Fear Agent, Intégrale 1 (Remender & Moore & Opena)

Remender – Moore – Opena © Akileos - 2012
Remender – Moore – Opena © Akileos – 2012

Les Fear Agent sont les membres d’un groupuscule texan dont l’action consiste à exterminer les extra-terrestres. Après l’invasion massive de la Terre, devenu le champ de bataille de deux espèces aliens, les Fear Agent se sont progressivement constitué en milice afin de défendre la race humaine. Leur efficacité fait leur réputation mais les méthodes qu’ils emploient ne sont pas toujours très orthodoxes. Heath Huston est l’un d’entre eux, oui mais voilà… ils ont tous été tués… ou presque.

Depuis plusieurs années, Heath fait cavalier seul. Sa drogue : l’alcool dont il ne saurait se passer. Il erre dans la galaxie en compagnie d’Annie, l’intelligence artificielle de l’ordinateur de bord de son vaisseau. Ses destinations sont fonction des missions qu’on lui confie. Son rôle : identifier la menace et agir pour la neutraliser. Selon les lois en vigueur, Heath n’est pas autorisé à tuer délibérément un intellect de classe inférieure mais le Fear Agent a pris l’habitude de composer avec les lois…

Lorsqu’il découvre l’existence d’une conspiration visant à décimer la race humaine, il décide d’arrêter de boire et de se remettre sérieusement au travail.

Je découvre Fear Agent à l’occasion de la sortie de cette intégrale qui réunit les trois premiers tomes de la série : Re-ignition, Ma guerre et Le dernier adieu. Le récit s’inscrit dans la grande famille de la SF Pulp (je vous renvoie à la page Wiki, à la fiche du Cafard cosmique et à celle de scifi-universe si vous voulez plus d’infos) délaissée depuis quelques années [comme nous l’explique Rick Remender en préface].

fear agent vaisseauOn s’engouffre assez facilement dans ce monde peuplé d’extra-terrestres, de vaisseaux spatiaux, d’armes et d’énergumènes au langage châtié. Les rares personnages féminins sont dotés – sans réelle surprise – de formes généreuses. L’intrigue ne cesse de s’enrichir de tome en tome et les rebondissements sont nombreux. Certains passages souffrent d’un manque de crédibilité, laissant croire que Heath va succomber… Malheureusement, la série repose sur ses seules épaules et le fait de savoir qu’au-delà de cette intégrale, d’autres albums ont continué à développer cet univers… on a du mal à y croire. En revanche, Rick Remender parvient parfaitement à relancer son récit. Un récit d’ailleurs qui alterne parfaitement voix-off (du personnage principal) et dialogues. Si j’ai ressenti des difficultés durant la lecture, cela est dû au fait que le scénario effectue sans vergogne des sauts dans le temps, sans transition préalable. Passé, présent, futur… tout se mélange parfois et il peut être difficile de se repérer. A chaque chapitre, il faut laisser passer quelques pages avant de faire le lien et pouvoir dissocier la réalité du reste. Le scénario tient compte du fait que le personnage principal est dépendant de substances diverses (alcool le plus souvent, mais il y a un long passage où il consomme des drogues dures). Réminiscences, hallucinations, cauchemars se bousculent sur certains passages, rendant ainsi le traitement de l’action assez confus.

Heureusement, il est possible de s’appuyer sur le graphisme. Les teintes laissent souvent des indications quant à la période de référence (passé/présent/futur) mais il faut tout de même être bien familiarisé avec la série pour commencer à distinguer ces subtilités. Tony Moore et Jérome Opeña, les deux dessinateurs impliqués dans Fear Agent, sont parvenus à développer la série de manière cohérente, il y a très peu de variations entre leurs réalisations respectives. La découpe des planches autant que le trait de chaque auteur portent l’action et embarquent le lecteur dans cette épopée haletante. Rapidement, on ressent de la sympathie pour ce héros qui n’est pas sans nous rappeler – physiquement – un autre aventurier qui a de la poigne : Blueberry. Heath est un looser malmené par la malchance, mais on perçoit rapidement que l’alcool n’est qu’un placebo qui lui permet d’apaiser une souffrance plus profonde.

En fin d’intégrale, une partie bonus d’une vingtaine de pages permet au lecteur de profiter des croquis exploratoires et recherches graphiques effectuées pour cet univers.

PictoOKUne bonne surprise au final, une lecture qui me sort des genres vers lesquels je me tourne habituellement. Cette intégrale se dévore, je pense que je lirais la suite si l’occasion se présente.

Fear Agent

Intégrale 1

The-reading-Comics-challengeSérie en 6 tomes

Éditeur : Akiléos

Dessinateurs : Tony MOORE et Jérome OPEÑA

Scénariste : Rick REMENDER

Dépôt légal : décembre 2012

ISBN : 978-2-35574-122-7

Bulles bulles bulles…

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Fear Agent, intégrale 1 – Remender – Moore – Opena © Akileos – 2012

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10 commentaires sur « Fear Agent, Intégrale 1 (Remender & Moore & Opena) »

    1. On ne s’ennuie pas du tout !! Autant je lisais beaucoup de SF avant, autant je m’en étais lassée. J’ai retrouvé un rythme, une ambiance (bien que propre à cet univers) mais que j’avais bien aimé dans les « Travis », « Carmen McCallum » etc. Très sympa ce Fear Agent ^^

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    1. Je trouve aussi ^^ Autant cette lecture m’a fait du bien (ludique, rythmée…) parce qu’elle me change un peu, autant j’ai eu plaisir à rédiger cet article car je raconte un peu autre chose par rapport à d’habitude ^^

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  1. C’est vrai que ça ne s’arrête jamais pour notre héros, à peine fini avec un problème qu’un nouveau surgit encore plus fort.
    Dans l’esprit , j’ai trouvé cette série très proche d’Invincible par exemple.

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    1. Je n’ai pas lu Invicible mais j’ai eu l’occasion d’en entendre parler cette semaine ^^
      Dans Fear Agent, il y a quelques passages durant lesquels l’action est mal gérée. C’est lors de ces moments que l’idée d’abandonner la lecture revenait. Et puis de fil en aiguille, de rebondissement en rebondissement pour être exacte, je suis arrivée au bout de cette intégrale. Du coup, j’attends la seconde ^^

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  2. J’ai abandonné au milieu du second tome, je n’arrivais pas à rentrer dans cet univers assez particulier. Je crois vraiment que la SF n’est pas pour moi, même si j’avais bien aimé Aâma.

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    1. L’angle d’attaque n’est pas le même je trouve. Aama, j’ai immédiatement accroché car Peeters se penche très rapidement sur la psychologie de son personnage. En parallèle, il développe le contexte dans lequel il évolue mais ça reste pour moi en second plan.
      Dans Fear Agent, c’est le rythme du récit qui m’a attrapé. Remender nous jette plein de petits os à ronger, il nous met la puce à l’oreille concernant le passé chaotique de son perso. Mais dès qu’il prend le temps de le développer un peu, qu’on voit que derrière cette carcasse bien musclée il y a un homme nostalgique… là, je ne me suis plus posé la question de savoir si j’abandonnais la lecture ^^ Ça vient sur le tard quand même… mais j’ai fichtrement bien aimé cet aventure ^^

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