L’Ours Barnabé, tome 17 (Coudray)

Coudray © La Boîte à bulles – 2016
Coudray © La Boîte à bulles – 2016

L’ours Barnabé est né il y a 36 ans. Depuis 2009, il s’est installé à La Boîte à bulles. L’éditeur lui a réservé bon accueil et réédité les premiers volumes sous forme d’intégrales et depuis 2012, on peut compter sur un nouvel album chaque année.

Présenter un album de « L’Ours Barnabé » revient à dire la même chose à chaque fois. Cela peut sembler rébarbatif à première vue, mais chaque album réinvente à sa manière, innove.

Chaque tome est un recueil d’historiettes. La plupart d’entre elles ne comportent qu’une seule page, certaines [rares] peuvent aller jusqu’à deux ou trois. Elles mettent en scène l’ours dans son quotidien. Ce dernier vit à la montagne dans une maison isolée, en harmonie avec la nature. Il est entouré d’amis qui le sollicitent régulièrement pour bénéficier de son aide. Il leur apprend à éviter les chasseurs, il leur peint un tableau, leur apprend à respirer sous l’eau, les aide à déménager, arrose leurs plantes lorsqu’ils sont en vacances… Ils peuvent aussi partir en balade ou visiter un musée, il les réconforte souvent. L’ours a aussi des occupations solitaires ; il peint, bricole, invente ; il enrage quand il découvre des détritus jetés dans la nature, s’occupe de nettoyer… Sa devise pourrait être « chaque problème a sa solution » et il fait preuve d’une lucidité redoutable. Il semble avoir une capacité d’analyse hors du commun et résout en un clin d’œil des situations parfois complexes.

Pacifique, généreux, placide, humaniste, écolo… je pourrais reprendre la litanie des qualificatifs qui servent à le décrire mais j’ai déjà vanté plusieurs fois ses qualités, peut-être est-il temps de se pencher sur ses défauts. Il est têtu et cela se voit notamment dans le rapport qu’il a avec la nature : rien à faire, quand il la voit saccagée, il râle, s’énerve et… nettoie. Il est paresseux, de fait quand un ami le sollicite, on a l’impression qu’il va au plus rapide, énonce la solution la plus simple qui soit ; le problème… c’est qu’elle est pertinente. Il est trop direct, ne mâche pas ses mots, se montre bourru… le problème, c’est que ça le rend touchant. Il est excessif lorsqu’il se lance dans un projet… le problème, c’est qu’il est doué. Il est individualiste… mais uniquement quand il est menacé, cela lui permet de se protéger des agressions injustifiées.

PictoOKNon, je ne vois pas ce que l’on pourrait reprocher à cet ours que son auteur dessine d’un trait habile qu’il habille de couleurs chaudes. Aucune lassitude, on peut piocher au hasard dans un tome de la série sans avoir l’impression de prendre le train en route et d’avoir raté un moment essentiel et nécessaire à la compréhension du personnage. A lire donc 🙂

Mes chroniques sur l’Intégrale 2, l’Intégrale 3, le tome 15 et le tome 16.

L’Ours Barnabé

Tome 17 : Un pour tous, tous pour un

Série en cours

Editeur : La Boîte à bulles

Collection : La Malle aux images

Dessinateur / Scénariste : Philippe COUDRAY

Dépôt légal : juin 2016

48 pages, 12,50 euros, ISBN : 978-2-84953-263-8

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’Ours Barnabé, tome 17 – Coudray © La Boîte à bulles – 2016

Chroniks Expresss #23

Vide-grenier des chroniques restées en rade ce mois-ci…

BD : L’Ours Barnabé, tome 16 (P. Coudray ; La Boîte à Bulles, 2015)

Lectures (Albums/Romans) jeunesse : Les Aventures fantastiques de Sacré-Cœur, tome 3 : La Momie du Louvre (A. Sarn & L. Audouin ; Ed. Le petit Lézard, 2012), Les Aventures fantastiques de Sacré-Cœur, tome 7 : Le Monstre de la Seine (A. Sarn & L. Audouin ; Ed. Le petit Lézard, 2016), Le vieux fou de dessin (F. Place ; Gallimard, 2008)

Romans : Réparer les vivants (M. De Kerangal ; Editions Verticales, 2014), Le Scaphandre et le papillon (J-D Bauby ; Ed. Robert Laffont, 2007), Je, d’un accident ou d’amour (L. Demey ; Ed.Cheyne, 2015)

*

* *

Bande dessinée

 

Coudray © La Boîte à Bulles – 2015
Coudray © La Boîte à Bulles – 2015

L’ours à la ronde bedaine est revenu en automne 2015. Animé d’un esprit débonnaire et doté d’un certain esprit pratique, il nous invite une nouvelle fois à le suivre dans un monde anthropomorphe dont les ficelles nous sont désormais bien familières. Et comme disait André Gide, « Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions ».

