Journal d’une bipolaire (Guillon & Samson)

Journal d'une bipolaire
P. Guillon – E. Guillon – Samson © La Boîte à Bulles – 2010

Camille est une brillante étudiante en Droit. En 2001, elle part pour un voyage de plusieurs semaines au Canada et y rencontre Julien. Ils tombent amoureux. Les vacances se terminent, Camille rentre en France mais Julien a du mal à s’y résoudre et lui demande de revenir. A l’aide de mails et d’appels téléphoniques quotidiens, il la harcèle pour qu’elle accepte de vivre avec lui.  Cette pression est l’un des déclencheurs de la maladie. L’autre, c’est l’angoisse de rater ses examens. De fil en aiguille, la jeune fille se laisse dévorer par le stress et entre dans le cercle vicieux de la bipolarité plus connu sous le nom de maniaco-dépression.

On connaissait Patrice Guillon sous un autre pseudo. C’est en signant « Pierre Henri » qu’il a marqué les esprits avec Dans la secte (ouvrage autobiographique dans lequel Marion parle des années qu’elle a passées dans un mouvement sectaire). Il réitère dans le récit autobiographique avec le témoignage de sa fille, Emilie Guillon, qui a écrit les dialogues « en vrac » et Patrice Guillon les a ensuite structurés. Ces informations, nous les obtenons dès la première planche et une vague de suppositions a déferlé : une femme parle de son parcours en sachant que le premier lecteur sera son père. Un homme travaille sur un témoignage, celui de sa fille… sachant que dans ceux-ci il est question de tentatives de suicide, d’automutilations… peut-être la raison de l’utilisation du pseudo Camille/Emilie. Pas simple de se lancer dans une telle aventure ! Première planche toujours et première appréhension de l’éditeur : « Faudra trouver un dessinateur qui voudra bien embarquer dans votre histoire… » ! J’imagine la difficulté, d’autant que du côté du dessinateur (Sébastien Samson), il s’agit de sa première BD !

Malgré tout, j’ai eu du mal à entrer dans le récit. La raison? Le graphisme. Je trouve  le trait trop délicat, il ne fait pas suffisamment, à mon sens, ressortir les émotions et les angoisses de Camille, leur donnant ainsi une fausse apparence d’insouciance là où il n’y en a pas. J’en suis restée trop détachée, attentive au contenu des propos mais sans ressentir plus d’empathie qu’à l’accoutumée. J’aurais plutôt vu un style plus proche de celui d’Alfred, marquant visuellement le récit d’une noirceur, accentuant ainsi le fait que le personnage perd pied.

La qualité du témoignage aura finalement raison de ce grief.

Passé le premier chapitre introductif, où on effleure plus qu’on ne comprend les prémices de la maladie, on entre dans le vif du sujet. Camille/Émilie investit le récit, accepte-t-elle enfin de se raconter ?  L’écueil du cliché pathétique est évité, le récit est sincère et surtout accessible. Angoisses, manque de confiance en soi, idées suicidaires, manie, compulsion…  je trouve que le cercle vicieux de la bipolarité est bien décrit. On ressent la culpabilité de l’auteure sur les conséquences que sa maladie a eues sur ses proches. L’album s’appuie sur l’alternance des phases maniaques et des phases dépressives pour rythmer la narration, c’est là sa force.

Il est triste de constater que si la maniaco-dépression est tout de même assez courante et que les spécialistes ont accès aux comptes-rendus de séminaires, études…, Camille devra attendre cinq longues années avant qu’un psychiatre nomme enfin la maladie dont elle souffre et lui en explique les symptômes. Cinq ans où elle enchaîne les prises en charge, sans amélioration de son état.

PictoOKUn récit intimiste et touchant d’une jeune femme qui tente encore de comprendre et d’accepter. Un ouvrage qui, à n’en pas douter, dédiabolise les représentations que génère le terme médical de bipolarité ou de maniaco-dépression, lui donne un visage humain et permettra peut-être à certains de mieux comprendre leurs propres souffrances ou les difficultés que rencontrent leurs proches. A n’en pas douter, ce témoignage servira un support pour les groupes de parole réunissant des malades (forum des bipotes, forum Trouble bipolaire / Maniaco-dépression).

