Animal’z (Bilal)

Animal'z
Bilal © Casterman – 2009

Ce peut être demain ou dans 100 ans.

Un dérèglement climatique appelé de « Coup de sang » désorganise toute activité humaine sur Terre. L’eau potable est devenue un enjeu, l’individualisme est à son paroxysme. Hommes et animaux convergent vers le Détroit 17, seul espoir de survie. Rien ne leur assure cependant un lendemain une fois arrivés à destination… encore faut-il y arriver entier. On est témoin de destins qui se croisent et partagent un bout de route ensemble.

Drôle de signe du destin quand je pense que j’ai mis un pied il y a 20 ans dans l’univers de la BD « adulte » avec La Femme Piège de Bilal.

Oui, je sais, c’est le second volet d’une trilogie et blablabla, mais quand on a 16 ans, on fait avec les moyens du bord. En l’occurrence, ce tome avait été offert à mon père. Bref, j’ai dévoré La Femme Piège et non, je n’ai pas couru chercher La Foire aux Immortels et Froid Équateur car… je ne connaissais pas (j’en rougis de l’écrire). En revanche, j’en ais acheté d’autres, au pif.

Au pif donc, je me suis équipée de l’intégrale de l’Incal et du Grand pouvoir du Chninkel. Wow !! Bonne pioche m’dame ! Et c’est là que tout a commencé…

Retour aux sources donc, un Bilal.

Première impression : la BD sera longue à lire.

J’ai suivi avec peine chacun des personnages principaux tour à tour…. jusqu’à ce qu’ils se rencontrent. Le récit des premières pages est saccadé (il faut compter une quarantaine de pages tout de même). Les personnages évoluent dans un décor réellement atypique, ce qui permet de toucher du doigt leurs fragilités. Bilal sait utiliser à souhait leurs côtés mystérieux, mais… on les entend respirer. C’est assez incroyable pour du Bilal je trouve. On a de l’empathie à leur égard. Peut-être que ce qui les rend touchant est cette incertitude, cet espoir auquel ils se raccrochent ?

Un peu de « réchauffé » tout de même puisque Bilal nous ressert le coup de la seconde peau (merci Warehole, merci Nikopol).

Le côté écolo de l’histoire contraste avec ce à quoi je m’étais habituée ces derniers temps chez Bilal : de la SF intello sans fondements, des discours inaccessibles, des théories futiles, des sociétés stériles. Êtes-vous parvenus, vous, à finir sans peine le tome 4 du Sommeil du Monstre ? Que l’on se rassure, dans Animal’z, on n’échappe pas aux « nihilistes néo-nietzchéens ». Mais ils ne sont présents qu’à dose homéopathique.

Cet album a du style. On y prend le temps de s’arrêter sur des cases qui prennent parfois la moitié voire les 3/4 d’une planche.

Le style de dessin est brut et épuré.

Bilal a un peu mis de côté son ordinateur, pour la colorisation, et ce n’est pas plus mal.J’ai eu du mal à rentrer dans ce One-Shot. Trop de scepticisme dans l’abord que j’avais de cet album.

PictoOKA ma grande surprise, ce One-shot me réconcilie avec Bilal. Un style qui me plaît… c’est du Bilal comme j’aime !!

Le coffret de la BD n’est pas très pratique mais il comporte de magnifiques ex-libris.Du plaisir et rien que du plaisir ! Pour le coup, je l’ai relu ! Un bon moment de BD

Animal’z

One shot

Éditeur : Casterman

Collection : Univers d’Auteurs

Dessinateur / Scénariste : Enki BILAL

Dépôt légal : mars 2009

ISBN : 2203019662

Bulles bulles bulles

Un petit coup de cœur à Ana qui aime son homme…

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Animal’z – Bilal © Casterman – 2009

Allez voir ici aussi (preview sur YouTube)

Voilà, c’est mon premier billet (ouf, il paraît que le plus dur, c’est de commencer). Bon, je ne suis pas super à l’aise avec les blogs… j’espère que le métier rentre vite.
Quoiqu’il en soit, j’espère pouvoir tenir mon petit coin de lecture dans le temps.

Bonjour visiteur !

La 1000ème BD dans ma bibliothèque, ça se fête non ??

Petite collectionneuse de BD, le mois d’avril a vu fleurir la 1000 ème BD dans ma bibliothèque. Je voulais faire quelque chose de tout ça. J’aime parler.

BD, j’aime les lire…. bref… un p’ti blog ?

Je ne suis pas très originale car il en existe déjà des tonnes, mais… tant pis… j’me lance….

En espérant que cet espace vous donne envie d’échanger 😉

Au plaisir de vous rencontrer !

