Pour Sanpeï, tome 1 (Kouno)

Pour Sanpeï, tome 1
Kouno © Kana – 2009

La vie de Sanpeï, un vieux retraité bourru, est morose depuis le décès de sa femme. Le voyant dans cette situation, son fils lui propose de venir s’installer chez eux. Sanpeï accepte mais rapidement, le fait d’être une charge supplémentaire pour sa belle-fille lui pèse. Il se sent inutile. Quelques temps plus tard, Sanpeï retrouve par hasard le carnet que sa femme écrivait. Avec beaucoup d’émotions, il l’ouvre et découvre qu’il contient des notes sur tout ce qui fait le quotidien, sorte de recueil de fiches techniques du « savoir rendre son intérieur chaleureux » : cela va de la préparation de petits plats à l’art de veiller un malade… jusqu’à l’attention spécifique à donner à chaque membre de la famille.

A l’aide de ce précieux carnet, Sanpeï va donner un second souffle à sa vie. Lui qui jusque-là ne s’était soucié que de sa propre personne, il décide de se consacrer aux autres. De gestes attentionnés en paroles réconfortantes, il se rend compte que le fait de se consacrer à sa famille lui apporte bien plus que ce qu’il n’aurait imaginé. Petit à petit, il va parvenir à trouver sa place dans cette nouvelle configuration familiale…

Tout d’abord, je voudrais remercier Saxaoul. Nous étions toutes les deux inscrites au Manga Loto organisé par Loula et Saxaoul avait inscrit ce titre en complétant sa participation au jeu. Gagnante de ce Loto, j’ai eu la chance de recevoir quatre mangas, dont celui-ci qui figurait dans mes envies de lecture depuis un bon moment.

L’écriture de Pour Sanpeï a débuté au moment de la parution du Pays des Cerisiers au Japon (2003). Comme dans de nombreux mangas, on y retrouve l’image d’un foyer chaleureux où cohabitent trois générations d’une même famille. Mais au-delà de ça, Pour Sanpeï est un récit touchant qui ne se contente pas d’aborder la quotidienneté d’une famille japonaise. Avec beaucoup de pudeur et de respect, cet album aborde la question de la vieillesse à commencer par le nécessaire travail d’acceptation d’une nouvelle vie sociale que le vieil homme doit faire : « Papa. Grand-Père. En y réfléchissant, il n’y a plus personne pour m’appeler Sanpeï maintenant… ». A demi-mot, il est aussi question de sénilité mais le recourt à l’humour permet d’éviter les lourdeurs de ce sujet avec finesse. Là où Fumiyo Kouno nous surprend, c’est en insérant de très belles envolées lyriques dans ce récit, permettant ainsi de faire sortir le personnages des stéréotypes dans lesquels on enferme souvent les septuagénaires. Le voir remonter ses manches pour mettre en pratique les notes de sa femme, apprendre de nouvelles habitudes de vie à son âge avancé ou bien encore être pris au dépourvu face aux réactions spontanées et étonnantes de sa petite-fille… quel régal !!

Fumiyo Kouno a construit ce livre avec tout un tas de petits riens pourtant, l’ambiance qui se dégage ici est agréable. Les pages se tournent sans impression de redondance ou de lassitude. Le trait est doux et élégant, reconnaissable du premier coup d’œil. Je me suis fait une place dans cette petite famille japonaise où les rôles de chacun ont tendance à s’inverser. On est attendri par les moments complices que Sanpeï passe avec la petite fille ou tout simplement par les membres de cette famille qui réapprennent à se connaître. Au final, je crois que j’y ais pris beaucoup de choses à titre personnel : une vision rassurante de la vieillesse, un regard optimiste sur la sphère familiale et plein de petites informations qui seront injectées dans mon propre quotidien.

Une lecture que je partage avec Mango et les participants aux

Mango

Choisit par Saxaoul dans le cadre de sa participation au Manga loto organisé par Loula, cette lecture intègre le Challenge PAL Sèches

PictoOKJ’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cet album. Un manga aussi délicieux que l’extrait que je vous propose !

Ils en parlent très bien : Saxaoul, Tiphanya, Kaeru, Harpye.

Extrait :

Cette fois, pas de citation. La lecture de Pour Sanpeï m’a redonné envie de préparer des plats japonais (cela faisait si longtemps !!). Hier, j’ai donc cuisiné un Nikujaga… tout simplement délicieux !

« Prendre quatre pommes de terre, les éplucher et les couper en quatre ou en six morceaux. Les laver rapidement à l’eau froide.
Prendre un oignon, l’éplucher, le couper en deux puis en petits morceaux de six à sept millimètres.
Verser un verre d’eau dans une marmite, ajouter deux cuillères à soupe de sucre, trois cuillères à soupe de sauce de soja. Faire bouillir.
Lorsque la sauce arrive à ébullition, rajouter l’oignon et la viande (environ 200 grammes de bœuf ou de porc coupé fin). Lorsque la viande change de couleur, rajouter les pommes de terre.
Mettre le couvercle sur la marmite et laisser cuire à feu doux. Lorsque les pommes de terre sont tendres, c’est prêt.
Si possible, laisser reposer 30 minutes de plus, c’est encore meilleur ».
Le tout est bien sur accompagné d’un bol de riz.

Pour Sanpeï

Tome 1

Diptyque terminé

Éditeur : Kana

Label : Made In

Dessinateur / Scénariste : Fumiyo KOUNO

Dépôt légal : avril 2009

ISBN : 9782505005605

Bulles bulles bulles…

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Pour Sanpeï, tome 1 – Kouno © Kana – 2009

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21 commentaires sur « Pour Sanpeï, tome 1 (Kouno) »

  1. Tout est fait pour me séduire ici, jusqu’à la recette au nom bien japonais qui semble très simple à faire et qui doit être savoureuse sans sophistication!

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  2. J’ai failli le proposer pour le manga à la place des petites fraises ! Un manga que je n’avais pas pu finir tellement il m’avait semblé soporifique. Après la lecture de ton billet, je vais retenter le coup puisqu’il traîne encore quelque part dans un coin de ma bibliothèque.

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    1. Je m’étais préparée à ce que ce soit lent, cela m’a certainement bien aidé. Et puis j’aime beaucoup cette auteure depuis que j’ai lu Le Pays des cerisiers. Je le trouve très touchant ce p’tit vieux, j’adore ^^

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    1. Oui, une très belle découverte alors que j’ai généralement du mal avec les récits de ce genre (rythme lent). Fumiyo Kouno est réellement une auteure talentueuse

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    1. mais c’est très bien les mangas ^^ Enfin, pas tous non plus ^^ Mais celui là c’est tout bon, Le pays des cerisiers aussi du même auteur et puis Undercurrent ne devrait pas te déplaire non plus je pense (ça, c’est dans les vieux billets de mon blog… il faudra que tu sois indulgente sur les fotes d’ortograf)

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    1. 🙂 mais les vieux billets sont intéressants également. Ils sont plus spontanés, axent plus sur le ressenti et coupent moins les cheveux en quatre ^^
      Après, c’est de toute façon pas évident de se relire… donc c’est normal que tu pestes. Et tu auras d’autres occasions pour le faire 😛

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