Les Cent nuits de Héro (Greenberg)

Greenberg © Casterman – 2017

Au cours d’une soirée, un bourgeois opulent vaniteux vante les mérites et les qualités de son épouse. Il la voit comme une femme vertueuse, loyale et fidèle. Il fait le pari insensé qu’aucun homme ne parviendra à la faire sortir du droit chemin. Son meilleur ami, avec qui il converse, est lui aussi quelqu’un de très fier. Homme à femmes, il provoque le mari et cherche à lui fait entendre la naïveté de ses propos. Piqué au vif, ce dernier le met au défi : « Je vais m’absenter et tu vas essayer de la séduire. (…) Je te donne 100 nuits. Mais je te garantis qu’elle sera fidèle ».
Héro, la servante de l’épouse, a entendu toute la conversation et en fait part à Cherry – la femme du riche marchand. Toutes deux tentent d’élaborer une stratégie pour que Cherry échappe aux griffes de ce mâle prétentieux. Le soir même, lorsque celui-ci se présente à la porte de la chambre de Cherry et s’installe dans son lit, Cherry lui demande une faveur ; elle souhaite entendre pour la dernière fois une des histoires que sa servante raconte si bien. A la fin de la première nuit, l’histoire n’est pas terminée. L’homme demande à pouvoir entendre la fin du récit avant de passer à l’acte auprès de la femme de son ami, quitte à la prendre de force si elle s’oppose.
Et c’est ainsi que, de nuit en nuit, Héro vient se glisser sous les draps de son amie pour raconter ses histoires, contes modernes et légendes urbaines, et tente ainsi de repousser le moment fatidique.

Parce qu’il y eut, auparavant, un album dépaysant « L’Encyclopédie des débuts de la Terre » d’Isabel Greenberg. Parce que j’en garde un bon souvenir et que l’idée de retrouver cette auteure m’a séduit.

Le prologue rappelle étrangement son album précédent : quelque part dans l’immensité de la galaxie vit un dieu tout puissant : l’Homme-Aigle. Ce dieu a deux enfants d’apparence humaine mais dotés d’un bec. Ces deux enfants se nomment Gamin et Gamine. Un jour, pour s’amuser, Gamine créa la Terre et les humains. Ils étaient heureux, vivaient d’amour et d’eau fraîche, procréaient. Gamine s’en amusait. Quand son père découvrit cela, il décida de s’occuper de la Terre et d’interférer dans ce qui s’y passe. Mais ni lui ni Gamine n’avaient anticipé les facultés étonnantes de l’Homme à s’adapter et son imprévisibilité. Parmi les nombreuses surprises que l’espèce humaine réservent aux dieux, il y a ce sentiment étonnant et capricieux qu’est l’amour ; face à lui, les théories de l’Homme-Aigle volent en éclats.

Nous voilà à fouler de nouveau le sol de « La Terre des débuts », monde moyenâgeux imaginaire, société patriarcale où l’homme semble vivre en harmonie avec la nature. Les superstitions vont bon train et la religion – le culte voué à l’Homme-Aigle – régit les lois sociales qui sont édictées. Dans ce monde traditionaliste, la place de la femme est cantonnée à un rôle bassement domestique et, dans les milieux les plus modeste, elle doit travailler pour assurer la subsistance de son foyer. La femme n’a pas le droit d’apprendre à écrire, encore moins à lire. L’accès aux livres est strictement règlement et réservé à de rares privilégiés.

Isabel Greenberg ne cache pas son penchant pour les contes et légendes ancestraux. Dans ce monde qu’elle invente – la Terre des Débuts – on ne peut manquer de remarquer les similitudes des croyances qu’elle invoque avec de vieilles superstitions ancestrales piochées dans différentes cultures primitives. Les peuples de la Terre des débuts ne maîtrisent pas la technologie, très peu d’entre eux possèdent l’écriture. Les traditions sont donc dépendantes d’une transmission orale. Les superstitions sont nombreuses. Pourtant, çà et là, l’auteure injecte des personnages qui tentent d’ébranler l’ordre établi. Des femmes ont ainsi l’ambition de sortir de l’avilissement dans lequel elles sont enfermées. Elles ont cette finesse d’esprit et cette prudence de ne pas faire les choses de manière frontale. Elles s’unissent, se serrent les coudes, espérant ainsi éveiller des consciences.

Sans en faire une critique acerbe, Isabel Greenberg questionne également l’impact des dogmes religieux, lorsqu’ils sont imposés de façon autoritaire et que la doctrine ne souffre aucune remise en question, aucune critique. Il y a des similitudes explicites avec les actes religieux pratiqués à la période de l’Inquisition. Ceux qui fautent, les femmes qui sont prises sur le fait alors qu’elles étaient en train de lire sont soumises à la sanction divine. Pour elles, il n’y a pas d’autres alternatives que la mort.

