Chroniks Expresss #18

Courant mars… pas tant de lectures que ça :

BD :

Car l’enfer est ici #3 (L. Brunschwig & L. Hirn ; Ed. Futuropolis, 2015).

Romans :

Millénium #2 (S. Larsson ; Ed. Actes Sud, 2012), 80 notes de jaune (V. Jackson ; Ed. Livre de Poche, 2014).

Bandes dessinées

Brunschwig – Nouhaud - Hirn © Futuropolis – 2015
Brunschwig – Nouhaud – Hirn © Futuropolis – 2015

La campagne électorale de Lou Mac Arthur bat son plein. D’ailleurs, sur la première de couverture, le poulain de Jessica Ruppert montre la hargne qu’il met dans ce combat politique. Poings en avant, il est bien déterminé à faire définitivement pencher la balance électorale en faveur des démocrates. S’il accède au poste de sénateur, il pourra ainsi apporter un réel soutien à la Maire de New-York et de sa politique en faveur des populations défavorisées.

Pendant ce temps, Joshua Logan purge sa peine au pénitencier de Riker’s. Une aide providentielle d’une poignée de matons ne sera pas de trop pour lui permettre de se protéger de la haine que les autres détenus vouent à son égard, et notamment ceux appartenant à la communauté afro-américaine. Rappelons – pour ceux qui ont suivi la série – que Logan est accusé du meurtre de Providence, un ancien boxeur noir américain qui était très aimé, hyper médiatisé et offrait un soutien inconditionnel à Jessica Ruppert.

Que dire de ce titre ? Qu’il est bon, à l’instar des autres opus de la série (voir tome 1). Des personnages torturés par leurs inquiétudes personnelles, des enjeux économico-politiques qui dépassent les protagonistes, une lutte contre la corruption et le crime qui est habilement traité par Luc Brunschwig et les dessins de David Nouhaud qui proposent une très belle mise en images.

Ce tome s’arrête sur les journées du 7 septembre 1999 et du 9 novembre 1999. L’histoire se poursuit et continue à étoffer l’univers du Pouvoirs des Innocents, série-mère qui avait été publiée la première fois en 1992 chez Delcourt. Delcourt… une marque qui semble être un argument de poids pour la campagne marketing du spin-off « Car l’enfer est ici ». On ne peut que regretter ces nouvelles couvertures brillantes et pimpantes, ce format standard qu’on trouve généralement chez Delcourt… il ne manque plus que le petit triangle rouge sur la tranche et nous seront-là en présence d’un pur produit Delcourt. Si Futuropolis pouvait garder sa « touche » éditoriale, m’est avis que nous en présence d’un objet-livre de bien meilleure qualité.

PictoOKMais vu que la ligne éditoriale de cette série est définitivement retenue, pas d’autre choix que de continuer à la suivre (d’autant que le scénario est de qualité) et à fermer sa gueule. Alors achetons un produit marketing comme si l’emballage étincelant était la preuve que ce qu’il contient est à la hauteur de nos attentes… je trouve cela réellement dommage. En revanche,

Du côté des challenges :

Petit Bac 2015 / Mort : enfer

PetitBac2015

 

Romans

Millénium, Volume 2 : La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette

tome 2 – Larsson © Actes Sud – 2012
tome 2 – Larsson © Actes Sud – 2012

Après avoir mené avec brio une première enquête et être ainsi parvenus à des conclusions que la Police n’a jamais su tirer, Mikael Blomkvist a assis sa réputation professionnelle et sa crédibilité par la même occasion. Il a repris son poste à Millénium et le cours de sa vie. Seule ombre à l’horizon : Lisbeth Salander qui, sans raison apparente, refuse tout contact avec lui.

De son côté, Lisbeth est maintenant dans une situation financière très confortable même si la provenance des fonds de son épargne a été acquise illégalement. Malmenée par la précédente affaire (voir le premier volume de « Millénium »), elle coule des jours tranquilles à l’étranger. Une semaine par ci, quelques mois par là… rien ne vient la perturber si ce n’est, au bout d’un an de fuite, cette envie de rentrer à Stockholm. Elle finit par s’y résoudre. A son arrivée, elle opère encore quelques changements, comme l’acquisition d’un nouvel appartement ou celle d’une voiture. Puis, les événements se précipitent et Lisbeth se retrouve en fâcheuse position. Recherchée par la Police pour un triple meurtre, elle va se terrer chez elle pendant que ses rares amis vont tenter de prouver son innocence.