Extrait :

« Entre deux états dépressifs, je passais par des phases euphoriques de relâchement total, des envies d’achats frénétiques. Moi qui n’avais jamais pris vraiment soin de moi, je me suis découvert une passion pour les crèmes de beauté. Je me suis aperçue, plus tard en quittant la clinique, qu’il me restait des pots et des tubes que je n’avais jamais ouverts » (Journal d’une bipolaire).

Journal d’une bipolaire

One Shot

Éditeur : La Boîte à Bulles

Collection : Contre-Cœur

Dessinateur : Sébastien SAMSON

Scénaristes : Émilie GUILLON & Patrice GUILLON

Dépôt légal : octobre 2010

ISBN : 978-2-84953-106-8

Bulles bulles bulles…

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Journal d’une bipolaire – E. Guillon – P. Guillon – Samson © La Boîte à bulles – 2010

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45 commentaires sur « Journal d’une bipolaire (Guillon & Samson) »

    1. Mon bémol, c’est du pur ressenti. Je connais aisément que ce type de graphisme est plus facilement abordable, et donc accessible à un lectorat plus vaste. C’est peut-être aussi parce que j’ai l’habitude de voir des ambiances éclectiques et percevoir un tout petit peu ce que chacune d’entre elles peut apporter ?? Je ne sais pas ^^

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      1. Au sujet du « bémol » d’un dessin trop délicat, c’est un choix consenti par les auteurs, que de ne pas « accabler » le personnage ni le récit par une noirceur graphique, noirceur dont l’histoire est elle même déjà porteuse. Un trait plus léger et presque enfantin nous a semblé opportun, même si cela a prit un peu plus de temps à réaliser. Le sujet est difficile, les scénaristes ont fait le choix d’une ceetaine distance, plutôt que du pathos. Mais on peut toujours faire mieux, c’est d’ailleurs ce que nous ferons la prochaine fois!

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        1. Merci de passer, de commenter surtout et… ouille !
          C’est vrai que c’est une incompréhension que j’ai sur l’album, le choix que vous (équipe) avez fait au niveau du graphisme. Je me doute que sur un tel témoignage, qui plus est autobiographique, la question du fond et de la forme doit prendre du temps.
          Pour moi, la noirceur d’un trait n’est pas synonyme de pathos. Ca peut le renforcer, certes, mais également forcer le lecteur à se s’impliquer dans le récit, l’obliger à prendre du recul pour se situer lui-même par rapport au témoignage qu’on lui dépose. Ici, la douceur du trait appuie la spontanéité et la sincérité du témoignage, mais ça m’a protégée et je me suis contentée de constater. Je ne suis pas restée insensible à l’histoire, mais je n’avais pas besoin de cette protection. On m’a déjà fait la remarque que j’avais une réflexion parfois « professionnelle » de l’œuvre que je lis. Dans la vie, je suis travailleur social et amenée à intervenir auprès de personnes qui rencontrent ou ont rencontré des difficultés similaires (entre autres). Je suis sensibilisée à ces parcours et ça ne m’aurait pas dérangé d’être un peu plus malmenée dans ma lecture.
          C’est un ressenti de lecture, c’est ce qui est compliqué car du coup c’est assez personnel… Ça n’a du du être évident pour vous d’entrer dans ce « duo » !

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    1. je suis sure que je lirais tôt ou tard ton avis sur cet album. La proposition que je t’ai faite pour Cinq mille kilomètres par seconde est valable pour cet album là si tu veux 😉

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  1. le sujet n’est pas facile mais très intéressant puisqu’il décrit un (des nombreux) phénomènes relativement tabou dans de nbreuses cultures. Un peu vertigineux quand on voit le décrochage social de Camille.
    Mo’, ta remarque sur le dessin me turlupine : tu y aurais vu un dessin ‘plus fort’ ? est-ce qu’au contraire ce dessin ‘banal, simple’, ne replace t’il pas la ‘bipolarité’ dans le champ de la réalité de tous les jours, c’est-à-dire, le dessin ne nous rappelle t’il pas que la dépression et ses multiples formes sont ‘bien réelles et courantes’ ?