On est également sensible à la référence forte faites aux « Contes des Mille et une nuits », à cette femme qui recule chaque nuit l’instant fatidique. C’est joliment mené et le dessin faussement naïf vient donner un côté intemporel à cet univers. Pour rehausser le tout, le quotidien de ces deux femmes éprises l’une de l’autre, l’auteur insuffle dans le scénario un rythme étonnant. Les propos tenus par les protagonistes sont à la fois formulés dans un langage tout en retenue, légèrement précieux, jusqu’à ce que surgissent des termes de notre « monde » actuel et pioché dans un parlé plus vulgaire, plus instinctif, plus franc et qui donne une touche détonante.

Le talent de conteuse d’Isabel Greenberg ne fait aucun doute. En utilisant Héro, son héroïne charismatique, elle permet au lecteur de s’échapper dans un monde imaginaire des plus agréables.

Les Cent nuits de Héro

One shot
Editeur : Casterman
Dessinateur / Scénariste : Isabel GREENBERG
Dépôt légal : février 2017
222 pages, 29 euros, ISBN : 978-2-203-12195-9

Bulles bulles bulles…

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Les Cent nuits de Héro – Greenberg © Casterman – 2017

C’était ma « BD de la semaine » et je vous invite à découvrir les bulles pétillantes dénichées par les bédéphiles :

Sabine :                                      Enna :                                      Nathalie :

tome 1 / tome 2 / tome 3 / tome 4

Blandine :                                 LaSardine :                                  Mylène :

  Amandine :                                Saxaoul :                                      Fanny :

Sylire :                                       Gambadou :                            Laeti :

Karine:) :                                Stephie :                                    Jérôme :

Jacques :                                  Noukette :                                 Bouma :

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Lili Crochette et Monsieur Mouche, tome 1 (Chamblain & Supiot)

Chamblain – Supiot © Editions de la Gouttière – 2017

Des couleurs qui nous sautent aux yeux. Chaleureuses. Lumineuses. Un paysage à perdre de vue. Et ce prénom qui se présente à nous : « Elizabeth ». Voilà la première planche de l’album, plus qu’une invitation à la lecture… une invitation au voyage. On arrive sur cette petite île, on va accoster sur le ponton sinueux y amarrer notre barque et courir à en perdre haleine vers l’endroit d’où provenait cette voix qui appelle. Non loin, un vaisseau trois mats du XVIIIème est lui aussi amarré. L’appel du large déjà très présent, une envie d’étancher cette soif d’aventure nous saisit.
Elizabeth. Fille du gouverneur qui tente par tous les moyens d’égayer le quotidien morose de la grande demeure dans laquelle elle vit. Seule enfant, elle passe ses journées sous la surveillance d’une nurse à qui elle en fait voir de toutes les couleurs. Reine de l’évasion, Lili a plus d’un tour dans son sac et toujours mille idées qui lui passent par la tête. Un jour, alors qu’elle est punie et consignée dans sa chambre, elle fugue par la fenêtre et court rejoindre Mouche, son ami colibri. La première chose qu’ils s’empressent de faire, c’est de revêtir leurs costumes de pirates. Ils deviennent ainsi les inséparables Lili Crochette et Monsieur Mouche. C’est le début d’une aventure où la fillette va rencontrer de vrais pirates.

Petite fille espiègle qui n’a pas froid aux yeux et qui n’a pas la langue dans sa poche. Elle porte l’histoire avec entrain et embarque pour une épopée pleine de rebondissements. Les couleurs renforcent le côté ludique de du récit et même si Lili se retrouve en de fâcheuses postures, Joris Chamblain la sort avec humour et sans aucune difficulté des pétrins dans lesquels elle se met et s’extrait avec aisance. Rien à voir avec sa précédente série « Enola » qui pourtant fait la part belle à l’imaginaire… Ici, je n’ai pas mâché mon plaisir à découvrir cette fillette vive, inventive, maline et spontanée.

Les dessins d’Olivier Supiot (« Le cheval qui ne voulait plus être une œuvre d’art« , « Pieter et le Lokken« , « Tatoo« ,…) ont plein de pep’s et le petit lecteur peut facilement faire abstraction des phylactères s’il le souhaite, ça ne le privera pas de profiter de cette épopée amusante. Les couleurs sont toniques et les expressions des personnages ne laissent planer aucun doute sur l’état d’esprit dans lequel ils sont.

Une petite série jeunesse craquante que je vous invite à faire découvrir à vos charmantes têtes blondes.

Indication de l’éditeur : à partir de 5 ans.

Lili Crochette et Monsieur Mouche

Tome 1 : Le Fléau du bord de l’eau
Série en cours
Editeur : La Gouttière
Dessinateur : Olivier SUPIOT
Scénariste : Joris CHAMBLAIN
Dépôt légal : mars 2017
32 pages, 10,70 euros, ISBN : 979-10-92111-49-1

Bulles bulles bulles…

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Lili Crochette et Monsieur Mouche, tome 1 – Chamblain – Supiot © Editions de la Gouttière – 2017

Stupor mundi (Néjib)

Néjib © Gallimard - 2016
Néjib © Gallimard – 2016

Ils ont fait une longue traversée pour atteindre la région des Pouilles et atteindre ce château du sud de l’Italie.

