Le chien qui louche (Davodeau)

Davodeau © Futuropolis & Louvre Editions – 2013
Davodeau © Futuropolis & Louvre Editions – 2013

Fabien est en couple avec Mathilde. Leur relation est telle que le temps de l’officialiser est venu. C’est pourquoi Mathilde propose à Fabien de lui présenter sa famille. A en croire la jeune femme, ce sera une épreuve. « Ils sont un peu bizarres » dit Mathilde pour le mettre en garde.

En effet. La famille de Mathilde, c’est tout d’abord son père, Louis. Gérant de l’entreprise familiale de meubles depuis 1975, Louis assume cette responsabilité avec fierté. A ses côtés, Maxime et Joseph Benion, les frères de Mathilde. Les trois hommes vivent ensemble et partage un goût commun pour l’humour potache.

En rendant visite au grand-père, Joseph a l’idée de sortir d’une vieille malle un tableau peint part un aïeul en 1843. Parce qu’il travaille en tant que surveillant au Musée du Louvre, l’œuvre est soumise au regard expert de Fabien. On lui demande de juger s’il s’agit d’une croûte ou d’un chef d’œuvre. Fabien louvoie dans sa réponse. « Chef d’œuvre ! » interprètent les proches de Mathilde.

Sur le moment, Fabien pensait s’en être sorti à bon compte. Mais c’était sans compter la ténacité de sa belle-famille…

C’est de façon ludique qu’Etienne Davodeau nous emmène parcourir les salles du Louvre. Il fait de ce haut lieu culturel une scène de vie, un espace de travail et un endroit où se nouent des liens amicaux. C’est avec beaucoup d’humour que l’auteur distille son intrigue quelque peu abracadabrante en faisant intervenir une société d’amoureux de l’Art qui officie secrètement dans les coulisses du Louvre. S’y ajoutent un peu de suspens, une pointe de coquinerie romantique et l’ambition folle d’une famille de péquenauds, de quoi créer une aventure entraînante et jeter les bases d’un récit qui nous emmènera bien plus loin que la simple fiction.

Le prétexte du surveillant de musée permet d’utiliser les différentes salles du Louvre comme un décor du quotidien. La seule inconnue qu’il rencontre quotidiennement est de découvrir l’endroit où il va devoir effectuer sa surveillance : les Pharaons l’ennuient, la victoire de Samothrace le fait philosopher, les Cariatides le font fantasmer… Le fait que le Louvre soit ici vu comme un simple lieu de travail dédouane l’auteur d’avoir à composer avec le côté événementiel auquel on associe souvent la visite de ce site. Ainsi débarrassé du caractère solennel du musée, cela permet d’injecter naturellement quelques réflexions sur la place de l’Art comme le rapport personnel que chacun développe avec une œuvre et la manière dont on en perçoit les détails. La foule de visiteurs hétéroclites est une richesse qui contient aussi bien des esthètes friands des collections ou de simples curieux, autant de rapports individuels à l’Art qui se côtoient. Etienne Davodeau nous invite aussi à réfléchir de manière plus critique sur le caractère magnétique que certaines œuvres ont sur le public, au détriment d’autres tout aussi intéressantes.

PictoOKA l’aide de nombreux clins d’œil disséminés tout au long de l’album, Etienne Davodeau montre en toute simplicité que l’on cohabite au quotidien avec l’Art et toutes ses formes d’expression. Ne tient qu’à nous d’ouvrir les yeux. J’ai passé un très bon moment en compagnie de cet ouvrage.

Une lecture que je partage avec Noukette et Jérôme.

Les chroniques de Cristie, Stephie et de Pierre Darracq.

Du côté des challenges :

Petit Bac 2013 / Animal : chien

Petit Bac 2013
Petit Bac 2013

Le Chien qui louche

One shot

Editeurs : Futuropolis & Louvre Editions

Dessinateur / Scénariste : Etienne DAVODEAU

Dépôt légal : octobre 2013

ISBN : 978-2-7548-0853-8

Bulles bulles bulles…

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Le chien qui louche – Davodeau © Futuropolis & Louvre Editions – 2013

40 commentaires sur « Le chien qui louche (Davodeau) »

    1. Merci 😉
      Un album très agréable en tout cas. Cela faisait un moment que j’avais repéré cette sortie et j’avais pas mal d’attentes à son égard. Vraiment pas déçue au final ! 😉

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      1. Le petit smiley qui tire la langue me fait dire que tu te moque ^^

        Mais pourquoi pas un article… C’est quoi le concept de partage de chroniques ?

