Le Local (Gipi)

Le Local
Gipi © Gallimard – 2005

« Le Local est à moi tant que je ne fais pas de connerie. Telle est la règle de ce cadeau temporaire ».

Dès la première planche, Giuliano explique les termes du « contrat » que lui a fixé son père. Le quotidien de Giuliano, c’est sa famille… et la musique. Avec ses amis (Stefano, Alex et Alberto), il a monté un petit groupe. Le local leur ouvre de nouvelles perspectives car c’est la première fois qu’ils ont un endroit pour répéter, se retrouver. Mais tout cadeau a un prix et il est parfois difficile, au moment où les tentations de l’adolescence sont nombreuses, de devenir responsable.

Le scénario met en scène quatre adolescents en tous points différents si ce n’est leur besoin de composer et de jouer ensemble. L’originalité de Stefano, la discrétion d’Alberto, les icônes nazies d’Alex et la vie banale de Giuliano, quatre jeunes qui de prime abord n’auraient eu aucun prétexte à se retrouver. Leurs textes s’inspirent de leurs souffrances, de leurs rêves, de leurs quotidiens. Le récit est lent, il prend le temps de se poser sur chaque personnage, tantôt dans le groupe tantôt à l’extérieur. Les émotions sont bien mises en valeur par ce trait simple mais j’ai trouvé la colorisation un peu terne sur l’ensemble. Beaucoup de bleu marine, blanc, rouge qui viennent contraster avec les scènes d’extérieurs plus  vives et lumineuses. J’ai du mal à comprendre ce choix, contradictoire me semble-t-il, car le côté sombre des visuels est présent quand les jeunes sont ensemble, les couleurs sont toniques lorsqu’ils sont en famille. La découpe de planche  vient faire le contre-poids puisqu’elle donne une présence étonnante aux personnages et rythme le récit.

Un album qui m’avait été conseillé peu de temps après sa sortie et qui traînait dans ma PAL depuis. Plus récents, l’avis de David et le parallèle fait avec Je mourrai pas gibier sur HopBD m’ont donné l’envie de découvrir cet album. Un article qui rentre tout droit dans les « PAL sèches »

PictoOKUne parenthèse de la vie de quatre jeunes hommes que nous rencontrons au moment même où ils s’émancipent et se responsabilisent. Je trouve tout de même ces adolescents trop protégés et la fin du récit opte pour la facilité. Un élan d’optimisme surprenant.

Le Local

One Shot

Éditeur : Gallimard

Collection : Bayou

Dessinateur / Scénariste : GIPI

Dépôt légal : octobre 2005

ISBN : 2070573001

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le Local – Gipi © Gallimard – 2005

Publicités

7 commentaires sur « Le Local (Gipi) »

  1. Sociologiquement, les personnages ne sont pas dans des situations difficiles. Ce sont plutôt des enfants des classes moyennes, avec certes quelques difficultés pour certains mais sans vraiment de soucis. Ce n’est pas un album sur la société mais sur l’adolescence et la musique rock. Alors oui, ils sont entourés. Mais j’ai des exemples dans mon entourage de jeunes rockeurs très accompagnés par leurs parents.
    Ta remarque sur la couleur est judicieuse… pour moi c’est l’énergie rock et le côté écorché de cette musique qui donne cette obscurité. Et finalement, elle n’est possible que quand ils sont ensemble.
    Dans l’ensemble, j’aime beaucoup l’énergie qui se dégage de cet album.

    J'aime

    1. ces ados sont peut-être un peu lisses je trouve. Après, ce n’est pas tant le contenu du scénario qui me fait faire une légère moue, mais le rythme… nous ne sommes pas brusqués ^^
      Merci pour ton ressenti sur les couleurs, ça me permet de rajouter une cordes à mon arc et alimenter ma réflexion. Je crois que bêtement, j’ai interprété de travers : pour moi, si la musique leur fait autant de bien, les couleurs devraient être chaleureuses quand les 4 sont ensembles (musique ressourcante, musique : exutoire, musique : appartenance à un groupe…) et plus sombre quand ils sont en famille (en lien avec la crise ado, opposition avec les parents etc…). Un peu troublant le travail de Gipi pour moi

      J'aime

  2. Le graphisme me ferait sans aucun doute éviter cette BD si j’étais devant un étal … l’histoire de ces jeunes devant la responsabilité toute neuve du pré adulte doit être sympa quand même…

    J'aime

  3. On en a parlé lors de la dernière rencontre du club lecture BD de ma biblio (c’était en juin pour la fête de la musique et donc le thème a été les albums parlant de musique de près ou de de loin) mais je n’ai pas encore réussi à mettre la main dessus !

    J'aime

    1. Intéressante cette initiative. Après, sur ce thème, ce n’est peut-être pas l’album que je mettrais en avant ^^ Je préfère Rébétiko (je ne sais plus si tu l’as lu) et Lily Love Peacock de l’excellent Fred Bernard

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s