Le fils de son père (Mariotti)

Le Fils de son père
Mariotti © Les Enfants Rouges – 2010

Olivier est un jeune père de famille. Côté professionnel, rien d’extraordinaire ; il partage son temps entre les cours d’Arts plastiques qu’il donne dans une école et ses expositions d’œuvres. D’ailleurs, c’est au cours d’un vernissage que l’on fait sa connaissance. Sa famille, ses amis… tout le monde est venu pour le soutenir. Il y a bien sur les critiques artistiques qu’il ne faut pas oublier de bichonner. Tout le monde est présent pour ce moment convivial. Tout le monde ? Non, son père, Louis, est le grand absent de cet évènement.

Cela fait trois années qu’Olivier a coupé les ponts avec lui, trois années qu’il impose cette rupture à sa femme et ses fils. Si ces derniers se sont difficilement fait une raison, cette décision semble être plus difficile à gérer pour Olivier.

J’ai trouvé cet album fade. Le récit se dilue sur les 80 pages qu’il contient et si Olivier Mariotti intéresse son lecteur via le préambule de l’album, on y apprendra peu de choses par la suite. Rapidement, on comprend qu’il y a un nœud dans la relation à son père et on attend logiquement que ce nœud s’éclaircisse. Je n’ai eu aucune attente particulière quant au dénouement : que le fils et le père se réconcilient ou conservent leurs positions respectives leur appartient cependant, ce que je reproche à cette histoire, c’est que l’intrigue se mette en mouvement dans le dernier tiers de l’album. Une fin ouverte qui laisse libre court au lecteur d’imaginer ce que bon lui semble. Ce rythme tardif qui apparait ne suffit pas à me laisser une bonne impression sur cet ouvrage.

Graphiquement, le recours à une découpe de planche redondante accentue le sentiment de lassitude durant la lecture. On alterne entre des périodes ancrées dans le présent. C’est, pour le lecteur, l’occasion de connaitre la vie quotidienne d’Olivier, partagée entre son activité professionnelle et sa famille. C’est aussi accepter de parler de foot, une passion du personnage qu’il a su transmettre àa ses fils. C’est enfin l’occasion de le voir dans sa vie de couple, une relation harmonieuse même s’il lui est reproché son laxisme à l’égard de ses enfants… des questions assez récurrentes pour n’importe quel parent. Une vie banale avec ses tracas et ses plaisirs (l’amitié essentiellement). Pourtant, certains passages ont retenu mon attention. Ce sont ceux qui illustrent les souvenirs d’Olivier quand il était enfant. Le trait est charbonneux, ces passages contiennent beaucoup de tendresse. On y voit la complicité entre un père et son fils, on assiste à l’incapacité d’un enfant à comprendre certaines situations auxquelles il est confronté. Olivier Mariotti y a également matérialisé ses rêves d’enfant qui sont, pour le lecteur, l’occasion de découvrir des passages oniriques qui donnent lieu à de superbes illustrations.

Enfin, si l’auteur prend le temps de nous expliquer quelle image (parfaite) il avait de son père pendant l’enfance, il ne prend pas le temps de détailler les étapes qui l’on progressivement conduit à l’ignorer. Il y a un fort décalage entre les deux états, j’aurais aimé que ce cheminement soit plus fouillé plutôt que d’être contrainte à faire un grand écart entre la période de l’enfance et celle de la vie adulte. Le récit dispose d’un embryon d’explication, mais cela arrive bien trop tard dans l’album.

En somme, un récit autobiographique qui ne m’a pas capté. Beaucoup de choses convenues ou trop effleurées. On voit un personnage qui reproduit les mêmes erreurs que son père (dans le rapport qu’il a avec ses enfants), un adulte obstiné nourrit de remords.

