Automne (McNaught)

McNaught © Nobrow – 2012
McNaught © Nobrow – 2012

Dans la bourgade de Dockwood, la vie suit paisiblement son court. Le paysage quitte lentement son habit d’été pour revêtir les couleurs de l’automne. La chute des feuilles annonce cette douce métamorphose. Les affiches publicitaires vantant les soldes d’été racoleurs sont recouvertes par la nouvelle campagne marketing des promotions de la rentrée.

Les salariés ont retrouvé le chemin du travail, les élèves celui de l’école. Les habitudes quotidiennes ont repris le dessus. Les écureuils ont déjà commencé à faire leurs provisions d’hiver, le manteau feuillu des arbres a quitté ses verts coloris et se pare de roux et d’ocres chaleureux…

Jon McNaught nous fait vivre une journée à Dockwood.

Quelle lenteur dans ce récit ! Cela m’a pris au dépourvu !! D’autant que cet album s’intéresse à décrire une tranche de vie assez banale, presque insignifiante. Je m’attendais à être portée par un récit qui m’a finalement imposé son calme. Pourtant, même si je suis restée spectatrice, j’ai apprécié cette lecture.

« McNaught capte ces détails insignifiants de la vie ordinaire – un oiseau perché sur une branche, une lettre postée, un lever de soleil, une odeur de cuisine, un écureuil dans un arbre- et dilate le temps à l’infini pour mieux révéler l’essence des objets et l’état intérieur des personnes » (extrait de la chronique de Planete BD).

Cet ouvrage propose deux courtes nouvelles. La première raconte la journée-type d’un jeune homme tandis que la seconde nous propose de partager la fin d’après-midi de deux collégiens.

Revenons sur la première nouvelle qui me donne envie d’être bavarde. Un jeune homme travaille dans une Maison de retraite et se déplace avec les transports en commun. Pour le lecteur, le trajet matinal de cet homme est l’occasion de découvrir un paysage urbain égayé par des couleurs automnales. Les arrêts effectués par le bus sont autant de prétextes saisis par l’auteur pour nous forcer à contempler la chute d’une feuille ou l’intervention d’un colleur d’affiches. Sitôt le personnage arrivé à destination, c’est avant tout le côté ritualisé des tâches qui m’a marquée. Affecté aux cuisines, il va tout d’abord se changer puis vont se succéder quantité de petites tâches quotidiennes qui le conduiront jusqu’au moment où il débauche. Ainsi, on participe à la préparation du prochain repas des pensionnaires, à sa distribution… on s’arrête sur des petits détails lourds de sens comme la télévision qui tourne en boucle et se contente de meubler les lieux à l’aide de son bruit de fond ronronnant. J’ai apprécié ce contraste entre l’effervescence médiatique qui ne souffre aucun temps mort et la vie ritualisée des pensionnaires de la structure.

La seconde nouvelle est plus vivante puisqu’elle nous permet de découvrir la fin d’après-midi de deux collégiens. Bien que leur conversation soit sensiblement plus animée, on reste ici encore sur l’observation passive des événements et l’on se laissera surprendre par une scène d’action surprenante… Ainsi s’achève l’album qui laisse finalement le lecteur sur une douce réflexion sur le temps qui passe.

De cette lecture, je garde également en tête les couleurs qui nous accueillent immédiatement. Bleus et oranges sont finalement les principaux acteurs de ce récit et nous font évoluer dans une ambiance chaleureuse, à la fois sereine et mélancolique. L’organisation des cases permet au lecteur de ne pas se laisser envahir par la monotonie des lieux. La composition de base de chaque page propose une découpe en 6 bandes de 4 cases mais Jon McNaught casse régulièrement ce rythme en insérant çà et là des visuels plus petits ou plus gros, ce qui nous oblige à moduler notre rythme de lecture en permanence. De fait, on accepte très bien cette succession silencieuse de petits clichés qui guident notre regard de manière spontanée.

L’album est assez silencieux en raison des nombreux passages muets. Le reste du temps, une voix-off timide accompagne le lecteur. Elle est ponctuellement remplacée par des échanges assez concis entre des personnages qui entretiennent des rapports professionnels ou amicaux courtois. Aucun ne se livre personnellement, les rapports humains sont assez convenus.

PictoOKUn album contemplatif agréable, récompensé d’un Fauve Révélation au Festival Angoulême 2013.

Les chroniques de Mango, Cristie, Culturopoing.