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    1. oui, peut-être. Pourtant, je n’ai pas eu ici l’impression que l’on se mettait du côté du « on » mais bel et bien que l’on voyait les choses avec le regard de Camille… Ah, c’est compliqué à décrire. Le dessin est beau, c’est « juste la manière dont il s’est habillé » qui ne me plait pas…. ça m’a pas assez accroché alors que ça aurait du !
      C’est difficile de répondre à ta question car oui la dépression n’est pas un phénomène isolé dans notre société, bien au contraire… je ne sais pas

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  2. Je l’avais repéré, malgré les dessins qui ne m’attirent pas trop (et je vois que c’est ton bémol), je pense le lire quand même car le sujet me semble très intéressant même s’il est très délicat.

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    1. oui, il faut le lire. ensuite, les graphismes sont beaux (qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dis ^^), mais voilà, j’aurais aimé plus de mordant ^^

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  3. Bonjour, je me permets de réagir aux « graphismes délicats » que je trouve très bons, très fins finalement. Les dessins sont justes, ou « fluides », en tous cas agréables et c’est même peut-être ce qui donne un bouquin sympa à lire. D’ailleurs on reconnaît tout de suite la gare Montparnasse ou la grande BU… Mais bon, ça reste un sujet délicat, complexe, difficile à vivre ou à croquer. Alors le choix d’en faire une jolie petite histoire me choque un peu. Finalement la BD ne se confronte jamais à la mort (celle de Camille, ou des autres…), elle l’évite, ou l’évoque avec une sorte de succession de suicides à répétition qui en deviennent drôles et ridicules (j’aime beaucoup la grand-mère qui lui dit enlève tout de suite cette corde de ton cou…). Merde c’est pas ça la folie, ça se résume pas à un mec en pantalon trop grand fermé avec une ficelle, qu’on cherche à éviter à tous prix, comme un truc infamant. On tombe au final dans la caricature, dans le candide, le niais, le « kawai » des japonais, alors qu’on sait tous, Emilie, que cette vie là n’a pas été la tienne.

    P.S : Mo’ vous pouvez supprimer mon commentaire, je comprends tout à fait qu’il fasse un peu tâche.

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    1. Bonjour ! Et merci pour cet avis qui va totalement à l’opposé du mien (vous aimez bien le graphisme et pas l’histoire et moi c’est l’inverse).
      Vos propos me confortent dans ce que je pense en fait. Je suis d’accord pour dire que les graphismes sont beaux, mais ils ne collent pas avec ce type de récit. Et peut-être cette impression de « jolie petite histoire » en découle-t-elle justement. Pour moi, un trait lisse et délicat se marie très bien à des récits comme « L’immeuble d’en face » ou encore « Blue ». Ils donnent un côté serein, contenant au récit et dans ces deux cas cités en exemple, c’est plutôt un bon choix.
      Sur un récit comme cela (qui plus est autobiographique, où l’auteur y met ses tripes… enfin je pense), un graphisme plus mordant en aurait peu être accentué l’impact. Je citais Alfred (j’aurais pu en citer d’autre), mais regardez Pourquoi j’ai tué Pierre ou Je mourrai pas gibier. Indéniablement avec des traits doux, tout un tas d’émotions ne seraient pas aussi bien ressorties… alors qu’avec le trait d’Alfred, ça a de le gueule et ça percute sans qu’on ai besoin de pousser au delà d’une dizaine de planches la lecture de l’album.

