La Revue Dessinée, numéro 2 (Collectif)

numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014
numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014

Second numéro de La Revue dessinée, une initiative que l’on doit à cinq auteurs et un journaliste (Franck Bourgeron, Sylvain Ricard, Olivier Jouvray, Kris, Virginie Ollagnier et David Servenay). Grâce à leur impulsion, d’autres artistes se sont mobilisés sous ce leitmotiv :

« Parce qu’ils constatent la paupérisation des auteurs de bande dessinée, ils décident que La Revue Dessinée permettra aux auteurs de prépublier leurs travaux, avant de les proposer aux éditeurs classiques. Il faut le dire, les cofondateurs sont d’abord des créateurs qui veulent redonner de la valeur à leur métier ».

J’avais déjà partagé avec vous mon engouement pour le premier numéro de LRD. Mécontente de la manière que j’avais employée pour vous transmettre la richesse de ce magazine, je récidive et vous présente aujourd’hui le second numéro que vous pouvez trouver dans toutes les bonnes librairies depuis le mois de décembre (ou sur tablette puisque LRD sort simultanément en version papier et en version numérique). Chaque trimestre, le lecteur a ainsi l’opportunité d’accéder à une douzaine de reportages et de documentaires qui s’intéressent aux différents sujets d’actualité. Ils sont réalisés par des duos d’auteurs improbables composés de journalistes et d’auteurs BD ; pour exemple, dans ce numéro ont collaboré David Servenay & Alain Kokor, Jean-Marc Manach & Nicoby ou encore Sylvain Lapoix & Daniel Blancou. Tous se sont rassemblés pour enrichir davantage encore les travaux déjà édités dans le domaine de la BD reportage. Certains reportages s’étalent sur plusieurs numéros, à l’instar du travail réalisé par Marion Montaigne au Zoo du Jardin des Plantes ou celui de Sylvain Lapoix sur les gaz de schiste.

Les reportages et les documentaires

numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014
numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014

Un VRP en guerre (David Servenay & Alain Kokor) revient sur le parcours atypique de Jacques Monsieur aujourd’hui âgé de 59 ans. David Servenay s’intéresse à ce célèbre trafiquant d’armes belge depuis plus de dix ans et avait eu l’occasion de l’interviewer en 2004. A l’occasion de la publication de ce reportage, le scénariste explique : « j’ai donc remis de nombreux éléments à Alain Kokor, qui a donné une interprétation aussi libre qu’imaginative du parcours du trafiquant d’armes, tout en respectant à la lettre le ʽʽfactuelʼʼ de ce destin hors norme ». En plus de l’intérêt que l’on accorde aux dires des auteurs durant la lecture, le résultat est plaisant à voir. Baignant dans les ambiances de Kokor, on navigue dans un récit intemporel où la réalité fait bon ménage avec les métaphores visuelles. Les propos sont cinglants du fait que le cynisme du personnage envahit le moindre recoin de page. Un homme sans scrupule qui joue avec des vies humaines comme il jouerait aux billes. Un reportage sur un homme amoral dont le business impacte fortement les marchés pétroliers… et fait donc la pluie et le beau temps sur les forces politiques internationales.

« Achat. Vente. De loin, cela ressemble à n’importe quel deal. Comme la guerre sur le terrain ressemble à n’importe quelle autre guerre ».

numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014
numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014

Dans les pas des soigneurs, la suite et fin du reportage de Marion Montaigne au Zoo du Jardin des Plantes. L’auteure s’intéresse cette fois au personnel du zoo. J’avais apprécié le ton décalé que Marion Montaigne utilise dans le premier volet de son reportage. Pourtant ici, j’ai survolé la lecture d’un œil distrait, lui trouvant des longueurs malgré la brièveté du documentaire (une quinzaine de pages). C’est de loin la contribution que j’ai le moins apprécié dans ce deuxième numéro.

numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014
numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014

Les écoutes made in France – Amesys en Libye (Jean-Marc Manach & Nicoby). En 2010, Jean-Marc Manach reçoit un message anonyme d’une « gorge profonde » (nom utilisé par les journalistes pour désigner leur informateur. D’abord sceptique, Manach décide cependant de vérifier cette information qui « indique que Bull ne fait pas que protéger la vie privée, mais qu’elle aurait aussi vendu un système de surveillance de l’Internet à Kadhafi ». Ses recherches l’amènent à enquêter sur AMESYS, une P.M.E. rachetée par Bull en 2010 ; Amesys aurait créé un système de surveillance massive d’internet (appelé « Eagle ») à la demande du gouvernement libyen. C’est finalement grâce au Printemps arabe (voir également l’ouvrage de Pierre Filiu et Cyrille Pomès sur ce mouvement) qui va impacter la Libye en février 2011, qu’il va pouvoir accéder aux éléments qui lui manquaient et faire aboutir son investigation.

