La petite famille (Dauvillier & Lizano)

Dauvillier – Lizano © La Gouttière – 2013
Dauvillier – Lizano © La Gouttière – 2013

La vie est calme et la maison est tranquille chez Pépé et Mémé. Les jours s’étirent au rythme des habitudes quotidiennes : s’occuper du jardin, nourrir les poules, ramasser les œufs… Lorsque les vacances approchent ou qu’un repas dominical est prévu, un vent d’excitation parcourt l’atmosphère de la maisonnée jusqu’à l’arrivée des petits enfants. C’est alors que le rythme s’envole.

Mémé est toute attentive au bien-être de sa petite tribu quant à Pépé, c’est plus difficile de savoir ce qu’il pense. Ce vieux ronchon est presque mutique, un peu frustre. Présent sans l’être.

Avec Pépé, c’est pas facile de savoir s’il est en colère ou content. Maman dit que Pépé, c’est comme un ours. Il râle… il ronchonne… mais il est pas méchant. Il est tout doux. Même que moi, je trouve qu’il a la peau râpeuse

Un petit garçon âgé de 7 ou 8 ans est le narrateur narrateur de cette histoire familiale. Avec ses mots d’enfant, il nous invite à le suivre et c’est sans aucune difficulté qu’on lui emboîte le pas pour prendre place dans sa famille. Cette lecture a tôt fait de venir titiller les souvenirs de jeunesse des plus grands… les jeunes lecteurs, quant à eux, sont dans la même situation que lorsqu’un copain leur raconte ses vacances ou la journée de pêche qu’il a passée avec son grand-père. L’univers est familier pour tout le monde, on s’y sent bien.

Pépé avait été jeune. En plus, il jouait au foot. Il courait tellement vite que les supporters l’appelaient Bicquet. Mon Pépé, c’était un champion de foot !.

Le scénario de Loïc Dauvillier fait mouche. Il s’appuie sur des scènes banales de la vie quotidienne et les sublime. Son écriture nous permet de matérialiser toute la chaleur et la tendresse de cet univers. On entend le ronronnement de la télévision qui sert de bruit de fond à une partie de carte, la petite brise qui fait bruisser les feuilles… L’auteur nous installe confortablement dans son monde imaginaire et c’est un plaisir que de suivre ce petit garçon dans la  découverte de son Pépé. Ce Pépé d’ailleurs est peut-être bien le personnage principal de de cette série puisque tout gravite autour de lui, à l’image des titres choisis pour les trois albums de cette série : Pépé (tome 1 paru en 2004), Bicquet (second tome publié en 2005) et Le grand ours (tome 3 qui clôt la série en 2006).

Marc Lizano l’accompagne si bien au dessin qu’on ne peut qu’être sensible à l’harmonie et à l’équilibre présent dans ce récit. D’ailleurs, on sent vraiment que les deux auteurs sont sur la même longueur d’ondes. Ce n’est peut-être pas pour rien que ce duo s’est régulièrement reformé au cours des années. Ainsi, leur collaboration a donné lieu à une demi-douzaine d’ouvrages puisqu’aux côtés du triptyque de La Petite famille, s’ajoutent deux albums parus en 2012 : L’enfant cachée et Hugo et Cagoule.

Dauvillier – Lizano © La Gouttière – 2013
Dauvillier – Lizano © La Gouttière – 2013

Marc Lizano et Loïc Dauvillier ont ce point commun qu’ils savent passer sans difficulté d’un ouvrage jeunesse à un ouvrage intimiste (les bibliographies présentes sur leurs sites respectifs en sont témoins). C’est certainement cette volonté d’alterner les sujets traités (et le lectorat à qui l’ouvrage est destiné) doublée d’une cette facilité à installer naturellement les bases d’une histoire qui permettent un tel résultat. Pour ma part, des cinq albums issus de leur collaboration… aucune déception de lecture !

