Chroniks Expresss #6

Les métiers secrets de la bande dessinée – Coudray – Reuzé © La Boîte à bulles – 2013
Les métiers secrets de la bande dessinée – Coudray – Reuzé © La Boîte à bulles – 2013

Les métiers secrets de la bande dessinée – Coudray – Reuzé © La Boîte à bulles – 2013

ISBN : 978-2-849531655

Prix : 1 euro

Cette année, La Boîte à bulles fête son dixième anniversaire. Cette maison d’édition voulait marquer dignement l’événement et propose un programme des festivités des plus alléchants. En janvier, l’éditeur a proposé un poster géant qui rassemble les personnages emblématiques de ses différentes collections (Contre-jour, Contre-pied, Champ livre, Faits divers, Contre-cœur, Hors champ, Champ de force, Clef des champs, La malle aux images et Les carnets de la Boîte à bulles).

L’année 2013 sera donc rythmée par différentes publications : de nouvelles parutions bien évidemment (comme le très attendu tome 3 de la série Kaboul Disco) et de nombreuses rééditions d’anciens titres (janvier et Le Cabinet chinois de Nancy Peña, février et (A)mère de Raphaël Terrier, mars et Ainsi danse de Michel-Yves Schmitt…

Qui plus est, à l’occasion de ce dixième anniversaire, La Boîte à bulles édite Les métiers secrets de la bande dessinée, un recueil de 64 pages qui présente des métiers insolites, parfois farfelus, du monde de la bande dessinée : du peintre en marges au dessinateur de brouillons, du placeur de bulles au vérificateur de moralité… Vingt-huit métiers sont ainsi proposés pour notre plus grand plaisir. L’occasion d’apprendre que « le monteur retrouve comme une aiguille dans une botte de foin le talent du dessinateur égaré dans une production massive et médiocre », que le modèle (personnage secondaire) n’est qu’un « imbécile authentique » ou que le phylactère n’est autre qu’une censure déguisée. Jean-Luc Coudray (scénario) et Emmanuel Reuzé (dessin) s’amusent et nous amusent… Prix de vente : 1 euro !

Le royaume suspendu, tome 1 : Le Nexus élémentaire – Hepken – Ribaltchenko © Akiléos – 2013
Le royaume suspendu, tome 1 : Le Nexus élémentaire – Hepken – Ribaltchenko © Akiléos – 2013

Le royaume suspendu, tome 1 : Le Nexus élémentaire – Hepken – Ribaltchenko © Akiléos – 2013

ISBN : 978-2-35574-125-8

« 19e siècle. Depuis le cataclysme sans précédent de 1779 qui a vu les océans recouvrir la Terre, quelques millions de survivants dérivent désormais au gré des vents grâce à un ensemble de parcelles flottantes immenses nommées «Royaume Suspendu,» dirigées par un Conseil International.

La plus dangereuse des menaces pesant sur ce microcosme n’est pas une tenace inégalité des classes, ni même la nouvelle Pègre hantant les bas-fonds insalubres, mais de terribles exterminateurs naturels : les tempêtes gigantesques générées par l’Océan Unique » (synopsis Bedetheque).

Servi par une superbe ambiance graphique, ce premier tome de série nous entraîne dans une aventure assez rythmée. Le panel de personnages s’avère riche et complexe, la compréhension de l’intrigue nécessite (au préalable) de pouvoir appréhender les tenants et les aboutissants de cet univers steampunk… ce qui n’a pas été mon cas ! Si cette épopée s’annonce prometteuse, je n’ai cependant pas accroché à l’ambiance générale de l’album. Les dialogues sont verbeux et le rythme un peu trop enlevé à mon goût. A quelques pages du début, j’ai découvert cet album d’un œil distrait, pas de réelle accroche avec l’univers et avec l’intrigue.

Olympe de Gouges – Bocquet – Catel © Casterman – 2012
Olympe de Gouges – Bocquet – Catel © Casterman – 2012

Olympe de Gouges – Bocquet – Catel © Casterman – 2012 / ISBN : 978-2-203-03177-7

« De Montauban en 1748 à l’échafaud parisien en 1793, quarante-cinq ans d’une vie féminine hors normes, et l’invention d’une idée neuve en Europe : la lutte pour les droits des femmes.

Née dans une famille bourgeoise de province, sans doute fille adultérine d’un dramaturge à particule, Marie Gouze dit Olympe de Gouges a traversé la seconde moitié du XVIIIe siècle comme peu de femmes l’ont fait. Femme de lettres et polémiste engagée, elle se distingue par son indépendance d’esprit et l’originalité parfois radicale de ses vues, s’engageant pour l’abolition de l’esclavage et surtout pour les droits civils et politiques des femmes. Opposée aux Robespierristes et aux ultras de la Révolution, elle est guillotinée pendant la Terreur » (synopsis éditeur).

