L’Ame du Kyudo (Hirata)

L'Ame du Kyudo
Hirata © Guy Delcourt Productions – 2007

Japon médiéval.

Kanza est un jeune paysan. Alors qu’il travaille dans les champs avec son père, ce dernier se fait mortellement toucher par la flèche d’un samouraï qui s’entraîne pour l’épreuve du tôshiya. Peu après s’être fait vengeance, Kanza est jugé pour son crime. Avant de procéder à son exécution, le seigneur du fief lui demande de faire un tir de flèche : si Kanza touche la cible, on l’épargnera. L’objectif est atteint avec succès, c’est une révélation pour le jeune paysan. Il décide de s’engager corps et âme pour gagner l’épreuve du tôshiya et devenir « Premier sous le ciel », un titre honorifique consacrant le samouraï parvenu à faire passer le plus grand nombre de flèches, en un jour, au travers de la galerie du temps de Kyoto. Débute alors un long entraînement pour repousser ses limites physiques et corporelles.

Ce récit a été publié pour la première fois dans le magazine « Shonen King » en 1969. Il était alors découpé en 25 épisodes qui ont été remanié pour cette intégrale en 5 chapitres. Après une rapide vérification, je me suis rendue compte que j’avais acheté ce manga il y a 1 an !! Entre temps, j’en ai lu et entendu des critiques négatives, mes réticences à l’ouvrir sont apparues et les quelques lectures avortées ont timidement dépassé la page 15. Le dessin d’Hirata n’est pas en cause : précis, fouillé, il rend très bien compte des mouvements. L’auteur alterne des découpes de planches variées, il n’y a aucune lassitude d’une planche à l’autre. La difficulté était plutôt de dépasser le thème du récit (des samouraïs pour être rapide) ainsi que les retours désabusés entendus sur le côté redondant de l’intrigue (1 flèche, 2 flèches… 3798 flèches !!!…).

Dans les fait, l’auteur nous invite doucement à remonter le temps en nous imprégnant du lieu où se focalise l’intrigue : le temple de Kyoto.

« Chacun des piliers simples situés sur les côtés est espacé du suivant de 3 mètres 60. Les deux côtés les plus longs de ce bâtiment rectangulaire comptent 34 piliers, ce qui représente un peu plus de 120 mètres. Autrefois dans ce temps, une épreuve appelée Tôshiya était régulièrement tentée par des samouraïs, au péril de leur vie. L’objectif était de faire passer, en une seule journée, des flèches – le plus grand nombre possible – d’un bout à l’autre du bâtiment, sans toucher ni l’auvent ni le corridor ». La première épreuve fut tentée en 1606 et de samouraï en samouraï, de défi en défi, on parcourt plus de 200 ans de l’histoire du Japon. Cet album, c’est aussi près de 430 pages dans lesquelles l’auteur développe le thème de la quête personnelle, amenant des hommes à repousser leurs limites au prix de nombreuses concessions voire de leurs vies. Ces caractères, cet entêtement parfois, sont impressionnants.

En bonus : un lexique  revient sur les termes spécifiques employés dans l’ouvrage, des commentaires divers, une interview de l’Éditeur nippon et la biographie d’Hiroshi Hirata viennent compléter les dernières lacunes que pourraient avoir le lecteur.

Une lecture sortie de ma PAL sur le conseil de Choco et un avis qui rentre dans le Challenge « PAL Sèches »

PictoOKL’ensemble de cet album est agréable et j’ai été étonnée de l’aisance de l’auteur à nous maintenir attentif d’un bout à l’autre, malgré l’épaisseur de l’ouvrage et quelques rebondissements qui m’ont laissée sceptique. L’éternel reproche, comme souvent pour les mangas : les personnages se ressemblent tous.

L’Âme du Kyudo

One Shot

Éditeur : Delcourt

Collection : Akata

Dessinateur / Scénariste : Hiroshi HIRATA

Dépôt légal : juin 2007

ISBN : 978-2-7560-0630-7

Extrait :

« Regarde ! Parmi eux, il y a des hommes qui ont fait seppuku immédiatement après une défaite, mais aussi des hommes qui se sont suicidés plus tard, de désespoir. Certains d’entre eux sont morts pour avoir voulu pousser les limites de leurs corps trop loin… Ils ont fini par décéder brutalement, à cause d’entraînements trop extrêmes… Ce cimetière est rempli des frustrations et des déceptions de tous ceux qui ont failli » (L’Âme du Kyudo).

Bulles bulles bulles…

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L’Ame du Kyudo – Hirata © Guy Delcourt Productions – 2007

14 commentaires sur « L’Ame du Kyudo (Hirata) »

  1. Tu as maintenant lu le meilleur, selon moi, des Hirata !
    C’est vrai que c’est volumineux, mais je suis très impressionné par la faculté de l’auteur de nous maintenir dans l’histoire malgré cela et la multiplication des faits historiques et des termes techniques.

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    1. oui, je trouve cela plus fluide que dans Kaze No Shô en fait. Et globalement, le fait de consulter régulièrement le lexique des termes utilisés est moins contraignant que dans d’autres mangas (dans Ma voie de père, ça m’avait lassée à la longue, ça casse le rythme de lecture je trouve)

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    1. après il y a bien David qui dit que je suis souvent de mauvaise foi… mais… grmlbbpchhhhhhhhhhhhhhhhhhhht… pardon… un tunnel ^^

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    1. ah, pas insurmontable au point d’abandonner la lecture. Non, c’est une BD intéressante, de par son approche historique déjà. Quelques détours dans le monde onirique (quelle scène étrange dans le cimetière !!) mais c’est vrai que globalement… c’est lent et parfois redondant.
      J’ai eu moins de lassitude sur cet album que sur Ma voie de père où sur la fin, j’étais arrivée à satiété d’idéogrammes, langue japonaise et petits délires divers et variés. Pour moi (c’est mon petit avis qui n’engage que moi), Ma voie de père est plus une lecture à diffuser sur une petite dizaine de jours alors que L’Ame du Kyudo se lit plus facilement d’une traite (bon… ça n’a pas été mon cas ^^)

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  2. Et bien, figure-toi que ma voie de père, acheté depuis sa sortie, n’a toujours pas été lu… oui je sais c’est un scandale ! Moi qui me vante de ne pas avoir de PAL Bd… en fait, j’ai une petite dizaine de trucs qui traine? Autant dire rien du tout… 😀

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  3. Je n’ai jamais lu de Hirata … ne sois pas choquée … j’ai une très courte vie en tant que consommatrice boulimique de BD 😀 …

    Du coup tu as éveillé ma curiosité. Bonne soirée

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