Le quatrième Mur (Corbeyran & Horne)

Chalandon – Corbeyran – Horne © Marabout – 2016
Chalandon – Corbeyran – Horne © Marabout – 2016

Une représentation de la pièce d’Antigone dans un pays en pleine guerre. C’est le projet fou de Sam, metteur en scène grec. C’est le projet fou qu’il va demander à son ami de porter. La pièce se jouera à Beyrouth. Mais ça, Georges ne le sait pas encore.

La première fois Samuel Akounis apparaît devant Georges, c’est un jour de janvier 1975. Sam s’apprête à faire une intervention dans l’amphithéâtre où Sam suit son cursus universitaire. Sam vient témoigner sur la violente répression du mouvement des étudiants de Polytechnique ; lorsque les chars ont été lancés contre des jeunes gens, faisant une quarantaine de morts et une centaine de blessés. Sam le grec avait plusieurs casquettes : metteur en scène, artiste et résistant.

Georges est impressionné, lui qui milite depuis de nombreuses années de façon aveugle, souvent violente. Il se laisse dépasser par une haine qu’il ne comprend pas. Très vite, les deux hommes sympathisent. Une amitié solide sur laquelle ils pourront compter pour des années. Sam devint ainsi le témoin de Georges puis le parrain de sa fille. Jusqu’au jour où, sur son lit d’hôpital, Sam demande à Georges de lui rendre un service : monter Antigone pour lui avec une trouve cosmopolites de comédiens.

Je t’avais aussi parlé de mon idée de monter la pièce d’Anouilh dans une zone de guerre. Mon projet était d’offrir un rôle à chacun des belligérants. Faire la paix entre cour et jardin…

Georges découvre Beyrouth. Venu pour monter une pièce de théâtre, il découvre la guerre.

Une nouvelle fois, je n’ai pas lu le roman originel qui donne lieu à cette adaptation. Une bonne chose en soi car cela m’évite d’avoir à déplorer des éléments manquants et/ou trop différents de l’idée que j’en avais. Déjà que je dois composer avec les chroniques de Noukette et de Jérôme dont je me souviens très bien…

Qui est donc le réel personnage principal de cette histoire ? Est-ce Georges, qui agit au jour-le-jour et acceptera le service que lui demande son ami ? Est-ce Georges sans qui rien de tout cela ne serait arrivé ? Est-ce finalement Antigone, la pièce de théâtre de Jean Anouilh autour de laquelle se tisse l’intrigue ?

Eric Corbeyran tisse son intrigue avec finesse. Il nous permet dans un premier temps de faire la connaissance des deux principaux protagonistes dans un contexte social tumultueux. Les étudiants sont mobilisés dans un mouvement contestataire des réformes universitaires et Georges, éternel étudiant, éternel adulescent, est en première ligne. Un personnage animé de bons sentiments mais trop fougueux, trop « brouillon » pour mener une lutte constructive. Sam est son double, l’aîné qui a tiré leçons de son expérience, celui qui prend sous son aile et tente – lentement – un travail de fond, appelant au calme et à la raison. Penser, raisonner, prendre du recul pour ne pas foncer tête baissée dans une lutte futile. Identifier la cause du combat, ne pas faire d’amalgames.

Un récit qui propose une réflexion sur la guerre, sur les motifs d’un conflit séculaire. Un heurt entre religions, entre identités. Une légitimité différente qui convainc chacun qu’il est dans son bon droit et que l’autre est un usurpateur. On rentre pleinement dans ce récit. On épouse les convictions des personnages qui appellent à la tolérance, au respect, à l’apaisement. L’intrigue se construit autour d’une utopie : croire que l’Art est capable – le temps d’une heure – de faire taire les animosités, de permettre un havre de paix, un ailleurs qui permet de s’échapper de la réalité.