A l’occasion de ce seizième opus, Philippe Coudray continue à explorer cet univers de tous les possibles. La qualité des gags est inégale mais l’ensemble est très agréable à lire. Quelques éclats de rires au détour d’une page sont la preuve que Barnabé parvient toujours à nous surprendre.

Simples et efficaces, les gags et leur chute peuvent être entendus différemment en fonction de l’âge du lecteur. On ne pouvait rêver titre d’album plus évocateur que ce « Trucs et astuces »… Un réel plaisir à suivre Barnabé à mesure que les albums sont publiés. J’ai été plus loquace sur les titres précédents (les Index vous aideront à les trouvez sur le blog).

PictoOKUne série qui poursuit son bonhomme de chemin sans perdre son panache. L’éditeur recense les liens des chroniques déjà en ligne.

*

* *

Lectures Jeunesse

 

Sarn – Audouin © Le petit Lézard – 2012
Sarn – Audouin © Le petit Lézard – 2012

Sacré-Cœur est un petit garçon débrouillard qui vit à Paris chez sa tante Finelouche. La vieille dame habite en plein cœur de la capitale, au 28 rue du Chemin Vert dans un immeuble haussmannien. Sacré-Cœur s’y est vite fait des amis et, dans la cave de l’immeuble, il s’est aménagé un atelier pour bricoler ses inventions.

Le principe de la série : « Dans chaque album, c’est un des habitants de l’immeuble qui devient le personnage principal de l’histoire ! Sacré-Cœur a donc fort à faire, quand Mademoiselle Mulot tombe amoureuse d’un vampire ou quand Monsieur Parrocchio se transforme en loup-garou » (texte de l’éditeur). Sacré-Cœur est accompagné par Abigaïl (une petite fantôme) et Mimi (une chauve-souris) qui lui prêtent main forte dans ses enquêtes. Dans ce troisième tome, Sacré-Cœur va devoir venir en aide à Mr Droit – le voisin du troisième étage – qui travaille en tant qu’archéologue au Musée du Louvre.

Je ne connaissais pas cet univers jeunesse jusqu’à ce que Julia me fasse marquer un temps d’arrêt sur le stand du Petit Lézard où Laurent Audouin, illustrateur de la série, s’installait pour une séance de dédicaces. L’accueil que m’a réservé l’auteur doublé des avis dithyrambiques de mes collègues et d’une petite fille qui attendait pour une dédicace ont eu raison de moi durant le dernier FIBD. J’ai choisi de faire découvrir deux tomes de « Sacré-Cœur » à mes fils… compte tenu de l’engouement qu’a provoqué cette « Momie du Louvre », j’imagine que les autres tomes de la série vont débarquer prochainement sur nos étagères.

Ce petit roman policier se lit très facilement. Son format (19*26) tient bien en main et propose sur chaque page une alternance de textes et d’illustration. L’ensemble est aéré, ludique et porte bien la dynamique du récit. De plus, chaque histoire se découpe en plusieurs chapitres, ce qui permet de faire des pauses assez facilement, de reprendre, relire… Le suspense est travaillé de telle façon à accrocher le lecteur sans le terroriser. Bien sûr, on est inquiet pour les personnages, mais la tension est vite prise à contre-pied grâce à Sacré-Cœur qui a plus d’un tour dans son sac (ou plutôt, plus d’une invention dans son sac).

PictoOKBelle découverte. Nous devrions plonger rapidement dans le tome 7 qui s’intitule « Le Monstre de la Seine » (dernier tome en date puisqu’il est paru en janvier 2016). Quant au reste de la série… je pense qu’on l’aura dévorée avant la fin de l’année.

 

Sarn – Audouin © Le petit Lézard – 2016
Sarn – Audouin © Le petit Lézard – 2016

Sacré-Cœur a cette fois fort à faire depuis qu’un violent orage a éclaté au-dessus de Paris. La foudre a frappé à différents endroits, ne causant pas de dommages particuliers, mais depuis cette intempérie, les sœurs Picpic (locataires du premier étage de l’immeuble situé 28 rue du Chemin Vert) se comportent bizarrement. Mais ce n’est pas tout, il a tellement plus que la Seine a débordé… et un monstre semble avoir élu domicile dans les eaux troubles du fleuve, au niveau du Pont de l’Alma…

Tremblez dans les chaumières, une sorte de crocodile géant s’est installé au cœur de Paris, il effraye autant qu’il fascine. Mais comment ce monstre a-t-il pu échouer aux pieds du Zouave du Pont de l’Alma ? Voilà bien un mystère que Sacré-Cœur souhaite percer. Amélie Sarn mène le scénario de main de maître et capte l’attention du petit lecteur. Le suspense est préservé d’autant que l’auteur injecte régulièrement quelques éléments qui viennent intriguer davantage et qui renforcent l’envie de continuer la lecture afin de connaître le fin mot de l’histoire. Le rythme est enlevé et le lecteur tourne les pages avec curiosité, pour ne pas dire avec avidité, si je me fie à la trombine de mon petit lutin. Cet album a capté son attention, très vite, il affichait des yeux ronds comme des billes et n’en finissait plus de les écarquiller davantage à chaque rebondissement.

