nous laissant ainsi l’occasion de ressentir tout le poids de cette vie de couple. Théo sort de son mutisme en présence de sa compagne mais les échanges sont secs, tranchants et nourris de reproches. Leurs mondes sont en tout point différents : elle dans le bruit et lui dans le silence, elle dans le faire et lui dans l’attente. Des doubles pages manuscrites (les écrits de Théo) que nous proposent Loïc Dauvillier insufflent un second souffle à cet album, une sorte de métaphore qui nous projette dans l’inconscient de Théo. Écrire est pour lui un exutoire silencieux.

PictoOKDes temps forts ça et là, les premières planches qui nous permettent immédiatement de comprendre de quoi il en retourne, une scène d’amour sauvage comme un cri de détresse, le temps semble en suspension à certains moments et le tic tac du compte à rebours de ce couple se fait plus fort au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture. C’est essentiellement l’héroïne que l’on voit, pourtant, une fois l’album refermé, c’est Théo à qui on pense. Il n’a rien dit ou presque, il nous a à peine bousculé mais contrairement à elle, il continue d’exister en dehors de ces planches de papier…

Extrait :

« Il vieillissait comme les herbes folles qui poussaient dans leur jardin, de façon désordonnée » (Ce qu’il en reste).

Ce qu’il en reste

One Shot

Éditeur : Les Enfants Rouges

Dessinateur : Jérôme D’AVIAU

Scénariste : Loïc DAUVILLIER

Dépôt légal : février 2007

ISBN : 978-2-354-19002-6

Bulles Bulles bulles…

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Ce qu’il en reste – Dauvillier – D’Aviau © Les Enfants Rouges – 2007

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18 commentaires sur « Ce qu’il en reste (Dauvillier & D’Aviau) »

  1. Et bien! Je note parce que ces dessins et ton billet donnent très envie de plonger dans cette douleureuse histoire et d’en connaître l’issue. L’imagination à l’air d’avoir une grande part de travail , et ça, ça me plait !

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    1. je pense que le fait d’avoir déjà lu ces auteurs avant m’a aidée dans l’approche que je pouvais avoir de ce récit. J’ai aimé cet album, j’aurais certainement du commencer par celui-ci, ce qui m’aurais très certainement permis d’accueillir plus favorablement Inès dont j’ai parlé plus haut.
      Ce qu’il en reste ne fait pourtant pas partie de mes « incontournables », mais le fait de savoir qu’une suite est probable ne me laisse pas avec un sentiment d’insatisfaction d’une histoire « pas finie »

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    1. moins percutant qu’Inès tout de même, ces adultes-là sont « maîtres » de leurs destinées. J’ai préféré Nous n’irons plus ensemble au Canal Saint-Martin. En tout cas, merci de m’avoir conseillé la lecture d’Inès il y a quelques mois…

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  2. Oui moi c’est par celui-ci que j’ai commencé. Très bel album mais pas aussi fort qu’Ines. En même temps le sujet est plus consensuel. Cependant, il y a de belles trouvailles narratives (avec la mise en abyme du roman écrit par le héros).
    Bref, très bien !

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  3. hello !

    merci pour vos commentaires, ça fait plaisir à lire.
    Malheureusement, j’arrive avec des mauvaises nouvelles. J’ai bien peur que la suite ne soit jamais édité.
    Il serait compliqué de vous expliquer pourquoi mais disons que c’est mal parti.

    ps : avec Jérôme, nous nous entendons très très bien, le problème ne vient pas de la 🙂 pas de fausse rumeur… merci !

    ps : un coffret réunissant nous n’irons plus et ce qu’il en reste doit normalement être publié avant la fin de l’année

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    1. ah, dommage que la suite de ce récit ne puisse être publié, mais vous l’aviez déjà laissé entendre la dernière que vous étiez passé ici (j’étais sur une autre plateforme mais vous en aviez touché un mot dans les commentaires de l’avis que j’avais publié sur Nous n’irons plus ensemble au Canal Saint-Martin. Je me contenterais d’imaginer « ma suite » alors, mais elle aura toujours moins de charmes que vos récits et les dessins de Jérôme.
      Et je n’ai pas fini de vous lire et de vous faire sortir de votre repaire ^^ Et dire que tout est parti d’un a priori négatif d’Inès ^^

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      1. Oui je partage l’avis de Mo’. C’est vraiment dommage, il y avait quelque chose dans ces personnages. Mais on ne sait jamais un miracle…
        Bon dommage pour la rumeur ^^ Les potins ça fait grossir la fréquentation ^^

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