Un amour exemplaire (Pennac & Cestac)

Le mot qui nous accueille dans l’album : « Aux douze de Charlie, nos seuls apôtres ».

Pennac – Cestac © Dargaud – 2015
Pennac – Cestac © Dargaud – 2015

Ce jour-là, Daniel Pennac a donné rencart à Florence Cestac sur les coups de midi. C’est l’occasion de partager un repas à la bonne franquette dans un restaurant. Pennac arrive avec sa vieille Dauphine qu’il cajole et une histoire d’amour « exemplaire » qu’il aimerait que Cestac dessine. Pennac est en verve, aidé par le petit Bordeaux que le serveur leur apporté, quant à Cestac, elle a sorti carnet et crayon et pose sur papier les premiers éléments de l’album.

Au détour d’une anecdote, Florence Cestac interroge son complice sur la véracité de certains faits et celui-ci concède qu’il s’autorise parfois quelques libertés dans la manière de placer quelques scènes truculentes qui viennent épicer le récit. Peu à peu, les clients assis non loin du duo d’auteurs y vont de leurs propres remarques, à commencer par le serveur qui ne se prive pour énoncer ses critiques…

Nous voici donc spectateurs de cette rencontre cocasse durant laquelle Daniel Pennac fouille ses souvenirs d’enfance pour raconter avec tendresse et humour sa rencontre avec un couple de sexagénaires. C’est ainsi qu’à l’occasion des vacances qu’il venait passer chez ses grands-parents, Daniel a fait la connaissance de Jean et Germaine, amoureux l’un de l’autre comme au premier jour. Jean est issu d’une famille aristocratique tandis que Germaine n’était que simple couturière. Jean tomba amoureux au moment même où il vit Germaine pour la première fois. Il sera répudié par sa famille pour avoir épousé Germaine. Ils vont donc vivre de bric et de broc pendant un temps avant de trouver de quoi subvenir à leurs besoins mais en veillent particulièrement au fait de pouvoir lire et « faire catleya » [en référence à Proust] quand bon leur chante.

A l’instar du couple de Jean et Germaine, le duo d’auteurs ne mâche pas ses mots et ne s’encombre d’aucun tabou. Un vocabulaire châtié et populaire accompagne notre lecture et les choses sont abordées avec simplicité et spontanéité. Le choix de faire partager au lecteur toutes les interactions entre scénariste et dessinateur amuse ; quand on sait le temps qu’un artiste peut passer sur la réalisation d’un album, l’idée de voir celui-ci prendre forme en temps réel ET en moins d’une journée accroit le caractère drolatique de l’histoire

PictoOKLe lecteur ne mâche pas son plaisir à découvrir cet album qui s’aide de la grande complicité liant Daniel Pennac et Florence Cestac. Le scénario enjoué a du panache et la bonne humeur est présente de bout en bout. Une alternance entre le passé des souvenirs de Pennac et le présent où il fascine un auditoire de plus en plus important dans la salle d’un restaurant, le récit dispose de multiples respirations bien que la narration ne souffre aucun temps mort. Bel exercice de style !

La chronique de Violette et l’interview de Daniel Pennac (Le Figaro).

la-bd-de-la-semaine-150x150Une « BD de la semaine » qui se partage aujourd’hui chez Stephie.

Un amour exemplaire

One shot

Editeur : Dargaud

Dessinateur : Florence CESTAC

Scénariste : Daniel PENNAC

Dépôt légal : avril 2015

ISBN : 978-2205-07332-4

Bulles bulles bulles…

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Un amour exemplaire – Pennac – Cestac © Dargaud – 2015

La Maison Close (Collectif d’auteurs)

La Maison Close
Collectif d’auteurs © Guy Delcourt Productions – 2010

Mettez trente auteurs ensemble et faites-les travailler sur un projet artistique qui n’a, comme seules contraintes, celle de faire évoluer leurs personnages dans le décor d’une maison close dessinée par Ruppert et Mulot.

Secouez bien fort et laissez leur ensuite donner libre court à leur imagination…

Impulsé et encadré par Florent Ruppert & Jérome Mulot, le projet de réaliser une maison close virtuelle s’est concrétisé en 2010 avec la publication de cet ouvrage dans l’excellente collection Shampooing de Delcourt.

Une fine équipe s’est constituée et compte dans ses rangs quelques auteurs savoureux. D’un point de vue graphique, excepté la partie des décors assez uniforme et suffisamment discrète pour offrir un terrain de jeux idéal aux intervenants, se côtoient les styles hétéroclites ; chaque auteur utilise sa touche personnelle pour se mettre en scène.

