Les Harlem Hellfighters (Brooks & White)

Brooks – White © Editions Pierre de Taillac – 2017

Première Guerre Mondiale.

Le président Wilson décide d’engager les Etats-Unis dans la « Der des der ».

« Harlem Hellfighters, tel est le nom qui fut donné aux soldats afro-américains du 369ème Régiment d’Infanterie. C’est en raison de leur courage que les Allemands les surnommèrent les « Combattants de l’Enfer ». Décorés par la France pour leur bravoure, ces new-yorkais furent ignorés par leur pays, et leur héroïsme fut bientôt oublié… » (quatrième de couverture).

Journal de bord d’une lecture contrariante…

16 avril 2017.

Parfois, j’ai de grands moments de solitude lorsque j’ouvre ma boîte aux lettres. Des livres que je n’attendais pas et que je n’aurais pas même eu envie de feuilleter si je les avais vu sur le rayon d’une librairie… Pourtant, j’ai déjà eu de belles surprises avec des ouvrages qui m’ont été envoyé « par surprise ». Généralement, je fais l’amer constat que lorsque des livres me sont imposés comme cela… ça ne colle pas entre lui et moi. Mais revenons quelques semaines en arrière.

Mars 2017.

J’ouvre ma boîte aux lettres et je trouve un paquet. Dedans, cet album. Je grimace. Pour deux raisons : la couverture tout d’abord. Elle agresse. Elle jure. Des blocs de couleurs compacts, un bouquet de fusils, des tiges d’uniformes militaires, des visages crispés… tout ce qu’il faut pour me faire fuir. Les récits de guerre et moi… ceux-là même où la testostérone abonde, je n’aime pas. J’aime la BD-reportage, j’aime le témoignage… pas la démonstration de force. Et ici, il y a déjà trop de testostérone dans la couverture. Je pose l’album, réfrène mon envie de contacter un éditeur que je ne connais même pas pour lui dire… non…

… je vais laisser décanter.

Ces mauvaises impressions doivent partir si je veux pouvoir lire car faire un procès d’intention à un livre sans même l’avoir ouvert, très peu pour moi. Classer à la verticale juste sur un apriori, je ne peux pas. La moindre des choses, c’est de lire… et d’en parler. Et puis, ce n’est pas donné à tout le monde de recevoir des livres gratuitement… c’est un luxe.

Le livre est resté sur mon bureau pendant plusieurs jours. Je voyais sa tranche et son titre racoleur : « Les Harlem Hellfighters – Max Brooks ». Franchement… ça ne donne vraiment pas faim… Entre temps, j’avais un peu feuilleté. A l’intérieur, des planches en noir et blanc. Le contenu semble verbeux. Le dessin est minutieux mais dans ce format (15,5 x 23 cm), tout est tassé, comme compacté. On se sent oppressé. A la volée, mon œil se pose sur une répétition de visages grimaçants, des explosions, des armes, des… rats. L’album me donne l’impression d’être à mi-chemin entre le comic book des années 1950 et le comic underground, un dessin qui n’a pas totalement terminé sa mutation.

On va laisser décanter ces impressions…

26 mars 2017.

Quelques jours après la réception et papotage sur Messenger. J’envoie la photo de la couverture à un ami. Réponse : « Ah ouais, c’est du lourd !!! ». Je crois qu’il rigole sous cape… C’est vrai que si l’éditeur avait pris un minimum le temps de regarder ce que j’aime lire, il aurait vite vu que mettre cet exemplaire entre les mains était une idée bien saugrenue !

Le fait d’avoir ressorti l’album m’avait presque décidé à me lancer. Mais bon…

… laissons décanter.

16 avril 2017.

Toujours là, sur le bureau. Aller. Je me lance. Parce qu’à chaque fois que j’ouvre un autre livre, j’ai des scrupules. Celui-là commence à me regarder en biais. Je manque de faire marche arrière en revoyant la couverture. J’ouvre.

Au bout de quatre pages, je suis surprise. Ça colle plutôt bien avec le scénario de Max Brooks. Le dessin de Caanan White n’est pas désagréable, ciselé, détaillé mais le constat initial n’est pas prêt à vaciller : vu la richesse du contenu des illustrations, le format choisit pour l’album n’est pas approprié. Tout est tassé, c’est trop petit, on ne voit que les contrastes de noirs. On étouffe.

