Seules contre tous (Katin)

Katin © Futuropolis – 2014
Katin © Futuropolis – 2014

« Au commencement, les ténèbres recouvraient toute la surface de la terre ».

Hongrie. 1944.

Sous les couleurs agressives du drapeau nazi, une mère lit la Bible à sa fille. Cette enfant, c’est Miriam, l’auteure de cet album, que nous découvrirons sous le prénom de Lisa. Sous le joug des allemands, l’insouciance de l’enfant a été préservée autant que possible mais face à l’horreur, difficile de ne pas ouvrir les yeux même lorsqu’on est une toute petite fille… surtout lorsqu’on est juif et que la mort vient jusqu’à nous mordre les mollets. Quant à son père, il a été enrôlé dans l’armée hongroise.

Pour éviter le ghetto et la déportation, sa mère brave tous les dangers et se met en lien avec un homme qu’une amie lui a recommandé. Il lui fournit des faux-papiers… débute alors la fuite incessante, la clandestinité et des jours de peurs interminables.

Ça va aller. Vous serez sauvées. Prenez le train ? J’ai un billet pour vous et une adresse. Chez mon oncle. Un, type bien. Mais d’abord, vous devez tout brûler. Tout ce qui pourrait trahir votre vraie identité. Les papiers, les photos, le livret de famille… et votre Torah. Soyez vive, astucieuse et vous disparaîtrez.

Quelques bouffées de couleurs posées au crayon apparaissent subrepticement dans l’album, symbole qu’une nouvelle vie a succédé à l‘ancienne. Symbole d’un espoir, nous sommes alors en 1968, Miriam enlace un bébé dans ses bras, le pire est derrière mais il lui sera difficile d’oublier ces années de terreur.

L’auteure le dit d’ailleurs en postface : « j’ai imaginé les lieux et les gens d’après les souvenirs de ma mère. J’étais petite alors, mais un sentiment très intime, lié à la peur et à la confusion générée par cette époque me bouleverse à chaque fois que je me replonge dans les dernières lettres et cartes postales écrites par ma mère à mon père ».

Le présent de Miriam Katin s’oppose en tous points à l’ancien ; désormais, la sécurité, l’emploi, la liberté et le bonheur. Un quotidien qui est à mille lieues de la tourmente qui gronde encore dans l’esprit de Miriam Katin, par petites touches. La majeure partie de l’album est réalisé au crayon de papier. La sobriété des visuels illustre parfaitement le témoignage et donne l’impression qu’ils ont été réalisés en temps réel. Ce n’est pas le cas pourtant, il y a une telle proximité avec les personnages qu’on en perd la notion du temps, comme si on était aux côtés de ces deux femmes durant l’année la plus dure de leur existence. Ce récit envahit le lecteur et le petit format de l’album (19,5 / 21 cm) aide beaucoup à ce sentiment d’intimité qui se crée entre le lecteur et le narrateur.

PictoOKPictoOKTrès beau témoignage qui décrit les choix d’une femme prête à tout pour protéger sa fille.

La chronique de Cristie.

Du côté des challenges :

Challenge Histoire : la seconde guerre mondiale

Tour du monde en 8 ans : Hongrie

Challenge TourDuMonde Histoire

Seules contre tous

– Une mère et son enfant otages du terrible destin de la Hongrie –

One shot

Editeur : Futuropolis

Dessinateur / Scénariste : Miriam KATIN

Traduction : Vincent BERNIERE

Dépôt légal : (réédition) janvier 2014

ISBN : 978-2-7548-1032-6

Bulles bulles bulles…

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Seules contre tous – Katin © Futuropolis – 2014

10 commentaires sur « Seules contre tous (Katin) »

    1. Ce témoignage est très touchant. Vraiment un très bon moment de lecture. On ressent tout à fait la tension de cette période mais ce n’est absolument pas larmoyant. Une auteure que je ne connaissais pas

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    1. Oui ^^ Ahem… le problème c’est qu’un autre album de Miriam Katin est sorti en même temps que cette réédition… que je suis en train de le lire… et qu’il est aussi bon que celui-ci 😀

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  1. Deux pouces levés !!! Je n’en attendais pas moins de toi ! 😉
    Oui, elles sont touchantes toutes les deux, par leur fragilité. J’ai ressenti cette même intimité qui se créait un peu comme si elles m’avaient prise par la main pour partager leur vécu … (d’où mon état quand j’ai reçu son mail ! ;-)).

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    1. Oui, la manière dont le scénario est construit donne l’impression qu’on accède à un moment privilégié, comme s’il nous avait été dit « viens, j’ai quelque chose à te raconter ». C’est cette manière qu’elle a de raconter les choses simplement, sans en rajouter et sans rien maquiller pour que ce soit « plus beau » ou « plus terrible ». Bref, un très bel album. Le format dans lequel il est édité lui va à merveille aussi !

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