Antigone est palestinienne et sunnite. Hémon, son fiancé, est un Druze du Chouf. Créon, toi de Thèbes et père d’Hémon, est un maronite de Gemmayzé. Le page et le messager sont chiites. La nourrice est chaldéenne. Et Ismène, la sœur d’Antigone, est arménienne et catholique ! (…) Il avait imaginé les communautés entrant dans ce théâtre d’ombres…

Croire qu’une trêve est possible et qu’un medium possible pour permettre ce dépôt des armes est la scène, l’expression artistique. Croire que les artistes ont cette capacité à faire abstraction du reste et que les badauds, à partir du moment où ils mettent leur costume de spectateur, ont cette même capacité d’abstraction. Les deux camps protégés par le quatrième mur. Un mur invisible que seul les deux personnages principaux sont susceptibles de franchir.

– Le quatrième mur ?
– Celui qui empêche le comédien de baiser avec le public. Cette façade imaginaire que les acteurs construisent en bord de scène pour renforcer l’illusion. Cette muraille qui protège le personnage… Cette clôture invisible qu’ils brisent parfois d’une réplique s’adressant à la salle. Pour certain, c’est un remède contre le trac. Pour d’autre c’est la frontière du réel.

Georges, le metteur en scène est donc le seul, dans cette pièce d’Antigone, à briser le quatrième mur. Mais la métaphore est plus grande car c’est aussi le seul à venir d’un pays en paix, c’est le seul à ne pas connaitre la guerre au quotidien, le seul pour qui la réalité de Beyrouth est un choc… car les autres y sont habitués. Pour lui, il s’agit de trouver sa place dans cette abstraction qu’est la guerre. Pour les autres, il s’agit de passer outre les haines ancestrales. Pour tous, il s’agit de se plonger corps et âme dans le jeu scénique. Pour le lecteur, il s’agit de croire à l’utopie de Sam, croire dans tous les possibles.

L’exercice est facile malgré le fait que mon exemplaire du « Quatrième mur » fait une ellipse de près de vingt pages. Suite à une agaçante erreur lors de l’assemblage des cahiers, j’ai été contrainte de faire un bond de la page 75 à la page 93. Si cet « oubli » n’altère pas la compréhension du récit… cela suffit pour casser le rythme de lecture et devoir se réinstaller dans l’histoire en supposant ce qui s’est passé durant cette vingtaine de pages.

Le dessin de Horne fut une précieuse aide… le dessin de Horne fut comme une seconde peau durant toute la lecture. Le dessin de Horne… cette tuerie ! Il a pourtant quelque chose de bonhomme à première vue. Mais il est si naturel, si vivant que l’on s’y glisse spontanément. On trouve facilement notre place dans chaque scène. On perçoit les variations de tonalités dans la voix des personnages, du chuchotement au cri. On touche du doigt leurs émotions. On se trouble lorsqu’ils doutent. Dans ses dessins, Horne est parvenu à installer une ambiance qui nous est familière. Il campe des gueules, des attitudes, des décors, des liens forts entre les personnages. Il y a quelque chose de très assuré dans l’atmosphère de l’album, une convivialité prononcée dans ce trait assuré qui respecte la pudeur des personnages.

PictoOKReligion, identité, expression artistique, conflit armé, amitié… quelle richesse dans cet album ! Je vous invite à le lire. Quant à moi, j’ai maintenant très envie de lire le roman de Sorj Chalandon.

Une lecture commune que je partage avec Antigone. Je vous invite à lire sa chronique.

la-bd-de-la-semaine-150x150Comme chaque mercredi, je rejoints la « BD de la semaine ». Rendez-vous chez Stephie pour les participations d’aujourd’hui.

Extraits :

« C’est pour ça que je tenais à Sam. Il était mon reste d’évidence. Ni slogans. Ni passage d’un livre. Si mot d’ordre peint sur un mur. Il incarnait notre combat. Son arrivée m’avait redonné du courage. Il était ma résistance. Ma dignité. Dignité ! Le plus beau mot de la langue française » (Le Quatrième mur).

« Il y a des hommes comme ça, au premier regard, au premier contact, quelque chose est scellé. Cela n’a pas encore de nom, pas de raison, pas d’existence. C’est l’instinct qui murmure de marcher dans ses pas » (Le Quatrième mur).