Page 88. Je repose. Il est temps de faire une pause au premier tiers de l’album. L’unité des Harlem Hellfighters est à bord d’un bateau militaire qui navigue vers la France. Un premier tiers d’album qui se découpe en trois grands temps :

  • le temps de l’enrôlement : dans une pièce d’un bâtiment de Harlem, des hommes noirs s’engagent. Venus des quatre coins des Etats-Unis, ils sont remontés à bloc. Premiers contacts, premières affinités et premiers heurts. Dans le corps de certains, la testostérone est en ébullition. « C’est moi qui a la plus grosse ! » (non, je rigole… mais ça résume un peu l’état d’esprit).

  • le temps de l’entraînement : dans un camp du nord des Etats-Unis puis dans un second au Texas. Outre les affrontements verbaux entre soldats et gradés (des gradés très antipathiques), le scénario s’attarde sur des événements qui ont eu en dehors des murs de la caserne. Dans cet état ségrégationniste, il est question de l’antipathique attitude des civils du quoi à l’égard des Noirs (humiliations, violence). Le récit s’attarde sur un autre point : « Les uniformes étaient d’abord distribués aux Blancs. Et la plupart des troupes noires devaient s’entraîner avec leurs propres sapes. On donnait aux troupes blanches des armes à feu. Des Springfield flambant neufs, tout juste sortis de l’usine. Et nous on avait… des manches à balais. Il y avait une pénurie parce que le Ministère de la Guerre en donnait aux clubs privés de tir ! Le but étant d’aider les civils à améliorer leur habileté au tir, juste au cas où ils auraient à partir au combat. (…) On a inventé des clubs de tir bidons… »

  • le temps de la traversée : après l’amertume des membres de l’unité quant au fait qu’aucune cérémonie n’a été organisée à l’occasion de leur départ (ce qui n’est pas le cas pour les troupes de Blancs qui défilent dans leur plus beaux uniformes, fusils en main, cotillons, musique et foule pour les acclamer) et que le bateau affrété est un vieux navire tout de guingois qui ne semble pas capable d’autre chose que de donner le mal de mer.

Au premier tiers, je ne retiens que de la plainte. A ce stade de la lecture des « Harlem Hellfighters », je cherche encore quel message le scénariste souhaite faire passer. Je ne doute pas qu’il soit bourré de bonnes intentions et qu’il souhaite rendre hommage au courage de ces hommes. Pourtant, le portrait qu’il brosse d’eux est loin d’être reluisant. Les personnages sont amers, revanchards, aigris. En 1917, cela faisait 52 ans que la Guerre de Sécession avait eu lieu. Et on sait tous que la question de la reconnaissance des droits des Noirs américains était loin d’être intégrée, même dans les états du nord. Aujourd’hui encore, les discriminations continuent. Mais je m’éloigne de mon sujet…

J’imaginais ce récit comme étant celui d’un hommage à la bravoure de ces hommes. Luttant pour la reconnaissance de leur droits dans leur pays, réclamant le respect de leur dignité, de leur liberté, de leur statut de citoyens américains… on se doute que vues leurs conditions de vie, répondre à l’appel du Président était un moyen, pour eux, de bénéficier d’une solde et ainsi pouvoir subvenir à leurs besoins. Mais compte tenu de la manière dont le président Wilson a formulé l’engagement des Etats-Unis dans ce conflit mondial, il n’est pas difficile de comprendre que ce combat-là fait sens pour ces afro-américains.

Faire du monde un endroit sûr pour la démocratie.

Au tiers de la lecture… j’entends malheureusement autre chose…

Pourquoi j’suis là ?! Pourquoi je n’serais pas là ?!? Des Blancs qui me payent pour tuer d’autres Blancs ? Merci, mon Dieu ! Alléluia !

… et je trouve le ton décidément trop grinçant… On va laisser décanter… la nuit porte conseil…

17 avril 2017.