Les illustrations de Laurent Audouin permettent à l’enfant d’avoir un appui visuel durant sa lecture et ont l’avantage de pondérer un peu la représentation mentale que l’enfant peut se faire de ce monstre aux dents acérées comme des couteaux… « Une chose rougeâtre et écailleuse était apparue à la surface. (…) Tandis que la tête effrayante d’un énorme monstre aquatique surgissait des flots, les Parisiens poussèrent tous un grand cri. Et s’enfuirent en courant ».

PictoOKVerdict : on aime. « Les aventures fantastiques de Sacré-Cœur » ont permis à mon cadet de découvrir le polar… et dire qu’il se régale est un doux euphémisme…

 

Place © Gallimard – 2008
Place © Gallimard – 2008

« Il était une fois au Japon, au cœur du XIXe siècle, un petit vendeur des rues, nommé Tojiro. Le jeune garçon rencontre un jour un curieux vieil homme. C’est Katsushika Hokusai, le vieillard fou de dessin, le plus grand artiste japonais, le maître des estampes, l’inventeur des mangas. Fasciné par son talent, Tojiro devient son ami et son apprenti, et le suit dans son atelier… » (synopsis éditeur).

Récit d’une rencontre entre un enfant et un vieil homme. Naissance d’une amitié et transmission de savoirs. Le vieux Katsushika Hokusai ouvre son atelier à l’enfant et lui apprend les secrets de la fabrication d’un livre (la technique de l’estampe, le rôle de l’éditeur, sa passion pour le dessin…). Pour le jeune lecteur, c’est aussi l’occasion de se sensibiliser à l’œuvre et à la démarche de ce grand artiste. En imaginant la rencontre de ces deux personnages, François Place aide l’enfant à imaginer le Japon de cette époque, l’animation des marchés, les combats de sumo, le dédale et la configuration des rues de Tokyo au XIXème siècle. Le langage de François Place est assez élaboré pour les petits curieux qui découvriraient cet ouvrage.

Le récit se découpe en 16 courts chapitres, ce qui permet de faire des pauses assez facilement dans la lecture pour échanger. En fin d’ouvrage, un glossaire reprend différents termes employés çà et là dans le récit (calligraphie, Kabuki, rônin…). Un bon moyen pour permettre à l’enfant d’en apprendre un peu plus sur l’artiste qui a créé « La Grande Vague de Kanagawa » et, plus généralement, sur le processus de création artistique : démarche personnelle, travail de commande, présentation des différents acteurs du monde du livre (artiste, éditeur, imprimeur, assistant…).

Un roman lu à voix-haute pour des petites oreilles très attentives. Kentin (7 ans) a été fasciné par cet univers un peu ardu.

Les chroniques de Présence et de Zazimuth.

*

* *

Romans

 

De Kerangal © Editions Verticales – 2014
De Kerangal © Editions Verticales – 2014

Simon Limbres a 20 ans lorsqu’un matin, en rentrant d’une session de surf, il est victime d’un accident de la route avec deux de ses amis. Si ces derniers devront rester quelques temps à l’hôpital suite aux fractures importantes dont ils souffrent, il n’en est rien pour Simon. Arrivé dans un état critique à l’hôpital, il est mis sous assistance respiratoire. Quelques heures après, ses parents devront encaisser le coup de la nouvelle : Simon ne reprendra jamais connaissance. Etat de mort cérébrale… le temps que ses proches se positionnent quant au don d’organe

« ‟ Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps. ˮ Réparer les vivants est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour » (présentation éditeur).

Plongée immédiate et complète dans ce roman qui nous place tour à tour du côté de Simon, de ses parents et deux trois membres du corps médical amenés à intervenir sur le corps du jeune homme (cette lectrice prend le temps de détailler les protagonistes). Sans pathos, sans excès, j’ai apprécié la manière dont Maylis de Kerangal traite son sujet, l’effleure lorsqu’il est nécessaire de l’effleurer mais toujours, sonde les pensées et les émotions de chacun des personnages. Elle suit silencieusement le processus de deuil que les parents doivent enclencher, les précautions que prennent les intervenants hospitaliers, les questions personnelles que la situation ne manque pas de leur renvoyer. Concernant l’acceptation ou non du don d’organe(s), on sent effectivement que la décision prises par les parents de Simon est une évidence et c’est là, finalement, qu’on peut reprocher à l’auteure d’avoir dévoilé trop tôt une partie de l’intrigue…

PictoOK… Mais qu’à cela ne tienne, j’ai vraiment apprécié sa touche, sa réserve et sa délicatesse, son émotion et son humanité. J’ai savouré cette façon de parler de l’amour, de la mort, de l’empathie…

Un cadeau de Véro (merci ! ;))

Extraits :

