Uchronie(s) – New Byzance, tome 1 (Corbeyran & Chabbert)

Uchronies - New Byzance, tome 1
Corbeyran – Chabbert © Glénat – 2008

« Zack Kosinski est un prescient, capable de voir d’autres réalités par-delà la nôtre, capable de vivre sur d’autres “Terre”, parfaitement similaires à la nôtre, mais qui ont parfois évolué de manière subtilement différente…

New Byzance : depuis les attentats de septembre 2001, le capitalisme a été balayé du paysage politique. Ben Laden est considéré comme un libérateur. Et ses adeptes ont installé l’Utopie fondamentalisme, qui régit depuis plus de 200 ans l’organisation des principales nations occidentales et asiatiques. Une organisation rigoriste et sévère, où les femmes n’occupent plus le moindre rôle d’importance et où la police est omniprésente. Dans ce monde verrouillé, terriblement ordonné mais paradoxalement paisible, Zack exerce ses fonctions de prescient d’une bien étrange manière… Chargé de projeter dans l’esprit de ceux qui sont soupçonnés de crime par la pensée, des rêves agissant comme une sorte d’électrochoc, il reconfigure ainsi mentalement tout contestataire de l’Utopie Fondamentaliste. Zack est donc un rouage essentiel du système. Jusqu’où jour où on lance un mandat de recherche contre lui pour une raison inconnue. Le prescient n’a alors plus qu’à se jeter sur les chemins de la clandestinité. Et pour la première fois de sa vie affronter l’inconnu… » (synopsis éditeur).

Le principe d’Uchronies est original puisque cette série se compose de trois trilogies parallèles (New Byzance, New Harlem et New York) et d’un ultime tome devant donner une cohérence à l’ensemble. Une réalité, trois regards.

Une uchronie qui trouve son ancrage dans les événements de septembre 2001. La fuite de Zach est notre porte d’entrée dans les dédales de cette société hyper-réglementée  et aliénante, privant les individus de toute liberté (ou presque) à commencer par le libre-arbitre, favorisant la délation de son voisin, entretenant l’insécurité et la peur… Une première impression : celle d’un monde où chaque protagoniste est en permanence sur le qui-vive dans un décor mi-familier mi-futuriste. Le scénario nous distille au compte-goutte les pièces du puzzle, petit à petit on glane une information qui nous aide à comprendre les nouveaux repères avec lesquels on va devoir composer. Du coup, si on est un tant soit peu curieux, on accroche bien avec la série d’autant que ce tome introductif dispose d’un rythme efficace. Sans que l’on s’essouffle ni que l’on soit inondé de questions, on cale sans problème sur le tempo de cette cavale du héros qui se retrouve pourchassé pour ce qu’il pourchassait avant (je fais un parallèle sauvage avec Minority Report mais le héros d’Uchronies – sur cet album en tout cas – me fait penser à celui qu’incarnait Tom Cruise dans le film que je viens de citer). Enfin, l’album est relancé aux deux-tiers lorsque les trois personnages principaux se rencontrent, échangent des informations capitales que l’on a tôt fait d’engranger et partent explorer de nouvelles pistes.

Le dessin est assez impersonnel, comme aseptisé et la colorisation renforce ce ressenti. Les repères visuels sont dépourvus de langage réel, ils doivent leur efficacité à une découpe dynamique des planches et l’utilisation de couleurs tantôt dans des ambiances ocres-rouilles-marrons (plutôt chaleureuses), tantôt dans des grisâtres, bleus métalliques mettant le personnage principal au premier plan et accentuant l’austérité de son environnement.

PictoOKJ’adhère de moins en moins à ces dessins réalisés à la palette graphique : ils n’ont pas de force, pas d’âme, c’est lisse et cela me donne l’impression d’être dans le rôle du lecteur-consommateur : difficile de se projeter ici. L’agencement des visuels donne en revanche un rythme agréable et soutenu à l’intrigue que l’on prend plaisir à découvrir. Comme un bon film, elle nous happe.

La preview de la série et une interview des auteurs sur Bulle d’Encre.

L’avis de Samba, Nicolas et Laurent Lavadou (ActuSF).

Extraits :

« Le crime par la pensée est une arme redoutable. Vous avez été reconnu coupable » (Uchronies – New Byzance).

« Car le but d’Utopia n’est pas seulement d’offrir un cadre aux proportions idéales, mais de conduire l’homme à sa perfection dernière qui est de devenir immortel » (Uchronies – New Byzance).

UCHRONIE(S) – New Byzance

Tome 1 : Ruines

Série en cours

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Dessinateur : Éric CHABBERT

Scénariste : Éric CORBEYRAN

Dépôt légal : janvier 2008

ISBN : 9782723459051

Bulles bulles bulles…

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Uchronie(s) – New Byzance, tome 1 – Corbeyran – Chabbert © Glénat – 2008

Auteur : Mo'

Chroniques BD sur https://chezmo.wordpress.com/

20 réflexions sur « Uchronie(s) – New Byzance, tome 1 (Corbeyran & Chabbert) »

    1. j’ai poussé la chansonnette sur le tome 2 de cette trilogie et je viens de finir la trilogie de New Harlem… pas mal. On est vite pris dans le rythme en fait

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  1. et moi je les ai repéré depuis longtemps dans ma LàL (je suis une inconditionnelle de Corbeyran) mais je ne les ai pas encore achetés et donc je n’en dispose pas… j’ai aimé le tome 1 de New Harlem mais j’attends de lire les autres pour voir si je partage ton sentiment sur le dessin

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    1. oui, la remarque que je fais sur le dessin est assez personnelle en fait. J’aurais peut etre pu m’en passer dans mon écrit. C’est juste parce que ces derniers temps, je trouve plus de plaisir à voir des dessins plus « naturels », le noir et blanc me plait assez maintenant. Ici, je trouve juste cela un peu « surfait »

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  2. On a acheté la série parce que j’adore les uchronies 😉 Et puis, si je trouve les dessins impersonnels aussi, ils ne sont pas moches non plus ! mdr ! Mais j’attends la parution de l’opus final (dans une quinzaine de jours) pour commencer cette lecture !

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    1. et bien si tu n’as que ce tome sur l’ensemble de la série… prépares-toi à faire fumer la carte bleue parce que ça se lit bien !! ^^ Même si ces albums ne sont pas trop mon genre de prédilection habituel, je me les engouffre en ce moment !

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    1. il y a un dessinateur différent par trilogie, cela permet de varier aussi les ambiances graphiques. J’accroche beaucoup moins avec le style de Tibery (sur le cycle New Harlem), mais le principe des récits croisés est assez intéressant

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  3. dégoûtée, ma librarie n’a plus que les tomes 3 des trois séries : je suis en rade, du coup je me suis vengée sur le tome 2 d’Orbital et le dernier Borgia.

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    1. je la préfère à New Harlem et à la dernière (New York)… mais étant donné qu’elles sont toutes liées, je crois que c’est difficile de les prendre isolément

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