Le second tiers du récit s’ouvre sur le mois de janvier 1918. La traversée de l’océan Atlantique est terminée. En mars 1918, les Harlem Hellfighters sont rattachés à l’armée française. Première descente dans les tranchées, premiers contacts avec « les poilus ». En situation, les vieilles rancœurs deviennent secondaires. Ils sont considérés et respectés des troupes françaises. Les pages suivantes nous plongent dans le quotidien des tranchées. Le propos change de ton, l’état d’esprit de ces hommes aussi.

Des Blancs qui me payent pour tuer d’autres Blancs ? Gloire, Alléluia ! La vengeance est comme le feu. Il peut éclairer le chemin le plus sombre. Et qu’est-ce que qui se passe quand le feu s’éteint ? Quand ce que tu as attendu toute ta vie devient tout à coup le passé ? Il n’y a pas d’ironie plus cruelle que d’accomplir la mission de sa vie et d’avoir encore toute sa vie devant soi.

J’attaque le dernier tiers.
Si les rancœurs relatives aux traitements racistes dont sont victimes les noirs américains aux Etats-Unis s’étaient tues depuis le débarquement sur le sol français… elles reprennent de plus belles. Il faut dire que les actes de bravoure et la manière dont les faits d’armes de cette « unité de couleur » ont été salués ne plait pas aux soldats américains blancs. Et les coups bas pleuvent sur eux, réactivant les haines et l’amertume.

Et foutre le camp loin de cette guerre de Blancs.

Dernier tiers et retour sur les champs de bataille. Des corps à corps, des explosions, des attaques de gaz. Une détermination de fer anime ces combattants.

J’ai terminé l’album. J’ai vraiment soufflé sur certains passages. J’en retiens que c’est une unité d’hommes courageux. Ils ont fait ce que bien peu d’autres hommes auraient fait. L’ouvrage m’a appris quelque chose car je ne connaissais pas l’histoire de cette unité. Mais la forme de ce récit ne m’a pas parlé. Max Brooks ne m’a pas intéressée et Caanan White m’a laissée de marbre.

Je vais laisser décanter avant d’écrire…

23 avril 2017.

Une semaine que j’ai lu ce titre. Et toujours un peu d’agacement à l’égard des pratiques de certains éditeurs qui, sous prétexte qu’ils récupèrent votre adresse (par quel biais d’ailleurs ??) se croient en droit de glisser un titre quelconque dans une enveloppe et « roule ma poule ». Sans un mot, rien. Pas un bonjour. Pas une explication de pourquoi ce livre-là vous a été adressé. Un cadeau gratuit qui met tout de même le blogolecteur en difficulté. Si la chronique est positive c’est le holà ! Si elle est négative… ils vont se plaindre quand les « méchants blogueurs disent du mal de leurs livres ». Franchement…

Dommage que ce soit ce livre-là qui fasse les frais de mon énervement. Tout de même, un livre à la mémoire d’hommes de cette trempe, c’est bien dommage. J’aurais pu passer mes nerfs sur un livre insipide, un « truc mainstream » laid comme un pou qui parle des peines de cœur d’une riche héritière d’un domaine viticole, du tome 2 d’une énième saison d’une série parlant d’une saga sur les rois de France (alors qu’on n’a pas lu le reste des albums de l’univers… ça a du sens tiens !), d’un bouquin qui arrive dans un carton avec une peluche à moitié brûlée pour accompagner un album réalisé par des auteurs dont on ne connait même pas le nom et publié par une maison d’édition dont on apprend l’existence… et accompagné d’un feuillet sur lequel on peut lire « Communiqués, extraits, couvertures, matériel… Tout ce dont vous avez besoin pour votre bel article se trouve sur : http://www.NomDeLediteurCensure.com/presse » … Et quand tu ouvres… et bien ça pique les yeux tellement c’est peu engageant !

Messieurs et Mesdames qui travaillez dans l’édition. Si vous parvenez à vous procurer nos adresses postales, c’est donc que vous avez nos adresses électroniques ! Alors que tant d’entre vous se plaignent des coûts des envois postaux… qu’est-ce que cela vous coute de prendre contact par mail et de DEMANDER avant l’envoi d’un album si ce dernier nous… tente ??!! Et si ce n’est pas le cas pour l’album A, ça marchera peut-être pour l’album B !!