Lily Love Peacock (Bernard)

Lily Love Peacock
Bernard © Casterman – 2006

Lily Love Peacock est une jeune mannequin. Elle vit en électron libre.

Le hasard des rencontres lui fait croiser la route de Rubis qui va rapidement devenir sa confidente et meilleure amie.

Je n’ai pas lu les autres œuvres de BERNARD concernant la dynastie des Picquigny, et cela ne m’a pas gênée. Lo étant passée sur mon blog pour me susurrer la proposition de découvrir un peu plus BERNARD (La Tendresse des crocodiles et L’ivresse du Poulpe notamment), je pense que cela me donnera d’avantage d’éléments sur Lily Love Peacock que je relirais certainement ultérieurement.

Lily nous propose Un regard décapant et déridant sur la société, une sorte de journal intime qui se moque des conventions. La jeune femme n’a rien d’une midinette… les apparences sont trompeuses. Elle fait le bilan de sa vie de manière honnête et avec humour. Lily va changer au travers de cette histoire d’amitié, limite fusionnelle avec Rubis. Deux jeunes femmes que tout opposent (l’une est blonde, l’autre est brune…). Elles vont se soutenir, se confier et cette amitié va apporter beaucoup de piquant à leurs vies et faire naître des projets.

Je trouve les dessins un peu trop figés parfois, assez bruts, mais cela se marie bien au récit de Fred Bernard. Les jeux de corps qui ondulent me rappellent beaucoup les tableaux représentant l’Afrique (corps élancés, sensuels voire érotisés en harmonie avec la musique). Les fonds de cases sont souvent hyper chargés… mais rien d’oppressant là dedans, je me suis sentie bien dans cet univers. Le scénario est très libre, il nous emporte. Ça et là sont glissés, comme des pauses (des transitions entre les périodes de la vie de Lily), des poèmes écrits par l’héroïne elle-même… poèmes qu’elle mettra en chansons sous l’influence de Rubis.

Lily Love Peacock – Bernard © Casterman – 2006

PictoOKPictoOKUne découverte très sympa d’un auteur que je ne connaissais que de nom. Réellement, j’aurais du vous demander bien avant de  m’aider à  sortir de mes lectures habituelles !

Sur le net, allez lire la chronique de Paul B, ou encore un petit topo sur Fred Bernard ici et .

Extraits :

« La beauté m’était tombée du ciel. Je n’avais aucun mérite. Elle m’ouvrait les visages, les portes et les portefeuilles. Comment ne pas devenir un mégalo-monstre dans ces conditions ? Nous naissons libres et égocentriques. Et le temps passe à l’attaque. Et nous vieillissons prisonniers d’un corps qui se dégrade. « L’esprit peut mieux vieillir que la peau des fesses », dixit mon amie Rubis. Mais on ne parle que de rajeunir les corps. Avoir les idées bien arrêtées n’entrave pas la course du temps » (Lily Love Peacock).

« Le corps moderne doit être actif et énergique. Minceur rime avec souplesse, mobilité, flexibilité, qualités exigées par notre société. Bouger vite, réfléchir vite, vivre vite et mourir jeune, dans longtemps. Le temps s’était accéléré considérablement pour moi. Je souffrais de l’anonymat des métropoles, de la brièveté des rencontres, des regards de propriétaires portés sur moi. J’étais mal à l’aise avec les privilèges et les dépenses inutiles. mais elles me permettaient de tenir le coup pour grimper encore. Atteindre, obtenir, conserver ce qui m’était dû, vite, avant d’être vieille » (Lily Love Peacock).

« – Et que veux-tu faire de ta vie ?
– L’apprécier ».

Lily Love Peacock

One Shot

Éditeur : Casterman

Collection : Écritures

Dessinateur / Scénariste : Fred BERNARD

Dépôt légal : octobre 2006

ISBN : 2203396326

Bulles bulles bulles…

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Lily Love Peacock – Bernard © Casterman – 2006

Rural ! (Davodeau)

Rural
Davodeau © Guy Delcourt Productions – 2001

Olivier, Étienne, Jean-Claude, Philippe, Catherine… tous vivent à la campagne dans le Maine-et-Loire, près d’Angers.

Ce reportage couvre une période d’une année et débute en Février 2000. A l’initiative d’Étienne DAVODEAU (qui a contacté les différents protagonistes), cet ouvrage nous permet de les suivre au quotidien. Il est ici question d’agriculture principalement, mais aussi des motivations et convictions de 3 amis et salariés qui ont monté un Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC). Leur outil de travail est une exploitation agricole qui produit bio.

Quant à Philippe et Catherine, ils ont acheté une ruine il y a 10 ans de cela et la retapent.
Les aléas de la vie, les joies et les peines, tout cela va devoir se gérer en tenant en compte qu’une nouvelle autoroute va passer près, très près de chez eux… ils vont devoir réviser leurs projets d’avenir.