Ce castel, chers amis, est unique dans toute la chrétienté. Créé et conçu par la Stupeur du Monde, il est dédié aux esprits les plus éminents de notre temps. C’est un refuge contre la bêtise et l’ignorance.

Ces voyageurs sont au nombre de trois : un père, sa fille et leur serviteur. Le père est un éminent scientifique d’Orient. Il se nomme Hannibal, il a dû fuir son pays car une fatwa y avait été prononcée contre les « savants impies ». Son nom n’avait pas été nommé mais il était directement concerné. Houdê, sa fille, l’accompagne. Pour une raison qu’elle ignore, elle a perdu l’usage de ses jambes et la mémoire des jours qui ont précédé leur fuite. Pourtant la jeune fille est reconnue pour ses capacités mnésiques hors-normes. C’est dans ce lieu où se côtoient d’éminents scientifiques que Houdê rencontre Sigismond ; il mettra tout en œuvre pour l’aider à retrouver la mémoire des faits et comprendre la cause de la mort de sa mère et la raison pour laquelle ses jambes refusent de la porter. La jeune fille fera également la connaissance de Roger, un garçon de son âge avec qui elle va lier une solide amitié.

Ce château italien est la propriété de Frédéric II, monarque, que ses contemporains surnommaient « La Stupeur du Monde ». Roi érudit, il prend sous son aile des savants et des artistes afin de leur permettre de se consacrer pleinement à leurs recherches. L’arrivée de Maître Hannibal en ce lieu est loin de réjouir ces élites. Il inspire de la crainte et va devoir batailler ferme pour mener ses recherches à bien.

Trop tôt pour se tourmenter ? Pourtant, si ce que l’on dit de lui est vrai, c’est le diable en personne qui pénètre en ces murs.

Néjib propose un scénario assez prenant qui nous fait partir dans deux grandes directions et ce sont les deux personnages principaux – le père et la fille – qui donnent le ton. Le premier regarde vers l’avenir, obnubilé par ses ambitions et l’enjeu de son engagement. En acceptant que le roi finance ses recherches, il se confronte à toute l’ambiguïté de sa démarche : il sait que sitôt révélée, son invention échappera à son contrôle mais il ne peut se résoudre à abandonner ses recherches. Sa fille quant à elle cherche à recoller les morceaux de sa mémoire. La jeune génération regarde vers le passé tandis que son père scrute l’avenir et les conséquences probables de ce qu’il s’apprête à prouver. Un postulat fou parcourt cette histoire : et si la photographie avait été inventée au Moyen-Age ?

Cette petite communauté que Néjib nous raconte est composée de figures historiques et de personnages fictifs. De même, l’auteur mélange faits réels et fiction. Et la mayonnaise prend très vite, on découvre les lieux en même temps que les personnages principaux et on tarde peu à faire la connaissance de ces savants et artistes qui vivent sur place ; ingénieur, peintre, mathématicien, alchimiste, astrologue… il y a là une certaine effervescence propice aux savoirs. Cet huis-clos et l’intrigue qui se développe ne manquent pas de nous faire penser au « Nom de la Rose » mais si la référence à Umberto Eco est réelle, le scénario de Néjib nous propose un récit tout à fait neuf et original. On s’arrête juste ce qu’il faut pour comprendre la personnalité de chacun et cerner les leitmotivs des protagonistes.

Graphiquement, on alterne là aussi dans différents tons et différentes ambiances. Les scènes intérieures sont assez dépouillées, traitant parfois les personnages avec une certaine économie du trait. Néjib effleure chaque silhouette, chaque accessoire, comme si tout était électrique et que la mine de son crayon allait provoquer une étincelle ravageuse. Les scènes d’extérieur en revanche fourmillent de vie, de couleurs, de lumière. Une alternance agréable.

L’album déplie donc deux quêtes distinctes mais totalement imbriquées et si la fille connaît tout des impasses et des avancées de son père, ce dernier en revanche est trop pris par son travail pour comprendre ce que sa fille est en train de mettre en œuvre.

Amorcer une réflexion sur le savoir et sur la religion. Montrer les tensions et les points d’achoppements de ces deux « logiques », pointer les rares compromis. Reconnaître l’ouverture d’esprit d’un souverain qui dénote à cette époque. Permettre de ressentir l’excitation d’un homme lorsqu’il touche au but, qu’il sent son invention prête à voir le jour. Magnifique conte que je vous invite à lire.

La chronique de Noukette, d’Amandine et de Pauline Ducret.

Une lecture commune que je partage avec Joëlle dont vous trouverez la chronique ici.