Pour finir, le scénario de La Petite famille s’adresse à un large lectorat. Les personnages sont rarement nommés par leurs prénoms ce qui permet une identification rapide et facile à l’un ou l’autre des protagonistes, que l’on soit petit ou grand lecteur. La présence de moult petit détails graphiques est une richesse. Du petit cadre photo d’un membre de la famille aux petits carreaux de carrelage sur le sol de la cuisine, en passant par les rides d’expression des grands-parents… tout est là pour que le lecteur s’approprie pleinement cet univers.

Une lecture que je partage avec Mango

Logo BD Mango Noir

PictoOKTrès belle série, touchante et réaliste. Il y a un air de nostalgie qui plane par ici et ce n’est pas désagréable de s’y frotter. Je n’aurais rien eu contre un tome supplémentaire… 🙂

Les chroniques de Jérôme et de Noukette. Un immense merci à Flavie qui est d’une patience infinie 😉 et ce très beau texte de Loïc sur le passé, le présent… et le futur de cette Petite Famille.

La petite famille

Intégrale regroupant les trois tomes

Triptyque terminé

Editeur : La Gouttière

Dessinateur : Marc LIZANO

Scénariste : Loïc DAUVILLIER

Dépôt légal : avril 2013

ISBN : 979-10-92111-00-2

Bulles bulles bulles…

Les premières planches sur DiGiBiDi.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La petite famille, intégrale – Dauvillier – Lizano © La Gouttière – 2013

L’attentat (Dauvillier & Chapron)

Dauvillier – Chapron © Glénat – 2012
Dauvillier – Chapron © Glénat – 2012

Amine Jaafari est palestinien. Il a obtenu la nationalité israélienne et exerce en tant de chirurgien dans un hôpital de Tel-Aviv. Amine est bien intégré ; il est marié et vit dans un quartier bourgeois de la ville. Enfin, il a de bons rapports avec ses collègues et de nombreux amis, y compris dans la police.

Amine a une bonne situation, une bonne réputation… Jusqu’à ce jour où sa vie bascule. Ce jour maudit où un kamikaze se fait exploser dans un restaurant de la ville. Ce kamikaze, c’est sa femme. Après le choc de la nouvelle, le médecin passe par différents stades, de la consternation à la colère.

« Ce n’est pas mon épouse. Ce n’est pas elle. Je la connais, ce n’est pas elle… »

Il a besoin de comprendre les raisons qui ont poussé sa femme à devenir une martyre de la cause palestinienne. Comprendre ! Cet objectif va devenir pour lui une obsession au point qu’il décide de mener sa propre enquête. Il souhaite poser ses questions aux leaders des mouvements extrémistes…

« Je n’ai pas l’intention de me venger ou de démanteler le réseau. Je veux juste comprendre comment la femme de ma vie m’a exclu de la sienne ».

Ce récit est adapté du roman éponyme de Yasmina Khadra. A mon grand regret, je ne l’ai toujours pas lu. C’est donc pour moi l’occasion de me sensibiliser à cette œuvre plusieurs fois récompensée.

Un album de 152 pages qui nous plonge au cœur de la psyché du personnage. Très rapidement, Loïc Dauvillier empoigne son lecteur et le tient en haleine. A l’instar du héros, j’ai ressenti un fort sentiment d’incompréhension quant au bien-fondé des attentats-suicides.

Quelle fierté peut-on tirer quand on envoie des gens mourir pour que d’autres vivent libres et heureux ?

Le questionnement du personnage principal fait écho en nous. Comment ne pas réagir de la sorte lorsqu’on réalise aussi violemment que la personne avec qui on vivait nous est totalement inconnue ? Comment ne pas être abasourdi quand on découvre que notre conjoint défendait des opinions étaient radicalement opposées aux nôtres ?

Au-delà du parcours de cet homme, c’est une réflexion plus globale qui s’installe. Les notions de respect, de droits, de territoire et de légitimité s’entrechoquent en permanence. Que dire de ces deux peuples meurtris par l’histoire ? Que penser du bien-fondé du Mur de la honte ? Comment appréhender le fait qu’un peuple ressente le besoin de s’enfermer (au sens propre du terme) au sein même de ses frontières ? Que penser des palestiniens qui, pour manifester leur opposition et leurs souffrances, envoient leurs enfants se suicider ?…

N’y aura-t-il donc jamais d’alternative ? Aucune solution pacifique qui soit viable ? Les albums que j’ai lus sur ce thème posent tous les mêmes constats et nourrissent chez moi un questionnement récurrent auquel je n’ai pas de réponses. D’ailleurs, vu la complexité de la situation, qui pourrait se targuer d’avoir des certitudes sur ce sujet ?