Le Quatrième Mur

One shot
Editeur : Marabout
Collection : Marabulles
Adaptation du roman éponyme de Sorj CHALANDON
Dessinateur : HORNE
Scénariste : Eric CORBEYRAN
Dépôt légal : octobre 2016
136 pages, 17,95 euros, ISBN : 978-2-501-11468-4

Bulles bulles bulles…

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Le Quatrième Mur – Chalandon – Corbeyran – Horne © Marabout – 2016

Chroniks Expresss #7

Ces derniers temps, je me retrouve confrontée à :

  • un manque d’envie de parler de certains titres,
  • un manque de temps…

… reprise de la rubrique Chroniks Expresss pour partager trois déceptions.

Bride stories, tome 1 – Mori © Ki-oon – 2011

Mori © Ki-oon – 2011
Mori © Ki-oon – 2011

« La vie d’Amir, 20 ans, est bouleversée le jour où elle est envoyée dans le clan voisin pour y être mariée. Elle y rencontre Karluk, son futur époux… un garçon de huit ans son cadet ! Autre village, autres mœurs… La jeune fille, chasseuse accomplie, découvre une existence différente, entre l’aïeule acariâtre, une ribambelle d’enfants et Smith, l’explorateur anglais venu étudier leurs traditions. Mais avant même que le jeune couple ait eu le temps de se faire à sa nouvelle vie, le couperet tombe : pour conclure une alliance plus avantageuse avec un puissant voisin, le clan d’Amir décide de récupérer la jeune femme coûte que coûte… » (synopsis éditeur).

Vous avez été nombreux à encenser cette série dont j’appréhendais la lecture. Pourtant, le tome 1 ne s’étale pas réellement sur les émois amoureux d’une héroïne qui a tout pour plaire : jeune et jolie, sportive et intelligente, courageuse et émotive… elle a VRAIMENT tout pour plaire cette gentille jeune fille… un peu trop [gentille] peut-être.

Ce tome est l’occasion de découvrir les traditions et le mode de vie d’une famille installée quelque part en Asie Centrale. Si le trait de Kaoru Mori est raffiné et n’omet aucun détail (je me suis souvent perdue dans la contemplation d’un visuel), j’avoue que cette épopée – annoncée comme un seinen – ne m’a apporté aucune satisfaction. Malheureusement pour moi, j’ai déjà lu quelques chroniques sur les tomes suivants et je suis au courant que la romance amoureuse va prendre de plus en plus de place dans le scénario…

Je vais m’arrêter là puisqu’il m’a déjà fallu cinq semaines pour venir à bout de ce petit manga de 192 pages. L’histoire, loin d’être palpitante, n’a pas grand intérêt… mais j’ai essayé les copains ! 😉 (ah, vous vous disiez que je ne le lirais jamais !!?)

La synthèse de kbd et les chroniques de Jérôme et de Marilyne.

In vino veritas, tome 1 – Corbeyran – Malisan © Glénat – 2013

Corbeyran – Malisan © Glénat – 2013
Corbeyran – Malisan © Glénat – 2013

Une nouvelle saga débute avec ce premier opus de série. Il nous annonce la lutte fratricide entre Lionello et Tessa. Orphelins de père et de mère, ils ont été élevés par leurs grands-parents. Une enfance idyllique passée au milieu des vignes du patriarche qui leur a transmis son amour profond de la terre. Une grand-mère aimante et deux enfants unis pour les meilleurs et pour le pire. Malheureusement, la promesse qu’ils se sont faits enfants n’a pas résisté à l’épreuve du temps. Devenus adultes, ils se vouent une haine de tout instant, une animosité que leurs proches ne parviennent pas à apaiser. Jusqu’au jour où la grand-mère décède. Cette dernière a pris soin de préciser dans son testament que s’ils souhaitent hériter de ses terres, ils devront unir leurs compétences et travailler ensemble…

Il y a à mon goût beaucoup trop de stéréotypes dans la présentation de cette série. Le travail de Luca Malisan parvient, malgré l’aspect assez lisse de son dessin, à créer deux ambiances assez distinctes. C’est propre mais ce type de dessin ne me fait ni chaud ni froid. La superficialité de Lionello nous saute immédiatement aux yeux tandis que Tessa apparait plus franche et spontanée. Bref, tout cela semble cousu de fil blanc ! Je ne m’arrêterais pas sur les couleurs criardes de l’album qui ont été posée à la palette, évitant ainsi toute trace de crayon, de hachure… il n’y a pas de profondeur, l’atmosphère est aseptisée, on ne ressent rien. Quant au scénario, il me semble bien trop classique et très convenu. L’ouvrage m’est tombé des mains avant que je ne parvienne à la fin de l’album.

