Quatre sœurs, tome 4 (Ferdjoukh & Baur)

Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2018

Voici enfin (déjà !!?) le dernier opus de l’adaptation des romans éponymes de Malika Ferdjoukh.

Cette fois, c’est au tour de Geneviève – la seconde de la fratrie – de nous accueillir. Comme à l’accoutumée, elle s’occupe des tâches ménagères.

L’été pointe le bout de son nez et c’est l’agitation dans la maison des sœurs Verdelaine. Charlie continue à travailler d’arrache-pied pour assurer le quotidien et le paiement des factures mais elle se morfond, sa rupture avec Tancrède l’attriste et elle regrette aussi le couple qu’elle formait avec Basile. Geneviève a décroché un travail d’été à la plage, elle commence dans quelques jours. Bettina part camper trois semaines avec ses copines. Hortense part chez des cousins à Paris et Enid a réussi à faire partie du voyage.

La maison Vill’Hervé se dépeuple donc pour trois semaines, le temps pour Charlie et Geneviève de s’occuper un peu d’elles…

Un dernier tome tant attendu…

Cati Baur le souligne en postface, cela faisait neuf ans qu’elle travaillait sur cette adaptation des romans de Malika Ferdjoukh. On imagine aisément à quel point les cinq sœurs Verdelaine sont entrées dans sa vie et comme il peut être difficile de refermer cette aventure.

Cette tendresse folle pour ses personnages, on la ressent pleinement dans cet album. Peut-être cela tient-il au fait que nous savons que nous tenons en mains le dernier tome de la série ? En tout cas, l’envie est réelle de profiter de cet album sans retenue, à chaque page. Ne rien rater, savourer chaque réplique, chaque respiration de ces cinq jeunes filles dont deux sont déjà presque des femmes.

Le scénario est entraînant, gai et aucun impondérable ne saurait ternir ce plaisir à partager une petite heure en leur compagnie. Les bouilles radieuses des sœurs Verdelaine, leur sens de l’humour et de la répartie, leur capacité à retomber sur leurs pieds… tout cela crée le charme de la série. Et puis même quand elles se chamaillent, on entend déjà les rires à chaque étage de la Vill’Hervé.

Les couleurs de l’été accompagnent ce tome gouleyant où l’on suit avec une attention toute particulière la douce Geneviève. On rit, on espère que leurs envies se concrétiseront, on s’étonne de leur ingéniosité.

Je crois que j’aurais été capable de suivre cette série jeunesse pendant quelques tomes encore. Car s’il est question ici du quotidien de cinq jeunes filles, il n’y a rien de superficiel, rien de suranné. Le lecteur s’intéresse à ce qu’elles vivent, il s’immisce dans cette petite famille, s’amuse parfois de les voir tour à tour si prévisibles pourtant, depuis le premier tome, on les voit changer, mûrir et s’affirmer.

Très belle série jeunesse que je recommande. Une « série-doudou » qui diffuse de la bonne humeur. Dès le premier tome, l’adaptation de Cati Baur m’a donné envie de découvrir les quatre romans de Malika Ferdjoukh et cette impression n’a fait que se confirmer de tome en tome.

Les autres tomes de la série sont également sur le blog. Je vous invite également à lire l’avis de Madame sur ce tome 4.

Quatre sœurs

Tome 4 : Geneviève
Tétralogie terminée
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Cati BAUR
Adaptation : Cati BAUR
d’après le roman de Malika FERDJOUKH
Dépôt légal : janvier 2018
154 pages, 15 euros, ISBN : 978-2-36981-132-9

Bulles bulles bulles…

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Quatre sœurs, tome 4 – Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2018

Quatre soeurs, tome 3 : Bettina (Ferdjoukh & Baur)

Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2016
Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2016

« Le printemps, saison du renouveau, des amours et des primeurs, éclate dans toute sa splendeur à tous les étages de la Vill’Hervé.

Renouveau ? Oui. Harry et Désirée, les petits cousins, viennent passer des vacances au grand air. Charlie, à sec, s’est résignée à louer la chambre des parents. Le locataire s’appelle Tancrède, il est jeune, célibataire, drôle, fabricant d’odeurs bizarres. Et beau. Primeurs ? Trop. On retrouve des poireaux nouveaux partout, dans la soupe, coincés dans un cadre de tableau et même dans le pot d’échappement de la voiture de Tancrède. Toujours lui. Amours ? Hélas. Tancrède sème le trouble et récolte la tempête dans le cœur de Charlie. Bettina se languit du très très moche et si splendide Merlin. Enid fait des confidences. Geneviève se tait. Et Mycroft, le rat, tombe amoureux à son tour… » (synopsis éditeur).