Du côté des challenges : Tour du monde en 8 ans : Tunisie

Stupor Mundi

One shot
Editeur : Gallimard
Dessinateur / Scénariste : NEJIB
Dépôt légal : avril 2016
284 pages, 26 euros, ISBN : 978-2-07-066843-4

Bulles bulles bulles…

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Stupor mundi – Néjib © Gallimard – 2016

Wake up America, volume 3 (Lewis & Aydin & Powell)

Lewis – Aydin – Powell © Rue de Sèvres – 2017

« À l’automne 1963, le mouvement des droits civiques s’est imposé aux Etats-Unis. John Lewis, en tant que président du comité étudiant d’action non violente est en première ligne de la révolte. Tandis que Jim Crow élabore des lois toujours plus répressives et discriminantes, le seul espoir de Lewis et ses compagnons est de faire réellement appliquer le principe du vote pour tous, y compris aux citoyens noirs : « un homme, une voix ». Avec cette nouvelle bataille viendront de nouveaux alliés mais de redoutables ennemis, ainsi qu’un nouveau président qui semble être les deux à la fois. Les fractures au sein du mouvement s’approfondissent. Tout semble devoir se jouer dans une petite ville le long de l’Alabama, Shelma… » (synopsis éditeur).

Le dernier tome de la trilogie « Wake up América » (les chroniques sur le blog : tome 1 et tome 2) est beaucoup plus consistant que les précédents. Au niveau de la pagination tout d’abord puisque nous sommes en présence d’un petit pavé de 250 pages. Au niveau du rythme ensuite puisqu’il me semble que la chronologie des faits est beaucoup plus riche. Les événements se succèdent, certains passages relatent des manifestations quotidiennes où chaque jour, les citoyens noirs-américains se présentaient – en longue file indienne – à l’entrée des bâtiments administratifs afin de demander leur inscription sur les listes électorales. On est assommé par la récurrence des faits présentés et des scénarios qui se reproduisent quasi à l’identique de jour en jour. John Lewis, le dernier des Big Six, expose la réponse invariable que les forces de police donnaient aux citoyens noirs des états du sud : des coups, des brimades, des humiliations et des arrestations. Point d’orgue du scénario : la marche de Selma à Montgomery de 1965.

On y croise bien évidemment des figures de ce combat des droits de l’Homme : Martin Luther King, Malcolm X, Ella Baker… pour ne citer qu’eux.

Le medium BD est parfait pour transmettre ce genre de témoignage. L’avantage des illustrations permet de montrer toute la violence à laquelle ont été confrontés les manifestants noirs américains et de soulager d’autant le récit. Ce dernier se concentre quant à lui à transmettre à la fois la mémoire des faits et les réflexions de John Lewis. « Wake up America » est une série nécessaire et indispensable.

Une lecture que je partage avec Jérôme, amateur de cette série débutée il y a 3 ans déjà.

La « BD de la semaine » se réunit aujourd’hui chez Stephie.

Wake up America

Volume 3 : 1963-1965
Trilogie terminée
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Nate POWELL
Scénaristes : John LEWIS & Andrew AYDIN
Traducteur : MATZ
Dépôt légal : février 2017
253 pages, 15 euros, ISBN : 978-2-36981-2

Bulles bulles bulles…

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Wake up America, volume 3 – Lewis – Aydin – Powell © Rue de Sèvres – 2017

Varsovie Varsovie (Zuili)

Zuili © Marabout – 2017

« A l’automne 1939, les armées allemandes envahissent la Pologne. Emanuel Ringelblum a alors 39 ans. Historien, militant social et politique, il comprend tout de suite le sort que les nazis réservent aux juifs d’Europe.
Dès octobre 1939, il débute l’écriture d’un journal, pour rendre compte le plus largement possible de la catastrophe qui s’abat sur la population juive. En mai 1942, conscient qu’il ne pourra suffire seul à la tâche, afin d’agrandir « dans tous les registres » des témoignages sur la réalité de la vie des juifs dans le ghetto de Varsovie, Emanuel Ringelblum crée le collectif d’écriture Oyneg Shabbes.
Traqués sans relâche par les nazis qui ont appris l’existence du collectif, Emanuel Ringelblum et ses amis auront réussi leur combat. Enfouies en 1943 dans des boîtes de métal et des bidons de lait en fer, 27 000 pages de documents et d’archives seront parvenues jusqu’à nous. Une première partie sera retrouvée en 1946, une seconde en 1950. Les Archives Ringelblum font aujourd’hui partie du Patrimoine Mondial de l’Unesco. » (présentation de l’éditeur).

Yentl Perlmann revient pour la première fois en Pologne depuis qu’elle a fui le pays. Née en 1935 à Varsovie… elle y revient à l’occasion de l’anniversaire des 74 ans du soulèvement du ghetto de Varsovie.

Pour moi, c’est inimaginable de revenir ici, à Varsovie, vivante.

A la sortie de l’aéroport, elle demande à revenir sur certains lieux avant de rejoindre son hôtel en plein cœur de la ville. Un moment chargé d’émotion. Le lendemain, elle intervient dans une classe pour témoigner des conditions de vie dans le ghetto de Varsovie pendant la Seconde guerre mondiale.


Mélangeant passé et présent, faits historiques et éléments fictifs, le scénario fait mouche très rapidement. Si le personnage principal (Yentl Perlmann) nous invite à nous immiscer dans l’Histoire, elle s’efface très vite une fois qu’on est entré dans le ghetto. Elle laisse la place à Emanuel Ringelblum (qui fera quelques apparitions), à sa femme, au jeune Jonasz… à ces juifs polonais qui ont eu le courage d’œuvrer dans l’ombre, pour libérer la parole, pour faire en sorte que les choses changent, que le carcan dans lequel ils sont enfermés vole en éclats. A tour de rôle, les personnages vont prendre la parole, donnant sa richesse à ce scénario patchwork. Entre peur et espoir, des années à vivre la boule au ventre dans le ghetto. Une action clandestine pour réunir les écrits de juifs polonais, dire l’insupportable. Didier Zuili leur rend hommage.

