Demande à la poussière (Fante) & Mon chien Stupide (Fante)

Fante © 10/18 – 1988
Fante © 10/18 – 1988

Los Angeles. Un homme seul, fauché, traverse sa vie le nez en l’air, à l’affût des autres autant que de lui. Il s’appelle Arturo Bandini. Il a quitté le Colorado qui l’a vu grandir mais, pensant que Los Angeles lui offrirait un avenir meilleur, il a fait ses bagages et quitté ses parents. Depuis qu’il vit en Californie, il loge dans un petit hôtel tenu par une veuve. Il est tout aussi miséreux qu’avant mais ici, l’espoir reste permis… l’avenir d’un jour meilleur.

« Los Angeles, donne-toi un peu à moi ! »

Cette page de Wikipedia explique que : « Bandini a tenu le rôle de l’alter ego de Fante dans quatre de ces romans (qui constituent « la saga d’Arturo Bandini ») : Bandini (1938), La Route de Los Angeles (par ordre chronologique, ce roman est le premier écrit par Fante, mais il n’a été publié qu’en 1985), Demande à la poussière (1939), et enfin Rêves de Bunker Hill (1982) ».

Demande à la poussière (titre original : Ask the Dust) est donc un roman qui mêle fiction et autobiographie. Le personnage principal est un jeune homme issu d’un milieu modeste et originaire du Colorado dans lequel l’auteur projette ses souvenirs, ses doutes, ses expériences…

Evidemment, comme j’ai l’esprit de contradiction, cela aurait été trop simple que je commence par Bandini… Qu’à cela ne tienne, cette absence de connaissance sur les antécédents d’Arturo Bandini ne m’a pas gênée… je ne peux pas en dire autant du style de Fante. Son écriture est quasi instinctive, elle laisse la place belle au ressenti du narrateur. Elle sort des tripes et décrit un homme en proie à des accès de violences et/ou à des sautes d’humeur totalement imprévisibles. Bandini est un écrivain déraciné, victime d’une panne d’inspiration qui le met à mal, en difficulté dans son lien aux autres, à la sexualité mal assumée. Un homme singulier, ni antipathique ni très attachant. La narration au « Je » rapproche un peu le personnage de son lecteur mais cela ne suffit pas à créer de l’engouement. Certaines de ses préoccupations ont su m’interpeller, je suis restée assez spectatrice de ses déboires et de ses vaines agitations. Un sanguin qui agit sans trop réfléchir, presque incapable d’anticiper les choses, de les organiser. Je retiendrais de cet homme sa capacité à se nuire bien qu’il le fasse sans préméditation. Pourtant, il fascine et suscite un curieux sentiment d’attraction-répulsion.

Ma première tentative de lire ce texte ne m’a pas emmenée au-delà d’une quinzaine de pages. Le deuxième essai fut concluant sans que pour autant je trouve du plaisir durant la lecture. Le récit riche en thématiques (précarité, prostitution, précarité, sexualité, alcoolisme, processus de création artistique…) et laisse le lecteur libre d’interpréter à sa guise.

PictomouiUne découverte en demi-teinte, un style plaisant mais qui ne m’a pas permis d’investir le quotidien décrit. Je n’ai apprécié cette œuvre que dans les derniers chapitres.

LABEL Lecture AccompagnéeUne lecture que je fais avec Kikine qui a accepté de m’accompagner dans la découverte de John Fante. Kikine a quant à elle choisit de découvrir Bandini et je vous invite bien évidemment à lire sa chronique !

Extraits :

« Et puis une femme descend à sa suite, et elle est belle, du renard argenté comme fourrure, une vraie chanson qui passe là sur le trottoir et disparaît à travers la porte battante, et c’est là que je me dis, oh boy, dis donc, si seulement tu pouvais t’offrir ça, rien qu’un tout petit peu, rien qu’une journée et une nuit. Un rêve, qu’elle était, un rêve que je faisais en marchant, et son parfum était encore dans l’air humide du matin » (Demande à la poussière).

« Quelque chose comme une grosse fleur s’est mise à pousser entre nous deux, une pensée qui prenait forme et parlait du gouffre qui nous séparait » (Demande à la poussière).

Demande à la poussière

Roman

Editeur : 10/18

Auteur : John FANTE

Traduit de l’américain par Philippe GARNIER

Dépôt légal : septembre 1988

ISBN : 978-2-264-03302-4

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Fante © 10/18 – 1987
Fante © 10/18 – 1987

« Un énorme chien à tête d’ours, obsédé et très mal élevé, débarque un soir dans la famille en crise d’Henry J. Molise, auteur quinquagénaire raté et désabusé. Dans leur coquette banlieue californienne de Point Dume, ce monstre attachant s’apprête à semer un innommable chaos. Un joyau d’humour loufoque et de provocation ravageuse » (synopsis éditeur).

Place cette fois à un autre personnage principal : le bien nommé Henry Molise, un écrivain raté, la cinquantaine sonnante et trébuchante, marié, quatre enfants qu’il rêve de voir partir et une belle maison à Point Dume (Californie).

Je me suis engouffrée tête baissée dans ce roman de John Fante où un personnage fort sympathique et suffisamment cynique tient la narration. Le propos semble plus léger (en apparence seulement) que celui tenu pour faire évoluer Arturo Bandini, ; le soupçon d’humour qui agrémente le récit lui donne un rythme plus alerte. Malheureusement, l’entrain que j’avais à la lecture est allé decrescendo jusqu’à la fin de l’ouvrage.

On retrouve des thèmes chers à Fante : l’écriture, l’Italie, le couple. On s’amuse de voir cet homme parfois si malmené et son aisance à écarter les difficultés d’un revers de la main. J’aimais bien cet homme. Dommage que les derniers chapitres glissent vers une quête pathétique.

PictomouiDommage que Fante ait choisit ce dénouement là…

… la fin m’a laissée de marbre et la désagréable impression d’accoucher de cet article sans péridurale !

LABEL LectureCommuneUn roman découvert avec Kikine qui partage son avis dans cet article. Remettrons-nous le nez dans un ouvrage de Fante ?? Je pense que l’on va laisser décanter un peu ces impressions…

Mon chien stupide

Roman

Editeur : 10/18

Auteur : John FANTE

Traduit de l’américain par Brice MATTHIEUSSENT

Dépôt légal : 1987

ISBN : 978-2-264-04876-9