C’est agréable de revenir à la Vill’Hervé. Cette fois, c’est le printemps qui nous accueille dans cette demeure où l’on a désormais pris nos marques. Tour à tour, on se glisse dans la tête d’Enid (9 ans), d’Hortense (11 ans), de Bettina (14 ans), de Geneviève (16 ans) ou de Charlie (23 ans). Tour à tour on se retrouve fillette ou jeune femme. Tour à tour, on regarde ce quotidien de débrouille et d’entraide réciproque. Tour à tour, on est l’une de ces filles qui partage sa vie avec ses quatre sœurs. « Quatre sœurs ». Malika Ferdjoukh avait fait le choix, dans les romans originels de la série, de faire glisser la narration de l’une à l’autre des filles de la fratrie, permettant ainsi au lecteur de se lover dans le moindre interstice de cet univers fictif.

L’adaptation de Cati Baur, à son tour, permet cette promiscuité avec les personnages. Le lecteur est omniscient et omniprésent, comme s’il était le cœur de la maison familiale… comme s’il était l’incarnation de ces parents fantomatiques décédés il y a deux ans déjà. Depuis leur disparition, Charlie, l’aînée, tient la barre et donne le cap de cette aventure familiale. Malgré les tempêtes (difficultés financières, maladie des proches, doutes, tumultes de l’adolescence…), la route est pourtant agréable. Au premier tome, Cati Baur avait donné un « La » de fraîcheur et de bonne humeur. Depuis, le scénario est calé sur cet accord mélodieux et n’en sort pas. Le récit suit son fil et, grâce à lui, le lecteur savoure cet univers, respire les embruns iodés de l’océan, la terre humide de la lande qui entoure la maison des filles, les odeurs de gâteaux dans la cuisine de la Vill’Hervé. Les couleurs toniques d’Elodie Balandras renforcent cette impression de vie qui grouillent partout. Parfois, le choix des coloris pique un peu l’œil sur certains passages… au même titre que les prénoms de certains protagonistes. A coup de Lucrèce, de Tancrède, de Bettina, on avance ravi dans cette histoire originale et riche en rebondissements.

PictoOKA ce stade avancé de la série (qui comportera quatre tomes in fine), j’ai toujours autant de plaisir à retrouver les sœurs Verdelaine. A suivre…

Déjà présentés sur le blog : tome 1 (« Enid ») et tome 2 (« Hortense »).

Quatre sœurs

Tome 3 : Bettina
Tétralogie terminée
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Cati BAUR
Adaptation : Cati BAUR
d’après le roman de Malika FERDJOUKH
Dépôt légal : janvier 2016
ISBN : 978-2-36981-128-2

Bulles bulles bulles…

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Quatre sœurs, tome 3 – Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2016

Quatre soeurs, tome 2 : Hortense (Ferdjoukh & Baur)

Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2014
Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2014

A la Vill’Hervé, vous trouverez les cinq sœurs Verdelaine. Elles sont drôles, débrouillardes et surtout orphelines depuis que leur parents sont décédés dans un accident de voiture il y a bientôt deux ans.

La plus jeune, Enid, a 9 ans. Un peu garçon manqué, elle croque la vie à pleines dents ; elle fuit les tempêtes verbales de ses frangines et part au grand air dans l’immense jardin de leur propriété, passer quelques heures en compagnie de Swift sa chauve-souris ou de Blitz l’écureuil. Il y a aussi Bettina qui, du haut de ses 14 ans, est une adorable peste ; prétentieuse, capricieuse, coquette, ses grands airs cachent pourtant un cœur d’artichaut. Geneviève quant à elle s’occupe de toute l’intendance : elle soigne les bobos, s’occupe du linge et des repas, elle est sur tous les fronts à la fois pourtant, elle n’a que 16 ans. Pour compenser, elle suit des cours de boxe thaï en cachette. Charlie quant à elle est l’aînée. Âgée de 23 ans, elle a interrompu ses études scientifiques pour pouvoir travailler. C’est elle qui subvient aux besoins de toute la famille, c’est elle qui répare, bricole bref, elle n’hésite pas à remonter ses manches pour maintenir le manoir en état. Elle aime Basile, un jeune médecin, toujours prêt à l’aider en cas de besoin.