Cinq ans après Kiki de Montparnasse, le couple Catel & Bocquet nous livre de nouveau la biographie d’une féministe. Avant-gardiste, Olympe de Gouges a laissé son empreinte en rédigeant la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle s’est battue pour que les principes d’égalité et de liberté pour tous soient respectés. Dans ce pavé de 340 pages, José-Louis Bocquet et sa femme Catel s’attachent à retracer le parcours de cette femme humaniste.  Le dessin retranscrit le dynamisme dont faisait preuve Olympe de Gouges. L’ambiance graphique permet de s’immerger dans une ambiance d’époque. On ne pourra qu’apprécier la finesse et la précision du trait qui illustrent superbement les costumes d’époque ainsi que tous les accessoires décoratifs (mobilier, tentures, orfèvrerie…). Quant au scénario de José-Louis, il utilise à bon escient la volonté voire l’obstination de cette femme à défendre des droits fondamentaux ainsi que ses opinions allant parfois jusqu’à mettre sa vie en péril.

J’ai réellement apprécié cet album. Il se découpe en plusieurs chapitres, une scission narrative qui permet à la fois de soulager le récit et de marquer des temps d’arrêt dans l’évolution de la situation du personnage. J’avais pourtant regretté un tel choix dans la construction du scénario à l’occasion de Kiki de Montparnasse (je vous renvoie à mon article) mais ici, il me semble qu’ici, plutôt que de saccader le récit, cela permet davantage de le structurer. Il rythme agréablement la lecture.

Olympe de Gouges du côté des challenges :

Challenge Histoire. : personnage historique.

Petit Bac 2013 / Objet : gouge.

PetitBac Histoire

Kiki de Montparnasse (Bocquet & Catel)

Kiki de Montparnasse
Bocquet – Catel © Casterman – 2007

Paris, période de l’Entre-deux-guerres.

Une femme belle et audacieuse. Elle sera la muse et la compagne de Man Ray durant plusieurs années, elle travaille comme modèle auprès de Maurice Utrillo, Foujita, Maurice Mendjisky (voir Wikipedia :))… côtoie Pablo Picasso, André Breton, Jean Cocteau… il s’agit d’Alice Prin alias « Kiki », la Reine de Montparnasse.

Les deux premiers chapitres ont l’espièglerie de l’enfance. De la finesse est présente dans la description de cette jeune fille qui surprend déjà par sa spontanéité et sa perception des choses, des gens.

« On ne peut pas savoir quelle tristesse peut envahir le cœur d’un enfant qui n’a pas de père, dont la mère est au loin et dont la seule tendresse vient d’une grand-mère » (extrait de la chronologie de Kiki insérée en bonus de l’album ; source : les Souvenirs de Kiki qui recueillent ses mémoires). Cette gosse-là m’a fait le même effet que lorsque j’ai vu La Môme interprétée par Marion Cotillard, un personnage rustre mais si touchant qu’on lui passe ses frasques et ses caprices. L’impression reste la même lorsqu’elle vit une nouvelle rupture en 1913, elle a alors 12 ans. De nombreuses ruptures sont parsemées dans sa vie d’artiste et de femme.

Mais si Kiki est la muse d’une génération qui cherche à évacuer la gueule de bois de la Grande Guerre, elle est avant tout une des premières femmes émancipées de ce siècle. Au-delà de la liberté sexuelle et sentimentale qu’elle accorde, Kiki s’impose par une liberté de ton, de parole et de pensée qui ne relève d’aucune école autre que celle de la vie

peut-on lire sur le site de Catel.

De tout cela, je ne connaissais rien du tout, excepté certains artistes connus. Cela faisait même plusieurs années que je ne m’étais pas penchée sur cette période, je me souviens aussi des cours d’Histoire du Collège ou du Lycée où il était question de la vie artistique des Années folles, celle des années 1930… le contexte politico-économique.

En me relisant, je me rends compte qu’on pourrait facilement croire que j’ai savouré ce titre. Mais ce n’est pas le cas. J’ai aimé l’ambiance, j’ai adopté cette femme qui m’a beaucoup fait penser à Edith Piaf : elles sont presque de la même génération, chacune avec son homme, les amis qui passent naturellement de la sphère privée à la sphère professionnelle sans ambiguïté et les drogues : alcool, stupéfiants. Les airs de Piaf m’ont accompagnée durant la lecture, d’autant plus que les dessins de Catel font écho à la manière dont Piaf chantait sa ville : Paris.

