La Semaine des 7 Noël (Grojnowski)

La Semaine des 7 Noëls
Grojnowski © Casterman – 1999

Les crises économiques successives ont mis le pays à mal. Le Gouvernement cherche des solutions pour relancer la croissance et endiguer la récession. Lorsque le Président s’exprime, s’est vêtu d’un uniforme de Père Noël qu’il présentera le nouveau plan de Salut Public qui sera soumis à référendum.

En gros : constatant que Noël est le seul moment de l’année où les pics de consommations sont les plus élevés, « Le Gouvernement a pensé qu’il n’est plus possible de cantonner cette date privilégiée à une fois l’An en queue de calendrier !!! Les circonstances nous imposent de pouvoir la répéter aussi souvent que notre économie le réclame ! Avec votre soutien, le Gouvernement pourra décréter Noël à tout moment qu’il jugera opportun ».

Validée par les Français, une nouvelle ère économique fait son entrée… passée l’euphorie des premiers Noëls répétitifs, la France déchante…

Sans comptez les Pères Noëls qui se font zigouiller à tour de bras.

Attention OVNI du 9ème Art que je n’aurais absolument pas remarqué si un petit malin n’avait attiré mon attention sur cet album.

Humour noir au programme et grincements de dents, attention, vous rentrez dans un univers on ne peut plus particulier et vous allez rire jaune.

Les ambiances graphiques chatoyantes des 7 premières pages vont passer la main jusqu’à la fin de l’album à des gris-rouges, quelques jaunes-ocres timides de temps en temps viendront nous réchauffer, mais l’ambiance est noire… noire. Un dessin précis qui sait se faire ronds au besoin. De temps à autres, les dessins d’enfants entrent en jeu, le personnage principal (morve au nez et cheveux sales) prend les rênes de la voix-off… « fôtes d’ortaugrafe » en prime. Vision d’enfant assez pertinente sur une société bancale.
Pour le scénario, je suis assez partagée à vrai dire. J’aime assez l’ensemble, le récit est fluide et  le ton cinglant. Ensuite, je trouve que la farce est surexploitée à certains moments, ce qui crée longueurs et lourdeurs… bref… trop de cynisme tue le cynisme. Je ne m’attendais pas non plus au  » magic happy end « , mais la fin qui nous est proposée enfonce le clou encore un peu plus. Si vous ne l’aviez pas compris pendant les 62 planches qui précèdent, on vous le redit : les riches se fond du beurre sur le dos des pauvres qui ont le droit de la fermer.

Les régimes totalitaires en prennent pour leurs grades, dérision et humour noir sont les armes de l’auteur.

Amusant, décalé… ce n’est pas non plus l’album du siècle.

J’ai plutôt passé un bon moment avec cet album mais il y a un  » hic  » que je n’identifie pas. On ne ressort pas forcément convaincu par l’ensemble (en tout cas moi, je me suis contentée d’un « mouais… amusant et cinglant »). Je ressors vraiment de la lecture avec un sentiment de malaise, ce qui est certainement du à un univers qui ne m’est pas du tout agréable. Les deux sœurs, que je vais appeler Folie et Aliénation, sont présentent à chaque recoin de planches et à la fin de l’album… on se sent un peu lourd.

Cruchot est d’un avis contraire.

La Semaine des 7 Noëls

One Shot

Éditeur : Casterman

Dessinateur / Scénariste : Olivier GROJNOWSKI

Dépôt légal : octobre 1999

ISBN : 2-203-38925-7

Bulles bulles bulles…

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La Semaine des 7 Noëls – Grojnowski © Grojnowski – 1999