Akira, tomes 1 et 2 (Otomo)

Otomo © Glénat Manga – 2009
Otomo © Glénat Manga – 2009
Otomo © Glénat Manga – 2009
Otomo © Glénat Manga – 2009

Nous sommes en 2019 à Neo-Tokyo, une mégalopole.

Une grande partie de la vieille ville a été condamnée à la population depuis qu’une bombe d’un nouveau type a été lâchée sur la ville durant la troisième Guerre Mondiale en décembre 1982. Mais des jeunes comme Kaneda et sa bande aiment braver les interdits. A la nuit tombée, ils sortent de l’enceinte du Lycée technique de réinsertion pour jeunes délinquants, enfourchent leurs motos et s’engouffrent à toute allure dans les artères de Neo-Tokyo. Ils vont jusqu’aux limites autorisées de la ville.

Tout débute le soir où ils outrepassent les règles imposées et forcent les barrages, pénétrant ainsi dans l’enclave interdite devenue zone militaire. C’est là, sur l’ancien périphérique aérien qui desservait le quartier du stade olympique aujourd’hui déserté, que l’accident se produit. Tetsuo, le meilleur ami de Kaneda, perd la maîtrise de sa moto et percute un enfant qui se trouvait-là. D’où vient cet enfant ? Pourquoi a-t-il l’apparence d’un vieillard ? Comment fait-il pour se dématérialiser ??

Dès lors, les ennuis se succèdent. La sanction tombe rapidement au Lycée après la nouvelle de la fugue nocturne. L’armée fait irruption dans l’établissement professionnel et tente d’appréhender Kanéda. Tetsuo est transféré à l’Hôpital mais il est impossible de lui rendre visite. Un mystérieux inconnu prend Kaneda sous son aile lors d’une échauffourée avec les forces de l’ordre… Et avec peur et fascination un nom commence à être prononcé : AKIRA !

Akira est l’œuvre-culte de Katsuhiro Otomo, l’auteur y a consacré douze ans de sa vie. Le résultat est époustouflant et permet au lecteur de plonger littéralement dans un récit qui ne souffre aucun temps mort. Difficile parfois de se repérer dans le tome 1 puisque tous les personnages s’installent alors que l’action bat son plein. En parallèle, la lecture est parfois saccadée mais je me demande si cela n’est pas dû à la disposition des phylactères (j’ai dû reprendre la lecture sur certains passages du tome 1).

La série compte à son actif un film (et sa bande annonce), un jeu vidéo, des figurines et des déclinaisons en veux-tu-en-voilà : Akira N&B (la version que je vous présente), un animé raté (dixit les copains de kbd)…

Otomo © Glénat Manga – 2009
Otomo © Glénat Manga – 2009

On s’engouffre à la fois dans une intrigue militaro-scientifique et dans des groupuscules de jeunes ingérables. Les griefs de débuts de lecture s’estompe très rapidement tant on est pris par l’univers. C’est violent, décapant et déroutant. Mais l’intrigue est tellement bien ficelée que tout semble on ne peut plus crédible, certainement grâce à ce léger décalage futuriste. J’ai bien apprécié, dans le premier tome, cette critique cinglante du système éducatif et de la cellule familiale. On voit la dérive d’une société défaitiste qui laisse ses enfants livrés à eux-mêmes, des parents préférant confier leurs rejetons à des établissements scolaires qui ressemblent plus à un centre éducatif fermé qu’à un lieu d’apprentissage des savoirs. Et la conclusion est sans appel : l’excès de discipline est inefficace.

Katsuhiro Otomo pousse le portrait en montrant ces jeunes qui recourent quotidiennement aux stupéfiants pour s’échapper de la réalité. Ils se défoncent pour fuir cette société hyper codifiée, où tout est « sous contrôle ».