« À deux cents mètres du rivage, la mer n’est plus qu’une tension ondulatoire, elle se creuse et se bombe, soulevée comme un drap lancé sur un sommier. Simon Limbres se fond dans son mouvement, il rame vers le line up, cette zone au large où le surfeur attend le départ de la vague, s’assurant de la présence de Chris et John, postés sur la gauche, petits bouchons noirs à peine visibles encore. L’eau est sombre, marbrée, veineuse, la couleur de l’étain. Toujours aucune brillance, aucun éclat, mais ces particules blanches qui poudrent la surface, du sucre, et l’eau est glacée, 9 ou 10 °C pas plus, Simon ne pourra jamais prendre plus de trois ou quatre vagues, il le sait, le surf en eau froide éreinte l’organisme, dans une heure il sera cuit, il faut qu’il sélectionne, choisisse la vague la mieux formée, celle dont la crête sera haute sans être trop pointue, celle dont la volute s’ ouvrira avec assez d’ampleur pour qu’il y prenne place, et qui durera jusqu’au bout, conservant en fin de course la force nécessaire pour bouillonner sur la grève. Il se retourne vers la côte comme il aime toujours le faire avant de s’éloigner davantage : la terre est là, étirée, croûte noire dans des lueurs bleutées, et c’est un autre monde, un monde dont il s’est dissocié » (Réparer les vivants).

« (…) ils se regardent une fraction de seconde, puis un pas et ils s’étreignent, une étreinte d’une force dingue, comme s’ils s’écrasaient l’un dans l’autre, têtes compressées à fendre le crâne, épaules concassées sous la masse des thorax, bras douloureux à force de serrer, ils s’amalgament dans les écharpes, les vestes et les manteaux, le genre d’étreinte que l’on se donne pour faire rocher contre cyclone, pour faire pierre avant de sauter dans le vide, un truc de fin du monde en tout cas quand, dans le même temps, dans le même temps exactement, c’est aussi un geste qui les reconnecte l’un à l’autre, souligne et abolit leur distance, et quand ils se désincarcèrent, quand ils se relâchent enfin, ahuris, exténués, ils sont comme des naufragés » (Réparer les vivants).

« (…) elle suit des yeux leur marche lente vers les hautes portes de verre, s’adosse contre un pilier pour mieux les voir : la verrière est devenue miroir à cette heure, ils s’y reflètent comme se reflètent les fantômes à la surface des étangs les nuits d’hiver ; ils sont l’ombre d’eux-mêmes aurait-on dit pour les décrire, la banalité de l’expression relevant moins la désagrégation intérieure de ce couple que soulignant ce qu’ils étaient encore le matin même, un homme et une femme debout dans le monde, et à les voir marcher côte à côte sur le sol laqué de lumière froide, chacun pouvait saisir que désormais ces deux-là poursuivaient la trajectoire amorcée quelques heures auparavant, ne vivaient déjà plus tout à fait dans le même monde (…) s’en absentaient, et se déplaçaient vers un autre domaine, qui était peut-être celui où survivaient un temps, ensemble et inconsolables, ceux qui avaient perdu un enfant » (Réparer les vivants).

 

Place © Gallimard – 2008
Place © Gallimard – 2008

AVC. Un acronyme lourd de sens.

« Le 8 décembre 1995, brutalement, un accident vasculaire a plongé Jean-Dominique Bauby dans un coma profond. Quand il en est sorti, toutes ses fonctions motrices étaient détériorées. Atteint de ce qu’on appelle le « locked-in syndrome » – littéralement : enfermé à l’intérieur de lui-même -, il ne pouvait plus bouger, manger, parler ou même simplement respirer sans assistance. Dans ce corps inerte, seul un œil bouge. Cet œil – le gauche -, c’est son lien avec le monde, avec les autres, avec la vie.

Avec son œil, il cligne une fois pour dire « oui », deux fois pour dire « non ». Avec son œil, il arrête l’attention de son visiteur sur les lettres de l’alphabet qu’on lui dicte et forme des mots, des phrases, des pages entières… Avec son œil, il a écrit ce livre : chaque matin pendant des semaines, il en a mémorisé les pages avant de les dicter, puis de les corriger.

Sous la bulle de verre de son scaphandre ou volent des papillons, il nous envoie ces cartes postales d’un monde que nous ne pouvons qu’imaginer – un monde où il ne reste rien qu’un esprit à l’œuvre. L’esprit est tour à tour sarcastique et désenchanté, d’une intensité qui serre le cœur. Quand on n’a plus que les mots, aucun mot n’est de trop » (synopsis éditeur).

Superbe roman qui décrit un état angoissant dans lequel un homme est plongé. Incapable du moindre mouvement, seule son intellect est intact… et il observe le monde qu’il entoure et tente – avec sa seule paupière valide – d’interagir avec son environnement. Les courts chapitres qui composent l’ouvrage ont été appris par cœur par leur auteur puis dictés [comme le synopsis l’explique] lettre par lettre à une femme qui patiemment a retranscris patiemment cette pensée. On sent la nécessité d’ordonner ses idées, d’être concis. Les mots sont pesés, remplis de sens, et permettre de traduire la nouvelle réalité de cet homme figé par la force des choses, statique à l’extrême et devenu totalement dépendants des autres.