Le dessin, c’est autre chose. Flamme de vie, flamme de mort se heurtent en permanence. Les tons sont ternes, les visages marqués, leur teint est blafard, les cheveux hirsutes et des haillons en guise de vêtements. La guerre qui les emmure dans leur propre maison. Des quartiers devenus des antichambres de la mort. Famine, peur, maladie… se terrer pour survivre. Espérer survivre.

Un album pour ne pas oublier. Parce que dire permet aussi d’apaiser les traumatismes. Magnifique témoignage des victimes de la Shoah.

La chronique de Béatrice.

Extraits :

« L’histoire ne peut pas être écrite par des faussaires. Nos écrits sont des balles. Un jour, ces balles atteindront nos bourreaux. Notre résistance de papier traversera l’histoire et nous rendra justice » (Varsovie Varsovie).

« A quoi bon tuer l’espoir ? C’était une denrée si précieuse. La seule dans doute qui leur permettait de continuer à vivre » (Varsovie Varsovie).

Varsovie Varsovie

One shot
Editeur : Marabout
Collection : Marabulles
Dessinateur / Scénariste : Didier ZUILI
Dépôt légal : mars 2017
124 pages, 17,95 euros, ISBN : 978-2-501-11471-4

Bulles bulles bulles…

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Varsovie Varsovie – Zuili © Marabout – 2017

Homicide – Une année dans les rues de Baltimore, tome 2 (Squarzoni)

Squarzoni © Guy Delcourt Productions – 2017
Squarzoni © Guy Delcourt Productions – 2017

Huit mois après le premier tome de la série, nous retrouvons les inspecteurs de la Brigade des homicides de Baltimore. Des enquêtes dont nous avions vu les prémices dans le tome précédent sont toujours non élucidées. Pourtant, la vie la brigade continue et dans les rues de Baltimore, il y a toujours autant de malfrats, de délinquants, de flics véreux, d’assassins. La lutte contre la criminalité est permanente.

En ce 4 février 1988, c’est le corps d’une enfant qui est retrouvé dans une arrière-cour de la ville. Le quartier est bien connu des inspecteurs ; c’est celui où l’on trouve la plus forte concentration de petites frappes au mètre carré.

Sa disparition a été signalée par ses parents le 2 février, deux jours plus tôt.

Latonya Kim Wallace est morte étranglée après avoir été violée. Elle avait 11 ans.

Le premier inspecteur à être sur place est Tom Pellegrini. L’enquête va donc lui être attribuée, charge à lui de diriger correctement les équipes, d’analyser correctement toutes les pièces du dossier, de lister les suspects…

Des mois plus tard, Pellegrini se rappellera avec frustration ce matin sur Reservoir Hill. Il souhaitera avoir pris quelques minutes de plus pour parcourir les arrière-cours.

Il y a quelque chose qui touche à l’horreur dans cette enquête. Parce qu’il s’agit d’une enfant, parce que son corps a été déposé comme un objet usagé, dont on n’a plus besoin, dans une ruelle peu fréquentée. Parce que les langues se taisent aussi. La police est perçue comme la petite vérole, les rapports entre la population de ce quartier chaud de Baltimore et les forces de l’ordre sont si dégradées que même dans le cas du meurtre d’une gamine, la méfiance reste forte.

Est-ce le fait que Philippe Squarzoni se concentre cette fois sur une seule affaire ou est-ce le ton qui a changé ? Je ne saurais le dire mais j’ai eu l’impression d’être face à un album plus mature que le précédent tome. La série a peut-être trouvé son crédo, la juste distance entre narration et mise en image… quoi qu’il en soit, et à partir du moment où la lecture était entamée, je n’ai pas une seule fois ressenti l’envie de faire une pause dans ma lecture. Rien de violent dans les illustrations, pas même de métaphores comme Philippe Squarzoni sait si bien faire pour appuyer là où ça fait mal… sobriété à tous les étages mais un reportage d’une profondeur !

La majeure partie du scénario est très factuelle mais il y a une réelle réflexion de fond sur les valeurs de la profession (pour certains c’est une vocation, pour d’autres un héritage familial…). L’enquête est très détaillée : inspection de la zone où le corps a été retrouvé, travail du laboratoire scientifique, collaboration avec les autres services, gardes à vue et techniques d’interrogatoires…

PictoOKLa série est installée et bien installée. Un choix minimaliste de couleurs pour ces planches. Vraiment un très bon documentaire.