« Eagle, c’est un peu comme Google. Tu entres le nom de celui que tu veux surveiller et il te ressort la liste de tout ce qu’il a fait sur le Net, des gens avec qui il était en contact avec la liste des mails et fichiers qu’ils ont échangés. Tu peux aussi entrer un mot-clé et avoir la liste de tous ceux qui l’ont recherché dans Google ou écrit dans leur mail ».

Un reportage consistant parfaitement illustré par Nicoby. Une dérive numérique effarante tant la facilité avec laquelle s’utilise l’application de surveillance est enfantine. Des sous-entendus sont également présents, comme le fait que la Libye aurait été « un laboratoire d’expérimentation » pour les équipes d’Amesys soucieuse de tester leur produit… sous-entendant de fait que d’autres états ont également payé pour se procurer ce produit…

Pour aller plus loin, le site de Jean-Marc Manach et son blog, ainsi que la présentation du reportage sur le site de La Revue dessinée.

numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014
numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014

Opération lobbying, seconde partie du reportage sur les gaz de schiste (Sylvain Lapoix & Daniel Blancou). Les méandres de l’Administration (Ministère, Préfectures, Mairies… tous les échelons organisationnels sont concernés) mais aussi compagnies pétrolières. Le journaliste prend le temps de revenir sur chaque terme : fracturation hydraulique, pollution des nappes phréatiques, énergies extrêmes…

Gros gros travail d’investigation qui nous est livré ici. Extrêmement documenté, extrêmement argumenté. Le travail de Daniel Blancou m’a légèrement fait pensé à celui de Philippe Squarzoni sur l’utilisation de visuels issus de l’imagerie collective, un choix qui appuie parfaitement le propos de Sylvain Lapoix. La dernière partie de ce reportage se penchera sur « la dimension géopolitique de cette nouvelle industrie », propos extraits du dossier thématique figurant à la fin du reportage. Ce dossier thématique nous apprend aussi que les trois volets de ce reportage consacré aux gaz de schiste feront prochainement l’objet d’un album à paraître aux Editions Futuropolis. Un régal… pour ceux qui n’ont pas encore lu les deux premiers numéros de la Revue dessinée, je vous recommande vivement l’achat de cet album à venir 😉

numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014
numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014

Les plaies de Fukushima, un reportage sur le nucléaire réalisé par Emmanuel Lepage. Il fait le point trois ans après la catastrophe. Trois ans ! 11 mars 2011 ! Déjà !!

« Le dessinateur Emmanuel Lepage s’est rendu sur place en novembre 2012. Il a obtenu le droit de pénétrer dans la zone d’exclusion et raconte dans ce reportage la désolation et la détresse de cette terre sinistrée pour une durée impossible à estimer » (extrait du texte de présentation du reportage).

Frappé par les images d’une réalité difficile à accepter, happé par les souvenirs de Tchernobyl, fort du recul et de la connaissance qu’il a de sa première expérience… le regard de l’auteur est juste, rempli d’émotions, il mesure parfaitement la gravité des constats qu’il fait et nous permet d’en prendre pleinement la mesure…

« Mon dosimètre indique un chiffre supérieur à celui observé au pied de la Centrale de Tchernobyl »

Il accueille le témoignage de locaux, à l’instar de celui de Monsieur Shigihara, propriétaire d’une maison située à deux pas de la centrale. Ce qu’il livre est édifiant : il parle du tremblement de terre, plus long qu’à l’accoutumée, il parle de ses petites filles qui étaient chez lui au moment de la catastrophe, il parle des démarches qu’il a faites pour se renseigner après avoir appris qu’il y avait eu un incident à la Centrale et « Je suis allé demandé des informations aux autorités. On m’a garanti qu’il n’y avait rien à craindre. Je suis allé interroger ces hommes en combinaison blanche. Ils nous confirment que les taux n’étaient pas dangereux pour notre santé. J’ai gardé mes petites-filles à la maison. Je faisais confiance aux hommes en blanc, au professeur Takamura qui était venu nous voir au Gouvernement, à Tepco. Ma peau a pelé. Le 22 juin, on nous a dit de partir. Trois mois plus tard. (…) On nous a menti ». Il s’arrête aussi sur l’incertitude dans laquelle on le maintient : conséquence sur sa santé et celle de ses petites-filles, possibilité de revenir un jour habiter dans sa maison…

Des morts forts, des mots honteux… comment ne pas être indignés par l’irrespect flagrant dont témoigne le gouvernement japonais dans la gestion de cette crise. Une gestion médiocre… jugez-en

« Tout semble neuf ici. Neuf et abandonné. Ce ne sont pas encore des ruines. Ca n’en est que plus troublant. Seule la maison de retraite est restée ouverte. Les autorités ont estimé que la contamination aurait peu d’effets chez les personnes déjà âgées… et qu’il n’était donc pas nécessaire de les déplacer ».

