Légendes des contrées oubliées (Chevalier & Ségur)

Légendes des contrées oubliées, tome 1
Chevalier – Ségur © Guy Delcourt Productions – 1987
Légendes des contrées oubliées, tome 2
Chevalier – Ségur © Guy Delcourt Productions – 1989
Légendes des contrées oubliées, tome 3
Chevalier – Ségur © Guy Delcourt Productions – 1992

Suite au décès de leur souverain, le Conseil des Sages du peuple nain charge Noren, Aren et Oten, de retrouver Raken le nouveau Roi. Celui-ci est parti depuis très longtemps hors du pays des nains, dans les lointaines terres du Nord.

Leur périple les conduit en des contrées hostiles. Peu habitués à la vie de nomades, ils s’acclimatent difficilement. En chemin, ils rencontrent Firfin, un elfe malin et voleur qui leur propose de devenir leur guide, pensant qu’il aurait quelques bénéfices savoureux à en tirer. Il ira jusqu’à saouler la petite troupe pour tenter de rendre ces demi-portions plus loquaces et évaluer ainsi la pertinence de son vil dessein. Mais de nombreux impondérables vont jalonner leur route, obligeant Firfin à revoir la question de son investissement et obligeant Noren à accepter la présence de cet intrus dans leur aventure. Le périple commence, une quête où nos compères trouveront bien plus qu’un simple roi…

A force de dire que cela faisait des années que je n’avais pas lu ci ou ça, vous allez me penser plus vieille que mon âge ! C’est pourtant ici encore le cas (une très vieille lecture… hum hum) et une occasion de plonger de nouveau dans cette quête à attribuer à kbd.

Au début, des ingrédients de base classiques de la quête : elfe, nains, magie, potions magiques. Des personnalités incontournables pour ce type d’aventure sont là : la tête pensante du groupe, le gros plein de muscles sans cervelles et le filou de base. Mais ensuite, le récit prend de l’épaisseur en même temps que la frontière entre Bien et Mal devient plus floue. Le trio initial est rapidement remanié dans le premier tome, rehaussant les possibles de cet univers. D’autant plus qu’à quelques planches de la fin du premier tome, les auteurs remanient une nouvelle fois la donne livrant ainsi le lecteur à tout un panel de suppositions quant à la suite de l’aventure. Le récit est rythmé durant les trois tomes de la série, pas d’essoufflement pour cette épopée cohérente qui offre une réflexion sur le pouvoir et ses enjeux. Enfin, je n’oublie pas de préciser que les jeux de personnages secondaires sont également très intéressants et contribuent énormément à enrichir le scénario.

Thierry Ségur l’accompagne à merveille au dessin. A l’aide d’un trait fin et d’une colorisation réellement atypique, il offre à cette série des visuels qui contribuent largement à créer une ambiance originale, unique. Graphiquement, l’épopée a un petit côté désuet mais parfaitement adapté à ce monde médiéval fantastique. Y prédominent des gris systématiquement accompagnés de couleurs qui jouent de contrastes et mettent en valeur les détails d’un décor soigneusement travaillé. Doux euphémisme en fait concernant le décor car il est réellement fouillé et regorge de vie. Il n’y a pas un coin de case en friches. Un voyage graphique très agréable, un joli travail d’orfèvre réalisé à l’aide d’un trait fin et épuré.

La Saison des cendres est le premier album de ces deux auteurs. Cette série est devenue un incontournable de l’héroïc fantasy, un classique de la BD. Au moment de sa parution en 1987, les BD du genre étaient peu nombreuses (un an après est arrivé Le Grand Pouvoir du Chninkel). Ce parcours d’auteurs n’est pas atypique. La preuve, en 1983, deux jeunes auteurs publient leur premier album qui parle d’une autre quête, devenue incontournable elle aussi et que nous connaissons tous : La Quête de l’Oiseau du temps.

Lecture de janvier pour l’équipe de kbd

PictoOKAmateurs d’héroïc fantasy, si vous n’avez pas lu cette référence en la matière, voici une grave lacune à combler ! ^^

Pour l’histoire, voici quelques mots sur la genèse de la série. Ces propos sont extraits du site BDGest :

« En 1986, il (Thierry Ségur) débute sa collaboration avec Casus Belli, le premier magazine national de jeux de rôle et de simulation, en créant avec Bruno Chevalier, le personnage de Kroc le Bô. Les Éditions Delcourt le remarquent, et c’est en novembre 1987 que sort La Saison des Cendres, premier volet de la série Légendes des Contrées Oubliées. La magie opère tout de suite, le succès est immédiat. Le tome 2, Le Pays des songes, sorti en avril 1989, confirme le succès et propulse les ventes à plus de 45.000 exemplaires. (…) Le Sang des Rois, troisième et dernier tome de la série, paraît en mars 1992 et marque sa consécration. Le succès est tel que l’album est classé un mois durant en tête du Hit Parade VSD / FNAC ».

Une interview de Thierry Ségur sur le site de France2.

Si vous souhaitez d’autres avis en attendant celui de kbd : Critiques Libres, Olivier Rousselin, Thomas.

Extrait :

« Curieux pays celui des songes.
Enfant renaît, enfant tu songes,
Vois tes pensées
Elles sont masquées.
Derrière le masque ?… une vérité.
Malin hasard est le destin,
Plus loin dit-on, un roi est nain » (Légendes des contrées oubliées).

Légendes des contrées oubliées

Triptyque

Tome 1 : La saison des cendres

Tome 2 : Le Pays des songes

Tome 3 : Le sang des Rois

Éditeur : Delcourt

Collection : Conquistador puis Long Métrage

Dessinateur : Thierry SEGUR

Scénariste : Bruno CHEVALIER

Dépôt légal : novembre 1987 (tome 1), avril 1989 (tome 2) et mars 1992 (tome 3)

ISBN (Intégrale – Nouvelle édition 2010) : 978-2-7560-2418-9

Bulles bulles bulles…

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Légendes des contrées oubliées – Chevalier – Ségur © Guy Delcourt Productions – 1987 à 1992

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8 commentaires sur « Légendes des contrées oubliées (Chevalier & Ségur) »

  1. J’ai lu cette trilogie il y a des années mais je n’en garde que peu de souvenirs ! A l’époque, je ne faisais que « lister » mes lectures et je lui avais mis une bonne note donc c’est que j’avais aimé 😉

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    1. ma dernière lecture des Légendes doit dater d’une dizaine d’année. J’en gardais un bon souvenir mais très peu de détails. J’ai pris plaisir à redécouvrir cet univers en tout cas même si, au fur et à mesure de la lecture, des éléments me revenaient en tête et annihilaient le plaisir de la surprise

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  2. Une des BD qui a le plus marqué mon adolescence, avec La Quête de l’Oiseau du Temps, et que je continue de relire avec plaisir…
    Vivent les histoires non-manichéennes !
    Et le trait de SEGUR est une merveille…

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    1. l’originalité du travail de Ségur m’avait marqué, plus que l’histoire en elle-même. Il faut un petit temps d’acclimatation mais ensuite, c’est comme pour V pour Vendetta : je n’imagine pas qu’un autre graphisme puisse aussi bien servir cette épopée

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