Extrait :

« Sur le papier, les prérogatives d’un inspecteur de la brigade des homicides de Baltimore sont peu nombreuses. Contrairement à ses homologues des autres villes américaines, il n’a pas un rang plus élevé, ni un meilleur salaire. Les directives générales des services de police ne prennent pas en compte les conditions de travail particulières de la brigade des homicides. Et n’établissent guère de différence entre les flics en uniforme et les détectives. Seule exception cruciale : sur sa scène de crime, l’inspecteur est le maître. A partir du moment où un corps gît sur le bitume de Baltimore, aucune autorité ne dépasse celle du premier inspecteur sur place. Personne ne peut lui dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Commissaires, divisionnaires, colonels, majors… tous sont sous l’autorité du détective, dès qu’ils franchissent les limites de la scène de crime » (Homicide – Une année dans les rues de Baltimore, volume 2).

Homicide – Une année dans les rues de Baltimore

– 4 février – 10 février 1988 –
Série en cours
Editeur : Delcourt
Collection : Encrages
Dessinateur / Scénariste : Philippe SQUARZONI
Dépôt légal : février 2017
134 pages, 16,50 euros, ISBN : 978-2-7560-4240-4

Bulles bulles bulles…

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Homicide – Une année dans les rues de Baltimore, volume 2 – Squarzoni © Guy Delcourt Productions – 2017

Madame, tome 2 (Peña)

Peña © La Boîte à bulles – 2016
Peña © La Boîte à bulles – 2016

Pour vos oreilles pendant la lecture

carrejaune[Le petit carré jaune]

Entre moi et Madame tout a commencé comme ça

Madame – L’année du chat – Peña © La Boîte à bulles – 2015
Madame – L’année du chat – Peña © La Boîte à bulles – 2015

Illico presto je me suis senti concerné moi Mitsumi surnommé Mitsou par ma maitresse car crête en l’air dès mon plus jeune âge qui me donnait un air samouraï, zen, éclairé.
Je partis donc de mon pas félin et de ma queue dodelinante à la conquête de ma dulcinée. Je comptais sur cette journée pluvieuse pour déclamée ma « flamme » et convaincre Madame que j’étais son Monsieur, son miaou de la situation, le félin des encriers, le ronronneur réveil-matin.
Je savais que cela ne serait pas facile car Madame et ses crocs à sabre (dixit l’encyclopédie trouvée par Nancy Peña) était mutine, câline certes mais véritablement mutine. Une petite diablesse. Mais voilà je voulais assurer. Donc je me fis beau. Douche pour commencer et petit passage croquettes boulettes pour ne pas tomber en pamoison inanimé devant ma belle.
De l’autre côté de l’ordinateur, Mo’ du Bar à BD (vous suivez ?) m’attendait pour qu’on puisse présenter ensemble « Madame » de Nancy Peña (vous savez la Nancy Peña du « Chat du kimono », ma Nancy quoi)…
Petit passage litière et je fus prêt à me laisser aller à cette rencontre miaulesque. A vos chafouins, j’étais prêt !

Mo' l'Admin[Mo’]

Ôh combien j’attendais cet instant, moi, Mo’, de mon côté de l’écran ! Car la perspective de ce félin rendez-vous a commencé à se profiler cette année, dans les allées du festival d’Angoulême où mon petit carré jaune et moi-même explorions les stands pour dénicher des pépites susceptibles de nous réchauffer. C’est ainsi que, par le plus grand des hasards (hu hu), nos pas nous conduisirent vers nos amis de la Boîte à bulles où Ôh merveille !, « Madame » nous attendait. Regards complices, clins d’œil… j’ai vite compris en voyant la mine de Sabine qu’un plan diabolique était en train de s’échafauder ! Certes [et à mon grand étonnement], elle n’avait pas pris le temps de lire les albums bien qu’elle suivait avec intérêt le blog du chat Madame. De mon côté – bien évidemment – je fis la maline car Madame voyez-vous, avait déjà mis ses poils sur le comptoir du Bar à BD ; c’était en février 2016 et bien le ménage soit fait régulièrement… j’en retrouve encore !
Madame était un petit chaton à l’époque mais on voyait déjà bien le potentiel d’espièglerie de l’énergumène. Pire même… Madame fait de l’esprit !!! Mais impossible de ne pas craquer pour le minois de Madame, ses grands yeux ronds, ses pattons maladroits et le bon sens dont elle fait preuve… du moins, à hauteur de chat.

Alors quand Sabine fit sa mine,
Et que l’air de rien elle acheta
En un éclair
Les deux tomes de « Madame »

L’affaire était dans le sac.
Je savais que ni une ni deux, elle allait présenter Madame à Monsieur,
Et de cette rencontre-là,
Advienne que pourra !

Et puis, j’allais être de la partie !
Le plan diabolique était en place. Nous mijotions secrètement de faire une lecture commune.
Et le jour J… le petit carré jaune qui a plus d’un tour dans son escarcelle, dévoila un plan plus machiavélique encore… nous allions réaliser une chronique à quatre mains ! … et quatre pattes !
Si !

carrejauneVu le temps de chien, cela ne pouvait qu’être un grand rendez-vous. Car oui, il pleuvait comme euh… « vache qui puisse » (j’te jure il y a des expressions des fois). Nous ouvrîmes donc ensemble et au même moment la première page, celle de garde et là…. j’étais moi Mitsou 1er, Chat de gouttière poil écailles de tortue blanc et à crête…, foutu ! Madame avait grandi. Madame avait mûri. Elle avait compris la loi de la gravité !!