(…) l’œil gauche, mon seul lien avec l’extérieur, l’unique soupirail de mon cachot, le hublot de mon scaphandre

A 44 ans, c’est une nouvelle vie qu’il doit entamer. « Coincé » à l’Hôpital maritime de Berck, il saisit n’importe quel prétexte pour tuer ces journées qui s’étirent. Il fait fonctionner son imagination ou ouvre un souvenir. Il sollicite constamment sa mémoire (olfactive, gustative, auditive… sensorielle en général), revit une scène qui appartient à « sa vie d’avant ».

Il y avait l’art d’accommoder les restes. Je cultive celui de mitonner les souvenirs

PictoOKJean-Dominique Bauby témoigne de ce qu’est son quotidien, observe le regard si particulier que d’autres posent désormais sur lui (des inconnus, des soignants, des amis). Un cri silencieux, l’effroi de ne plus être soi, l’humour silencieux qu’il ne peut plus exprimer… faute de ne pouvoir parler « normalement », sachant que son interlocuteur est suspendu à son œil gauche pour déchiffrer lettre par lettre ce qu’il souhaite énoncer, Jean-Dominique Bauby économise ses propos, va à l’essentiel… tait son sarcasme ou ses touches d’humour complice pour se faire comprendre facilement et ne pas déstabiliser la personne avec qui il parle. Jean-Dominique Bauby était journaliste devenu rédacteur en chef du magazine Elle. Quinze-mois après son AVC, le 6 mars 1997, son livre « Le Scaphandre et le Papillon » est publié… il décède le 9 mars 1997.

Extraits :

« E S A R I N T U L O M D P C F B V H G J Q Z Y X K W. L’apparent désordre de ce joyeux défilé n’est pas le fruit du hasard mais de savants calculs. Plutôt qu’un alphabet, c’est un hit-parade où chaque lettre est classée en fonction de sa fréquence dans la langue française. Ainsi, le E caracole en tête et le W s’accroche pour ne pas être lâché par le peloton. Le B boude d’avoir été relégué près du V avec lequel on le confond sans cesse. L’orgueilleux J s’étonne d’être situé si loin, lui qui débute tant de phrases. Vexé de s’être fait souffler une place par le H, le gros G fait la gueule et, toujours à tu et à toi, le T et le U savourent le plaisir de ne pas avoir été séparés. » (Le Scaphandre et le Papillon)

« Une onde de chagrin m’a envahi. Théophile, mon fils, est là sagement assis, son visage a cinquante centimètres de mon visage, et moi, son père, je n’ai pas le simple droit de passer la main dans ses cheveux drus, de pincer sa nuque duveteuse, d’étreindre à l’en étouffer son petit corps lisse et tiède. Comment le dire ? Est-ce monstrueux, inique, dégueulasse ou horrible ? Tout d’un coup, j’en crève. » (Le Scaphandre et le Papillon)

« Je m’éloigne. Lentement mais sûrement. Tout comme le marin dans une traversée voit disparaître la côte d’où il s’est lancé, je sens mon passé qui s’estompe. Mon ancienne vie brûle encore en moi mais se réduit de plus en plus aux cendres du souvenir. » (Le Scaphandre et le Papillon)

 

Demey © Cheyne Editeur – 2015
Demey © Cheyne Editeur – 2015

Hadrien partage sa vie avec Delphine. Mais la routine, la lassitude du quotidien…

Et l’on se corps de moins en moins. Notre couple s’usure. Jusqu’à la corde. (…) On se calme plat. Je me morne, elle se plaine

Puis un jour, au jardin du Luxembourg, Hadrien rencontre Adèle. Trouble, coup de foudre et confusion des sens. Hadrien et Adèle prennent l’habitude de se revoir, l’émoi grandit à chaque rencontre. Désir, envie, rires, tendresse. En seize courts chapitres, Loïc Demey conte l’histoire de cette relation adultère dans une langue chantante et saugrenue.

Je me chancelant, je me trac. Elle me chuchotements d’amour à l’oreille.

La rue se nuit, le ciel se lune. Je la nue.

La pièce se sombre, je m’orage. La fermeture éclair. La robe, tonnerre. Sa tunique en l’air et ses dessous à terre. La rue se lune, le ciel se nuit. Je la nue.

Elle me peau, je la pulpe des doigts. On s’épiderme.

PictoOKSurprenant roman où le verbe s’ébroue, frissonne, s’émeut. La construction narrative est absurde. Le déclic qui a conduit Loïc Demey à écrire ce texte s’est opéré après qu’il ait écouté « Prendre corps » d’Arthur H. Un texte où les verbes sont remplacés par des noms, adverbes ou adjectifs… un texte troublant dans lequel les sensations affleurent, caressent et bousculent. Très beau.

