Les Dormants (Munoz)

Munoz © Cleopas – 2013
Munoz © Cleopas – 2013

Accablé par la fatigue, un homme errant aspire à trouver un havre de paix. Ses pas le conduisent dans un lieu improbable, un hameau juché en haut d’un pic rocheux. Pour y parvenir, il ne reste qu’à cet homme insomniaque à traverser un immense pont en bois. La construction est vétuste mais le nom inscrit sur la pancarte semble lui signifier qu’il est arrivé à destination :

Bouddumonde

Et même si les habitants y sont frustres et particulièrement inhospitaliers, il marque une halte. La survenue d’étranges événements attire son attention. En effet, cette petite communauté tombe plonge dans un sommeil profond à intervalles irréguliers. Narcolepsie ? Quand il découvre enfin la raison de ce mal étrange et qu’il comprend qu’il est pris à partie dans un règlement de comptes qui ne le concerne pas, il se décide à partir. Mais le pont est cassé… le voilà pris au piège à Bouddumonde…

Jonathan Munoz, voilà un auteur que j’aurais été incapable d’identifier pourtant, j’ai repéré ses ouvrages depuis un bon moment. Tout d’abord Un léger bruit dans le moteur (en collaboration avec Gaet’s) repéré via de nombreuses critiques dithyrambiques et Les dormants, repéré à l’occasion d’un de ces précieux mercredi chez Jérôme.

Les dormants – Munoz © Cleopas – 2013
Les dormants – Munoz © Cleopas – 2013

On atterrit dans un univers loufoque servi par un dessin qui nous invite à rencontrer de sacrées tronches, un univers déjanté largement influencé par des personnages aux caractères bien trempés, et un humour à toute épreuve. Le tout sur fond de parodie de du conte de La Belle au bois dormant mais où les rôles sont largement inversés… et si La Belle était la seule à ne pas dormir ???

Graphiquement, c’est un régal. Les illustrations font passer à merveille le côté cynique et déjanté de cet univers. Dynamique, le trait sait s’arrêter sur l’expression qui va permettre de maintenir l’ambiance, le geste… de suivre la scène, les cases s’enchaîne sans qu’il y ait d’intervalle entre elles… comme si on remplissait instinctivement l’interstice entre chaque vignette, comme si tout était tout était contenu sur une bobine et que l’on visionne un film, il y manque juste un peu plus de fond sonore.

Mais on part, c’est indéniable. On accepte ces personnages tels qu’ils sont et le contexte dans lequel ils sont amenés à se rencontrer. On est là, sans sourciller, on les suit. Rien n’est à remettre en question, lecteur attentif face au talentueux travail d’un auteur. Le scénario ne souffre aucun temps mort, quelques respirations permises par des passages plus lents qui peuvent parfois se passer de mots pourtant, il y a bel et bien quelque chose qui se passe.

PictoOKPremier album en solo pour Jonathan Munoz… je suis admirative. On va guetter son actualité, il y a là un artiste à suivre… 😉

Une interview de Jonathan Munoz chez Oncle Fumetti et les chroniques : de Jérôme, Cathia, Colimasson (sur son ancien blog), d’Eric the Tiger (sur l’ancienne plateforme de Blog Brother) et de Noukette.

Les Dormants

One shot

Editeur : Cleopas (site internet introuvable)

Collection : Attrape-Rêves

[Réédition chez Physalis / octobre 2014]

Dessinateur / Scénariste : Jonathan MUNOZ

Dépôt légal : février 2013

ISBN : 978-2-917283-61-5

Bulles bulles bulles…

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Les dormants – Munoz © Cleopas – 2013

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14 commentaires sur « Les Dormants (Munoz) »

  1. Graphiquement, je suis d’accord avec toi, c’est superbe, mais je n’arrive pas du tout à saisir ce que veut dire Jonathan Munoz. Rien compris à cette BD et encore moins à « Un léger bruit dans le moteur » avec ce gosse qui assassine tout le monde autour de lui…

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    1. Je ne l’ai pas dit ici, mais j’ai perçu cette histoire comme la métaphore d’un long processus de deuil. Les insomnies, l’amnésie… le personnage principal vit la mort comme un trauma et cette jeune fille – Belle au bois dormant d’un nouveau genre – l’aide à accepter la mort de sa femme. Je ne l’ai pas mis dans mon article parce que c’est une interprétation qui m’est finalement très personnelle et je ne suis pas certaine que ce soit cette interprétation-là qu’il faut faire. Je ne sais pas ce que tu en penses…

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  2. Ah celui là prend la poussière sur mes étagères depuis un bon moment. Faudrait que je m’y mette quand même à l’occasion !
    Un léger bruit dans le moteur était beau mais tellement gratuit. J’attends un peu plus de cette lecture du coup.

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