Du côté des challenges :

Roaarrr Challenge : Prix Révélation du Festival d’Angoulême 2013

Petit Bac 2013 / Météo : Automne

Tour du monde en 8 ans : Grande-Bretagne

Roaarrr Petit Bac TourDuMonde

Un livre reçu dans le cadre de l’opération « La BD fait son Festival » organisée par Price Minister.

la bd fait son festival

Automne

One shot

Editeur : Nobrow

Dessinateur / Scénariste : Jon McNAUGHT

Dépôt légal : octobre 2012

ISBN : 978-1-907704-23-9

Bulles bulles bulles…

Pour découvrir les premières planches de l’album, cliquez sur ce lien pour être redirigé vers la fiche de l’éditeur.

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Automne – McNaught © Nobrow – 2012

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29 commentaires sur « Automne (McNaught) »

  1. Il me le faut ! J’ai vraiment très envie de découvrir ce titre et j’ai bien l’intention de l’acheter dès lundi quand je pourrais enfin mettre les pieds dans une vraie librairie !

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    1. Curieuse de savoir ce que tu en auras pensé. Mais prépares-toi à quelque chose de très contemplatif. Ce n’est pas beaucoup plus rythmé que « Le promeneur » de Taniguchi ^^

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  2. Je l’ai beaucoup aimé, cet album. Il m’a désarçonnée au début et puis j’ai été prise par la poésie qui se dégage de la monotonie même du temps qui passe dans ces journées somme toute insignifiantes et répétitives mais révélatrices pourtant d e micro évènements si bien évoqués par petites touches. Tout à fait ce qui me plaît dans une BD, maintenant je le sais.

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    1. J’ai également eu besoin de quelques pages pour m’habituer à l’univers mais finalement, contre toutes attentes, l’album est assez « magnétique » (j’ai vu ce terme sur la chronique de Planete BD et je ne trouve pas de terme qui soit plus adapté)

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        1. De mon côté, j’ai vraiment hésité à le lui proposer. Je ne trouve pas que cela diffère beaucoup de certaines de ces lectures. Par exemple, dans ses Clones Wars, certains aliens ont des têtes vraiment pas catholiques ! Dans Les Légendaires pareils… Je ne m’imaginais pas le laisser seul face à l’album mais accompagné pour reformuler quelques expressions… j’y ai pensé en tout cas ^^

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        2. ils n’ont jamais lu les Légendaire, pas attirés…
          (pourtant, je les traîne dans les libairies…)
          en fait Petit Ange a jeté un oeil, feuilleté.
          Pour Grand Ange, c’est différent, pour lui, les bd sont des « choses » difficiles à lire.

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        3. La série des Légendaires est également éditée en roman jeunesse. C’est la Bibliothèque verte qui propose ce format 😉

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    1. L’auteur utilise totalement les silences à son avantage et il le fait avec une facilité déconcertante ^^ Habituellement, j’apprécie peu les récits contemplatifs (certains Taniguchi par exemple me sont presque tombés de mains). Dans « Automne », j’ai été prise dans le jeu de savoir vers quel son la vignette suivante allait nous emmener. Cette variation autour de la taille des cases est réellement ludique en tout cas. J’ai vu que McNaught avait réalisé « Dimanche », je pense que j’irais le feuilleter

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    1. Je n’ai pas eu le temps de m’accrocher aux personnages mais je ne pense pas que ce soit l’intention de l’auteur au départ. Il me semble qu’il expérimente une forme de narration graphique qui fonctionne bien. Mais l’album se lit très vite (trop vite ?)…

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  3. J’ai tellement entendu parler de cet album ! Et je comprends mieux les allusions qu’on a pu me faire concernant la première nouvelle de cet album…
    Pourquoi pas un peu de contemplation de temps à autre ? …

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  4. Je viens de le lire, emprunté cet aprèm à la médiathèque car je me souvenais voir vu la couverture chez toi…et je ne sais pas quoi penser (et encore moins quoi dire pour en parler… J’ai beaucoup aimé les dessins et les couleurs mais je crois que je suis un peu passée à côté de l’histoire. A moins que ca soit une BD qui se digère un peu…
    Par contre je vois avec plaisir qu’elle colle pour le Roaarrr : tant mieux car ça commençait à faire longtemps non 😉

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    1. De mon côté, j’ai pris quelques jours pour digérer la lecture avant de passer à l’écriture de mon article. Un album lu d’une traite mais, comme toi, besoin de marquer un temps d’arrêt pour m’approprier ce que j’ai vu/lu. Par contre, je garde un très bon souvenir de cet album. Depuis, je tournicote autour de « Dimanche’ qu’il avait écrit avant
      Sinon oui, le Roaarrr… ça colle. Je suis toujours dans la même situation à l’égard de mon challenge. Il faudrait que je lui consacre un peu plus de temps mais c’est toujours pareil… c’est difficile ^^

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