Le Château des Etoiles, volume 2 (Alice)

Alice © Rue de sèvres – 2015
Alice © Rue de sèvres – 2015

L’Ethernef a dû s’envoler en urgence. A son bord, Séraphin et son père, Sophie, Hans et le Roi. Le groupe, acculé par les troupes de Bismarck, n’a eu d’autre choix que celui de prendre les airs. Chargé d’éther, l’éthernef est lancé dans les airs. La seule issue est de monter… c’est l’occasion pour tenter l’expérience faite par la mère de Séraphin un an auparavant : atteindre le « mur de l’éther » à 13.000 mètres d’altitude.

Est-ce la porte vers l’espace ?

L’aventure du « Château des étoiles » a continué depuis septembre 2014, date à laquelle le premier tome du diptyque sortait en librairie. En effet, à l’instar du précédent album, ce second volume regroupe les trois fascicules (d’une vingtaine de pages chacun) publiés en avant-première sous forme de gazette :

« Chaque mois, les aventures de Séraphin et des chevaliers de l’éther arriveront en librairie sous forme de journaux grand format. L’épisode du mois de mai s’intitule « Les Naufragés de l’éther« , le 10 juin on pourra découvrir « Les Secrets de la faces cachée« , et le 8 juillet ce sera le tour du « Roi-Lune« . En plus du récit, chaque gazette propose une série d’articles qui apportent un nouvel éclairage sur la conquête des étoiles en 1869 » pouvait-on lire en mai dernier sur la page Facebook de la série.

Chaque fascicule correspond à un chapitre du présent album.

Quoi qu’il en soit, Alex Alice a tenu ses promesses. Celle de tenir un planning de publication assez serré tout d’abord. Mais aussi celle de réaliser un diptyque d’une qualité graphique rare. Le travail que l’auteur a produit pour mener à bien ce diptyque est de toute beauté. Réalisés sur des formats imposants (50 x 73 cm), les croquis ont peu à peu pris forme, caressant les contours des formes, créant les volumes, donnant vie aux personnages. Les premiers crayonnés orange et noir se sont progressivement joints au lettrage puis l’aquarelle est venue compléter l’ensemble grâce à des palettes de couleurs absolument somptueuses. Visuellement, cette aventure (et j’englobe ici le diptyque dans sa totalité) est magnifique. Sans compter la composition des planches auxquelles l’auteur a donné différentes formes : les bandes se tordent au gré des besoins et prennent ainsi la forme d’une alcôve légèrement arrondie, d’un hublot, d’un prisme… Chaque effet de style accroît l’impression que l’on est tantôt dans le vaisseau (l’éthernef), dans un scaphandre ou l’œil rivé dans un télescope.

Le scénario quant à lui accepte peu les temps morts. Les protagonistes n’ont que peu de marge de manœuvre et le temps ne cesse de leur faire défaut. Pour autant, Alex Alice consacre toujours un temps du récit (voix-off ou dialogues) à l’explication du rapport de cause à effet ou à la finalité d’une nouvelle action. Le récit n’est jamais verbeux et conserve son rythme (alerte) de façon quasi-constante.

PictoOKJe ne suis habituellement pas grande amatrice de ce genre de récits. Pourtant, ce diptyque a ce petit-je-ne-sais-quoi qui ne permet pas de ranger abruptement « Le Château des étoiles » dans le registre des quêtes d’aventure spatiale qui fonctionnent à l’adrénaline. Il y a ce soupçon d’intelligence et de finesse qui permet d’apprécier l’humanité des personnages, leur naïveté aussi. Et puis, avoir la chance de poser les yeux sur des illustrations de cette qualité ne se rencontre pas tous les jours.

La page Facebook et le site de la série.

LABEL LectureCommuneUne lecture commune que je partage avec Leiloona !

Le Château des étoiles

Volume 2 : 1869 – La conquête de l’espace

Diptyque terminé

Editeur : Rue de Sèvres & Gilles PARIS

Dessinateur / Scénariste : Alex ALICE

Dépôt légal : septembre 2015

ISBN : 978-2-36981-014-8

Bulles bulles bulles…

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Le Château des étoiles, volume 2 – Alice © Rue de sèvres – 2015

Le Château des Etoiles, volume 1 (Alice)

Alice © Rue de sèvres – 2014
Alice © Rue de sèvres – 2014

« Et si la conquête de l’espace avait un siècle d’avance ?