Quoiqu’il en soit, je peux affirmer que lorsqu’un album parvient à susciter de tel questionnement auprès de ses lecteurs, c’est que le scénario prend aux tripes. Loin de laisser indifférent, les propos interpellent et percutent. La tension monte crescendo et seul le dénouement est capable d’arrêter ce processus…

Après avoir refermé l’album, la réflexion se prolonge. Le contraste est fort entre les conditions de vie de part et d’autre du mur de la honte. D’un côté, le confort d’Israël, les paysages urbains presque intacts et le racisme à l’égard des arabes. De l’autre, les villages palestiniens laissés à l’abandon, les armes et la méfiance à l’égard de l’étranger.

« – Tout Juif de Palestine est un peu arabe et aucun arabe d’Israël ne peut prétendre ne pas être un peu Juif.
– Tout à fait d’accord avec toi. Alors pourquoi tant de haine dans une même consanguinité ? »

Une lecture que je partage avec Mango

Logo BD Mango Noir

PictoOKPictoOKSuperbe. Un album de qualité dont je vous recommande chaudement la lecture.

Une lecture faite en compagnie d’OliV : je vous invite à lire sa chronique !

[EDIT du 08/03/2013 : ma chronique sur le roman de Khadra]

Les chroniques : Philippe Belhache, Antigone.

Extraits :

« Il faut savoir regarder la mer. C’est un miroir qui ne sait pas nous mentir. C’est aussi comme ça que j’ai appris à ne plus regarder derrière moi. Avant, dès que je jetais un coup d’œil par-dessus mon épaule, je retrouvais intacts mes chagrins et mes revenants » (L’attentat).

« La difficulté commence quand ceux qui se la coulent douce viennent tirer l’oreille à ceux qui sont dans la merde jusqu’au cou. Ta femme avait choisi son camp. Le bonheur que tu lui proposais avait une odeur de décomposition. Est-ce qu’il te faut un tableau pour comprendre ou est-ce que c’est toi qui refuses de regarder la réalité en face ? » (L’attentat).

Du côté des challenges :

Challenge Histoire : le conflit israélo-palestinien

Challenge histoire
Challenge Histoire

L’attentat

One shot

Adaptation du roman de Yasmina Khadra

Editeur : Glénat

Dessinateur : Glen CHAPRON

Scénariste : Loïc DAUVILLIER

Dépôt légal : septembre 2012

ISBN : 978-2-7234-8254-7

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’attentat – Dauvillier – Chapron © Glénat – 2012

Mon copain secret (Dauvillier & Kokor)

Mon copain secret
Dauvillier – Kokor © Editions La Gouttière – 2012

Manon ne s’entend pas avec son frère jumeau. Ce dernier ne cesse de se moquer d’elle devant leurs copains et à la maison, c’est jalousies, bouderies et compagnie ! Du coup, pour couper court aux chamailleries, maman demande souvent à Manon et à Tom (son frère) d’aller se calmer dans leurs chambres.

Pourtant, depuis quelques temps, cette punition n’en est plus réellement une pour Manon. Son copain secret – Eléphant – l’attend dans sa chambre. Avec lui, Manon parle de tout et de rien, mais surtout de ses petits soucis. Eléphant la conseille et la câline. Enfin, elle a trouvé quelqu’un qui fait attention à elle.

Mais ce n’est pas évident de garder le secret surtout qu’Eléphant fait de grosses bêtises !

Après Petite souris, grosse bêtise paru aux Éditions La Gouttière en octobre 2009, cet album est la seconde collaboration entre Loïc Dauvillier et Alain Kokor. C’est l’occasion pour les auteurs de revenir sur le thème de la solitude de l’enfant et celui des bêtises. Mais aussi amusantes soient-elles, quelles en sont les conséquences ?