Pour ma part, je blogue sur mon temps libre et ne touche aucune rémunération pour cette activité « ludique ». Je m’y consacre parce que ça me plait : lire, écrire, échanger. C’est une activité agréable. A condition que cela ne devienne pas de la contrainte.

Aujourd’hui… 13 mai 2017

J’ai laissé décanté la lecture. Gardé des passages en mémoire. Mais rien, non vraiment rien, ne me donne envie de vous recommander cette lecture.
Et puis je suis toujours remontée comme un coucou à l’égard de ces partenariats forcés.

Les Harlem Hellfighters

One Shot
Editeur : Pierre de Taillac
Dessinateur : Caanan WHITE
Scénariste : Max BROOKS
Traduction : Agathe La Roque et Sophie Roser
Dépôt légal : avril 2017
264 pages, 14,90 euros, ISBN : 978-2-36445-081-3

Bulles bulles bulles…

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Les Harlem HellFighters – Brooks – White © Editions Pierre de Taillac – 2017

21 commentaires sur « Les Harlem Hellfighters (Brooks & White) »

  1. Bon… 1/ je ne note pas ce titre mais de toute façon, comme toi, la couverture m’aurait rebutée 2/ tu es victime de ton succès 😉 Mais je suis effarée que des éditeurs puissent récupérer vos adresses postales et surtout qu’ils n’aient pas la correction de vous prendre contact avec vous pour vous proposer de découvrir un titre. L’envoyer comme ça, c’est l’imposer ! Tu as eu raison d’exprimer ce goût de gueule : il résume bien l’embarras dans lequel on peut se trouver devant ce genre d’envoi.
    Je suis énervée aussi par ceux/celles que je vois annoncer l’ouverture de leur blog et deux jours après demander « comment on obtient des SP ? » Euh… A croire qu’ils/ elles cherchent à inverser la tendance naturelle qui, à mon avis, serait « mon blog ayant de l’audience et par conséquent, certains éditeurs sont intéressés par l’envoi de SP » et non « j’ouvre un blog pour recevoir des SP… » Mais bon, ce n’est que mon avis…

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    1. J’aimerai vraiment bien savoir comment des éditeurs avec qui ont n’a jamais échangé récupèrent nos adresses oui. Et puis je ne sais pas, je suis agacée par ce genre de pratiques. Je crois avant tout que la lecture est un support pour communiquer, échanger, partager. Là, on a des envois secs, c’est tout juste s’ils sont accompagnés d’un dossier de presse parfois et je me demandes souvent pourquoi un bouquin m’arrive. Pour celui-là en tout cas il ne faut franchement pas avoir inventé l’eau chaude pour se douter que je ne suis pas le lectorat cible !
      Idéalement, j’aimerais n’avoir aucune critique négative sur ce blog. Parce que je prends le temps de choisir après avoir lu le pitch d’un album. Après, ça arrive (encore trop souvent) que je me plante, que je me fasse une idée fausse d’un ouvrage. J’ai tout de même l’impression que cela arrive de moins en moins souvent mais je trouve que c’est encore trop.
      Je suis en contact avec des éditeurs et je crois que personne ne se leurre finalement sur le fait qu’on se rend service mutuellement. Un album pour une chronique, argumentée de préférence. Après, quand j’ai ouvert mon blog en 2009, je ne connaissais même pas l’existence des SP. aujourd’hui, je ne vais pas m’en plaindre mais je n’ai pas forcément envie de me vanter d’en recevoir. La grande majorité des éditeurs avec qui je suis en contact sont respectueux et je fais un vrai tri (dans le catalogue des sorties à venir qu’ils m’envoient) avant de me positionner sur un album pour deux raisons : 1/ je ne vois pas l’intérêt de demander un album qui n’est pas susceptible de me plaire et 2/ l’idée c’est de les chroniquer et pas de les stocker ad-vitam avant de les lire.

      Bref, pas contente. Et c’est surtout le fait de ne pas savoir comment nos adresses perso circulent. D’autant que s’ils ont nos adresses postales, j’imagine mal qu’ils n’aient pas l’URL de nos blogs voire nos mails. Alors un message pour commencer, se présenter et présenter l’album qu’ils envisagent d’envoyer, ça ne mange pas de pain nan !!?