La couleur ici n’apparait pas ou timidement. Elle n’a pas sa place comme elle pouvait l’avoir, à juste titre, dans Un Printemps à Tchernobyl. « Paysage de désastre où tout n’est plus que camaïeu de bruns, d’ocres et de sépias »…

Les rubriques

Le Binôme propose de courtes chroniques économiques et met en scène Mister Eco, un personnage qui vulgarise les grands concepts économiques ; Le binôme se penche cette fois sur l’américain Robert Barro, un économiste libéral,

James et sa leçon de sémantique,

Hervé Bourhis & Adrien Ménielle s’associent pour alimenter la rubrique Informatique ; il s’agit cette fois de visiter l’histoire des jeux vidéo,

Olivier Jouvray & Maëlle Schaller alimentent quant à eux le registre anticipatif sur la place que pourraient prendre, dans un avenir plus ou moins proche, nos petits gadgets modernes en apparence anodins ; une rubrique cynique, hilarante… et un peu flippante tout de même,

Arnaud Le Gouëfflec & Marion Mousse nous embarquent dans une nouvelle chronique musicale qui présente cette fois le jamaïcain Lee Perry,

David Vandermeulen & Daniel Casanave ferment ce second numéro de LRD sur une chronique de culture générale qui brosse le portrait de Thalès de Milet

Et toujours des bonus

Outre les publications exclusives publiées sur le site, chaque reportage donne la possibilité de scanner un code QR pour accéder à des contenus complémentaires. Enfin, les documentaires et témoignages s’achèvent sur un mini-dossier thématique regroupant les informations importantes de manière concise, renvoient vers une bibliographie qui explore la thématique et qui est toujours très riche en informations.

Pour les derniers sceptiques qui hésitent encore (je me rappelle les commentaires déposés suite à mon article de présentation du numéro 1 de LRD) :

  • 15 euros certes MAIS :
  • Des reportages / documentaires / chroniques de qualité
  • 226 pages
  • Des auteurs talentueux qui maitrisent leur sujet
  • Pas un gramme de publicité

PictoOKPictoOKJe vous recommande cette revue. Faites l’essai, achetez un numéro. Jugez sur pied et abonnez-vous 😀

Du côté des Challenges :

Petit Bac 2014 / Objet : revue

La Revue dessinée

Revue trimestrielle réalisée par un Collectif d’auteurs

Numéro 2 : hiver 2013-2014

Dépôt légal : décembre 2013

ISBN : 978-2-7548-1072-2

226 pages – 15 euros

Site de La Revue dessinée

Bulles bulles bulles…

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La Revue dessinée, numéro 2 – Collectif – Hiver 2013-2014

Le Canon graphique, volume 2 : d’Orgueil et préjugés aux Fleurs du Mal (Kick & Collectif)

Kick – Collectif © Télémaque – 2013
Kick – Collectif © Télémaque – 2013

Le projet du Canon graphique est né de la volonté de Kick Russ de rassembler dans une immense anthologie les adaptations graphiques d’œuvres littéraires, tous styles confondus (théâtre, essais, poésie, fiction…). Cette envie est née du constat que de nombreux classiques de la littérature mondiale disposaient d’adaptations graphiques et qu’il serait intéressant de les réunir. Russ Kick s’attela donc à ce fastidieux travail de recensement. Alors que le projet avançait, Russ Kick et son éditeur en sont venus au constat suivant : si certaines œuvres littéraires profitent de plusieurs adaptations d’autres, en revanche, n’ont jamais été revisitées malgré leur intérêt. Le Canon graphique pourrait combler ces lacunes et rassembler à la fois des adaptations existantes et des adaptations créées à l’occasion de ce projet éditorial :

… ces œuvres livrent de fantastiques enquêtes sur des questions universelles, empaquetées dans une écriture merveilleuse et peuplées de personnages incroyables. Il n’est donc pas étonnant qu’elles servent de point de départ à tant de travaux dans le domaine des arts. J’étais très curieux de voir ce qui se passerait en demandant à quelques-uns des meilleurs artistes actuels de jouer avec les canons de la littérature, de les interpréter et de travailler dessus

(Russ Kick).

Après un premier volume qui donnait un bon aperçu de la littérature produite jusqu’au XVIIIe siècle, ce second volume du Canon graphique se consacre aux œuvres littéraires du XIXe siècle. L’ouvrage s’ouvre sur une superbe exploration de Kubla Khan, un poème de Samuel Taylor Coleridge, réalisée par Alice Duke. Le trait est léché et descriptif. Ce travail nous plonge dans un univers fascinant où le lecteur est d’abord accueilli par des paysages apaisants. Peu à peu, une porte s’entrouvre et la quiétude laisse place à l’inquiétude.