      Pour le reste, Journal d’une bipolaire résume 6 années d’une vie, difficile pour moi d’évaluer ce qui aurait du être présent et qui ne l’est pas. Mais elle l’explique aussi très bien un moment donné quand elle dit « à ce stade de l’histoire, il s’est passé des choses que je ne veux pas mettre dans le livre. En tout cas, que je ne pourrais pas raconter sans me sentir très mal (…) il y a une limite. Pour moi, c’est le respect des autres et de soi-même ». Je crois qu’on peut comprendre aussi que raconter n’est pas non plus TOUT dire, et on le voit aussi à la fin de l’ouvrage : même s’il y a des « mieux », le personnage est encore fragile. Ça peut ressembler à une caricature pourtant je trouve ce récit sincère, unique sur certains points mais tellement semblable à d’autres parcours…

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  4. Oui, elle l’explique très bien, ça reste une auto-fiction, il est pas question de lâcher jusqu’au denier de ses secrets, ce serait moche pour « son grand-père » ou sa « meilleure copine » comme elle dit. Mais on est d’accord : Il y a un gros décalage entre son histoire et la manière de la traiter. Que ça serve de point de repère pour des jeunes qui traversent les mêmes choses, c’est très bien, sauf que la part la plus difficile, ou la plus angoissante a disparu, et qu’on se retrouve, je suis désolé de le dire, avec Candy en face de nous… Sans vouloir être de trop mauvais goût les hôpitaux, sa maladie, le regard et l’attitude des autres à son égard ont sûrement été loin du gentiment Disney. D’ailleurs le petit mot de la fin du gentil Dr Gay, je trouve ça un peu fort de café, surtout de l’entendre parler de psycho-éducation… On dirait un vilain jeu de mot… Ca me rappelle ce grand débat national sur l’identité qu’on a eu cet été…

    P;S : J’ai l’impression que je suis aigri, je comprends pas pourquoi….

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    1. c’est vrai que « psycho-éducation », c’est un terme que je n’ai pas l’habitude d’entendre ^^
      Après, je suis curieuse de lire d’autres critiques sur l’album (sorti des gros sites bédés je parle). C’est un thème tellement atypique, je me demande si les avis seront aussi nombreux que les lecteurs.

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  5. Je suis vos débats et avis avec intérêt… Pour avoir vu (j’ai un certain age) Candy, je ne me souviens pas (j’ai un certain age, mais de la mémoire) de l’épisode Candy en H.P, Candy se coupe les veines, etc… Cette critique serait très valable si le récit était écrit par des personnes totalement extérieures à la maladie, que l’on pourrait suspecter de romancer ou même d’ignorer complètement la réalité. Mais l’écriture s’est faite sur plus de deux ans, entre une jeune femme vivant (bien malgré elle!) sa bipolarité, et un père inquiet, qui tente le maximum pour alléger le poids des souffrances de sa fille. Dans ce cadre, les évènements, comme les émotions, sont filtrées, jusqu’à ce que la BD devienne elle-même, de manière étonnante, un des « évènement » de la maladie! Bien sur, et le titre le dit bien, il s’agit du Journal D’UNE bipolaire, et non de LA bipolarité! Lisez l’ensemble comme le parcours d’une femme, et non un modèle prototypique. Ce n’est pas la prétention de l’album. Après cela, toutes les remarques sur les travers du dessin, ses manques, ses invraissamblances, sont à l’appréciation de chacun, et certainement valables! Pour ma part, je ne renie rien du travail qu’a représenté ce premier album, et reste conscient des progrès et efforts à accomplir…

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    1. Je n’avais pas non plus fait le parallèle avec Candy ici ^^ Je pense de toute façon que les réactions sur cet album vont être nombreuses. Que ce soit sur le dessin ou sur le récit, cet ouvrage touche des choses très « intimes » pour chacun de nous et au final, ma critique a tenu compte de ça. C’est peut-être le sujet qui veut ça ?
      Monsieur Samson tout de même, vous n’avez quand même pas choisit la facilité pour un premier album !! 🙂 Quelque soit le dessinateur, je pense que la difficulté aurait été la même de trouver sa place dans ce duo de scénaristes. Je suis restée bloquée 1/4 d’heure à imaginer la complexité d’élaborer un tel récit que ce soit pour Émilie Guillon, son père ou vous