Cela crée quelques forts contrastes entre un Guy Delisle tel que nous le connaissons dans ses BD reportages et Nadja dont le personnage (un ours dessiné au feutre et grisé à la peinture) ressort fortement sur ces aplats à forte dominance de blanc. Sans réelle difficulté on situe immédiatement Lewis Trondheim avec sa gueule d’oiseau déjà vue dans OuBaPo Oupus ou dans Les petits riens de Lewis Trondheim (récit autobiographique).

Trondheim

Pour le reste : Anouk Ricard, François Ayroles, Boulet, Charles Berberian, Aude Picault, Emile Bravo, Hélène Bruller, Fanny Dalle-Rive, Florence Cestac, Lucie Durbiano, Caroline Sury, Tom Gauld, Patrice Killoffer, Sébastien Lumineau, Peggy Adam, Anna Sommer, Olivier Schrauwen, Catherine Meurisse, Lisa Mandel, Pauline Martin, Morgan Navarro, Christian Aubrun, Zep, François Olislaeger, Frederik Peeters, Frantico.

auteurs Maison Close

Lecture du mois de mai pour kbd

PictoOKOriginal, cocasse et le traitement du sujet est réellement intéressant. Les auteurs se mettent en scène et illustrent leurs fantasmes de façon tout à fait spontanée. Qui a dit que parler de sexe devait se faire obligatoirement de manière grossière et sirupeuse ? Allez !! c’est amusant et cela permet de découvrir les petits travers de nos auteurs préférés.

La maison close

One Shot

Editeur : Delcourt

Collection : Shampooing

Dessinateurs / Scénaristes : collectif (voir détails plus haut dans l’article)

Dépôt légal : janvier 2010

ISBN : 978-2-7560-2134-8

Bulles bulles bulles…

Quatrième de couverture : « La Maison Close est un travail collectif organisé et initié par Ruppert & Mulot. Répondant à une invitation de Dupuy & Berbérian qui furent les présidents du festival d’Angoulême en 2009, La Maison Close fut d’abord montrée sur le site internet du festival en parallèle d’une exposition à la CIBDI. Un mode d’emploi en ligne, à l’intention des auteurs participants, comprenant notamment une visite guidée de la maison close, fut créé pour l’occasion. Cette visite guidée ainsi que le salon de thé de la maison close sont disponibles à cette adresse :

http://www.succursale.org/visiteguidee/

Cette visite vous permettra de découvrir les différents décors et, ça et là, en cliquant sur les personnages, vous pourrez accéder à quelques unes des scènes de l’album.

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La Maison close – Collectif d’auteurs © Guy Delcourt Productions – 2010

Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps (Teulé & Cestac)

Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps
Teulé – Cestac © Dargaud – 2009

Tout commence en 1957.

On est parachuté directement dans l’annonce de la mise sur le marché du vaccin contre la polio.

Seulement voilà, pour la famille Ninduab, ça arrive un peu tard. Leur fils unique, Jean-Charles, l’a contracté trois mois plus tôt. Dès lors, lorsqu’il y a des invités chez ses parents, Jean-Charles passe la soirée sous la table, caché des regards. Les railleries à l’école, les coups de pas-de-bol, les préjugés parentaux… vont faire son quotidien.

Vers 20 ans, il décide de dire merde à tout ça et de s’orienter vers ce qu’il a toujours voulu faire : de la BD.

Parcours en détails…

Rhôôô, pourquoi je n’ai pas acheté cette BD avant ???

Quoi qu’il en soit, on parcourt la vie de Charlie Schlingo, dessinateur et scénariste qui n’est plus à présenter.
Ambiances en noir et blanc. 98 pages de délires, Charlie qui saute du coq à l’âne, Charlie triste à en crever, Charlie complètement déjanté.

On revisite son parcours. La rencontre avec Wolinski et Choron, là où tout a commencé. Une vie de dingue très bien mise en relief par un scénario complètement loufoque de Teulé. On y croise Teulé et Cestac, forcément, mais aussi Franck et Golo, Rosse, Robial, Dionnet, et j’en passe. De même, on lit son passage à Charlie Mensuel, Métal Hurlant, Futuro… Son alcoolisme, sa dépendance…

Des dialogues truculents, un rythme soutenu…

PictoOKFranchement ?? c’est fendard.

BD très très très sympa et le plaisir de côtoyer le temps d’un album le quotidien d’un Grand Monsieur qui nous a quitté il y a 4 ans déjà.

Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps

One Shot

Éditeur : Dargaud

Dessinateur : Florence CESTAC

Scénariste : Jean TEULE

Dépôt légal : février 2009

ISBN : 9782205061741

Bulles bulles bulles…

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Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps – Teulé – Cestac © Dargaud – 2009