Il serait dommage de ne pas parler d’autre passages comme :

  • l’adaptation d’un extrait d’Orgueil et préjugés (Jane Austen) par Huxley King &Terrence Boyce dont vous pouvez voir et écouter un extrait sur Youtube. La commande faite par Russ Kirk à Huxley King a été une occasion, pour cette artiste, de travailler sur un personnage qu’elle affectionne tout particulièrement. Le résultat est agréable puisque les auteurs (Boyce et King) ont su trouver un moyen de soulager les illustrations de textes que l’on aurait imaginés très lourds, voire écrasant les dessins ; en effet, les éléments descriptifs sont très présents dans l’écriture de J. Austen. En revanche, je suis malgré tout restée assez extérieure à cet univers, j’aurais imaginé un intérieur plus cossu et une atmosphère plus capiteuse.
  • A voir aussi, la surprenante exploration de Salammbô (Flaubert) faite par Philippe Druillet.
  • A contempler et à méditer : le travail d’adaptation réalisé sur Frankenstein (Mary Shelley). La créature nous apparait sous l’œil bienveillant de Jason Cobley et Declan Shalvey. L’extrait contenu dans Le Canon graphique est issu d’un roman graphique (adaptation du roman de Mary Shelley) réalisé par Jason Cobley. Nous ne sommes donc pas en présence d’un travail réalisé dans le cadre d’une commande éditoriale mais bel et bien dans la démarche initiale que Russ Kick avait de construire une anthologie des adaptations existantes. Cela se ressent fortement, on perçoit que le personnage de Frankenstein a été investi au-delà de l’adaptation du passage que nous découvrons. On redécouvre également Frankenstein tel que Mary Shelley l’a créé : un individu intelligent et solitaire, qui souffre d’être rejeté par tous.
  • Enfin, on retrouve également cette fidélité à l’égard du récit original dans le travail que S. Clay Wilson a réalisé sur Blanche-Neige. Il n’est ici pas question d’adaptation mais d’illustration du texte initial des frères Grimm. En préambule, Russ Kick précise : «… ces prétendus contes de fées qui fourmillent, dans leur version originale, de violence, de cruauté, de démembrements, de morts horribles, de perversions et d’absurdité (…) » ; Le Canon graphique m’a donné l’occasion de découvrir sa vraie morale et donc de percevoir ce conte autrement.

Notons aussi que chaque adaptation présente dans le Canon graphique est introduite par Russ Kick. Ce dernier prend le temps d’analyser l’œuvre littéraire : la manière dont elle s’inscrit dans le parcours de son auteur, une courte présentation de l’intrigue et l’accueil que lui a réservé critiques et lectorat. Puis, Russ Kick réalise une courte biographie de l’artiste qui a réalisé l’adaptation que nous allons découvrir. Que ce soit par le biais d’une anecdote ou d’une volonté plus marquée chez l’artiste de travailler sur un passage précis d’une œuvre littéraire, Russ Kick exploite le moindre élément pertinent et ludique pour construire ses avant-propos. Ces préambules constituent le fil rouge du Canon graphique puisqu’ils donnent de la cohésion à l’ensemble. Ce sont aussi de parfaites transitions entre les différentes nouvelles, des temps de lecture didactiques et intéressants qui permettent au lecteur de se préparer à ce qu’il va découvrir. Ainsi, concernant le travail réalisé sur Kubla Khan, on apprend qu’Alice Duke était « à la fois fiévreuse et souffrante en réalisant cette adaptation, ce demi-délire étant sans doute le meilleur état d’esprit dans lequel se trouver pour s’atteler à cette tâche ». Mais l’avant-propos qui m’a réellement passionné étant celui qui introduit l’adaptation d’Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll) réalisée par Dame Darcy.

Seul grief à l’égard de ce second volume : l’absence de Zola !

Kick – Collectif © Télémaque – 2013
Kick – Collectif © Télémaque – 2013

PictoOKEn somme, ce volume m’a fait revisiter avec plaisir beaucoup de grands classiques de la littérature. Mais il m’a également permis de découvrir certaines œuvres que je ne connaissais pas : Les Six qui viennent à bout de tout des frères Grimm ou L’immortel mortel de Mary Shelley. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire cet ouvrage, plus que je n’en avais eu en lisant le premier volume, question d’affinité littéraire certainement puisque je suis assez friande de la littérature du XIXe siècle.

Quoiqu’il en soit, chaque lecteur peut s’approprier cette anthologie comme bon lui semble : à lire d’une traite ou par petites touches, au rythme d’une adaptation par jour, ce recueil est une invitation à la lecture des grands classiques.

Le site du Canon graphique.

Une lecture que je partage avec Mango pour les BD du mercredi. Découvrez les albums partagés aujourd’hui par les autres participants en cliquant sur ce logo :

Logo BD Mango Noir

Extrait :

« Je fais une pause ici dans mon histoire… Je ne la continuerai pas plus loin. Un marin sans gouvernail ni boussole jeté au milieu d’une mer déchaînée, un voyageur perdu dans une lande immense sans point de repère ni borne pour le guider, tel a été mon sort : plus perdu, plus désespéré que chacun d’eux, puisqu’un navire à l’approche, le reflet d’une maison au loin, peuvent les sauver ; mais moi, je n’ai aucune balise hormis l’espoir de la mort » (L’immortel mortel de Mary Shelley adapté par Lance Tooks).