Madame, tome 2 : Un temps de chien – Peña © La Boîte à bulles – 2016
Madame, tome 2 : Un temps de chien – Peña © La Boîte à bulles – 2016

Mo' l'AdminTout à fait !
Nous voilà donc à lire en même temps le second tome de « Madame », à deux endroits la terre différents. Nous n’aurions pas pu choisir un meilleur jour : aucune contrainte horaire et dehors, la pluie. Et comme le dit Sabine en lisant le titre, « Tu as vu, ça tombe bien, il fait vraiment un temps de chien ». Toutes les conditions sont donc réunies. En avant la lecture…
Madame si coquine, Madame si maline prétend donc, pour débuter cet album en beauté, avoir acquis en sagesse… en maturité. De ses premières expériences avec l’encre de Chine de sa maîtresse, elle a tiré des leçons. C’est vrai… la fade et naïve expérience de pousser un pot d’encre de Chine du bout de la patte n’était pas une bonne idée. En revanche… du haut d’une chaise… alors que face à soi une tour temporaire en haut de laquelle trône une règle… toute prête à envoyer voler l’encre aux quatre coins de la pièce… voilà une démarche bien plus raisonnée. Qu’en pense Monsieur ?

carrejauneMiaouwww !
Moi Mitsou premier je me poilais, c’est à dire que je me léchais déjà les babines aux rigolades à venir et regardais de mon coussin, la palette de possibilités à venir. Mais à peine avais-je tourné la page qu’un miaou dévastateur fit son apparition sur mes babines velues. Ciel Madame avait trouvé son apollon, son cuisto de rêve ! Cela était donc fini avant de commencer ? « Cruel échec pour l’évolution. » 
J’en perdais mon latin, ma bouteille de lait et mon verre d’eau. D’un coup de patte avant droite, je réclamais ma part du lot ! Je tentais le tout pour le tout et me projetais dans le rôle du chat zen, maitre bouddhiste que Madame recherchait. Car non seulement Madame philosophait, mais Madame bouddhait aussi. Et cela je le sais, Moi Mitsou chat de gouttière maitre zen, j’étais apte à lui enseigner les voies de la sagesse, de la maturité.

Mo' l'AdminEt moi, de ce côté de l’écran, je trouvais là Madame bien cruelle de faire vivre à Mitsou sa première déception sentimentale. Pour le reste, je comptais bien sur l’imagination débordante de Madame pour faire le contrepoids (espérant secrètement que Monsieur Mitsou prenne de-ci de-là quelques idées pour égayer le quotidien de sa maîtresse). Car oui, on voit bien que l’esprit de Madame suit sa propre logique qui lui est vraiment très… personnelle… Madame s’affirme, très sûre d’elle ! Elle explore le monde, expérimente, teste aussi bien la résistance à l’eau, à l’air… que la patience de Nancy.
J’aime bien ce petit monde à hauteur de chat. Puis je trouve que l’auteure a fait un bon choix de n’utiliser que trois teintes pour donner vie aux prouesses de son félidé. Vert, blanc et noir suffisent amplement pour ces anecdotes du quotidien. Le dessin est libre, dépourvu de cases. Du coup, le chat sautille et se déplace en toute liberté sur les pages de l’album. Entre deux dessins, on fait parfaitement la jonction ! Et puis, nos commentaires en off remplissent allègrement ce que les strips ne disent pas ! N’es-tu point d’accord toi ? Allo ? « Soyouz à Baïkonour ! » ??? Je crois que je suis sur la même longueur d’ondes que Madame ! Petit Carré Jaune ? Me recevez-vous ?

Madame, tome 2 : Un temps de chien – Peña © La Boîte à bulles – 2016
Madame, tome 2 : Un temps de chien – Peña © La Boîte à bulles – 2016

carrejauneTe reçoit 5/5 !
Car oui Nancy jouait admirablement bien sur la feuille. Madame nous ensorcelait, disposait au gré des pages, ces pattes velues et son minois tigré. Sa philosophie était telle que l’on se mettait nous aussi à méditer sur cette pluie qui tombait, ce froid qui nous obligeait à remettre des chaussettes sur nos pieds si dénudés et cet apocalypse soudaine. Lorsque dans notre dos, un bruit jaillit. Boum. Chute de chat ! De son trait fin, gracieux, minimaliste, Nancy Peña venait de me tuer une nouvelle fois. Moi Mitsou 1er, je découvrais que Madame n’aimait plus son cuisto. D’un génial coup de bulles, elle achevait cette histoire…

« J’vais te masser à la chinoise » – « J’vais te repulper la face »

Un dialogue qu’Audiard aurait adoré. J’en mets ma moustache à raser !! Que pensait de son côté Mo’… ? Etait-elle, elle aussi, au bord du rire ? Avait-elle des envies de comprendre le pouvoir des chats, de Madame, le graphisme de Nancy, cette force qu’elle a de construire un gag en 3 ou 4 dessins avec peu de couleurs, une palette de verts et noir, une délicatesse dans le crayonné ? Je me surprenais (telle Madame) à moi aussi, scruter les détails, le dessin, les ombres portées, les cheveux et vêtements portés. Le moindre trait devenait important, gracile, furtif.