Mais je n’ai pas cité Hortense, la cinquième sœur. La plus taciturne, « elle lisait et tenait déjà son journal intime au berceau ». Renfermée, timide, mélancolique, Hortense a 11 ans et c’est elle qui, cette fois, nous accueille, ou du moins son journal intime, à l’occasion de ce second album des Quatre sœurs.

Ça pétille toujours autant à la Vill’Hervé. Basile a pris sa place dans le bastion féminin des Verdelaine et sa venue est toujours appréciée quoiqu’il arrive, son soutien est précieux. Et comme Basile, il sera difficile au lecteur de ne pas se sentir immédiatement accueilli dans cette petite tribu. Une fratrie qui change, qui grandit aussi à l’instar de la précieuse Bettina qui sait surprendre… tomberait-elle amoureuse d’un jeune homme à l’apparence disgracieuse alors qu’elle est si attachée au paraitre ? En tout cas, cela a le mérite de lui faire prendre un peu de distance avec la DBB (« Division Bête et Bouchée », surnom affectueux qu’Enid a donné à ce trio de copines composé de Denise, Bettina et Béhotéguy).

Hortense n’est pas en reste et cet album va lui réserver bien des surprises.

L’adolescence n’est pas une période facile à vivre. Encore moins dans le cas de figure qu’a imaginé Malika Ferjoukh où le lecteur découvre le quotidien de cinq orphelines. Pourtant, loin des clichés habituels, la scénariste développe un univers dans lequel la bonne humeur nous invite à sa table. Comme dans le premier volume, c’est ce constat qui nous frappe en premier d’autant que la couverture de ce second tome nous laissait largement penser le contraire. Pourtant, ce n’est pas les frimas de l’hiver qui vont rythmer cet opus mais bel et bien les feux de cheminée, les préparatifs de Noël et cette solidarité si forte entre les sœurs. Les choses sont si bien organisées qu’il nous est difficile de concevoir que leurs parents sont décédés il aussi récemment. Quoiqu’il en soit, la lecture regorge d’humour et de multiples petits rebondissements. Entre les humeurs des unes, les coups de foudre des autres, les tracas du quotidien, l’hospitalité que l’on offre à une nouvelle amie, l’arrivée de petits chatons dans la ferme d’à côté, les boums d’anniversaires organisés par les copains du collège, les peines, les trouilles…

Cati Baur quant à elle a trouvé le credo adéquat pour adapter en bande dessinée le roman de Malika Ferdjoukh. Un dessin rond, tantôt soigné tantôt fait à la volée et qui vient poser un petit caillou par-ci et un gros nuage par-là, de quoi s’immiscer encore plus aux côtés des habitantes de la Vill’Hervé. Des cinq sœurs, pas une ne ressemble à l’autre que ce soit de caractère ou d’apparence. Cati Baur s’est saisi de ça et semble avoir pris beaucoup de plaisir à illustrer rouquine, blonde et brunes… un vrai patchwork visuel qui vient épicer d’autant cet univers (disons-le) un peu déjanté.

PictoOKPictoOKUn univers vivant et malicieux. Un livre à dévorer goulument.

La chronique d’Anne, de David Fournol, de Jean-Laurent Truc.

Extrait :

« Etre fille unique, j’aurais adoré. Puis je me rends compte que ça signifie cette chose affreuse : je me serais retrouvée orpheline à la mort de papa et maman, et alors j’ai un frisson » (Quatre sœurs, tome 2).

Du côté des challenges :

Petit Bac 2014 / Prénom : Hortense

Challenge Petit Bac 2014
Challenge Petit Bac 2014

Quatre sœurs

Tome 2 : Hortense
Tétralogie terminée
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Cati BAUR
Scénariste : Malika FERDJOUKH
Dépôt légal : janvier 2014
ISBN : 978-2-36981-049-0

Bulles bulles bulles…

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Quatre sœurs, tome 2 – Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2014

Quatre soeurs, tome 1 : Enid (Ferdjoukh & Baur)

Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2014
Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2014

Enid a 9 ans. Elle est la plus jeune des cinq sœurs Verdelaine qui vit à la Vill’Hervé. Elles ont hérité du manoir familial à la mort de leurs parents.