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  6. Non Mo’… le parallèle avec Candy, c’est moi qui l’ai fait, et j’avoue qu’il était un peu trop caricatural, ou manquait ouvertement de finesse dans sa caricature… La BD aborde un sujet très très complexe, abrupte, et n’a rien à voir, c’est clair, avec la fausse pudeur des animés des années 80 que le Club Dorothée diffusait à la pelle. Et c’est toujours mieux que d’associer la pathologie d’une femme (je suis pas médecin, je ne sais pas si ce terme est vraiment celui qui convient) à des histoires sanglantes, de meurtres, de violences, en gros à en faire une représentation de plus du sordide. Peut-être qu’Alfred est plus percutant, mais c’est pas le but, non plus, de jouer sur la corde « faits divers » dont on a tous marre… Outreau n’est pas loin, la France a peur disait un journaliste, et ce serait triste de tomber dans l’excès inverse qui consiste à associer violence et folie, angoisse et dangerosité, désespoir et sordide ; associations qui suffisent à la plupart des… gens. Mais là on n’échappe pas non plus à une autre forme de caricature, à la mise en place d’une typologie, ou plutôt à l’investissement d’une topique qui n’est plus de l’ordre de la vie de l’auteur et qui fait tomber la BD dans l’écueil du sentimentalisme de groupe de parole. Parler de Candy était malheureux, j’aurais sûrement mieux fait de parler de « Martine se suicide » ou « Martine à l’hôpital »…. Ca aurait été plus clair…

    P.S : C’est ma copine qui a trouvé la « vanne »… Elle aussi c’est UNE bipolaire… une parmi d’autres….

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  7. Au festival Quai des Bulles de St Malo, ce week end, les auteurs rencontraint les premiers lecteurs et avis, dont un certain nombre de personnes directement touchés par la bipolarité. Aucune des différentes personnes rencontrées ne ressemblaient à Martine, à Candy, ou autre « personnages »… en revanche, et malgré le fait que nous soyons particulièrement sensible au sujet, jamais la maladie ne s’est « affichée » sur le visage ou l’apparence des bipolaires que nous avons croisés, ceci confirmant le fait que le personnage de Camille dans le livre est bien a sa place, ni monstre de folie, ni Martine, mais quelque part entre les deux, c’est à dire dans la vie. Avec toute la bonne volonté du monde, je ne vois pas le rapport avec le débat sur l’identité national (!!), le « Kawaï », et le reste. Là, j’avoue, difficile d’échanger! Si quelq’un peut me traduire « n’échappe pas non plus à une autre forme de caricature, à la mise en place d’une typologie, ou plutôt à l’investissement d’une topique qui n’est plus de l’ordre de la vie de l’auteur et qui fait tomber la BD dans l’écueil du sentimentalisme de groupe de parole. » Le sentimentalisme est justement la chose que le récit évite absoluement. Pas de pathos de notre point de vue, comme d’un certain nombre de lecteurs ou journalistes. Maise redis une dernière fois, chacun doit pouvoir exprimer ses convictions, même les plus extrèmes. Nous n’éviterons pas les contradictions avec un sujet si difficile et complexe.
    Au moins, on en parle un peu, et ceci n’est qu’UNE BD!! Que d’autres prennent le relais, ce qui devrait être le cas dans l’avenir, nous a-t-on dit, et c’est tant mieux!