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        1. Oui je me moque, parce que tu n’écris plus beaucoup en ce moment. Après, je suis bien consciente que tu as un emploi du temps de ministre. Et puis, tous les albums ne nous donnent pas forcément envie de parler d’eux
          Ensuite, pour répondre à ta question, je ne connais pas vraiment le « concept de partage de chroniques » ^^ Du moins, je n’ai pas de théorie sur la question. Je me suis mal exprimée. Ce que je voulais dire serais plus proche du « tu publies un article donc tu partages ton ressenti donc on sait ce que tu en as pensé » 😀

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        2. Ah ok c’est plus clair ^^
          Oui en ce moment je n’écris plus beaucoup mais je lis pas mal en revanche. Il y a pas mal d’album et de séries (Sandman par exemple) dont j’aimerais parler mais je ne trouve pas le courage de me poser devant le PC. En fait j’écris trop lentement lol

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        3. C’est pareil pour moi. Parfois, je me demande à quoi ça rime que je passe 3/4 d’heure voire une heure sur un album pour me coller plus de 3 heures devant l’ordi pour en parler. Des fois, je me dis que ce serait plus « raisonnable » de parler de romans ^^

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        4. Bah moi la question est plutôt : Quelle est l’utilité de partager mon sentiment sur un album ? D’autres ont certainement fait mieux que moi (assurément même !).
          Est-ce que j’apporte quelque chose de plus ? Et en fait les réponses sont « non » évidemment, je n’apporte rien de neuf, il y a tant de blogs et de sites qui traitent de la BD que beaucoup de choses ont déjà été écrites… Alors il faut se dire qu’on le fait pour soi ? Mouais ! Mais alors la notion de partage n’a plus raison d’être et autant faire des fichiers Word et conserver ça sur son PC pour les relire de temps en temps !
          Je ne suis pas loin d’arrêter mon blog en fait lol !

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        5. J’ai les mêmes questions que toi. Parfois, tout cela me semble bien futile mais ensuite, ce sont les échanges qui en découlent auxquels je suis accro. Et même si ce n’est pas tout le temps, il y a régulièrement des discussions qui s’ouvrent avec d’autres lecteurs qui me donnent l’envie de poursuivre. Le fait de publier me donne une raison légitime à pouvoir continuer à échanger avec eux… à poursuivre kbd et profiter aussi des conseils qu’on se fait en équipe.
          Et puis… et puis, il y a les échanges avec les auteurs, rarement en commentaires, souvent par le biais d’un message qu’ils laissent via le formulaire de contact et ça, je me dis que cette disponibilité qu’ils ont sur le net, ils ne l’ont pas quand on les rencontre en Festival. Il y a une convivialité différente, même si chacun est derrière son écran. Il y a une disponibilité à reprendre des points, à donner des explications qu’ils n’ont pas sur les manifestations. Après, c’est le serpent qui se mord la queue. Plus tu animes ton blog, plus tu publies, plus tu ouvres des possibilités d’échange et plus tu en as. Les périodes où je ne publiais rien, c’était compliqué car forcément, les échanges ne viennent pas

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    1. Oui, quoique pour avoir essayé, j’ai une légère préférence pour ses albums récents. J’ai relu « Rural » il y a peu et j’accroche franchement moins alors que j’ai toujours autant de plaisir à reprendre « Les Ignorants »

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        1. Pour moi, ce n’est pas tant le manque de rythme mais le coté très « journaliste » du témoignage. Ça manque d’affects et ça manque de vie cette histoire-là.

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        2. C’est pas faux !
          Il n’y a peut-être pas assez de prises de position de la part de l’auteur aussi. Je l’ai trouvé trop « spectateur » de la situation. Enfin c’est mon impression.

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        3. Tu exprimes parfaitement mon ressenti. On sent l’atmosphère détendue entre Davodeau et ses témoins, mais il n’y a pas de chaleur dans les rapports. Du moins, on sent qu’ils ont sympathisé mais il ne la reprend pas suffisamment dans son témoignage pour que l’on en profite réellement

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