Du côté les challenges :

Petit Bac 2013 / Sentiment : orgueil

Petit Bac 2013
Petit Bac 2013

Le Canon graphique

– D’Orgueil de préjugés aux Fleurs du mal –

Volume 2

Anthologie en trois tomes

Editeur : Télémaque

Directeur de publication : Russ KICK

Auteurs / Illustrateurs : Collectif

Dépôt légal : novembre 2013

ISBN : 978-2-7533-0186-3

Bulles bulles bulles…

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Le Canon graphique, volume 2 – Kick – Collectif © Télémaque – 2013

La Revue Dessinée, numéro 1 (Collectif)

La Revue Dessinée, numéro 1 (automne 2013)
La Revue Dessinée, numéro 1 (automne 2013)

J’ai entendu parler de ce projet depuis bientôt un an. Mais c’est à l’automne 2011 que les choses ont commencé à prendre tournure. A cette époque, Franck Bourgeron contacte quelques auteurs pour leur proposer l’idée d’une revue :

Parce qu’ils constatent la paupérisation des auteurs de bande dessinée, ils décident que La Revue Dessinée permettra aux auteurs de prépublier leurs travaux, avant de les proposer aux éditeurs classiques. Il faut le dire, les cofondateurs sont d’abord des créateurs qui veulent redonner de la valeur à leur métier

(source : site de La Revue Dessinée)

L’équipe se constitue autour de six personnes : Franck Bourgeron, Olivier Jouvray, David Servenay, Sylvain Ricard, Virginie Ollagnier et Kris.

Début 2013 marque la seconde étape : la présentation officielle de La Revue Dessinée (LRD), la soirée arrosée lors du FIBD, l’appel aux financements ouvert sur Ulule, l’ouverture du site de LRD

Septembre 2013 : sortie du premier numéro de cette revue trimestrielle accessible en numérique et en version papier. Chaque trimestre proposera son lot de reportages, à l’instar de ce numéro de 228 pages qui regroupe :

… Reportages…

Côté reportages, j’ai notamment apprécié le reportage de Christian Cailleaux qui nous emmène explorer les mers australes. Ce voyage s’est déroulé en avril 2013. Une expérience d’un mois à bord de la frégate Floréal. En compagnie de l’équipage de l’Armée française, il partage cette mission de ravitaillement des équipes scientifiques installées sur les îles de l’hémisphère sud : Crozet, Kerguelen, Heard, McDonald, Saint-Paul-et-Amsterdam. Il relate sa rencontre avec ces marins peu ordinaires, militaires de carrière ou engagés volontaires dont la vie est conditionnée par les différentes affectations qu’on leur attribue. On partage leur quotidien, leur inquiétude, leurs ambitions.

A chaque départ d’escale, il y a une sorte d’enthousiasme de course vers le large. On veut libérer les chevaux et on oublie quelques règles de prudence.

Outre cette mission de ravitaillement, ils ont aussi une mission de surveillance des eaux territoriales françaises (faire respecter les lois en matière de réglementation de la pêche par exemple). Cette mission sera finalement écourtée puisqu’en court de route, ils devront secourir un jeune scientifique dont le pronostic vital est engagé suite à la chute accidentelle qu’il a faite ; l’équipe devra le rapatrier en urgence vers les services hospitaliers de La Réunion. Les lecteurs qui ont lu Voyage aux îles de la Désolation feront certainement le parallèle entre les deux récits pourtant ces deux expériences sont aussi différentes que complémentaires.

Deux autres reportages sont également présents dans ce numéro un : le premier est réalisé par Jean-Philippe Stassen (Le bar du vieux français, L’île au trésor, Déogratias…) et relate la manière dont la campagne électorale de Joseph Kabila est perçue par la diaspora congolaise de Matonge (quartier de Bruxelles). Quant au second, il nous emmène visiter le Zoo du Jardin des Plantes à Paris. Un reportage en deux parties (la seconde partie sera publiée dans le numéro deux) réalisé par Marion Montaigne.

Après chaque reportage, un court dossier thématique revient sur les informations-clé du sujet : dates à retenir, statistiques, interview…

… Enquêtes…

Egalement bien représentées. Ce tome de lancement nous emmène aux côté des agriculteurs du Nord-Pas-De-Calais. Une rencontre avec un jeune agriculteur qui souhaite s’installer à son compte. Pour se faire, il recherche un fermage mais se heurte au problème de l’arrière fumure, « cette pratique s’est largement généralisée mais équivaut à réclamer un « droit » à exploiter une terre, ce qui est interdit par le Code Rural ». Ces pots-de-vin sont un réel frein à l’installation des jeunes agriculteurs qui n’ont pas d’apport financier et/ou la possibilité de racheter des terres d’un proche (famille) agriculteur. Il y a un gros travail de recherches documentaires qui a été réalisé par le trio d’auteurs Manon Rescan, Damien Brunon et Sébastien Vassant.

La seconde enquête, proposée par Sylvain Lapoix et Daniel Blancou, s’intéresse au gaz de schiste. Le premier volet de l’enquête (les deux autres volets seront publiés dans les prochains numéros) explique comment l’homme a découvert ces gaz et « met en lumière les origines de l’épopée dans laquelle se sont lancées outre-Atlantique, (…) les grandes entreprises du secteur énergétique ». Le scénario est dense, le contenu est assez didactique.