      Quant à celles et ceux qui bloguent uniquement pour avoir des SP… je trouve ça pathétique.

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  2. J’ai trouvé ton article passionnant ! Cela fait quelques années que j’ai un blog et je ne reçois quasiment jamais de SP. Ce n’est pas faute de recevoir des propositions par mail, mais je n’y réponds pas parce que je n’ai pas le temps de lire d’autres livres que ceux que j’achète ou trouve à la bibliothèque. Dernièrement, j’avais accepté un livre, je l’ai commencé, l’ai arrêté, en ai informé l’éditeur, je le reprendrai peut-être plus tard, mais je me sens coupable, coupable de ne pas accrocher à un livre que j’ai accepté ! Donc, là, dans ce cas précis, je trouve que tu as bien raison de t’énerver !!!

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    1. Je m’énerve uniquement sur les ouvrages qui s’imposent. Et sur cette fichue communication dont certains se fichent éperdument ! 🙂

      Je suis revenue plusieurs fois sur l’article pour l’adoucir et le compléter. A chaque fois, j’ai ôté deux à trois paragraphes que j’avais initialement rédigés. Je trouvais qu’étirer exagérément la liste des doléances sur certaines pratiques éditoriales n’étais pas forcément utile d’autant que j’avais cité le contenu de certains échanges électriques que j’ai eus en off avec des auteurs (surtout quand la chronique ne sert pas l’album d’ailleurs, on te crie dessus !!). Et puis je me suis fais plusieurs fois insulter parce que je refusais l’envoi d’un album (et vu la réaction à ce stade du partenariat, je ne me voyais pas changer d’avis pour finalement accepter de recevoir un exemplaire !).
      Mais ce qui m’énerve, c’est vraiment cette manière de faire, de glisser un livre dans une enveloppe et de l’imposer comme ça, sans un mot de présentation, sans un bonjour et sans qu’on sache comment l’attaché de presse a récupéré notre adresse ni pourquoi il juge bon que cet ouvrage atterrisse chez ce lecteur-là !

      Pour le reste, je suis flattée de recevoir des SP. Je trouve que c’est un luxe pour un lecteur qui, comme moi, n’a aucune formation et/ou aucun statut légitime à chroniquer. Je ne suis pas journaliste, je n’ai aucun diplôme/cursus artistique qui justifie que je publie (publiquement en plus) mes chroniques. La question de la légitimité à animer ce blog me poursuis depuis plusieurs années en fait 🙂 Et c’est peut-être à cause de ce manque de légitimité que je grince des dents quand un inconnu m’impose un bouquin. D’autant que la publication d’un avis négatif m’a très souvent amenée à avoir des échanges désagréables avec des professionnels qui sont vexés et te font savoir que justement, ton avis compte pour du beurre vu que tu es hors de tout circuit professionnel.

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  3. Je partage à 1000% ce que tu dis ! Ces surprises qui n’en sont pas toujours nous mettent dans une position difficile… J’ai eu des scrupules au départ à ne pas parler de ces livres pour lesquels on m’avait forcé la main. Je n’en ai plus. S’ils me tentent, que je les aurais probablement achetés moi-même, qu’ils titillent ma curiosité… je me lance. Et tant mieux si j’aime. S’ils ne me tentent pas… je ne me force même pas à y jeter un coup d’oeil. Je les pose sur une pile, ils s’entassent, ils m’agacent… et je finis par les donner à quelqu’un que ça tente. Là où je m’énerve vraiment, c’est quand on vient me relancer par mail pour un billet qui ne vient pas sur un livre que je n’ai pas demandé et qu’on m’a envoyé sans me demander mon avis. Ma réponse est généralement assez sèche… mais je suis surprise parfois de continuer à recevoir ces SP forcés alors même que j’ai dis très clairement ce que j’en pensais.
    Bref, lecture plaisir oui, le reste…. 3*%#&@# !!!!!