Avec beaucoup de finesse et de douceur, Loïc Dauvillier puise de nouveau dans les mondes imaginaires de nos petites têtes blondes pour construire son récit. Le petit lecteur peut s’identifier facilement à Manon car avouons-le… lorsqu’enfant on est pris dans le jeu ou que l’on s’ennuie, c’est bien naturel d’imaginer un voire plusieurs « amis » à qui donner la réplique. Qui parmi vous ne s’est jamais inventé un ami fictif étant enfant ?

Mais le scénariste pousse la chansonnette un peu plus loin en donnant vie à un personnage que l’on imagine inventé de toutes pièces par la fillette… sauf qu’il agit de manière totalement autonome ! Certes, l’aspect pataud de l’éléphant sert parfaitement le comique de situation et permet d’aborder des thèmes douloureux (les moqueries, la solitude, le mensonge…) sans que l’on s’apitoie sur la petite fille. Mais à trop vouloir protéger la fillette, le pachyderme en devient revanchard, ce qui donne lieu à des scènes cocasses ! Mais ce n’est pas tout, et c’est là que c’est intéressant car l’héroïne n’est pas du tout d’accord avec les agissements de son « copain secret ». Manon est donc confrontée à un sérieux dilemme : comment dire à son ami qu’elle n’est pas d’accord avec ce qu’il fait… tout en préservant leur amitié ? Qu’est-ce qui est bien ? Qu’est-ce qui est mal ?

Face à ces questions, l’enfant-lecteur n’est pas insensible. Partagé entre l’envie de rire et celle de dénoncer, la première lecture a mis mon fils dans l’embarras. Autant dire que Mon copain secret l’a déstabilisé :

– Tu dis que ce sont les Messieurs qui ont écrit Petite souris, grosse bêtise qui ont fait Mon copain secret ?
– Oui.
– Et tu crois que ce qu’ils disent ça peut se passer pour de vrai ?
– Je ne pense pas bonhomme.
– Mais qui fait les bêtises alors ? C’est Manon ?
– Je pense que c’est son copain secret.
– Ah ! … [un moment de réflexion… son cerveau est en ébullition]… Alors je vais jouer un peu et on pourra lire encore l’histoire cet après-midi ?

En effet, ce n’est pas toujours évident de prendre du recul sur une histoire fictive lorsque celle-ci est si joliment amenée. D’autant que les chamailleries des jumeaux lui rappellent ses propres chamailleries avec son frère, d’autant que mon bonhomme a tendance à se perdre dans ses pensées (avec qui ?? ^^)… Et le fait que la jeune héroïne (âgée de 10 ans) soit la seule à donner son avis sur les faits et gestes de ce copain secret est visiblement déroutant. Qu’en pense l’adulte dans tout ça ?? La seconde lecture lui a permis de mieux appréhender le contenu de cet album et de garder son aplomb face à mes « non-réponses ». En effet, je voulais qu’il se positionne seul face à l’histoire, qu’il se fasse sa propre opinion avant de partir avec lui dans l’échange réciproque…

… et finalement, voici ce qu’il en dit :

C’est une histoire que je relirais parce qu’elle est rigolote. L’éléphant fait plein de bêtises et ça m’a fait penser aux animaux qui sont un peu zinzin.

Tom et Manon font pareil que moi et mon frère, ils se disputent fort pour des choses quand ils ne sont pas d’accord. C’est comme quand Manon a dit qu’elle a trouvé un éléphant dans son placard. Si mon frère me disait ça, je regarderais dans son placard et je lui donnerais un coup de pied dans les fesses parce que j’aime pas quand il se moque de moi !

Et un éléphant dans une chambre… euh… c’est pas sa place !!! Du coup, je trouve l’histoire très bizarre et c’est pour ça qu’elle me fait rire. Moi je rêve pas d’un copain secret mais j’aimerais quand même bien avoir un chien ! Pour le Monsieur qui a dessiné l’histoire, je voudrais lui dire que je l’ai trouvé très gentil et que je trouve le dragon qu’il m’a dessiné (*) très beau. En fait, je suis plus fâché, même s’il a oublié de lui dessiner des ailes. Et puis je trouve les trouve jolis [les dessins de Manon], j’aime bien ses dessins !