Comme pour les reportages, les enquêtes sont complétées d’un court dossier thématique (d’un page) regroupant les informations essentielles à détenir et renvoie à une bibliographie pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet. J’ai eu un peu plus de mal avec ce type de travaux. C’est long, didactique et le rythme de lecture s’en ressent…

… Documentaires…

Un documentaire qui est, pour ce premier numéro, réalisé par Olivier Bras & Jorge Gonzãlez et raconte la chute du président chilien Salvador Allende. Superbe.

… Chroniques…

Enfin, des interludes plus ludiques sont insérées entre chaque dossier thématique : ce sont de courtes chroniques, souvent humoristiques, qui traitent des sujets aussi variés que l’informatique, la sémantique, l’économie, le sport. Ces rubriques nous permettront de retrouver chaque trimestre des auteurs comme Olivier Jouvray & Maëlle Schaller (chronique d’anticipation), Le Binôme (chronique économie), James (pour une leçon de sémantique), Hervé Bourhis & Adrien Ménielle (chronique informatique), Arnaud Le Gouëfflec & Nicolas Moog (chronique musicale)…

Entre chaque numéro, le site de LRD propose des contenus exclusifs qui prolongent la lecture de chaque parution et permet aussi de patienter. Prochain rendez-vous en décembre avec la suite des reportages de Marion Montaigne et de Sylvain Lapoix. Sont déjà annoncés les reportages d’Emmanuel Lepage (à Fukushima), Jean-Marc Manach & Nicoby (en Libye) et un duo que j’attends puisqu’il réunit David Servenay et Kokor (sur les marchands d’armes).

Quoi qu’il en soit, les amateurs de BD-reportages devraient apprécier. Un bon moyen de se sensibiliser à certains sujets d’actualité et de découvrir des auteurs.

La Revue dessinée sur Internet c’est un site, un blog, une page Facebook

Les articles sur LRD : 20minutes, France Inter, Blog picard.

La Revue dessinée

Revue trimestrielle réalisée par un collectif d’auteurs

Numéro 1 : automne 2013

Dépôt légal : septembre 2013

ISBN : 978-2-7548-1014-2

228 pages – 15 euros

Bulles bulles bulles…

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La Revue Dessinée, numéro 1 (Automne 2013)

Polar story, des histoires de polar (Collectif Fugues en Bulles)

Collectif Fugues en bulles © Fugues en bulles - 2010
Collectif Fugues en bulles © Fugues en bulles – 2010

« Du bon, du vrai, du polar… des histoires noires et glauques aux récits décalés, déroutants, décapants le tout servi avec un zeste de banane, arrosé de béton armé et d’uppercuts intemporels… » peut-on lire sur le site de l’éditeur.

Fugues en bulles a été fondée en 2008 à l’initiative de trois auteurs : Etienne M, Thierry Boulanger et Yann Barrière. En 2010, Etienne M répondait à une interview de BDtheque sur la ligne éditoriale de Fugues en bulles. Je vous invite à la lire, c’est toujours intéressant de savoir comment des auteurs (en mettant leurs moyens en commun) peuvent parvenir à finaliser des projets éditoriaux qui n’auraient pas vus le jour aussi vite s’ils n’avaient forcés un peu les choses.

Quant à moi, ce n’est pas tout à fait un hasard si j’en suis venue à cet album. Rappelez-vous, il y a quelques temps je vous présentais deux albums de Pat Lacan : Tristes utopiques et Brèves insolations (respectivement son premier et son dernier album). Son style mordant m’a accroché. J’ai profité de sa présence au Festival BD de Colomiers (novembre 2012) pour le rencontrer. En parallèle, j’ai fait quelques petits repérages suite à la bibliographie qu’il a publiée sur son blog… Tokyo story et Polar story, deux collectifs édités par Fugues en bulles, ont attiré mon attention. Equipée de Tristes utopiques, j’ai donc pointé le bout de mon nez sur son stand. La rencontre fut belle, à l’instar de l’illustration qu’il a réalisée à cette occasion :

Pat Lacan - Festival BD de Colomiers (novembre 2012)
Pat Lacan – Festival BD de Colomiers (novembre 2012)

Ensuite, j’ai jeté mon dévolu sur Polar story… et puisque ce jour-là, il faisait équipe avec Etienne M (en pleine promotion du second tome de Brezza, édité chez Objectif Mars)…

Pat Lacan & Etienne M - Festival BD de Colomiers (novembre 2012)
Pat Lacan & Etienne M – Festival BD de Colomiers (novembre 2012)

Les Collectifs Fugues en bulles comptent aujourd’hui 6 albums à leur actif. Polar story est le troisième album de la « série ». Ce recueil d’une cinquantaine de pages contient 6 nouvelles de 7 pages chacune. Ce qui fédère ces histoires… c’est donc leur thème ! Les six fictions proposent des postulats de départ éclectiques : un détenu s’apprête à vivre sa première permission, un inspecteur des assurances doit mener une enquête dans une maison de retraite, un livreur de pizza s’improvise détective privé, une vengeance à la banane…