Madame, tome 2 : Un temps de chien – Peña © La Boîte à bulles – 2016
Madame, tome 2 : Un temps de chien – Peña © La Boîte à bulles – 2016

Mo' l'AdminOui je savoure. Totalement. Et je t’imagine aussi en train de te bidonner de ton côté de l’écran. Après… je crois que j’ai pris quelques planches d’avance alors, je vais me pencher sur notre écrit à quatre mains (et quatre pattes s’il vous plaît) pour te laisser rattraper ton retard (non mais tu lis lentement en fait). Ah, dis tu as vu, il y a un clin d’œil au Chat botté !! Ça aussi ça vaut le détour… parce que Nancy Peña avait revisité ce conte et je t’assure, « Les nouvelles aventures du Chat botté » méritent le coup d’œil !
J’aime bien cet esprit taquin. Franchement, on philosophe un peu, on ne se prend pas au sérieux, on se laisse surprendre aussi ! Non mais, as-tu déjà vu un chat qui écrit son nom ??? Et puis qui le décortique ! M.A.D.A.M.E…. je me demande bien ce que peuvent signifier les initiales de Mitsou…

carrejauneJe poursuivais ma lecture et plus je rentrais dans ces strips plus mes babines se retroussaient de plaisir. J’en émettais des petits piaillements jouissifs. Je me retrouvais dans les gags… Ce Tancarville, cet exploration d’une pile de vêtements, c’était Moi. Décidément Madame, vous me connaissiez bien. Vous saviez explorer, vous et votre fidèle Nancy, les moindres recoins de nos vies félines. Rien ne vous échappait. Nos initiales s’entremiaoutaient. Je n’avais certes, pas de D dans mon nom mais moi aussi ma gamelle était à demi vide et je l’appelais à se remplir.

« C’est fou la difficulté qu’elle a à assimiler des vocables qu’elle ne connait pas »

Madame, tome 2 : Un temps de chien – Peña © La Boîte à bulles – 2016
Madame, tome 2 : Un temps de chien – Peña © La Boîte à bulles – 2016

Bref je tournais les pattes, euh les pages, me pourléchais les mains, me frottais le minois au coin de chaque feuille. Nancy me touchait, Nancy m’envoutait. Son crayonné, ses gags étaient parfaits. Juste ce qu’il fallait. Ni trop peu, ni trop pas assez. Le bon dosage. Le fin limier.

Mo' l'AdminOui, parfaite lecture ! Tout de même, ça m’épate. J’ai lu l’album d’une traite ! Pourtant, vu qu’il est composé de nombreuses saynètes, c’est tout de même un ouvrage avec lequel on peut s’accorder quelques pauses, le temps de boire un thé voire de répondre à un commentaire sur Facebook ?? Mais là, non. J’en enchaîné la lecture de ces petites histoires comme si j’allais perdre le fil en interrompant la lecture. Que nenni ! Et puis il est solide ce fil. Il est amusant aussi, aucune difficulté à imaginer un chat faire ces roublardises. Des fous-rires aussi, en deux temps souvent : le premier à la lecture, le second après avoir lu ton commentaire. Bien aimé. Très bon moment. On refera ?

carrejauneTu m’étonnes qu’on refera… parce que Madame quand même c’est une sacrée bulle de joie, de bon, de tendre, d’envoutant et de tremblements de côtes à avoir. C’est inventif sans être lourd, spirituel sans être plombant, philosophique sans être intello. C’est juste ce qu’il faut. Et puis l’apparition à la fin d’un nouvel être dans la vie de Nancy laisse présager à Madame d’autres péripéties.
Bref Madame et moi, Mitsou, Chat 1er qui fait ces griffes, c’est pour la vie. Et penser à relire « Le chat du Kimono » et sa suie, retrouver l’univers envoutant, japonisant et décapant de Nancy Peña.

PictoOKJolie lecture commune en tout cas ! Et si vous commentez ici, il faut aussi commenter chez la Dame du Petit Carré Jaune ! Pour vous faciliter la tâche, voici le lien de son article.

la-bd-de-la-semaine-150x150C’est aussi mercredi, le jour-dit de la « BD de la semaine ». Le rendez-vous est donné aujourd’hui chez Noukette ! Je suis certaine qu’il y a des pépites à dégoter chez les lecteurs.

Madame

Tome 2 : Un temps de chien
Série en cours
Editeur : La Boîte à bulles
Collection : Contre-Pied
Dessinateur / Scénariste : Nancy PEÑA
Dépôt légal : novembre 2016
80 pages, 13 euros, ISBN : 978-2-84953-274-4

Bulles bulles bulles…

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Madame, tome 2 : Un temps de chien – Peña © La Boîte à bulles – 2016