(*) pour la dédicace : voir cet article qui date de Novembre 2010.

Le graphisme justement, parlons-en. La douceur et la poésie se sont installées au bout des crayons d’Alain Kokor. L’ambiance pétille un peu moins que dans Petite souris, grosse bêtise, mais cela tient également aux personnalités différentes des fillettes. Suzie était plus spontanée que Manon, mais elle était aussi plus jeune. Manon a plus de retenue et de maturité. Les roses-orangés qui accompagnent son univers sont donc plus délicats mais tout aussi chaleureux. Visuellement, le voyage est très agréable.

Une lecture que je partage également avec Mango à l’occasion de ce mercredi BD

Et découvrez les albums présentés par les autres lecteurs !

PictoOKDécidément, les choix éditoriaux de La Gouttière ne laissent pas les jeunes lecteurs insensibles. Après avoir refermé les albums, il y a toujours un temps d’échange durant lequel l’enfant (se) questionne spontanément. De publication en publication, la forme ludique sert habillement le fond qui est plus réflexif. Il y a un jeu de miroir entre l’univers raconté et la réalité de l’enfant… il revient donc au parent d’aider l’enfant à tisser les passerelles entre un monde et l’autre. Laissez-vous tenter !!

Mon copain secret

One shot

Éditeur : La Gouttière

Dessinateur : Alain KOKOR

Scénariste : Loïc DAUVILLIER

Dépôt légal : novembre 2012

ISBN : 978-2-9539182-6-7

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mon copain secret – Dauvillier – Kokor © Editions La Gouttière – 2012

Hugo et Cagoule (Dauvillier & Lizano)

Hugo et Cagoule
Dauvillier – Lizano © Éditions La Gouttière – 2012

Hugo passe son temps libre avec Cagoule, son chat. L’enfant et le félin sont si complices dans le jeu qu’il leur suffit de bien peu de choses pour s’évader des heures durant dans le monde imaginaire de l’enfant. Un buisson ou un arbre sont le terrain de jeu idéal pour une partie de cache-cache.

Et si la cachette est trop difficile à trouver, le vent entre dans la partie. D’un petit souffle de poésie, il aide nos deux amis à se laisser des messages codés : « Coucou copain ! Je ne suis pas loin ! A toi de me trouver mais sache qu’en attendant, je t’aime fort ! ».

En janvier dernier arrivait dans les bacs des libraires L’Enfant cachée où une grand-mère raconte ses souvenirs de la déportation à sa petite-fille. Avec beaucoup de douceur, Loïc Dauvillier  mettait donc à la portée des 8-10 ans, un récit sucré-salé traitant de la condition des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Accompagné de Marc Lizano au dessin, les deux auteurs livraient-là un album que toute bonne bibliothèque jeunesse se doit de posséder.

Quatre mois plus tard, en mai dernier, le duo d’auteurs frappe de nouveau avec Hugo et Cagoule. Cette fois, l’ouvrage s’adresse aux 3-4 ans et raconte une histoire d’amitié entre un petit garçon et son chat. Cet album muet permet une lecture très interactive pour les petits. Pendant 40 pages, ils vont pouvoir observer, chercher et s’amuser à retrouver Hugo et Cagoule, deviner les intentions des deux protagonistes puis, ravis de comprendre le dénouement d’une scène, vont tourner frénétiquement la page pour découvrir la suite de l’histoire. Le petit lecteur s’identifie vite à Hugo puisque le jeune personnage est occupé par des jeux qui lui sont très familiers : rire, se cacher, bidouiller avec les cailloux, faire des dessins dans la terre…

Une ou deux lectures en compagnie d’un adulte suffisent. Ensuite, les symboles contenus dans les bulles de pensées sont suffisamment significatifs pour que le petit lecteur soit autonome sur son temps de lecture. Les dessins réalisés par Marc Lizano sont expressifs et les couleurs qu’il y appose sont douces. On profite ainsi d’une belle journée de printemps, ni trop chaude ni trop froide. La luminosité du ciel est agréable, la nature est parée d’un vert vif et chatoyant… la preuve qu’avec bien peu d’éléments narratifs et visuels, il est possible de divertir facilement.

