La Pension Moreau, tome 3 (Broyart & Lizano)

 

Dernier opus de « La Pension Moreau » dont l’intrigue se passe dans un internat pour « enfants difficiles » . Pour rappel, cet établissement accueille principalement des enfants de familles aisées. A leur arrivée, les parents ont un entretien avec le directeur qui leur fait signer une décharge attestant qu’ils renoncent à l’autorité parentale. Une fois les portes de la pension refermées, les habitudes reprennent : exceptées quelques heures hebdomadaires consacrées à l’enseignement, les enfants doivent entretenir le bâtiment et ses espaces verts. Le régime alimentaire se compose de soupes infames dans le meilleur des cas.

Pour l’heure, Paul, Victor, Jeanne et Emile viennent de s’échapper des griffes de leurs bourreaux. Ils ont couru tout leur soûl pour s’éloigner le plus possible de la pension Moreau. La nuit est tombée, ils font une halte dans la forêt pour retrouver des forces et organiser la suite de leur cavale.

Du côté de la Pension, la colère du directeur éclate lorsqu’il apprend l’évasion de quatre de ses pensionnaires. Il regroupe à ses trois hommes de main pour qu’ils l’aident à mettre la main sur les fuyards. Que ces derniers reviennent à la pension morts ou vifs lui importe peu.

Le récit a extrait les enfants de l’enceinte du bagne… exit le confinement, les salles de cours miteuses et les maltraitances diverses. On quitte le côté statique pour entrer dans un tout autre rythme, celui d’une échappée folle pleine d’optimisme. On sait que les chances de réussite de cette expédition sont minimes ; cela nous maintient en alerte et nous pousse malgré nous à relativiser l’enthousiasme des quatre héros en herbe. Le scénario de Benoît Broyart joue parfaitement avec cette inquiétude sourde que les enfants échouent. Il alterne des passages riches en action et d’autres très posés. Ces derniers sont d’ailleurs très appréciés car ils sont aussi l’occasion de voir les enfants jouer s’apaiser et jouer.

Côté graphique, on apprécie de ne plus avoir le regard qui bute sur les murs de la pension. Pourtant, là aussi la tension reste puisque le souvenir de leurs menaçants reliefs et du contact froid de leurs pierres est omniprésent. Marc Lizano ne change pas sa palette de couleurs et reste dans des tons sombres.

L’album est moins oppressant que les deux tomes précédents mais le ton n’en est pas plus léger pour autant. Même si l’ambiance est plus joyeuse, le rythme est également plus soutenu grâce à la cavalcade à l’air libre. Il y a autant de tension dans ce tome que dans les précédents.

Premier et second tomes sont présents sur le blog.

La Pension Moreau / Tome 3 : La Chasse à l'enfant (Triptyque terminé)
Editeur : Editions de La Gouttière
Dessinateur : Marc LIZANO / Scénariste : Benoît BROYART
Dépôt légal : septembre 2019 / 48 pages / 14 euros
ISBN : 979-10-92111-89-7

Auteur : Mo'

Chroniques BD sur https://chezmo.wordpress.com/

4 réflexions sur « La Pension Moreau, tome 3 (Broyart & Lizano) »

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