La chronique de Planete BD.

Ils ont retrouvé la voiture – Gipi © Vertige Graphic & Coconino Press – 2006

Gipi © Vertige Graphic & Coconino Press – 2006
Gipi © Vertige Graphic & Coconino Press – 2006

Cet album est le second tome de la série Baci dalla provincia. Je vous avais présenté le tome 1 (Les Innocents) il y a trois ans. Mon sentiment était mitigé sur ce premier tome mais je souhaitais découvrir la suite du récit. Malheureusement, le voyage n’a pas été à la hauteur de mes attentes bien que l’on plonge très rapidement dans ce thriller.

On découvre deux hommes, deux anciennes racailles dont l’un semble avoir refait sa vie. Suite à la découverte d’une carcasse de voiture, les services de police sont sur le qui-vive, ce qui semble inquiéter l’un des deux hommes. Ils s’engagent dans une expédition punitive visant à effacer les dernières traces de leur délit et ainsi empêcher les forces de l’ordre de remonter jusqu’à eux.

Le lecteur ne tarde pas à donner du sens au titre de l’album. Gipi propose ici un huis-clos assez pesant. On est face à un rapport de force assez primal entre dominant et dominé, le second semblant appréhender les réactions du premier. La tension monte crescendo, elle suggère au lecteur que le dominant peut-être imprévisible, dangereux… On ne saura rien du passé de ces hommes, on devinera seulement qu’ils ont fait équipe à l’occasion d’un braquage ou quelque chose du genre. On devine aussi que le groupe s’est cassé suite à ce délit et que chacun a fait sa vie de son côté.

L’intrigue en elle-même s’étale sur une période très restreinte, une poignée d’heures tout au plus. L’action se déroule principalement dans une voiture. Plusieurs scènes présentent ainsi les deux hommes côte-à-côte, une disposition qui facilite les confidences et limite certaines effusions. J’ai vraiment apprécié la manière dont Gipi utilisait cette configuration pour travailler l’atmosphère.

En début de lecture, je pensais que nous étions face à deux amis qui se retrouvaient après une longue séparation mais les événements nous forcent à revoir constamment notre analyse et l’idée que nous nous faisions des liens qui les unissent.

Malgré tout, ça n’a pas pris. Je suis restée assez extérieure à cette histoire. A ce jour, la série Baci dalla provincia ne comporte que deux tomes.

La chronique de Frédéric Prilleux (Bedepolar).

Du côté des challenges :

Petit Bac 2013 / Aliment-Boisson : vino !

Petit Bac 2013
Petit Bac 2013

Lea ne se souvient pas comment fonctionne l’aspirateur (Corbeyran & Gwangjo)

Lea ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur
Corbeyran – Gwangjo © Dargaud – 2010

Dans son antre de célibataire, un écrivain cherche l’inspiration. Il vit seul, est profondément aigri et taciturne. Il s’est évertué à se pourrir la vie jusque dans les moindres recoins. « Deux divorces (…). Des enfants lointains qui m’adorent en tant que copain et me détestent en tant que père », sa vie privée n’est que rancœur et amertume.

Au niveau professionnel, il se confronte aux mêmes désillusions. Si par le passé il rêvait de gloire et de reconnaissance, il s’est depuis longtemps résigné à l’idée que les projecteurs ne se tourneront jamais vers lui. Endetté, il rumine ses idées stériles. Ignoré des lecteurs, oublié par son éditeur las d’attendre des travaux qui jamais ne viendront, Louis (l’écrivain) n’a plus qu’une seule alternative : se plaindre de cette poisse qui lui colle au corps et épier la vie des autres par la fenêtre.