Monsieur Lutin est venu aider son petit frère pour compléter ma chronique. Voici donc son avis sur l’ouvrage :

J’adore le petit chat parce qu’il est mignon. Les chats sont des animaux gentils qui obéissent mais ils aiment aller partout !! Ils aiment surtout jouer dans les jardins parce qu’il y a de l’herbe et qu’ils aiment se coucher et se cacher dedans. Elle est trop cool l’histoire. En fait, ça parle d’un petit garçon qui s’entend bien avec son chat. Ils s’aiment parce que ce sont des bons amis. J’ai bien aimé quand Cagoule et Hugo jouent ensemble à trappe-trappe. C’est amusant ça ! Et puis j’ai aimé quand ils font des dessins dans la terre. Et quand le vent arrive, c’est comme de la magie !!

PictoOKHugo devient vite un copain pour le petit lecteur et même si le rythme de l’histoire est un peu lent, il convient à merveille pour ce lectorat. Avec beaucoup de poésie et d’humour, voici une lecture toute douce à lire quel que soit le moment de la journée.

Les chroniques de Noukette, Jérôme, Hervé et les 4 jeudis.

Hugo et Cagoule

Challenge Petit Bac
Catégorie Personnage célèbre

One shot

Éditeur : La Gouttière

Dessinateur : Marc LIZANO

Scénariste : Loïc DAUVILLIER

Dépôt légal : mai 2012

ISBN : 978-2953918243

Bulles bulles bulles…

Les premières planches sur Digibidi.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Hugo et Cagoule – Dauvillier – Lizano © Editions La Gouttière – 2012

L’Enfant cachée (Dauvillier & Lizano)

L'Enfant cachée
Dauvillier – Lizano © Le Lombard – 2012

Réveillée en pleine nuit par un cauchemar, la petite Elisa retrouve sa grand-mère, Dounia, dans le salon. Elisa aime questionner sa grand-mère, elle lui demande souvent de lui raconter quand elle était petite. Ce soir-là, à la lumière d’un feu de cheminée, Dounia va raconter la période la plus douloureuse de son enfance, celle qui a suivi la rafle de ses parents au début de la Seconde Guerre Mondiale. Cachée dans un fond de meuble, Dounia échappe à la déportation. Elle sera recueillie par Monsieur et Madame Péricard, des voisins de leur immeuble.

Loïc Dauvillier fait partie des auteurs pour lesquels j’ai une tendresse particulière : parce que quel que soit le sujet abordé, ils savent nous faire vibrer en faisant passer leur message ; parce qu’ils créent des personnages qui me marquent et auquel je repense par la suite.

Ici, s’il s’agit d’un sujet régulièrement abordé en bande dessinée, on s’enfonce rapidement dans le scénario grâce au ton chaleureux et intimiste emprunté. C’est une histoire unique, celle de Dounia, qui est racontée de façon tellement sincère qu’on ne peut qu’éprouver de la sympathie et de l’empathie pour cette vieille dame et ses proches. La majeure partie est écrite à la première personne. Dounia raconte, en voix-off, les quelques années de sa vie qui ont bouleversé son existence. Une petite fille que les adultes ont tenté de préserver au maximum, à commencer par son père qui, pour le pas l’inquiéter, lui explique que c’est parce qu’il a accepté que sa famille devienne une famille de shérif qu’ils vont coudre une étoile jaune sur leurs manteaux. Plusieurs années plus tard, c’est sans avoir jamais entendu parler des camps de concentrations que Dounia accompagne le couple qui l’a recueilli pour retrouver la trace de ses parents ; sur les murs d’une grande salle, des centaines de photos de rescapés juifs sont placardées.