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    1. Oui, c’est une très bonne chose que d’autres prennent le relais. Je pense que les difficultés seront les mêmes pour eux et que l’accueil du public sera aussi riche en accueils. Comme je le disais tout à l’heure, la bipolarité est un sujet qui n’est pas facile. Au même titre que les violences conjugales ou la mort par exemple. Quand je vois les accueils qui ont été réservés à Ines ou à L’accablante apathie des dimanches à rosbif, les réactions que j’ai pu lire touchent souvent au registre de l’intime.
      Ensuite, je ne suis pas non plus en capacité de réagit au commentaire précédent, d’où mon silence…

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  8. Mo’, une caricature manquant de finesse n’est plus une caricature, puisque le principe de la caricature EST dans l’exagération, le trait grossier. La finesse, c’est la portrait.
    Un bipolaire n’est pas un hystérique, ni un fou. Certains se stabilisent et s’intègrent complètement dans la société (Napoléon, Marilyn, de nombreux artistes), et leur entourage direct ignore parfois l’origine des périodes maniaques ou hypomaniaques.

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    1. j’ai beau lire et relire ma critique, je ne vois pas où j’ai parlé de caricature dans cet écrit. Et vu que ce n’est pas un terme adapté pour décrire Journal d’une bipolaire, je ne souhaite pas ici m’engager dans l’éternel débat de ce qui est une caricature et de ce qui n’en est pas. Ensuite, puisque vous souhaitez réagir au contenu des commentaires qui ont été publiés, je ne crois pas non plus avoir appuyé l’idée de la caricature. Tout au plus, j’ai effectivement confirmé que le terme de « psycho-éducation » n’était pas un terme courant dans le secteur dans lequel je travaille.
      De même, je suis entièrement d’accord quand vous dites que le(la) bipolaire n’est ni un hystérique, ni un fou. Si les propos que j’ai tenu sont interprétés de la sorte, je trouve ça assez désolant. Je crois également qu’il n’y a a pas besoin d’être une personne célèbre pour prendre le dessus sur cette maladie et heureusement !!
      Vous êtes la seconde personne qui intervenez suite à ma critique sur une BD et pour qui les propos dépassent complètement le cadre des retours « habituels ». Échangeons sur le fond et la forme du récit, confrontez la manière dont vous avez accueilli l’album à la mienne (c’est le but), mais je pense qu’ouvrir ici un débat sur ce qu’est la bipolarité n’a pas sa place. Et je mesure pleinement mes propos puisque je travaille moi-même dans un centre de soins qui accueille notamment des personnes confrontées à cette pathologie…. ou leurs proches qui ont besoin d’être soutenu.

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  9. Oups, autant pour moi Mo’! Mon message s’adressait à Tobi (qui parlait de caricature) et non à vous.
    Je vais tout à fait dans votre sens, encore désolé pour ma méprise!

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    1. Pas de problème, et je m’excuse à mon tour d’avoir été si ferme ^^ La tournure du débat est assez inattendue à vrai dire, je ne pensais pas que l’on s’engagerait sur les chemins de la « caricature » qui colle assez mal à l’ouvrage (c’est mon humble avis). Le parcours de Camille est unique et c’est en cela qu’il est intéressant.

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  10. Ok j’y suis allé un peu fort, ce sera donc mon dernier message….. et il sera le plus court possible. Juste deux/trois points : 1 identité nationale par allusion à la plaquette du médecin et sa « psycho-éducation ». 2 Une topique monsieur Sansom, ça s’appelle un réseau de lieux communs qui servent à l’écriture autour d’un thème. 3 Le Kawai, Candy ou Martine, parce que le rapprochement s’imposait à mes yeux (je ne cherches pas à débattre). Enfin, le sentimentalisme de groupe de parole, parce que… là encore mon avis risque de blesser… parce que c’est une expression que j’ai inventée 🙂 … Et je pense que je ferais mieux de ne rien dire (poliment), et d’en laisser d’autres prendre la parole puisque vous semblez si irritable Mr Samson… Je n’ai pas écrit ce livre, je ne fais que commenter, et d’une façon maladroite, c’est cette ficelle qui qui a du me rester en travers de la gorge… J’en suis désolé, bonne soirée à tous et bonne lecture…

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    1. Vos propos sont forts, un peu acerbes, et je ne suis pas parvenue à répondre à votre dernier commentaire car je n’étais pas sure d’en avoir compris le sens.
      Je ne pense pas que Monsieur Samson soit irritable, je pense simplement qu’il est preneur de retours sur un travail qui n’a pas du être évident. Ensuite, je reconnais qu’il m’est aussi difficile de réagir à vos interventions car vous n’expliquez pas toujours les associations d’idées que vous faites. Je suis également restée sans voix face au parallèle fait avec « l’identité nationale » et le fait de nous aider à décoder le lien que vous faites est utile. J’aurais été preneuse d’explications supplémentaires à vrai dire :-P.