Lors d’une ses promenades, il découvre au bas de son immeuble, une poubelle éventrée. Les papiers qu’elle contient sont épars sur le sol. Il se met à fouiller ces détritus et découvre un carnet de notes qu’il enfourne dans sa poche avant de partir. Une fois chez lui, il découvre ce qu’il contient : c’est le journal intime de sa voisine, Léa. Elle y raconte son quotidien, entre mélancolie, amour de son mari et cet étrange maladie qui l’affecte : elle ne se rappelle plus comment utiliser ses appareils électro-ménagers. La première réaction de Louis est de mettre de côté ce flot de stupidités mais son imagination se met en branle à tel point que lui revient l’envie d’écrire.

Eric Corbeyran m’avait marqué avec deux récits engagé : Elle ne pleure pas elle chante (réalisé en collaboration avec Thierry Murat ; une adaptation du roman d’Amélie Sarn traitant de la pédophilie) et sa prestation dans En chemin elle rencontre (collectif sur les violences faites aux femmes dans lequel il adaptait un témoignage de Marie Moinard). Cet album me semblait de la même trempe.

Dans cet ouvrage, la violence ne sera que suggérée, d’autant qu’on en prend la mesure dans la seconde partie de l’ouvrage. On passera donc un temps conséquent de lecture à accompagner le personnage principal dans son besoin de voyeurisme. Plus il lit le journal intime de Léa, plus il nourrit une fascination grandissante pour elle. Interpellé par son amnésie ménagère, il va de supposition en supposition et débute même une enquête auprès du voisinage pour récolter autant d’indices qui viendront entretenir l’image de sa « muse ».

Si la manière dont les violences conjugales sont traitées ici est intéressante, c’est peut-être qu’une nouvelle fois l’auteur évite l’écueil du pathos et du jugement de valeur. Son personnage illustre parfaitement la manière dont la société se positionne à l’égard de ce genre d’actes. Croire dans les bobards que les femmes battues déversent pour excuser un hématome ou une rougeur est bien plus facile que de tenter de comprendre la situation. Il me semble également que l’état d’esprit de la victime est juste (honte, sentiment de culpabilité…)/ Ce genre d’ouvrages m’intéresse pour le sujet engagé qu’il traite et celui-ci tout particulièrement a soigné la psychologie des personnages mais ce n’est pas cet aspect de l’album qui me marque le plus…

… mais la partie graphique. Les illustrations de Gwangjo sont à couper le souffle. Cet auteur sud-coréen a travaillé au crayon de papier. Le rendu est époustouflant. Le dessin est fin, certains portraits sont impressionnants de réalisme, tout est là, précis et minutieux. Les visuels insérés en bas d’articles parlent d’eux-mêmes.

PictoOKUn bon album à découvrir.

L’avis de Joëlle, Manuel F Picaud, Soukee et Cécile.

Extrait :

« Je dois triompher de ce blocage ridicule qui m’empoisonne l’existence et met notre couple en péril  » (Léa ne se souvient pas…).

Lea ne se souvient pas comment fonctionne l’aspirateur

One Shot

Éditeur : Dargaud

Dessinateur : GWANGJO

Scénariste : Éric CORBEYRAN

Dépôt légal : juillet 2010

ISBN : 9782505008613

Bulles bulles bulles…

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Léa ne se souvient pas comment fonctionne l’aspirateur – Corbeyran – Gwangjo © Dargaud – 2010

Uchronie[s] – New-York (Corbeyran & Defali)

Uchronie(s) - New York, tome 1
Corbeyran – Defali © Glénat – 2008
Uchronie(s) - New York, tome 2
Corbeyran – Defali © Glénat – 2009
Uchronie(s) - New  York, tome 3
Corbeyran – Defali © Glénat – 2010

« Après New Byzance et New Harlem, l’univers d’Uchronies fait escale à New York, de nos jours.