Sept pages, cela semble peu pour camper une ambiance, installer des personnages, rendre une intrigue attrayante et amener le lecteur à un dénouement plausible. Pourtant, ça fonctionne. Certes, c’est court mais on a le temps de plonger dans le récit et de se familiariser avec les personnages. L’occasion aussi de découvrir quelques auteurs dont Nico M qui nous gratifie d’une superbe histoire muette (seule réalisation en noir & blanc proposée dans ce recueil) et Jacques D. Portes dont le trait mérite plus qu’un coup d’œil !! Jacques D. Portes signe ici deux nouvelles… à voir 😉

PictoOKSympathique album qui me conforte dans l’envie de me pencher plus longuement sur les productions de ce collectif d’auteurs. L’album fait partie de la Sélection « BD alternative » 2011 du Festival Angoulême.

Chronique en ligne : Amoureuse des livres.

Polar Story – Des histoires de polar

Collectifs Fugues en Bulles

Recueil de nouvelles

Éditeur : Fugues en Bulles

Dessinateurs : Pat LACAN, Jacques DES PORTES,
Fred MARTIN, Nico M, Etienne M.

Scénaristes : Edouard CHEVAIS-DEIGHTON, Véronique RENARD,
Fred MARTIN, Jacques DES PORTES, Nico M, Olivier TAIEB.

Dépôt légal : juin 2010

ISBN : 978-2-9530438-7-7

Bulles bulles bulles…

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Polar story – Collectif Fugues en bulles © Fugues en bulles – 2010

Le canon graphique, tome 1 : De l’Epopée de Gilgamesh aux Liaisons dangereuses (Collectif)

Le canon graphique #1 : De l’épopée de Gilgamesh aux Liaisons dangereuses
Kick – Collectif © Editions Télémaque – 2012

Russ Kick était libraire (section romans graphiques) lorsqu’il fit le constat que de nombreux auteurs de bandes dessinées avaient adaptés des œuvres littéraires. L’idée lui vient alors de collecter ces réalisations puis de les compiler :

Il me fallait répertorier le meilleur de ce qui avait déjà été fait, commander de nombreuses nouvelles adaptations et assembler le tout. Cela me semblait une évidence, et pourtant personne n’avait encore pensé à créer un immense livre construit brique par brique, qui traversait les siècles, les pays, les langues et les genres et engloberait les romans, les nouvelles, les poèmes, les pièces de théâtre, les autobiographies, les discours et les lettres destinés à une occasion précise, ainsi que les travaux scientifiques, philosophiques et religieux.

Vaste chantier !

Russ Kick entreprit donc la construction d’une anthologie. Initialement prévue en un unique et volumineux tome, le travail de concertation avec l’éditeur (Seven Stories Press) a conclu à la nécessité de scinder en deux puis en trois tomes. Cet ouvrage a été publié en mai dernier aux Etats-Unis… on en profite donc assez rapidement !

Ce premier volume, De l’épopée de Gilgamesh aux Liaisons dangereuses, se consacre à une période qui va de l’Antiquité à la fin du 18ème Siècle. Un recueil de 500 pages qui compile 55 nouvelles très différentes les unes des autres mais toutes de très bonne qualité. Certains auteurs ont souhaité respecter scrupuleusement les œuvres originales, d’autres se sont permis quelques libertés de style.

Le fil conducteur du recueil est la chronologie des œuvres. Nous remontons donc le fil des siècles en passant par L’Iliade, Le livre de la voie et de la liberté de Lao Tseu, L’Apocalypse selon Saint Jean, les échanges épistolaires entre Héloïse et Abélard, La Divine comédie, Don Quichotte… (cliquez sur le visuel ci-dessous pour l’agrandir) :

Il n’y a pas d’unité graphique d’une nouvelle à l’autre. On navigue d’une adaptation en noir et blanc doté d’un trait assez épais à un dessin plus léché et en couleurs. De fait, et compte tenu de la richesse de l’ensemble, on ne ressent pas de lassitude durant la lecture.

Une lecture que je partage avec Mango à l’occasion de ce mercredi BD

Et découvrez les albums présentés par les autres lecteurs !

A venir : le tome 2  De Kubla Khan aux Sœurs Brontë (XIXe siècle ; ouvrage déjà publié aux Etats-Unis), et le tome 3 Plaisanterie infinie (le XXe siècle).

PictoOKUn premier volet très intéressant que je conseille aux amateurs.

Le site de la série et sa page Facebook.

La chronique de PaKa et de Bobd.

Le canon graphique

Tome 1 : De l’épopée de Gilgamesh aux Liaisons dangereuses

Série en cours

Éditeur : Editions Télémaque

Directeur de publication : Russ Kick

Dessinateurs / Scénaristes : COLLECTIF

Dépôt légal : novembre 2012

ISBN : 978-2-7533-0165-8

Bulles bulles bulles…

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Le canon graphique, tome 1 – Kick – Collectif © Editions Télémaque – 2012

Je me souviendrai (Soulman & Collectif)

Je me souviendrai - 2012 : Mouvement social au Québec -
Soulman – Collectif © La Boîte à bulles – 2012

« Printemps 2012. Depuis de longs mois désormais, le Québec est témoin, spectateur, détracteur ou acteur d’une crise sociale qui, quoi qu’il advienne, a d’ores et déjà marqué son histoire, au même titre que les événements d’octobre 1970.