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    1. Voilà, chroniquer un album imposé c’est un peu tendre le bâton pour se faire battre…
      Et les relances oui, je partage aussi l’agacement. On vient t’épingler pour une copie que tu n’as pas rendue alors que tu sais très bien que le contenu de ladite copie ne va pas plaire…

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  4. J’ai adoré lire ton article!
    Dans un premier temps, je ne pense pas que ce type de lecture me corresponde. Un peu trop violent et sombre à mon goût.
    Dans un second temps et à propos des services presse, je suis d’accord avec toi. Les services presse ça peut vite devenir compliqués… Néanmoins, je favorise ma crédibilité et je préfère donner mon avis sincère sur les livres que je reçois. Heureusement, la plupart du temps, je reçois des livres pour lesquels j’ai avant été consulté et je n’ai jamais été dans le cas de figure que tu décris. La vraie question c’est: Qu’attendent de nous les maisons d’édition qui nous envoient ces livres? Selon moi, les blogueurs ne peuvent tout de même pas dire du bien d’un livre sous prétexte qu’ils l’ont eu gratuitement. Envoyer un livre à un blogueur, c’est se frotter au risque qu’il n’apprécie pas sa lecture, ou au contraire, qu’il l’adore. Tous les goûts sont dans la nature, il ne faut pas l’oublier.
    Je blogue depuis bientôt 7 ans. J’ai connu des hauts et des bas. J’ai fait des pauses, déménager le blog et j’ai très peu de vues sur ce dernier mais je m’en moque. Pour moi, le blog c’est un loisir, du plaisir et de l’échange et cela ne doit pas devenir une contrainte.

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    1. C’est délicat un SP je trouve. C’est toujours un soulagement de constater que l’ouvrage correspond à l’idée que l’on s’en faisait. Parce que je n’ai aucun plaisir à rédiger un article qui dessert un album… car je sais que derrière je ne donnerai pas envie à d’autres lecteurs de le découvrir et qu’au final, c’est un article pour rien. Un coup dans l’eau qui ne sert à rien et à personne. On a surtout envie d’écourter la chronique et ne pas s’appesantir (bien qu’il faille expliquer le pourquoi du comment).
      Mais le truc profond qui m’agace hein (et là je radote), c’est tout de même de savoir comment nos adresses postales circulent ??!! :mrgreen:

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      1. Tu sais, j’ai eu des commentaires de lecteurs qui m’ont dit que certains de mes billets négatifs leur avaient donné envie car au-delà de mon ressenti personnel, le sujet leur plaisait. L’important est la visibilité d’un livre et il vaut mieux été sincère je pense

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        1. Oui pareil, une chronique négative intrigue autant qu’une chronique dithyrambique. Le tout est d’argumenter, de ne pas descendre un livre gratuitement ou de l’encenser sans raison. Et puis je ne me vois pas dire « oui, allez, foncez !! » si je n’ai pas aimé.

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  5. Je reçois très peu de SP mais un jour j’ai eu un clash avec un éditeur qui m’avait un livre sans rien me demander (et avec qui je n’avait jamais été en contact) et qui ne me tentait pas du tout et qui était dédicacé à mon vrai nom, pas mon nom de blogueuse. Je n’avais pas du tout apprécié cette façon de faire et on s’était clashé par mail puis sur le blog… Mais j’avoue que je ne me sens pourras obligée de lire les rares livres envoyés sans mon accord préalable. Comme tu le dis, on fait ça sur notre temps pour notre plaisir!-

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    1. De mon côté, ce n’est pas que je me sente obligée de les lire. Beaucoup végètent sur l’étagère « PAL » en fait. Par contre, c’est là toute la contradiction du truc : si je ne me sens pas obligée de les lire, je me le reproche tout de même 🙂
      Je trouve ça juste dommage que les personnes qui décident d’envoyer un album à un lecteur (blogueur) ne prennent pas le temps de regarder les centres d’intérêt du lecteur qui va recevoir.
      Et puis non, toujours cette fichue question à laquelle personne ne sait répondre : où donc se procurent-ils nos adresses bon sang ?!!