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  11. Je reste toujours à l’écoute de tous les avis, quel qu’ils soient, et ne suis pas particulièrement irritable je pense. Le mieux restant de parler bande dessinée, puisque c’est de cela qu’il s’agit avant tout, et d’un thème simple et complexe, la bipolarité. C’est un premier album, qui ne prétend nullement à la perfection:) La sincerité des auteurs avec leur thème est en revanche totale, et nous espérons que le lecteur s’y retrouve, et que la bipolarité et les personnes (y compris les proches) qui souffrent puissent se sentir concernés et d’une certaine manière, représentés.

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  12. Oui, à Quai des bulles et ailleurs, mais une majorité de personnes parmis ceux venus se faire dédicacer l’album, ne l’avaient pas lu. Certains s’arrêtaient au stand de la Boîte à Bulles sur le titre « bipolaire ». D’autres avaient déjà repérés le titre sur quelques critiques (dont la votre je pense). Les derniers enfin l’avaient lu et voulaient discuter et en savoir un peu plus. Pratiquement tous sont en demande d’infos sur la maladie en elle-même, ou ont simplement besoin d’en parler. Nous sommes surpris par le nombre de personnes directement touchés par le sujet. Pour le moment, j’ai très peu de retour sur le dessin en lui même, et presque uniquement sur le sujet et l’histoire, les scènes clés, la pudeur de l’héroine, qui préfère parfois suggérer que montrer frontalement… J’ai beaucoup écouté et discuté durant ces trois jours, j’ai aimé, et j’espère pouvoir le faire encore.

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  13. Je connais plus facilement Bordeaux que Toulouse, et puis l’histoire du Journal s’y déroule en grande partie, mais je serais ravi de venir faire un tour chez vous, la BD sous le bras! Y-a-il des festivals BD dans la région? A quel moment?… Pour moi, la prochaine date sera Angoulème fin janvier, pas d’autres sorties au programme pour le moment.

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  14. Bonjour à tous,
    Tout d’abord merci à vous pour cette critique ! (je suis co-admin chez babelio;)

    Si je puis donner mon avis, je dirais que le choix du style de dessin est vraiment approprié dans le cas présent et je rejoins tout à fait les explications de Samson (tres sympa à lui de venir ici s’exprimer d’ailleurs !). Ce style permet vraiment d’approcher et de rentrer dans l’histoire sans trop d’aprioris négatifs quant au sujet quand même assez lourd et probablement effrayant pour beaucoup de lecteurs pas forcément volontaires pour aborder ces sujets et notamment à travers une bd.

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    1. Bonjour et bienvenue à vous ici ! J’avais reconnu votre pseudo, merci à vous de vous arrêter ici également ! ^^
      Pas évident je crois de réagir à cet album tant je me suis rendue compte que les retours étaient très personnels ^^ Vous n’êtes pas le premier à mettre en avant l’avantage direct d’un tel graphisme et je ne rejette pas cet argument. Face aux retours que j’ai eu suite à ma critique, j’ai même relu l’album, pensant qu’avec du recul et connaissant l’album dans son ensemble, j’aurais un regard différent, mais ce n’est pas le cas.
      Disons que pour le grand public, le choix du graphisme permettra effectivement au plus grand nombre de pouvoir entrer dans le récit sans en plus devoir se débattre avec des « codes graphiques » (je ne sais pas si l’expression existe) supplémentaires. En revanche, pour les gens directement touchés par la maladie, qu’en est-il ??

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