Découvert grâce aux articles de Sabine et de Lucie.

L’Ours Barnabé, tome 15 (Coudray)

Coudray © La Boîte à bulles – 2014
Coudray © La Boîte à bulles – 2014

« Créé en 1980, l’ours Barnabé a traversé les décennies sans prendre une ride, offrant à ses lecteurs un constant plaisir de lecture avec ses gags teintés de poésie, de philosophie et d’un zeste de « non-sens ».
Trop intelligent et trop fort pour craindre un quelconque prédateur Barnabé vit paisiblement dans la montagne qui l’a vu naître. Roi du raisonnement et des expérimentations en tout genre, notre ours préféré, accompagné de son ami lapin, continue d’explorer les limites de l’absurde pour mieux nous en livrer les secrets… » (synopsis éditeur).

La recette que Philippe Coudray reprend invariablement pour mettre en scène son personnage de l’Ours Barnabé est de construire des gags qui tiennent généralement en une planche et qui proposent peu ou prou de dialogues. Tout est à l’épure, la narration comme le dessin, et cela sert magnifiquement le côté à la fois bonhomme et philosophe du personnage de Barnabé.

L’aventure de cette série a débuté en 1980 pour une revue scolaire. En 1989, c’est Hachette qui diffusera les premiers tomes avant que les éditions Mango ne prennent le relais (11 tomes). La majeure partie des titres étant aujourd’hui épuisés, les éditions de La Boîte à bulles ont eu la brillante idée de racheter les droits, de regrouper les premiers volumes dans trois magnifiques intégrales (voir : intégrale 2 et intégrale 3) et, parallèlement à ce travail éditorial, de relancer la série en publiant les tomes 12 et suivants. Ainsi, c’est une seconde jeunesse que s’offre l’Ours.

L’Ours Barnabé offre plusieurs degrés de lecture ce qui lui permet d’être accessible à un large public et ce dès 6-7 ans. D’une sagesse certaine et doté d’un réel sens de l’humour, cet ours placide et pacifique semble inébranlable ; tout problème a sa solution, il suffit simplement de regarder les choses avec l’angle de vue adapté à la situation… quitte à recourir à l’absurde. De fait, les problèmes se résolvent avec une facilité déconcertante ce qui accentue l’amusement ressenti par le lecteur. Comme à son habitude, Barnabé touche à toutes les questions du quotidien : arts & culture, sport, intempéries, écologie, relations amicales, interculturelles ou de voisinage… Le ton optimiste du scénario ouvre naturellement à la notion d’entraide qui est un élément fort dans cette série. Les protagonistes sont interdépendants les uns des autres sans être dépourvus d’une quelconque forme d’autonomie et de libre-arbitre.

Un dessin lisible, accessible et coloré permet d’entrer facilement dans cet univers anthropomorphe. La composition dominante est une structure de page en 6 cases (trois bandes de deux cases) mais elle est régulièrement repensée pour répondre au mieux aux besoins narratifs.

PictoOKUne série testée et approuvée par toute la famille. Je vous invite à la découvrir à votre tour ; prenez n’importe quel tome, il n’y a pas de chronologie particulière à respecter dans les albums, tous vous sont accessibles pour vous sensibiliser à cet univers. Lisez… et savourez !

Le site dédié à la série.

L’Ours Barnabé

Tome 15 : Un monde parfait

Série en cours

Editeur : La Boîte à bulles

Collection : La Malle aux images

Dessinateur / Scénariste : Philippe COUDRAY

Dépôt légal : novembre 2014

ISBN : 978-2-84953-212-6

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’Ours Barnabé, tome 15 – Coudray © La Boîte à bulles – 2014

L’Ours Barnabé, Intégrale 3 (Coudray)

L'Ours Barnabé, Intégrale 3
Coudray © La Boîte à bulles – 2012

Un ouvrage de 228 pages, dont 189 gags (un gag par page) et une partie bonus très riche intitulée « Les coulisses de l’Ours Barnabé ». Ce supplément retrace le parcours de cet ours philosophe à la logique implacable et dont je vous donne un rapide aperçu :

La série a débuté en 1980. Les gags, initialement publiés dans des revues, ont peu à peu trouvé leur public. La série passe brièvement chez Hachette (2 albums publiés), se pose ensuite chez l’éditeur Mango (11 albums dont des rééditions des premiers gags), obtient plusieurs Prix (Angoulême…) et est traduite dans plusieurs pays (Japon, Allemagne, Angleterre…). En 2009, elle s’installe à La boîte à bulles. Depuis, un nouvel album a d’ores et déjà été publié ainsi deux intégrales. Cette troisième intégrale vient clore la réédition des gags de Barnabé. Dorénavant, place aux inédits ! Enfin, notons que le Festival d’Angoulême a consacré en janvier dernier une Exposition dédiée à cet univers. Je vous invite à suivre ce lien pour en voir davantage.