On retrouve Zack Kosinski, alors âgé d’une vingtaine d’années. Zack n’en a cependant réellement vécu que la moitié, puisqu’il vient de passer une décennie plongé dans un étrange sommeil provoqué par son père, Charles Kosinski, scientifique de grand renom mystérieusement disparu depuis lors. Soigné dans une clinique privée où il se remet doucement de cette immobilité prolongée, Zack est constamment en proie au doute et au questionnement. Son passé le hante, son présent l’angoisse, quant à son futur, il l’a entièrement remis entre les mains d’une jeune infirmière, Tia Brown, qui s’efforce de lui faire reprendre pied dans le monde réel. Le problème, c’est que Zack doute également de sa propre réalité. Les visions qui s’imposent à lui lui révèlent même qu’il serait doué de prescience. Son esprit serait en effet capable de se projeter mentalement vers d’autres réalités. Ces réalités qu’il perçoit sont en apparence absolument similaires à la sienne. En apparence seulement, car lorsqu’il analyse de près ses visions, Zack se rend compte de subtiles différences… La conclusion qui s’impose à lui n’est pas pour le rassurer : a-t-il vécu plusieurs vies, sur plusieurs plans différents ? Il n’aura malheureusement pas le temps de trouver des réponses à ces questions. Surveillés par des agents de la CIA – qui convoitent les mystérieuses recherches scientifiques de son père – Zack et Tia seront obligés de prendre la fuite pour préserver leur intégrité… » (synopsis éditeur).

Dernière trilogie de la série Uchronies (après avoir parlé de New Byzance et de New Harlem), cette version est plus discrète que les deux autres. On retrouve les visages rencontrés dans les deux autres mondes, les cartes ayant été redistribuées selon le nouveau contexte : plus conventionnel (on est en pleine cavale, les personnages principaux fuient un danger qu’ils ne cernent pas ou mal), plus familier aussi (pas de dépaysement au niveau des décors, une société assez similaire à la nôtre), plus ronronnant en général. Je reste sur la même impression que pour les deux autres séries : dès qu’on s’éloigne un peu trop de Zack, les personnages secondaires n’ont plus de raison d’exister, ils sont sans consistance. Sur ce point, je trouve cela dommage. Les deux premiers tomes de New York sont assez classiques tant sur le fond que sur la forme, on devine que les passerelles avec les deux autres mondes vont se construire à partir du point d’ancrage de cette trilogie… ce qui sera confirmé à la lecture du tome 3.

Defali réalise les dessins de ce nouveau pan de l’intrigue. Son travail est, pour moi, beaucoup plus convaincant que celui réalisé par Tibéry sur Uchronie(s) – New Harlem (trop terne, trop hésitant, trop figé), un ton en dessous des ambiances de Chabbert sur Uchronie(s) – New Byzance puisque le cliquant et les paillettes se sont envolés (ce qui convenait à Byzance aurait certainement été mal venu ici). Les visuels sont assez lumineux, les scènes d’action assez fluides… une lecture divertissante. On passe un bon moment mais de là à dire qu’on relira… !!

PictoOKJe suis mûre pour la lecture du tome 10 paru le 23 février dernier !! Qui aurait pu croire que j’apprécierais un tel scénario ?? Pas moi !! Seul bémol : des pans entiers dans la personnalités des personnages secondaires et dans la représentation générale de l’univers de New York (comme des deux autres trilogies), nous font tout de même cruellement défaut. Passé ce grief, j’ai hâte de savoir ce que nous réserve l’épilogue de la série.

Uchronie[s] – New York

Trilogie terminée

Tome 1 : Renaissance

Tome 2 : Résonances

Tome 3 : Retrouvailles

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Dessinateur : DEFALI

Scénariste : Eric CORBEYRAN

Dépôt légal : mai 2008 (tome 1), juin 2009 (tome 2) et octobre 2010 (tome 3)

ISBN (Coffret) : 9782723492393

Bulles bulles bulles…

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Uchronie(s) – New York, tome 1 – Corbeyran – Defali © Glénat – 2008

Uchronie(s) – New Harlem (Corbeyran & Tibéry)

Uchronie(s) - New Harlem, tome 1
Corbeyran – Tibéry © Glénat – 2008
Uchronie(s) - New Harlem, tome 2
Corbeyran – Tibéry © Glénat – 2009
Uchronie(s) - New Harlem, tome 3
Corbeyran – Tibéry © Glénat – 2010