Le dessin est impeccable. Fluide, dynamique et mordant. Le lecteur profite d’une réelle impression de mouvement, il est pris dans un tourbillon de lecture. L’auteur injecte régulièrement des passages dépourvus de dialogues ce qui renforce d’autant l’impression que tout se déroule très vite, que l’action génère de l’action, que les rebondissements sont constants. Ça hurle, ça s’injure, ça canarde et au milieu de tout ce tohu-bohu, un léger soupçon de romantisme avec deux adolescents qui ne peuvent pas se supporter mais qui finalement ne sont pas si indifférents que cela à la présence de l’autre. Ce jeu amoureux décale un peu les choses et permet à l’auteur de jouer d’un certain humour pour apaiser les choses ou profiter d’une courte transition pour embrayer sur autre chose.

PictoOKAkira est une belle surprise. Je remercie Lunch de m’avoir forcé la main en m’offrant le premier tome de façon tout à fait innocente… Le processus est enclenché, vivement que je mette la main sur le troisième tome !

L’article de Wikipedia consacré à la série.

La synthèse de kbd et les chroniques de Les Murmures et de Juro (sur Krinein).

Akira

Tomes 1 et 2

Série terminée en 6 tomes

Editeur : Glénat

Collection : Glénat Manga

Dessinateur / Scénariste : Katsuhiro OTOMO

Dépôt légal : avril 2009 pour le tome 1 et juillet 2009 pour le second tome

ISBN : 978-2-7234-2737-1 (tome 1) et 978-2-7234-2799-9

Bulles bulles bulles…

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Akira, tomes 1 et 2 – Otomo © Glénat Manga – 2009

Auteur : Mo'

Chroniques BD sur https://chezmo.wordpress.com/

19 réflexions sur « Akira, tomes 1 et 2 (Otomo) »

  1. Mon tout premier manga, au début des années 90. Un merveilleux souvenir de lecture, une oeuvre vraiment exceptionnelle. Bien content que tu aies pris le temps de la découvrir, même si Lunch t’as un peu forcé la main^^

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    1. Si je reprends ses termes, il en avait marre de m’entendre dire que je ne trouvais pas chaussure à mon pied en manga ^^
      Pour le coup, cette année, c’est vrai que je fais un petit retour au manga qui n’est pas désagréable du tout (manga, manhua, manhwa confondus). entre « L’enfant soldat », le « Giacomo Foscari », cette série d’Otomo et « Les pieds bandés », j’ai eu plus de plaisirs que de déceptions. Je passe sur quelques titres et bien sur, j’ai fais ma grincheuse avec « Bride stories » mais ça, c’était juste pour garder la forme 😛

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  2. Avec Otomo, quand on met le doigt dans l’engrenage en général ça part 🙂 Si tu as l’occasion de lire Domu (un one-shot précédant Akira), ne le rate pas non plus.
    Oeuvre culte, le mot est faible. Pour moi, elle entre dans le top des 20 BD les plus importantes de l’histoire. Parce qu’Akira c’est à la fois la synthèse de tout le manga depuis 1945, mais aussi une œuvre visionnaire qui montre avant l’heure le déclin du modèle japonais. C’est énorme à tout point de vue, de l’atmosphère au dessin en passant par le message social et humaniste.
    C’est vrai que le film n’est pas aussi puissant même si je ne le trouve pas raté. Il a vieilli (contrairement au manga) mais l’esprit même de l’œuvre originale est sauvegardée.

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    1. Je vais déjà finir « Akira » avant de m’embarquer dans un autre manga mais je note « Domu ». Le film me tente moins, du moins pour le moment

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    1. Pareil pour moi Cristie ! Je n’étais pas sure d’accrocher totalement bien que, vu que c’était une lecture conseillée par Lunch, je n’avais pas trop de soucis à me faire. Je suis au tiers de la série. Il me reste à dégoter les quatre derniers tomes et j’ai vraiment hâte de découvrir la suite 😉

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    1. J’imagine… et je peux dire la même chose mot pour mot ^^ Je regrette seulement de ne pas avoir la série complète pour la lire d’une traite

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    1. Il ne faut pas 😀 Je m’étais certainement égarée à chercher des auteurs plus contemporains. La semaine dernière, j’ai acheté un autre manga, le dernier album de l’auteur d’Undercurrent. J’espère accrocher… ^^

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