Lecture d’octobre pour kbd

pictobofHabituellement, je ne « touche » pas trop aux récits autobiographiques, partant du principe que l’auteur se livre bien plus qu’il ne le fait dans une fiction. Mais ici, l’album n’offre aucune surprise dans le traitement d’un sujet déjà maintes fois abordé. Olivier reproduit l’image paternelle sans se poser plus de questions que ça excepté en toute fin d’album mais cela arrive vraiment trop tard pour donner de la consistance à l’album. Le dessin est trop lisse, excepté pour la période des souvenirs où les émotions passent et les personnages ont de la profondeur.

Une interview des auteurs sur Sceneario.

Les avis de PlaneteBD et PulpClub.

Extrait :

« Dès l’instant où j’ai été ce témoin embarrassé, nos rapports ont changé. C’est quand même dommage de ne plus parler à son père. Il t’a appris des tas de choses. En plus, il vit pas très loin de chez nous. Justement, c’est le manque de distance qui a tué très tôt notre relation. De l’idole il est passé à l’ami… pour devenir un inconnu familier » (Le fils de son père).

Le fils de son père

One Shot

Éditeur : Les Enfants Rouges

Collection : Mimosa

Dessinateur / Scénariste : Olivier MARIOTTI

Dépôt légal : novembre 2010

ISBN : 978-2-35419-040-8

Bulles bulles bulles…

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Le fils de son père – Mariotti © Les Enfants rouges – 2010

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11 commentaires sur « Le fils de son père (Mariotti) »

  1. J’aime bien le dessin mais au vu de ce que tu en dis et des planches que tu as mis, cela m’a l’air effectivement bien léger ! Et puis, si ça parle un peu de foot, je passe mon chemin vu que je déteste ce sport (et j’ai de la chance … mon homme aussi déteste !)

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    1. Le foot n’est pas l’élément central. C’est juste un élément récurrent du scénario puisqu’Olivier partage cette passion commune avec son père mais également avec ses fils. Donc ça va, j’ai exagéré mes propos dans ma chronique mais je suis vraiment sortie dépitée de cette lecture 😦

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  2. >On voit un personnage qui reproduit les mêmes erreurs que son père (dans le rapport qu’il a avec ses enfants)<

    Juste une remarque, nous ne sommes pas d'accord sur cette lecture (pour une fois^^) mais je reconnais tes arguments (pour une fois^^). Cependant, je ne comprends pas cette phrase car je trouve au contraire que le personnage est au contraire à contrecourant de la relation qu'il a eu lui avec son père.

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    1. Je ne l’ai pas ressenti en fait. Je trouve que les souvenirs d’Olivier nous montre exactement la même chose que son présent de père.
      J’ai en tête le passage où il se rappelle une scène de famille dans le salon. On voit la mère d’Olivier qui demande du soutien à son compagnon, on voit ce père présent physiquement mais qui n’intervient pas et quand il réagit enfin, c’est pour faire le pitre. C’est le « papa jeu » type et Olivier reproduit (pour moi) exactement la même chose. Il ne fixe pas de repères, ne « cadre rien » et se contente de tout prendre sur le ton de la plaisanterie. J’exclus l’élément « adultère » bien sur, je regarde juste la quotidienneté et pour moi, c’est la même chose
      Je ne sais pas si j’explique ça correctement par contre 😦

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      1. Si si c’est clair.
        Je ne voyais pas ça comme ça, au contraire de son père (cf dernière scène sur le bateau) je le trouve moins « super-héros » et plus ouvert au dialogue avec ses enfants. Les erreurs que tu décris, il en a conscience je crois et redresse la barre à plusieurs reprises. Il a une grande conscience de sa condition contrairement à son propre père.
        Merci de ta réponse ça va me servir pour la synthèse.

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        1. Hum… il en a peut être conscience mais je trouve qu’il ne fait pas beaucoup d’effort pour permettre aux choses de changer… 😛

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        2. Et si justement cette histoire n’était pas l’histoire d’une prise de conscience et le début d’un changement, hum ? ^^

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        3. La fin ouverte le laisse effectivement supposer. En tout cas… c’est tout ce qu’on peut souhaiter à cet homme 😛

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