Pourtant… pourtant, une fois encore la découpe en courts chapitres. 30 chapitres (!!) pour 368 pages… ce qui fait une moyenne de 12 pages par chapitre !!! C’est beaucoup trop court pour moi, cela donne le rythme adéquat au récit mais en contrepartie, cela saccade la lecture. On repart en douceur au début de chaque chapitre, la mélodie s’emporte et le lecteur est embarqué par l’ambiance Kiki : les bals, les projections, les cafés en terrasse… et de nouveau la même cassure et le même mouvement de musique.

Pourtant… même les 42 pages de bonus -comprenant une chronologie de Kiki, des notices biographiques des artistes croisés dans l’album et une bibliographie des ouvrages consultés par Catel & Bocquet pour réaliser Kiki de Montparnasse– que j’ai lues dans leur intégralité ne me font pas revenir sur ce sentiment d’une lecture en demi-teinte. La présence de chapitres à foison me gêne, même constat récurrent et fait récemment sur Les Faux visages.

Roaarrr ChallengePourtant… une dernière fois, les dessins de Catel servent à merveille cette biographie. Cet album a reçu le Fauve FNAC-SNCF – Prix du public à Angoulême en 2008.

Une lecture que je partage avec Mango et les lecteurs du mercredi

MangoJ’ai lu l’album dans sa totalité. Sans rechigner dans la lecture, sans rechigner lorsqu’il s’agissait de poser le livre pour ranger ou dormir. Déjà, la lecture se délite, ma mémoire focalise sur plusieurs moments qui m’ont marqué, mais cette étrange contentement de me dire que je peux le ranger à sa place dans la bibliothèque sans envie de le relire. Quoique… à l’écriture de cet article et toujours en compagnie d’Edith, je me dis que la sensation que m’a laissée cette lecture ne peut que se bonifier…

La chronique de Lunch, de Lorraine et de Gridou.

Un blog consacre une de ses Catégories à Kiki.

Extraits :

« Faut qu’tu saches ma princesse… les princes charmants, ça existe que dans les contes. Dans la vraie vie, ‘y a que des crapauds » (Kiki de Montparnasse).

« – Vous allez poser ici.
– Je me déshabille ?
– Non, ce n’est pas la peine.
– Je peux si vous voulez. Il fait chaud ici.
– C’est votre visage qui m’intéresse. Mettez-vous de profil.
– Avec ma gueule à couper le vent ?
– Elle est à couper le souffle… Comme une déesse Grecque » (Kiki de Montparnasse).

« D’ailleurs s’il me demandait de jurer fidélité et toutes ces fadaises, peut-être bien que je me laisserais faire. Toute à lui, rien qu’à lui. C’est pas forcément contre ma nature. Mais pareil dans l’autre sens. Tout à moi, juste à moi. C’est la moindre des choses qu’on soit dans la même prison » (Kiki de Montparnasse).

Kiki de Montparnasse

Challenge Petit Bac
Catégorie Objet

Éditeur : Casterman

Collection : Écritures

Dessinateur : CATEL

Scénariste : José-Louis BOCQUET

Dépôt légal : mars 2007

ISBN : 2203396210

Bulles bulles bulles…

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Kiki de Montparnasse – Bocquet – Catel © Casterman – 2007

Lucie s’en soucie (Grisseaux & Catel)

Lucie s'en soucie, hors-série
Catel – Grisseaux © Les Humanoïdes Associés – 2000

Lucie, 30 ans, célibataire est graphiste ou quelque chose comme ça…

Un album sur la crise de la trentaine et son flot de questions existentielles.

Lucie attaque la trentaine avec un sentiment d’échec. Le bilan qu’elle dresse n’est pas des plus optimistes : entre un célibat qui ne lui convient pas, des visites chez le psy qui ne l’aident pas et ses papotages avec ses copines qui ne mènent nulle part (excepté avec Valou), Lucie nage en pleine déprime.

Des dessins en noir et blanc dont je ne suis pas fan, cet album nous présente Lucie (héroïne visiblement déjà connue puisque trois albums sont déjà parus dans cette série). Tout y passe (les mecs, le look, la famille, les parents…), les dialogues ne manquent pas de piquant. On parcourt aisément cet album sans trop s’ennuyer mais le fait d’en arriver au bout ne m’a pas chagrinée non plus.

pictobofFrais et divertissant ?… Non… Sans plus !

Lucie s’en soucie

Hors-série (modification suite à commentaire du 14 novembre 2009)

Série en cours de 3 tomes

Éditeur : Les Humanoïdes Associés

Collection : Tohu Bohu

Dessinateur : CATEL

Scénariste : Véronique GRISSEAUX

Dépôt légal : janvier 2000

ISBN : 2-7316-1410-2

Bulles bulles bulles…

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Lucie s’en soucie – Grisseaux – Catel © Les Humanoïdes Associés – 2000