Heures noires (Tillon & Remise)

Tillon – Remise © La Boîte à bulles – 2015
Tillon – Remise © La Boîte à bulles – 2015

« Au Kariwaï, pays souffrant d’une terrible sécheresse et d’épidémies chroniques, l’expédition humanitaire de la D.A.U. parcourt les pistes pour mener à bien sa campagne de vaccination. Dirigée par François Desmords, français d’origine africaine, l’équipe comprend le jeune Alexis de Saint-Propos, venu des Antilles, et le chauffeur kariwaïnais, Abdullah Mag’bé. Ils sont bientôt rejoints par July Bujold, journaliste américaine à la recherche d’un scoop.

Et des scoops, il y en aura ! Coincés au milieu de l’affrontement opposant le Président du Kariwaï, politicien corrompu et narcissique résidant à Frenchtown, et Eugène Tumazi, chef mystique d’une rébellion chrétienne radicale, les quatre voyageurs vont bientôt tomber de trahisons en chausse-trappes, sans pouvoir freiner une spirale de violence qui les aspire toujours plus vite » (extrait synopsis éditeur).

Cela commence comme dans un film. Deux hommes observent un indigène, l’un connaît visiblement les us, coutumes et passe-temps locaux tandis que l’autre a tout à découvrir. Le plus jeune semble s’être trouvé un mentor et par là-même, le lecteur sait sur qui s’appuyer pour pouvoir appréhender l’univers.

Pour se lancer, l’intrigue s’appuie donc sur ce duo naissant de personnages aussi différents que complémentaires, dotés d’humour et plutôt grandes gueules. Passés ces premiers repérages, le scénario a tôt fait de nous mettre sur la bonne piste, celle-là même qui conduit à bon port au sens propre comme au sens figuré. Une fois les présentations faites, Fabien Tillon contextualise son histoire de façon tout à fait agréable. Il pose ses pièces sur l’échiquier narratif. De ce côté-là, la mayonnaise prend. Sans voix-off, l’auteur s’aide d’un échange entre les deux hommes pour permettre aux lecteurs de disposer des informations nécessaires à savoir comprendre le but de leur intervention et mesurer la difficulté de l’entreprise. En parallèle, la population est livrée à elle-même et tente de survivre malgré la famine, un contexte politique houleux et une bande de fanatiques qui espère gonfler ses rangs de « Soldats du Christ »… Le but n’est autre que l’endoctrinement des plus démunis…

Au dessin, Gaël Remise s’affaire à maintenir une atmosphère tout à fait cohérente. L’ambiance rend à la fois compte de la chaleur étouffante des lieux, de la tension due aux conflits armés et de la complicité si particulière qui est en train de poindre entre les protagonistes. Cela marche assez bien. Mais on regrettera l’aspect grossier des illustrations et ces couleurs qui piquent réellement les yeux. Les teintes sont trop soutenues de l’album donnent une impression de récit pacotille.

Malheureusement pour moi, le fait de m’être habituée à lire des reportages ou des documentaires réalisés en BD m’a habituée à autre chose. C’est sceptique que j’ai entamé cette lecture. C’est dubitative que je la referme. A mon sens, le scénariste était ambitieux et a retenu un nombre de thématiques trop important : l’intégrisme/le fanatisme, la corruption, l’endoctrinement, le colonialisme, la politique… et à cela s’ajoute une romance qui ne sert qu’à soulager l’étau qui se resserre sur nos personnages.

PictomouiUne lecture qui n’est pas désagréable en soit mais… un peu trop cousu de fil blanc. Enfin, on cherche un peu la morale de l’histoire. Une fiction oui mais pour dire quoi ?

Du côté des challenges :

Petit Bac 2015 / Couleur : noires

PetitBac2015

Heures noires

One shot

Editeur : La Boîte à bulles

Collection : Hors champ

Dessinateur : Gaël REMISE

Scénariste : Fabien TILLON

Dépôt légal : janvier 2015

ISBN : 978-2-84953-215-7

Bulles bulles bulles…

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Heures noires – Tillon – Remise © La Boîte à bulles – 2015

2 commentaires sur « Heures noires (Tillon & Remise) »

  1. Rien de pire que de refermer un livre en se demandant « oui mais pour dire quoi ? ». C’est une impression de perte de temps assez désagréable je trouve.

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    1. Je suis bien d’accord avec toi. Pour autant, je n’ai pas ressenti le besoin d’abandonner la lecture en cours de route. Il y a des longueurs, certes, mais il y a cette relation amicale entre les deux hommes qui permet à l’ensemble de rester agréable. Après, je ne trouve pas que cela soit un bon album

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