Coupures irlandaises (Kris & Bailly)

Coupures Irlandaises
Kris – Bailly © Futuropolis – 2008

Christophe a 14 ans quand, en avril 1987, ses parents acceptent qu’il parte deux mois en Irlande avec son pote Nicolas. Un voyage linguistique qui est avant tout un prétexte aux deux amis pour passer du temps ensembles.

Ils seront accueillis à Belfast, Chris dans une famille protestante et Nico dans une famille chrétienne.

Kris se dévoile encore puisqu’il n’en est pas à son premier récit autobiographique (il y a peu, je vous avais parlé des Ensembles contraires, série qui se passe à Brest en 1990).

Coupures irlandaises se base sur des éléments autobiographiques, l’auteur a simplement imaginé une fin plus dramatique. Un moyen de témoigner de la violence quotidienne qu’il a perçue. Il explique sa démarche en postface, en voici un extrait : « J’ai juste voulu témoigner, raconter les enfants de Belfast qui n’existaient pas, leurs jeux de guerre avec des petits soldats qui, à défaut d’être en plomb, leur en balançaient du vrai à la gueule. Pour un drapeau hissé bien haut, pour une pierre jetée comme on se débarrasse d’une rage, parce qu’ils habitaient là et pas ailleurs, parce qu’ils étaient l’enfant d’un tel plutôt que celui d’un autre. (…) Comme d’habitude, je n’ai pas pris de recul. Dans un ghetto, il y a de toute façon toujours un mur quelque part pour vous empêcher d’en prendre ».

Kris nous relate donc son expérience par le biais d’un scénario qui met de côté pudeur et pathos. L’air de rien, les deux ados vont partager avec le lecteur l’euphorie liée aux préparatifs du voyage et le plaisir de savoir qu’ils vont avoir deux mois à passer ensemble. Lentement, le ton va changer. Comme eux, nous serons choqués par l’agressivité des douaniers très affairés à savoir qui entre et qui sort du territoire irlandais, nous allons chercher à comprendre l’incompréhensible : cette haine sourde que se vouent catholiques et protestants. On s’attache rapidement aux personnages qui laissent échapper ça et à des informations nous permettant, par le biais de Kris et Nicolas, de comprendre les conséquences du conflit sur leur quotidien.

La tension monte progressivement dans l’album, on s’engouffre dans la lecture du récit aidé, les dessins de Vincent BAILLY colorisés au pinceau aident beaucoup.

Sur le fond, ce récit ne m’a rien appris en revanche… enfin, rien de nouveau. Un témoignage qui coïncide avec l’idée que je me faisais de la situation et qui vient compléter quelques connaissances apprises par le biais de la presse ou d’œuvres cinématographiques. A ce sujet, après la lecture de Coupures irlandaises, je n’ai pas coupé à l’envie de revoir Blown Away et Au nom du Père, deux films qui abordent le thème de l’I.R.A.

Une BD que je partage dans les BD du mercredi de Mango.

PictoOKCet album met une belle claque. Un auteur dont je vais encore vous parler puisque kbd a choisit un de ses albums comme lecture du mois de septembre.

D’autres avis sur la toile : la chronique de BD Gest’ et celle de VirusBD.

Coupures Irlandaises

One Shot

Éditeur : Futuropolis

Dessinateur : Vincent BAILLY

Scénariste : KRIS

Dépôt légal : mai 2008

ISBN : 9782754800297

Bulles bulles bulles…

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Coupures irlandaises – Kris – Bailly © Futuropolis – 2008