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  6. ça va, tu n’es pas agressive et c’est une chronique réussie qui présente bien l’album.
    En revanche, je suis bien d’accord avec toi, c’est agressif et intrusif cette façon de te « lâcher  » un album sans un mot, sans un contact. Tout ce qui compte, c’est de faire apparaître le livre, l’espace visuel ( je rejoins Enna, ce qui ne plaît pas à l’un, pour peu que ce soit explicité, peu intéresser un autre lecteur. ).
    Après deux ans d’arrêt de blog, j’envisageais de reprendre avec l’impression que la blogo avait un peu changé. Je constate que sur le fond, c’est non. Il est évident que ces méthodes gâche le plaisir du partage qui peut se créer.

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    1. Mais reprends Madame !! 🙂 Et je ne dis pas seulement pas par pur égoïsme mais parce que tes chroniques sont toujours très intéressantes.
      Je pense que les pratiques ne changeront pas. Je me suis fait une idée. J’ai réduit à peau de chagrin (comparé à une période) les lecteurs dont je suis l’actualité. Je commente moins en revanche et ça, je me le reproche. Je perds des occasions d’échanger en agissant ainsi. Mais je continue à lire beaucoup d’articles mis en ligne sur les blogs. Et puis je fuis les polémiques aussi. Mais on n’a beau dire, tu auras toujours des gens qui vont chercher à les créer pour avoir de la visibilité et se faire mousser. Ma foi, qu’ils fassent ce qu’ils veulent ces gens-là, je les trouve pathétiques.
      Je mets les pratiques éditoriales intrusives sur le même plan. Pathétique. Ils croient peut-être servir leurs bouquins mais en les mettant entre de mauvaises mains, ils desservent leurs publications plus qu’autre chose. C’est une pratique qui me dépasse parce que je ne la comprends pas, je n’en vois pas l’intérêt. Après, il y a deux manières de faire dans cela :
      – un éditeur/auteur/attaché de presse qui te connais et t’envoie un livre que tu n’as pas repéré parce que l’ouvrage lui a plu et qu’il pense que pour toi aussi, la lecture va faire mouche. Et puis derrière, il y a les échanges avec lui, que tu aies apprécié ou non au final, l’échange sera toujours consistant.
      – et un « inconnu » qui envoie des exemplaires comme il jetterait du pain aux pigeons… c’est cette pratique qui m’agace. Au final, je n’ai jamais pris le temps de regarder le nombre d’ouvrages reçus de cette manière. Et dans ce nombre, ce que j’ai finalement lu… et apprécié (je pense que je peux les compter sur les doigts d’une seule main).
      Bref…
      Après, j’aime les retours que vous me faites sur cet article. Ça me rassure dans l’idée que je ne suis pas la seule à penser ce que je pense :mrgreen:

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  7. Clairement, tu as trop de scrupules 🙂
    Un livre non demandé arrivé chez moi, s’il ne m’intéresse pas (98% des cas) ne traîne pas sur mes étagères. J’ai la chance d’avoir plusieurs endroits dans ma ville où l’on peut laisser des livres qui trouveront de nouveaux lecteurs et je ne m’en prive pas.

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    1. Scrupules tu dis ? ^^
      Peut-être, mais je ne voyais pas les choses comme ça. Ou plutôt, je ne les avais pas questionnées sous cet angle. Parce que je ne me sens pas obligée en fait. Dans l’idéal, j’aime bien « payer en chronique » les ouvrages que je reçois. La chronique étant la monnaie sonnante et trébuchante qui met les compteurs à zéro et fait que tu n’es pas en « dette » avec un éditeur. Après, quelque soit la conclusion de la chronique – et du moment qu’elle est argumentée – je ne me soucie pas de savoir si de l’autre côté de l’écran, il y a ou non des grincements de dents.
      Ce qui me gêne réellement en revanche (et je me rends compte que je reviens sur ce point dans nombre des réponses aux autres commentaires), c’est réellement la question de savoir par quels circuits nos coordonnées postales circulent. Qui vend nos adresses ?

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  8. je suis désolée de toutes les fautes dans mes commentaires précédents, c’est parce que j’ai répondu avec mon téléphone qui ne m’obéit pas toujours 😦

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    1. :mrgreen:
      Pas de souci Madame. J’ai le même problème ici (et quand j’utilise mon ordinateur, j’ai la mauvaise habitude de me relire après avoir posté un commentaire… donc voilà ^^)

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