Initialement portée par un mouvement étudiant sans précédent au Canada – la lutte des carrés rouges contre la hausse des frais de scolarité – catalysée par la Journée de la Terre du 22 avril, cette lutte a pris une valeur et une dimension politiques inédites, après l’adoption par le parlement québécois de la loi spéciale 78 destinée à enrayer le mouvement (dénoncée par l’ONU et Amnesty International) puis l’adoption par le parlement fédéral de la loi C-38 officialisant le retrait du pays du Protocole de Kyoto.

Après des mois de manifestations quotidiennes, d’initiatives en tous genres, un collectif artistique est né : Je me souviendrai.

Journalistes, auteurs, illustrateurs, penseurs et musiciens ont répondu à cet appel pour donner une voix emplie d’optimisme et de promesses à ce « printemps québécois », à ces indignés du Nouveau Monde qui se sont levés pour dire non » (présentation officielle).

A l’instar de Gaza – Décembre 2008 – Janvier 2009, cet ouvrage collectif a été réalisé dans l’urgence. Il est destiné à sensibiliser l’opinion publique (internationale) sur ce mouvement social québécois, comprendre ce conflit… et ne pas l’oublier. Parmi les auteurs ayant collaboré, je vous avais déjà présenté sur ce blog quelques ouvrages de Soulman, Jimmy Beaulieu, Johanna, Jérôme D’Aviau, Maximilien Le Roy, Clément Baloup, Laureline Mattiussi. Ce recueil collectif m’a également permis de découvrir d’autres univers artistiques : Fred Jourdain, Jeik Dion, Antoine Corriveau, Geneviève Lafleur-Laplante, Julie Fontaine Ferron, Chloé Germain-Thérien, Gautier Langevin… Mes excuses envers ceux que je n’ai pas cités.

J’avais quelques notions – bien maigres – de ce qui s’est passé au Québec entre février et septembre 2012. En une dizaine de pages, le premier chapitre revient sur les causes de l’émergence du conflit social (décembre 2010-février 2012). Les quatre chapitres suivants s’arrêtent mois par mois, de mars à juin 2012, sur l’enlisement des négociations entre le peuple et le gouvernement, les tentatives de négociations amenant systématiquement le dialogue dans des impasses.

Faits marquants, prises de position, initiatives individuelles ou collectives, Je me souviendrai fait un état des lieux complet des événements. Le rouge qui nous accueille dès le visuel de couverture et indique l’orientation prise par ce recueil. Ainsi, les témoignages qu’il contient marquent leur opposition à la hausse des frais de scolarité (une très forte hausse étalée sur 5 ans) mais le ton n’est pas à l’animosité. Les propos sont argumentés et rappellent sans cesse l’état d’esprit pacifique de ce mouvement social.

En tant que lecteur, on a lieu d’être agacé par la stratégie d’évitement du Gouvernement de Jean Charest. En effet, on ne peut que constater l’obstination des politiques à fuir le débat, à refuser de s’asseoir à la table des négociations et à apporter des réponses stériles. Au fil des pages, on revit les temps forts de ce mouvement comme le vote de la Loi 78, la signification des Carrés rouge / vert / noir / blanc (détails également sur Wiki), l’action menée par les porte-paroles étudiants, les débordements du SPVM (Service de police de la ville de Montréal), …

PictoOKLe résultat est un album patchwork composé de textes, de poèmes, d’illustrations, de BD ou de strips, de photos. Le lecteur n’est pas pris à parti même s’il me semble, à l’évidence, que la lutte engagée par les étudiants québécois me semble relever du bon sens. Une bonne sensibilisation au Printemps Erable.

Rajouter 1625 dollars par an, certains disent que cela ne nuira à personne, mais ceux-là ne réalisent pas que la valeur de l’argent n’est pas la même pour tous.

Une lecture que je partage également avec Mango à l’occasion de ce mercredi BD

Et découvrez les albums présentés par les autres lecteurs !

Pour aller plus loin sur le sujet : http://greve2012.org/ et http://rouge.onf.ca/

Les chroniques : Annabelle Moreau et Fabien Deglise.

« Si nous nous endormons ici, nous rêverons si mal que plus rien ne sera possible » (Réjean Ducharme).

Je me souviendrai

– 2012 : Mouvement social au Québec –

One shot

Éditeur : La Boîte à bulles

Collection : Contre-Cœur

Ouvrage collectif coordonnée par SOULMAN

Dépôt légal : octobre 2012

ISBN : 978-2-84953-160-0

Bulles bulles bulles…

La preview sur Digibidi.

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Je me souviendrai – Soulman – Collectif © La Boîte à bulles – 2012