Le commun des mortels (Kokor)

Le commun des mortels
Kokor © Vents d’Ouest – 2004

Perdu en pleine campagne, un vieil hôtel délabré résiste au vent. C’est là que Gus McKolette, alias Shaker, débarque pour prendre ses fonctions de barman. Sur place, il rencontre un petit artisan qui ne paye pas de mine, Factotum Ladislas Quint, un peu gauche, pas réellement le type à qui on confierait la restauration d’une aussi grande bâtisse dans un délais très serré. Ces deux hommes ont été choisis par un mystérieux employeur pour remettre l’établissement en service avant l’arrivée des premiers clients. Ils ont un mois, jour pour jour, pour dépoussiérer, repeindre, faire briller et rendre ce lieu aussi convivial que possible !

Un mois bien étrange durant lequel surprises et bizarreries vont rompre la monotonie, à commencer par le tri de ce tas de lettres déposées par un facteur fantôme pour une certaine « Alice McKolette ». Un mois propice aux confidences durant lesquelles on se rend compte que Factotum en connaît visiblement un rayon sur le passé de Shaker…

Cet homme sur la couverture nous attendait-il ? Nous invite-t-il à boire un coup où souhaite-t-il faire quelques aveux ? Est-ce un barman qui finit son service ou simplement un client de passage ? Bref, ces questions et tant d’autres avant de se lancer dans la lecture… Et puis, cette touche, ce trait, cette colorisation, ces silences et ces personnages qui ne parlent jamais pour ne rien dire… pas de doute, c’est signé Kokor ^^ Voici déjà un bon tour tour de propriétaire et une chronique de lecture qui s’annonce positive.

Avant toutes choses, ne vous lancez pas dans la lecture du Commun des mortels si, au préalable, vous n’avez pas lu Kady (publié en 2001). Partant de ce principe, vous pourrez pleinement apprécier la qualité de ce nouvel album.

Étrange recommandation n’est-ce pas ? Pourtant, c’est la condition sine qua none pour savourer le plaisir de retrouver le personnage de Shaker, pour donner du sens aux nombreux non-dits et aux nombreux clins d’œil déposés tout au long de ces 60 pages. Kokor stimule nos souvenirs de lecture et nous donne l’impression d’être dans la confidence. Cette connivence avec l’auteur, c’est une belle surprise ! A vrai dire, après lecture, je me suis posée la question de savoir ce qui avait motivé Kokor à écrire Le Commun des mortels. Je ne garde pas un bon souvenir de Kady : un monde que l’on survole tout autant que ses personnages, trop de tumulte et d’agitation, une succession de rebondissements qui nous font perdre de vue l’essentiel bref, un album à vous donner le tournis. L’idée de faire revivre Shaker pallie-t-elle à une quelconque insatisfaction de Kokor ? L’auteur en était-il nostalgique ? Ce nouvel album est-il un prétexte pour démontrer tout le potentiel de ce personnage ?… De nombreuses suppositions mais y en a-t-il une réellement valable ?

Quoiqu’il en soit, c’est loin de l’effervescence permanente de Kady que l’on prend cette fois le temps de découvrir réellement qui est Shaker… et c’est une très bonne chose ! Quelques fantômes de « l’autre album » le suivent dans ce nouvel univers, comme celui d’Alice ou de l’ours blanc. La présence de ces personnages secondaires invisibles est rassurante et aide à remplir l’espace de cet immense hôtel perdu au milieu de nulle part. Sur le devant de la scène, Shaker et Factotum se donnent la réplique dans cet étrange huis clos. Ils s’apprivoisent, s’observent et nous nous amusons de leur cohabitation forcée tant ils sont différents. Une histoire atypique, à mi-chemin entre fiction réaliste et monde fantastique. Un récit intemporel qui n’a pas manqué de me surprendre. Une bonne alternance entre des temps de dialogues et des moments silencieux, ce qui nous laisse la possibilité d’apprécier les détails que Kokor a dissimulé dans ses décors. La richesse et la justesse de ses dessins lui permettent d’épurer au maximum le contenu des phylactères sans que cela ne porte préjudice à la compréhension globale de l’histoire. Un album de qualité qui repose entièrement sur ces temps de silence et sur le jeu des non-dits.

Rien à redire au niveau du dessin que je trouve maîtrisé, délicat et respectueux, juste… bref, une lectrice conquise par sa lecture.

PictoOKCet album m’a séduit. Un univers chaleureux dans lequel baigne une douce quiétude.

L’avis de Véro chez qui j’avais repéré cet album.

Le commun des mortels

One Shot

Éditeur : Vents d’Ouest

Collection : Équinoxe

Dessinateur / Scénariste : Alain KOKOR

Dépôt légal : novembre 2004

ISBN : 9782749301419

Bulles bulles bulles…

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Le Commun des mortels – Kokor © Vents d’Ouest – 2004

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20 commentaires sur « Le commun des mortels (Kokor) »

    1. il faut vraiment avoir lu Kady avant pour le savourer pleinement (tous ces « fantômes » qui font leur apparition ici font références à des personnages de l’album précédent). Mais comme je le disais, Kady n’est pas évident (j’en avais parlé il y a quelques temps).

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  1. Je l’ai commencé deux fois…. Je ne l’ai jamais terminé. Je ne sais pas, je n’arrive pas à entrer dans cet univers. C’est bizarre…

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    1. Arfff… et bien j’ai hâte de te lire sur cet album !! Je vais finir par le relire à force (Tiphanya et XL viennent de publier un avis) ^^
      Bon, j’attends ta chronique donc ^^

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  2. RDV 8h ^^
    Ce qui est marrant, c’est que j’ai relu ton article après avoir rédigé le mien et je me rends compte que je dis un peu la même chose que toi 😀

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    1. héhé, cela a comme un air de déjà-vu cette petite rengaine-là. 🙂
      (c’est pour cela aussi que j’avais hésité à proposer ton lien pour « Là où la mer murmure »… j’avais peur que les gens croient que j’ai recopié :lol:)… Allez me coucher serais opter pour la solution la plus sage il me semble ^^

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  3. coucou
    1/ pour te signaler que j’ai fini la série des Sambre
    2/ j’ai vérifié et la médiathèque possède plusieurs de ses albums (jeunesse et adulte) donc ce week end sera Kokor !

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    1. Yes, vive Kokor. Commences par « Les voyages de Gulliver » si tu en as l’occasion. « Le commun des mortels » à ne pas lire avant « Kady » (mais il faut s’accrocher pour « Kady » (j’espère en tout cas qu’il te plaira plus qu’à moi ^^)

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