Cécile (Lambour & Springer)

Lambour – Springer © La Boîte à bulles – 2010
Lambour – Springer © La Boîte à bulles – 2010

Cécile vient d’emménager dans son nouvel appartement. Les bras chargés de cartons, elle peine à monter les étages. Un peu d’aide serait la bienvenue, elle semble être seule pour faire ce déménagement. Elle croise son voisin de palier mais celui-ci est perdu dans ses pensées. C’est à peine s’il la remarque.

Lui est auteur de bandes dessinées. Il se prénomme Thibaud. Il passe une bonne partie de ses journées au café du quartier où il croque les clients et les scènes de rue. Une nouvelle serveuse débute ce jour-là. Il la reconnaît. C’est Cécile. Mais passées les banalités, il repart sitôt après avoir bu son café.

Quelques jours plus tard, Cécile fait sa pendaison de crémaillère. Elle l’invite. Ils profitent de la soirée pour lier connaissance. De fil en aiguille, l’amitié s’installe.

L’amitié durable entre un homme et une femme est-elle possible ? Telle est la question que l’on peut se poser en refermant cet album. Après l’ignorance des premières pages, le scénario de de Séverine Lambour laisse la place aux sentiments. La scénariste montre toute la difficulté et l’ambiguïté que peuvent contenir les relations entre un homme et une femme. Cette situation est d’autant plus renforcée que les personnages parlent peu, ne posent pas les bonnes questions et dans le cas de l’homme, cette absence d’échanges explicites le conduit à fantasmer sur sa voisine de palier. Elle en revanche, on ne se risque pas à faire des suppositions. On la perçoit spontanée, on comprend qu’elle aime s’entourer d’amis. Elle provoque les rencontres, cherche l’échange et de fait, il n’est pas facile de deviner ses intentions.

Benoît Springer s’accommode parfaitement bien de ces silences. Comme il l’avait déjà prouvé sur « Les Funérailles de Luce » [superbe album], il s’appuie sur les non-dits pour donner à ses personnages toute la profondeur qu’ils méritent. Leurs visages laissent planer le doute nécessaire pour que le lecteur chemine durant sa lecture. Initialement bourru, le personnage de Thibaud finit par devenir extrêmement touchant. Il patauge dans son couple, croit en la sincérité de ses sentiments mais cela ne l’empêche pas de se laisser aller à en désirer une autre. Le dessinateur s’étale sur les planches et profite du fait que son personnage soit également un auteur de bande dessinée pour remplir les pages de croquis et de brouillons qu’il pourrait éventuellement reprendre dans l’un de ses albums. Les dessins du personnage sont ainsi le miroir de sa pensée et peu à peu, le lecteur voit apparaître la charmante Cécile… subrepticement puis, à mesure que les jours passent et que les sentiments de Thibaud l’envahissent, la jeune femme finira par prendre tout l’espace disponible dans ses carnets. Il la croque lorsqu’elle sourit, caresse ses courbes à l’aide de son crayon de papier, s’approprie sa silhouette. Elle est l’objet de toutes ses pensées.

PictomouiUne douce lecture qui se lit d’une traite pour autant, sitôt le livre refermé, on oublie déjà l’histoire que l’on vient de parcourir. Les personnages manquent un peu de charisme et le fait qu’on apprenne finalement assez peu de choses sur eux y est pour beaucoup. « Cécile » m’a permis de passer un agréable moment de lecture mais ne provoque pas grand-chose chez le lecteur (pas de tristesse, pas d’interrogation, pas de comparaison réelle avec sa propre expérience).

Cécile

Tome 1 : Charmante

Série en cours

Editeur : La Boîte à bulles

Collection : Hors Champ

Dessinateur : Benoît SPRINGER

Scénariste : Séverine LAMBOUR

Dépôt légal : janvier 2010

64 pages, 12,5 euros, ISBN : 978-2-84953-088-7

Bulles bulles bulles…

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Cécile, tome 1 – Lambour – Springer © La Boîte à bulles – 2010

6 commentaires sur « Cécile (Lambour & Springer) »

    1. Pourquoi pas oui. Mais c’est loin d’être un incontournable. Les personnages manquent de charisme. Le tout manque de profondeur… malgré la présence de jolis passages 😉

      Aimé par 1 personne

    1. Oui c’est un peu… plat… Dommage, je pense que l’histoire avait davantage de potentiel (et quand je vois ce que Springer a réalisé sur « Les funérailles de Luce », je m’attendais à être scotchée par « Cécile »)

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    1. C’est tout à fait ça. L’histoire est intéressante, c’est une belle rencontre finalement, mais la manière dont elle est traitée manque vraiment de pep’s. Et puis, je l’ai trouvée assez décousue finalement. Un ouvrage que j’avais dans ma PAL depuis un moment et qui me tentait pourtant beaucoup. Déçue !

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