1868. Au seuil d’une incroyable découverte à bord de son ballon de haute altitude, la mère de Séraphin disparaît mystérieusement à la frontière de l’espace. Un an plus tard, une lettre anonyme révèle que son carnet de bord a été retrouvé…

Séraphin et son père, échappant de justesse à un enlèvement, suivent la piste du carnet jusque dans les contreforts des Alpes. C’est là, à l’ombre d’un château de conte de fées, que le roi Ludwig de Bavière a entrepris la construction d’un engin spatial de cuivre et de bois qui s’apprête à changer le cours de l’histoire…

1869 : la conquête de l’espace commence ! »

(Présentation officielle de l’album).

Cette première intégrale regroupe les trois fascicules pré-publiés cette année. D’une vingtaine de pages chacun, le présent volume contient la première saison – en trois chapitres – d’une série attrayante.

Je commencerais par parler de l’objet en tant que tel et note la qualité du travail éditorial co-réalisé par les éditions Rue de Sèvres et Gilles Paris. Superbe album grand format, très agréable à prendre en main et dont on appréciera le toucher.

Alex Alice s’est déjà fait remarquer avec des séries comme Siegfried ou le Troisième testament. Auteur capable d’embarquer son lecteur dans n’importe quelle ambiance, il a choisi cette fois un univers plus onirique… en apparence du moins si l’on en croit la luminosité appréciable des aquarelles de l’album.

Développant un registre narratif qui n’est pas sans rappeler certaines épopées de Jules Verne, Alex Alice dresse les fondations d’une aventure qui nous emportera vers de nouveaux horizons et devrait nous permettre – a priori – de poser les yeux sur des paysages totalement inédits… pourquoi pas ceux de Vénus ou de Mars ? Le dépaysement visuel est attendu dans le second tome.

Pour enrichir le récit, l’auteur s’appuie sur différentes références, la principale étant l’hypothèse de l’existence de l’éther telle qu’elle fut pensée par Socrate (« Mais la terre pure elle-même est située dans le ciel pur où sont les astres, que la plupart de ceux qui ont l’habitude de discourir sur ces matières appellent l’éther. C’est l’éther qui laisse déposer l’eau, le brouillard et l’air qui s’amassent toujours dans les creux de la terre » – La mort de Socrate, LVIII, suivre ce lien pour accéder au texte plus complet) ou Descartes. Alex Alice se laisse donc guider par la représentation qu’il a de cet éther, sorte de champ d’énergie magnétique dont la seule évocation exulte certains scientifiques qui s’affairent à démontrer son existence. Quant à l’idée de contrôler ce champ de force, cela représente une perspective alléchante pour Bismarck… une précieuse énergie qui servirait son dessein : unifier l’Allemagne, soumettre les états à sa botte, conquérir le monde voire plus. Conspiration, stratégie militaire… voilà de quoi camper le contexte historique de l’intrigue.

Pour finir, l’auteur injecte quelques histoires de famille, épiçant ainsi les interactions entre les personnages, justifiant l’investissement démesuré qu’ils accordent à cette quête de l’éther. Il permet ainsi au lecteur d’investir les uns et les autres et de se projeter dans cette conquête de l’espace avant-gardiste.

PictoOKUne lecture divertissante. Le rythme monte crescendo sur la fin, les derniers leviers sont baissés… et la fin tombe comme un couperet appelant ainsi à lire la suite… Alors pourquoi pas !!

Une lecture que je partage avec Mango !

Logo BD Mango Noir

Les liens : la page Facebook et le site de la série. Une interview de l’auteur sur BDGest (et le lien vers le forum BDGest dédié à cet album).

Les avis : Demoiselle Coquelicote, Daniel Muraz (blog picard), Za (Le cabas de Za) et Seb (sur maxoe.com).

Le Château des étoiles

Volume 1 : 1869 – La conquête de l’espace

Diptyque en cours

Editeur : Rue de Sèvres

Dessinateur / Scénariste : Alex ALICE

Dépôt légal : septembre 2014

ISBN : 978-2-36981-013-1

Bulles bulles bulles…

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Le Château des étoiles, volume 1 – Alice © Rue de sèvres – 2014