« Zack Kosinski est un prescient, capable de voir d’autres réalités par-delà la nôtre, capable de vivre sur d’autres Terre, parfaitement similaires à la nôtre, mais qui ont parfois évolué de manière subtilement différente… New Harlem : tous les postes-clés de la société sont aux mains des Afro-Américains du Black Order, descendants des Black Panthers. Les Blancs, eux, survivent dans des ghettos crasseux où la brutalité et la misère font loi. Certains parviennent toutefois à prendre l’ascenseur social, pour peu qu’ils aient un don spécial intéressant les hauts responsables noirs, comme les prescients par exemple, très appréciés pour leur capacité à anticiper les soubresauts du onde politique et économique. C’est ainsi que le petit Zack va se trouver tiré du misérable cocon familial contre une importante somme d’argent. Et devenir un des conseillers les plus influents qui soient. Mais à trop prédire leur avenir aux autres on oublie peut-être de se pencher sur le sien… Et Zack va rapidement découvrir que son pouvoir n’intéresse pas seulement les noirs. Mais aussi la Fraternité blanche, une dangereuse organisation terroriste qui va organiser son enlèvement… » (synopsis éditeur).

New Harlem est, pour nous, la découverte d’un nouveau monde parallèle. Cette fois, la rupture historique avec notre réalité se situe en 1960 puisque l’adversaire de Richard Nixon aux élections présidentielles est Martin Luther King. Ce dernier remporte les élections et sera assassiné le 22 novembre 1963. « Son successeur, le vice-président George Jackson, s’installe au pouvoir, soutenu dans l’ombre par les activistes du Black Order, la faction phalangiste du mouvement ultra-noir ».

Même recette au niveau du récit : de l’action et un univers qui se dévoile lentement. On retrouve les mêmes protagonistes que dans Uchronie(s) – New Byzance, affectés à des postes différents mais globalement, il n’y aura cette fois pas d’effort à faire pour mémoriser leurs noms, seules leurs fonctions varient. New Harlem est un monde plus crasseux que New Byzance. Les ambiances graphiques en sont les premiers témoins. On n’a moins le côté clinquant des ambiances orientales ici, on est dans le profit, la luxure. D’ailleurs, les services de Zack ne consistent plus, cette fois, à maintenir l’ordre via des séances de rééducation par la terreur (infligées aux personnes coupables de crimes par la pensée -> voir New Byzance), mais de mettre son don au profit de la loi du marché. Ses prémonitions sont exploitées par les instances gouvernementales dans le seul objectif de faire du profit. Il y a une réelle scission entre riches/pauvres que l’on peut d’ailleurs matérialiser par les afro-américains d’un coté et les blancs de l’autre. Au niveau de la narration, je serais tentée de faire les mêmes remarques (voir New Byzance) : la série dispose d’un bon rythme, on ne se noie pas forcément dans l’univers mais certains raccourcis au niveau du scénario nous laisse un goût d’inachevé en bouche. Ce monde est relativement bien construit mais dès que l’on s’éloigne du personnage principal, c’est le néant le plus total.

Au niveau des visuels, la palette graphique change de main et va cette fois à Tibéry. J’accroche nettement moins avec son dessin qui mélange à la fois retouches informatiques et crayonnés plus naturels. Mais dans l’ensemble, je trouve le trait trop imprécis sur de nombreux passages, rendant les expressions des personnages grossières ou vulgaires alors que le rendu des décors (et des perspectives) sont bien plus efficaces. L’apparence des visuels m’a gâché la lecture, tout est trop figé et assez terne. Je suis restée très spectatrice tout au long des trois tomes. Dommage.

PictoOKAllez, même si le voyage visuel ne m’a pas trop plu, j’avoue assez facilement avoir eu plaisir à découvrir cette mini-série. Plus mordante que la précédente, elle se permet aussi de croiser des personnages que nous avons rencontrés dans New Byzance. Je n’en dit pas plus, je suis à deux doigts de spoiler !

En liens externes : le mini site de la série (si vous l’aviez raté à la chronique précédente), la chronique du tome 1  sur Auracan et les avis des visiteurs de BDGest sur les tomes de la série.