Le seul constat que cette série divertisse petits et grands depuis près de 32 ans m’impressionne ! Concrètement, quelques pages suffisent pour adopter Barnabé et comprendre pourquoi le plantigrade parvient à séduire un large lectorat… de 6 à 120 ans !! ^^

Bien que décliné en bande dessinée, L’Ours Barnabé relève de l’esprit du dessin d’humour. Clarté du dessin, poésie des couleurs, lisibilité du gag, concentration du propos, ouverture vers le rêve

(propos de Jean-Luc Coudray dans la postface).

Chez moi, ce personnage pacifique, intelligent et bienveillant a conquis toute la famille. On le lit seul ou en famille à raison d’un ou plusieurs gags à la suite. L’ouvrage ne végète jamais longtemps sur une étagère. Pourquoi tous nos avis convergent-ils ? Tout d’abord, parce qu’il n’y a pas de violence, pas de rivalité entre les personnages, ils ne sont pas matérialistes et leurs désaccords se règlent avec bon sens et sans animosité. L’humour – tel qu’il est utilisé – permet à chaque lecteur, quel que soit son âge, de donner du sens à ce qu’il lit. Ours, lapin, renard, hérisson, taupe… tout ce petit monde se côtoie naturellement, sans se craindre les uns les autres.

Les réactions de Barnabé sont spontanées, son sens de la logique est déroutant tant il est astucieux et imparable. Relativisons : JE ne ressens pas le besoin de trouver une parade aux propos qui sont énoncés.

L’ours applique aux événements ou aux questions du monde l’attitude de la confiance. Il voit au-delà des apparences. Et les apparences se réorganisent pour lui donner raison

(propos de Jean-Luc Coudray dans la postface).

Les gags pourraient se résumer à de petites anecdotes (un service à rendre, un défi à relever, une expérience scientifique à finaliser…). Oui mais voilà, il y a ce petit ingrédient en plus qui fait tout le sel de la lecture : on se laisse surprendre par l’aspect inattendu des réponses qu’apportent Barnabé à un problème concret et/ou à une question délicate. On philosophe en toute tranquilité.

Je crée des réponses pour que les petits et les grands trouvent des questions

nous dit Philippe Coudray à travers son personnage.

Et puis comment ne pas être sensible à cet univers poétique et joyeux ? Le trait est minimaliste et ne s’encombre pas de détails superflus. L’action va à l’essentiel : Barnabé plante un arbre, il pousse en une ou deux cases. En une page, le lecteur dispose d’une vision complète de l’action et de ses conséquences. Les couleurs utilisées sont ludiques et toniques, elles mettent immédiatement le lecteur à l’aise. Le dessin est simple, il va à l’essentiel. Résultat : on profite pleinement de cette nature généreuse nichée au pied d’une montagne.

PictoOKLe ton humoristique permet de profiter de la finesse des réflexions, le dénouement des scénettes fait mouche. On ressent réellement l’amour de l’auteur pour son personnage.

Une conclusion assez évidente : lisez Barnabé ! ^^

La chronique de Jérôme sur l’Intégrale 1 et ma chronique sur l’Intégrale 2.

Echange de lecture réalisé en compagnie de Lire pour le plaisir dont vous pouvez lire la chronique en suivant ce lien.

Le site dédié à la série.

Une lecture que je partage également avec Mango à l’occasion de ce mercredi BD

Et découvrez les albums présentés par les autres lecteurs !

L’ours Barnabé

Intégrale 3

Challenge Petit Bac
Catégorie Animal

Série en cours

Éditeur : La Boîte à bulles

Collection : La Malle aux images

Dessinateur / Scénariste : Philippe COUDRAY

Dépôt légal : novembre 2012

ISBN : 978-2-84953-153-2

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’Ours Barnabé, Intégrale – Coudray © La Boîte à bulles – 2012

L’Ours Barnabé, Intégrale 2 (Coudray)

L'Ours Barnabé, Intégrale 2
Coudray © La Boîte à bulles – 2012

Placide, goguenard, intelligent et pacifique.

L’Ours Barnabé est un individu à la bedaine confortable. Des nombreux passe-temps de ce curieux philosophe, on peut noter l’écriture, la peinture et la sculpture. Les doigts d’une patte suffiront pour présenter ses principaux amis : le lapin (complice de nombreux moments) et le renard. L’Ours Barnabé vit à la montagne. Il y est heureux, sensible au respect de l’environnement et soucieux d’offrir une bonne éducation à ses deux oursons.

Pour la petite histoire, Barnabé dispose déjà d’un long parcours débuté en 1980. Je passe sur les périples éditoriaux qu’il a connu, précise qu’il s’est définitivement posé à La Boîte à bulles qui réédite l’ensemble des publications en y joignant au passage quelques nouveautés. De plus, le site dédié à la série nous apprend également que Barnabé « a été sélectionné par l’Éducation Nationale. Le festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême lui a consacré le prix des Écoles en 2011 et une exposition en 2012. L’Ours Barnabé a été traduit en 3 langues (japonais, allemand et américain) ».

