Nima (Fernandez)

Fernandez © Spaceman Project – 2017

Le monde est séparé en deux. D’un côté il y a le monde des hommes et de l’autre, celui des nymphes. Les nymphes vivent à l’abri des regards, dans la forêt.

C’est dans cette communauté de femmes qu’a grandi Nima. Une communauté de nymphes au passé douloureux. Une communauté privée de tous ses membres masculins ; ces derniers ont tous été tués dans une guerre qui les opposa aux hommes.

Danuu, le seul guerrier [nymphe] qui parvint à échapper à la tuerie, jeta une malédiction sur notre race. Il plongea dans la rivière et sa fureur fit bouillir les eaux. A partir de cet instant, les nymphes ne pourraient plus vivre hors d’elles et resteraient ainsi à jamais cachées au regard des humains. Et quand, d’aventure, elles auraient des contacts avec eux, ceux-ci ne les aimeraient jamais et, de leur union, il ne naitrait que des femelles.

Un jour pourtant, Nima rencontre un humain qui s’est perdu dans la forêt. Ils tombent amoureux au premier regard mais Nima le laisse partir. Il reviendra la voir et le comportement de Nima face à cet étranger ouvre un débat dans la communauté des nymphes. Il y a celles qui lui demandent de respecter la tradition et de tuer cet humain… et celles qui acceptent que Nima écoute ce que lui dicte ses sentiments.

Enrique Fernandez c’est un des auteurs du « Magicien d’Oz » (série réalisée avec David Chauvel et publiée chez Delcourt), de « L’île sans sourire » que plusieurs d’entre vous avaient aimé (de mon côté, j’étais totalement passée à côté). Un auteur que je ne mets pas dans mon panthéon mais son dessin a ce petit je-ne-sais-quoi qui m’intrigue, qui me touche… qui me donne envie d’écouter ce qu’il a à raconter.

Premier trimestre 2016 : je flashe sur un projet de réalisation en parcourant le site de Spaceman Project. Je décide de participer au financement collaboratif. En mars 2016, nous apprenons qu’Enrique Fernandez avait recueilli les fonds nécessaires pour mener à terme ce projet. Dès lors, j’ai donc pris l’habitude de passer de temps en temps sur le site pour voir comment les choses avançaient.

L’ouvrage n’a pas réellement été à la hauteur de mes attentes. S’il me tardait effectivement de découvrir cet univers fantastique, j’ai été un peu déçue par la qualité des illustrations. Les planches que j’avais vues en ligne avaient un côté somptueux, elles étaient parées de couleurs éclatantes. Est-ce la technique d’impression utilisée ? la qualité de l’encre ? le type de papier ?… ou tout simplement l’idée que je m’étais faite de cette aventure graphique ? Je miserais davantage sur cette dernière éventualité car à bien y regarder, quand je compare mon exemplaire aux planches en ligne, je constate que les visuels numériques sont parfaitement fidèles à ceux de l’objet que je tiens en mains. Pour le reste, je n’ai rien à redire sur la forme : le découpage donne le rythme et la dynamique adéquats, l’auteur propose également de nombreux passages muets qui nous forcent à observer l’évolution des personnages, leurs jeux de regards. On y glane de nombreux éléments qui nous permettent d’avoir une meilleure compréhension de l’intrigue.

Le scénario place Nima au cœur du récit. Ce personnage central dénote et si elle a une place de choix dans la communauté des nymphes, elle n’en est pas moins différente. Plus sensible, plus réfléchie. Un individu qui refuse d’obéir aveuglément aux règles. Une femme en quête de sens.

Régulièrement, il apparaît une jeune comme Nima qui doute plus que les autres.

Le tableau des personnages propose un sympathique panel de personnalités et de point de vue. Outre Nima, jeune femme qui s’apprête à entrer dans l’âge adulte, nous côtoyons une Doyenne qui transmet oralement l’histoire de son peuple, une figure maternelle, une fillette qui symbolise l’élan et l’ambition de la nouvelle génération et le peuple des hommes. Enrique Fernandez saupoudre le tout de prophétie et de superstition. Il complexifie l’intrigue en confrontant Nima au fait que l’humain qu’elle rencontre ne parle pas la même langue qu’elle. La communication gestuelle qu’ils vont mettre en place a quelque chose de sensuel et fait naître une complicité entre eux. Les rapports entre les uns et les autres sont parfaitement traités mais il y a comme une forme d’urgence à agir qui échappe à ma compréhension.

Une lecture en demi-teinte mais le plaisir de lecture l’emporte légèrement sur la déception.

Nima

One shot
Editeur : Spaceman Project
Dessinateur / Scénariste : Enrique FERNANDEZ
Traducteur : Anne-Marie RUIZ
Dépôt légal : octobre 2017
60 pages, 17 euros, ISBN : 978-84-17253-06-6

Bulles bulles bulles…

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Nima – Fernandez © Spaceman Project – 2017

Auteur : Mo'

Chroniques BD sur https://chezmo.wordpress.com/

4 réflexions sur « Nima (Fernandez) »

  1. Une deception parce que parfois on idealise ou on se projette l’œuvre dans sa tête à la place de l’auteur ? J’ai eu ce cas pour un film que j’avais modestement co-financé, mais heureusement je n’ai pas eu de déception. Plus une surprise au départ par rapport à ce que j’imaginais mais je suis rentré dedans.

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    1. Là c’est vraiment une question de couleurs que j’avais perçues moins étouffées, plus chaleureuses. Et quelques pleines pages dont je me régalais déjà mais quand je les imaginais, elles étaient plus somptueuses. Du coup, je m’étais fait toute une idée de ce voyage graphique… qui n’a pas été aussi fort que prévu 😦

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    1. Non mais je crois que ce n’est pas une bonne idée que tu te lances 🙂 Mais à l’écran, quand j’ai vu les premières planches du projet, j’ai vraiment salivé !

      Aimé par 1 personne

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