C’est Charlie, l’aînée, âgé de 23 ans qui est devenue le responsable de famille. Elle est épaulée par Geneviève, 16 ans, qui gère toute l’intendance de la maison et s’enfuit deux heures par semaine, prétextant du baby-sitting alors qu’en fait elle prend des cours de boxe thaï en secret. Puis, viennent Bettina et Hortense, deux jeunes filles en pleine adolescence, aussi différentes que le jour et la nuit. La première est coquette, prétentieuse et pimbêche alors qu’Hortense est discrète, solitaire et passe des heures à écrire dans son journal intime. Enid quant à elle est une petite fille futée à l’imagination débordante.

Cet ouvrage est l’adaptation en bande dessinée du roman éponyme de Malika Ferdjoukh (cliquer sur ce lien pour voir la fiche de l’ouvrage sur le site de l’éditeur). L’adaptation fut éditée une première fois en 2010 aux Editions Delcourt mais depuis la création de rue de Sèvres, je trouve cela bien naturel que la série revienne dans le giron de L’Ecole des loisirs.

Ce roman décrit le quotidien de cinq sœurs orphelines. La Vill’Hervé est leur repaire, un bastion féminin autour duquel gravite une poignée de personnages dont Basile, un jeune médecin totalement épris de Charlie, l’ainée de la fratrie. Basile s’avère être un soutien de chaque instant, et même si Charlie refuse encore de parler mariage, cette issue s’annonce comme une évidence… mais laissons-nous surprendre par cette histoire.

Les cinq sœurs ont des personnalités très marquées mais ce qui m’a frappé en premier lieu, ce sont la chaleur et l’effervescence qui se dégagent de cet album malgré la gravité du sujet de fond. N’oublions pas que les parents de ces jeunes filles sont décédés depuis assez peu de temps (deux ans). En somme, c’est une belle surprise que de profiter que de leur capacité à encaisser les coups durs. elles font preuve d’une incroyable capacité de ressources et d’un sens de l’humeur à toute épreuve. Leur motivation à aller de l’avant et à croquer la vie à pleines dents envahit chaque page de cet album, exception faite pour la douce Hortence, plus taciturne et effacée que ses sœurs… la suite de la série nous dira si ce traumatisme l’a plus affectée que ses paires.

C’est donc bien loin d’un quotidien morose que la scénariste nous emporte. Elle va même jusqu’à jeter un soupçon de fantastique sur la vie de ces sœurs en épiçant son intrigue de quelques fantômes forts sympathiques. En effet, l’histoire évolue au cœur d’un manoir familial hanté dont nous irons, avec beaucoup d’humour et d’entrain, percer les mystères en compagnie de la jeune et intrépide Enid. enfin, une vieille bique leur sert de tutrice depuis la mort des parents et sa présence nous imposera quelques grincements de dents.

Le travail réalisé par Cati Baur sert à merveille l’atmosphère familiale. Les doux pastels qu’elle impose mettent en exergue le côté pétillant de ce quotidien mouvementé. Dans une certaine mesure, je n’ai pu m’empêcher de penser au travail de Camille Jourdy sur Rosalie Blum. Et même si la composition graphique de Cati Baur est plus conventionnelle que celle de Jourdy (on reste sur un découpage classique de planche : bandes et cases), du fait que le pourtour des cases s’arrête naturellement et du choix des coloris, on ressent tout à fait le plaisir que ces frangines ont à vivre ensemble. La mise en page accroît le côté ludique de la lecture en s’adaptant à la moindre variation narrative et porte ainsi parfaitement les émotions des personnages.

PictoOKUn album que je vous invite à découvrir d’autant que vu le ton employé pour ce premier titre de série, j’imagine difficilement que la suite ne profite pas de cette même qualité d’écriture. Une série en quatre tomes qui nous permettra également de comprendre le non-sens du titre de cette histoire, éludant sciemment une des sœurs dans son intitulé.

Une découverte que je dois notamment à Valérie. En effet, il y a deux ans, elle m’avait guidé vers cet ouvrage en publiant une chronique que je vous invite à lire. Découvrez aussi la chronique d’Enna !

Du côté des Challenges :

Petit Bac 2014 / Sphère familiale : sœurs

Challenge Petit Bac 2014
Challenge Petit Bac 2014

Quatre sœurs

Tétralogie terminée
Tome 1 : Enid
Editeur : Rue de Sèvres
Dessinateur : Cati BAUR
Scénariste : Malika FERDJOUKH
Dépôt légal : janvier 2014
ISBN : 978-2-36981-047-6

Bulles bulles bulles…

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Quatre sœurs, tome 1 – Ferdjoukh – Baur © Rue de Sèvres – 2014