Ce n’est pas une fiction, mais un reportage.

… C’est l’histoire de trois hommes qui ont réunis leurs forces et leurs convictions pour monter une exploitation agricole. DAVODEAU va les suivre, une année durant, pour montrer les contraintes et les plaisirs aussi (ne les oublions pas) de la vie d’agriculteur.

… C’est l’histoire d’un couple qui de rien s’est fait un petit coin de paradis sur terre malgré les médisances et les difficultés… et le plus dur reste à venir.

… C’est l’histoire de Politiques qui ont les yeux plus gros que le ventre. Leurs danses à la tête de l’État imposent aux « petites gens » de danser la gigue à leur cadence.

C’est l’histoire des habitants d’un village qui fondent une Association pour tenter de limiter les nuisances auxquelles ils vont indubitablement être confrontés quand l’autoroute sera ouverte… C’est l’histoire d’une lutte contre des moulins à vents… et de la vie qui suit son cours.

Une préface de José Bové étonnante en BD, mais pas dépourvue d’intérêt.

Les découpes de planches sont assez basiques (généralement 3 bandes de deux cases chacune). On ne fait pas dans le bobo, on fait dans dans la sobriété. Ce n’est pas le support visuel qui incombe, mais le message que cet album souhaite faire passer qui est prioritaire. Dessins en noirs et blancs, dans lesquels j’ai retrouvé avec plaisir le trait d’Etienne Davodeau. Ce que j’ai apprécié dans cet album, c’est le choix de l’auteur de nous retranscrire son année d’observation à la manière d’un journal de bord. Les informations techniques, nécessaires pour nous faire une idée plus précise des tenants et des aboutissants, nous sont données progressivement dans l’ouvrage et pas dans un paquet informe en début d’album comme cela aurait pu être possible. Davodeau a investigué, il a eu des réponses au fur et à mesure… et l’ouvrage suit ce rythme.On s’attache aux gens qui peuplent ce livre.

L’auteurU n’a rien caché, n’a rien romancé, n’a rien enjolivé, il nous les as donné bruts tels qu’ils sont et c’est peut être pour cela que j’ai accroché rapidement à l’ambiance conviviale et chaleureuse de ce one-Shot.
J’ai rapidement dépassé ma réticence à lire cet ouvrage. Sacré pari de proposer un ouvrage sur le thème du monde de l’agriculture bio avec toutes les polémiques que cela peut soulever ! La question était de savoir comment Davodeau allait défendre ses convictions…

Récemment j’avais lu Les Fils de la Terre (Triptyque / manga), une série qui aborde le monde rural de manière plus « féerique ». Ce triptyque proposait un cas de figure possible dans un futur proche mais se basait sur l’utilisation de deux personnages assez stéréotypés : Shuntaro est un jeune fonctionnaire idéaliste et capable de bouger des montagnes, Kohei un jeune agriculteur acerbe et désillusionné sur l’avenir des agriculteurs.

Roaarrr ChallengeDans Rural !, il n’est pas question de stéréotypes, ni du monde magique de Casimir (ce que je reproche aux Fils de la Terre). Les styles de ces séries sont réellement opposés, pourtant toutes deux font passer un message que l’on retient, qui marque, et qui nous donne à réfléchir. DAVODEAU n’impose aucun positionnement particulier au lecteur. Il dresse des constats, des faits, libre à chacun d’en faire ce que bon lui semble en sortant de cette lecture. Je trouve que c’est la force de cet ouvrage qui a obtenu le Prix Tournesol en 2002.

PictoOKUn reportage intéressant dans lequel DAVODEAU a parfaitement réussi l’exercice de style de ne pas se positionner personnellement, ou très peu. Ce qui nous permet d’avoir un guide de lecture assez neutre et de ne pas être d’emblée rallié à une cause.

Autres ouvrages d’Etienne Davodeau sur ce blog : voir la catégorie Davodeau.

Extraits :

« Trois minutes après sa naissance, le futur steak essaye de se lever » (Rural !).

« Ils ont deux mois pour fouiller le site. Puis, les bulldozers arrivent. Alors, sous le soleil, ils notent, cartographient, prélèvent, photographient toutes ces traces humaines dont certaines les attendaient depuis 19 siècles sous quelques centimètres de terre. 19 siècles et 2 mois. Puis place aux bagnoles. C’est le progrès, petit Gaulois » (Rural !).

Rural !
Chronique d’une collision politique

One-Shot

Éditeur : Delcourt

Collection : Encrages

Dessinateur / Scénariste : Etienne DAVODEAU

Dépôt légal : mai 2001

Bulles bulles bulles…

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Rural ! – Davodeau © Guy Delcourt Productions – 2001