Au dessin, Marc Lizano propose des ambiances douces. Le trait est rond, expressif, sans artifices. Cette apparente simplicité renforce la portée des propos du personnage principal. La petite histoire de Dounia s’inscrit dans la Grande. Certains passages nous amène inévitablement à nous rappeler de photos, de témoignages…

PictoOKDestiné à un public jeunesse, cet ouvrage est à consommer sans modération… et cela concerne également les adultes.

Cet album a obtenu la Mention spéciale du Jury Œcuménique de la Bande dessinée en 2013. Il s’inscrit au Roaarrr Challenge.

Une interview des auteurs sur CoinBD.

Les chroniques chez Yvan, Choco, Jérôme et Canel.

L’Enfant cachée

Roaarrr ChallengeOne Shot

Éditeur : Le Lombard

Dessinateur : Marc LIZANO

Scénariste : Loïc DAUVILLIER

Dépôt légal : janvier 2012

ISBN : 978-2-8036-2811-7

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’enfant cachée – Dauvillier – Lizano © Le Lombard – 2012

Petite souris, grosse bêtise (Dauvillier & Kokor)

Petite souris, grosse bêtise
Dauvillier – Kokor © La Gouttière – 2009

Suzy est une petite fille espiègle. A son âge, elle a encore besoin de son monde imaginaire pour bien grandir. Comme tous ses amis, elle attend aussi que ses dents de lait tombent… elle rêve de rencontrer la petite souris. Mais ce moment tarde à venir.

Ahaha. Petit prix, petit format et maximum de plaisir pour cet album jeunesse. Je poursuis la présentation de mes petites emplettes effectuées au Festival de BD de Colomiers le 20 novembre dernier.

Je ne présente plus ni Loïc Dauvillier ni Alain Kokor, deux auteurs que j’aime beaucoup beaucoup et qui sont tout de même parvenus à me faire lire un album jeunesse. J’avoue ne pas avoir eu la patience d’attendre mon Lutin pour découvrir l’album.

Avec plaisir, j’ai retrouvé ici les ambiances graphiques d’Alain Kokor qui me sont familières. Un univers teint de rouilles et de bleus ciel magnifiques, renforçant la caractère serein de certains passages ou accentuant l’inquiétude de la petite fille à d’autres moments. Les traits sont doux, les visages expressifs, le juste descriptif visuel pour qu’un enfant s’en saisisse. Monsieur Lutin, 4 ans 1/2, a adoré et s’il n’avait déjà sa petite princesse, je crois que Suzy aurait fait des ravages dans son monde imaginaire.

Quant au scénario, c’est la première fois que j’ai l’occasion de lire Loïc Dauvillier sur une histoire jeunesse. Pourtant, ce n’est pas là son premier coup d’essai en la matière -contrairement à Alain Kokor- puisque Loïc Dauvillier a déjà publié  plusieurs albums jeunesse dont La petite famille, Vas te brosser les dents ou Dino et Pablo. Le scénario s’efface régulièrement pour laisser la place à des successions de planches muettes pourtant, nous avons les éléments nécessaires pour nous attacher à Suzy, à son monde et à ses rêves. Dauvillier brosse le quotidien d’une petite fille rieuse et qui dévore la vie à pleine dents. Comme tous les enfants, elle se met aussi dans des situations compliquées, s’engageant dans des promesses qui seront difficiles à tenir, ce qui la mettra mal à l’aise. Nous abordons le thème de l’enfance, de l’amitié… et puis des bêtises. Cet univers est réaliste et fait écho chez les petits lecteurs…

PictoOK… bon sur toute la ligne ! Le parent lecteur découvrira cet univers avec plaisir pendant que les petites têtes blondes en savoureront chaque miettes. Préparez-vous à une déferlante de questions après la lecture car les auteurs ont fait mouche auprès du lectorat à qui est destiné cet album !

Présentation de l’album sur le site de l’éditeur et l’avis de Jérome.

Petite souris, grosse bêtise

One shot

Éditeur : La Gouttière

Dessinateur : Alain KOKOR

Scénariste : Loïc DAUVILLIER

Dépôt légal : octobre 2009

ISBN : 978-2-9524075-2-6

Bulles bulles bulles…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Petite souris, grosse bêtise – Dauvillier – Kokor © La Gouttière – 2009