Uchronie(s) – New Harlem

Tome 1 : Rapt

Tome 2 : Rétro-Cognition

Tome 3 : Révisionnisme

Trilogie terminée

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Dessinateur : TIBERY

Scénariste : Eric CORBEYRAN

Dépôt légal : mars 2008 (tome 1), mars 2009 (tome 2) et mai 2010 (tome 3)

ISBN : 9782723460026 (tome 1)

Bulles bulles bulles…

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Uchronie(s) – New Harlem, tomes 1 et 2 – Corbeyran – Tibéry © Glénat – 2008 et 2009

Uchronie(s) – New Byzance, tome 2 (Corbeyran & Chabbert)

Uchronie(s) - New Byzance, tome 2
Corbeyran – Chabbert © Glénat – 2009

On retrouve Zack Kosinski alors qu’il est en cavale. Après avoir abandonné son poste de prescient, il est devenu une menace pour son Gouvernement (l’Utopie fondamentaliste) et est recherché par les forces de police. Dans sa cavale, il parvient à entrer dans une zone sous haute surveillance contrôlée par l’Armée. Il y découvre les ruines d’Utopia, une ville qui n’est pas encore sensée avoir vu le jour ! Il tente donc de rassembler ses esprits pour comprendre ce à quoi il est confronté. Soudain, les membres d’une milice clandestine obligent Zack à les suivre manu militari. Cette poche de résistance contre à l’Utopie fondamentaliste (Gouvernement totalitaire en place) va tenter de rallier Zack dans ses rangs.

Convaincue par ma découverte du premier tome, j’ai voulu poursuivre la lecture de cette trilogie. D’avance, je m’excuse de ne pas pouvoir vous présentez le tome 3… nous ferons donc sans !! Rappelons que New-Byzance est une projection de notre réalité, le postulat de départ étant que les attentas du 11 septembre 2001 ont eu des conséquences différentes sur les forces en place : les gouvernements occidentaux ont perdu toute crédibilité et Omar, un leader charismatique, a profité des attentats de Ben Laden pour s’installer au pouvoir. Le capitalisme a disparu au profit d’une société islamiste. Un système qui s’appuie sur un maillon fort pour maintenir l’ordre et la sécurité : le Prescient, un agent gouvernemental garant de la morale et de l’ordre établi.

De nombreuses réponses laissées en suspens sont apportées ici, ce qui nous permet de mieux nous représenter les tenants et les aboutissants de ce monde.  En parallèle,  de nouveaux lièvres sont levés… la série s’auto-alimente en permanence de nouvelles pistes de lecture. Au niveau du récit, nous avons assez peu de temps pour intégrer un élément qu’aussitôt une nouvelle information est mise dans le circuit. Si j’en apprécie le rythme et la cohérence, je déplore cependant quelques raccourcis scénaristiques. EN somme, dès que l’on s’éloigne un tant soit peu du personnage principal, les explications sont laissées à l’abandon : le tome 10 apportera certainement des réponses mais s’il y a autant d’imprécision dans les trois trilogies, je m’inquiète quand à l’épaisseur et la densité des informations que contiendra cet opus final.

Au final, les griefs que je citais dans ma critique du premier tome se sont atténués. On se fait relativement bien à ces ambiances graphiques retouchées à la palette graphique. J’ai peu de choses à dire pour compléter mon avis présentant Ruines (tome 1), je vous propose donc un trailer :

PictoOKUne réalité parallèle, un univers crédible. Le tout est de se laisser guider vers le premier tome et ensuite… je crois que le plus dur est fait. Il n’y a plus qu’à lire, dévorer… et constater combien cette possibilité d’avenir est inquiétante.

A venir sur ce blog, les trilogies liées : New-Harlem et New-York ! la publication de l’opus final (tome 10) est prévue pour le 23 février 2011.

Si vous voulez vous faire une meilleure idée de cet univers, je vous invite à visiter le site dédié à la série. Bonne visite !!

Uchronie(s) – New Byzance

Tome 2 : Résistances

Trilogie terminée

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Dessinateur : Eric CHABBERT

Scénariste : Eric CORBEYRAN

Dépôt légal : mars 2009

ISBN : 9782723464222

Bulles bulles bulles…

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Uchronie(s) – New Byzance, tome 2 – Corbeyran – Chabbert © Glénat – 2009