Cette intégrale comporte des pages issues des albums La nuit porte conseil, Comme un poisson dans l’eau, Ça baigne, Tout est possible et De mieux en mieux.

Dans une ambiance pleine de bonhomie, nous plongeons dans le quotidien de Barnabé. Pour moi qui découvre seulement cet énergumène, quelques planches seulement m’ont suffi à trouver mes repères. On passe d’un gag à l’autre au rythme d’une planche par histoire. Invariablement, chaque page comporte trois bandes d’une ou deux cases. Et même si les 192 pages reprennent sans exception cette découpe de planche, je constate avec surprise qu’il n’y a aucune lassitude durant la lecture. Cela est en grande partie dû à la pertinence des saynètes et de leur dénouement qui nous prennent quasi systématiquement par surprise.

Car l’Ours Barnabé nous oblige à revoir notre raisonnement. Le lecteur doit donc faire appel à une nouvelle forme de logique pour appréhender et donner du sens aux actes de Barnabé. Les situations rencontrées sont variées mais on peut mettre en avant les principaux thèmes de cet univers : écologie, rapport à l’autre/rapport au monde et vie quotidienne. J’imagine aisément qu’il est possible de décrire le profil-type des lecteurs de cette série : je les vois confortablement installé, l’air foncièrement bien, impression d’autant plus renforcée par ce sourire satisfait qui s’installe de manière durable sur leur bouche. Du moins, c’est ainsi que je me suis plu à m’imaginer durant ce moment de lecture : j’ai trouvé ma place dans cet univers, m’y suis sentie à l’aise principalement grâce à l’absence de violence dans le jugement et les valeurs qui sont ici énoncées. On est face à des prises de position fortes pourtant, les principes véhiculés par le personnage recueillent naturellement l’adhésion du lecteur. Barnabé a l’art de rendre visible les liens ténus qu’on élude habituellement dans notre manière de voir le monde qui nous entoure.

Graphiquement, certains pourraient reprocher l’air dépouillé des visuels cependant, l’auteur fait preuve d’un talent rare : celui de savoir distiller avec intelligence et finesse des idées, des concepts et une certaine manière de voir la vie afin d’interpeller son lecteur. Ainsi, Philippe Coudray touche un large panel des émotions de son public. Certes, les saynètes sont de qualité variable pourtant, on rit, on sourit, on réfléchit… sur l’absurde d’une situation, un jeu de mot, un travers de l’espèce humaine. La simplicité avec laquelle les scènes sont dessinées crée, chez le lecteur, une grande liberté quant aux possibilités d’accueillir les propos de l’Ours. D’ailleurs, cette sobriété donnée à la forme des histoires surprend tant elle contraste avec la richesse des propos. L’auteur amène à des sujets différents, des réflexions alors même que le support est presque rudimentaire et que son personnage principal semble s’exprimer de manière monocorde. Je dirais qu’avec presque rien, Philippe Coudray sait nous émouvoir par la justesse du ton qu’il emploie et la finesse des réflexions de sa créature.

L’univers graphique diffuse une poésie inattendue. A l’aide d’un dessin minimaliste dans l’esprit de la ligne claire, l’auteur donne l’impression que Barnabé évolue en toute liberté dans ces pages, il pourrait presque s’affranchir de son créateur tant on a l’impression que sa personnalité en fait un être totalement autonome. D’ailleurs, la simplicité des décors ne donne pourtant pas l’impression que cet univers est simpliste. Car derrière la personnalité de cet ours en apparence pataud, il y a une forme de coquetterie dans ce choix de dessiner la nature. Elle est belle, attrayante, pétillante de fraicheur. Les choix de colorisation appliqué sont très ludiques et renforce l’impression de liberté, de grands espaces.

PictoOKLe naturel, la simplicité, l’absence d’esprit de compétition, l’humour… autant d’ingrédients qui créent un univers qui plaira aux enfants de tous les âges. Ce sympathique ours à l’air ébahi, ce monde pétillant de philosophie, cette manière de rationaliser les choses ne peuvent que rallier un large lectorat à la cause de Barnabé. « La fluidité de la lecture et la lisibilité des paradoxes rendent cette création accessible aux enfants, en même temps que sa profondeur en fait une œuvre universelle » (extrait du site de la série). Il y a peu d’avis en ligne sur cette série alors… c’est à vous de jouer !

Site dédié à L’Ours Barnabé.

La chronique (Intégrale 1) de Jérôme chez qui j’ai découvert cette série. L’avis de Jean-François sur « De mieux en mieux » (un des albums contenu dans cette intégrale) et l’avis de PlaneteBD.

L’ours Barnabé

Challenge Petit Bac
Catégorie Animal

Série en cours

Éditeur : La Boîte à bulles

Collection : La Malle aux images

Dessinateur / Scénariste : Philippe COUDRAY

Dépôt légal : janvier 2012

ISBN : 978-2-84953-134-1

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’Ours Barnabé, intégrale 2 – Coudray © La Boîte à bulles – 2012