Comme lors de la lecture du premier volume de la série « Millénium », il m’a fallu quelques temps avant d’entrer dans cette histoire. J’ai regretté un moment d’avoir enchaîné aussi rapidement la lecture des deux ouvrages et de ne pas avoir tenus compte des conseils que l’on m’avait prodigué (Marilyne notamment). Sans compter cette frustration de découvrir une Lisbeth Salander au cœur des événements, presque traquée par les services de l’ordre et une bande de tueurs qui en veulent à sa peau, et de passer presque 300 pages sans la voir, sans savoir où elle est ni comment elle accueille les choses (à commencer par cet étalage de sa vie privée dans les médias).

Stieg Larsson utilise de nouveau des thèmes sur lesquels il avait construit sa première intrigue : sexe et perversions sexuelles, violences faites aux femmes, corruption et milieux extrémistes. Mais on ne sent pas la redondance, si ce n’est en début d’ouvrage (moment où j’ai quelque peu appréhendé le fait que l’argumentation de l’auteur puisse tourner en rond).

Comme pour le premier volume, la fascination pour cette histoire arrive sans crier gare. D’un coup, le lecteur se retrouve pris par une sorte d’attraction magnétique vis-à-vis de l’ouvrage. Captivé, aspiré… on se retrouve dans l’impossibilité de tenir nos engagements de « allez, encore un chapitre et j’éteins la lumière » puisqu’un rapide coup d’œil sur l’heure affichée par le radio-réveil nous apprend que l’heure est déjà bien avancée et que, avec une moue prononcée, on se résout à poser l’ouvrage… oui, il s’agit d’être opérationnel pour travailler le lendemain…

PictoOKIl me reste le dernier volume à découvrir. Je suis partagée entre l’envie de me ruer dessus et l’envie de laisser décanter un peu. D’autant qu’il m’a été très difficile de m’extraire de cette « Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette » ; j’ai eu un mal fou à me plonger dans une autre lecture.

Jackson © Livre de Poche – 2014
Jackson © Livre de Poche – 2014

D’un côté, nous avons Summer, jeune femme d’une trentaine d’années et d’origine néo-zélandaise, installée à Londres depuis quelques années et musicienne de profession.

De l’autre, nous avons Dominik, professeur de littérature à l’Université et également âgé d’une trentaine d’années, londonien de pure souche et qui n’a jamais quitté sa ville, si ce n’est à l’occasion de voyages (professionnels ou non).

Quand Dominik voit Summer pour la première fois, elle est en train de jouer du violon dans le métro ; elle espère ainsi se faire un peu d’argent pour pouvoir payer une partie de son loyer, manger… Quelques semaines passent et il découvre, dans un journal, que la musicienne a subit les dégâts collatéraux d’une bagarre dans le métro. Si elle n’a rien physiquement, son violon en revanche est en mille morceaux. L’article permet à Dominik d’apprendre l’identité de la jeune femme et une rapide recherche sur internet lui permet de trouver son compte Facebook. Il entre en contact avec elle et lui propose de lui acheter un nouvel instrument mais son offre est soumise à certaines conditions. La jeune femme le recontacte, accepte de le rencontrer, excitée à l’idée de savoir quelles peuvent bien être les exigences de cet homme…

Baptême de littérature érotique me concernant et malheureusement, ce fut un coup dans l’eau. Disons que je ne vois pas tellement l’intérêt de détailler autant les personnages principaux sur les deux premiers chapitres. Je trouve bien évidemment que cela a un intérêt mais je ne vois pas pourquoi donner autant d’informations aussi rapidement… me semble que le jeu de la suggestion est inévitable dans ce style d’écrits et que dévoiler trop de choses trop tôt gâche un peu.

Mais passons. Le lecteur sait donc rapidement à qui il a à faire et la manière dont ils se projettent. Doute, excitation, fantasme… rien n’est oublié. Je me suis accrochée ferme au roman, bien décidée à me faire un avis après avoir lu entièrement le roman.

Mais j’ai commencé à faire de la lecture en diagonale puis à sauter des passages, avant de fermer définitivement l’ouvrage. Entre soirées dans des clubs très privés, orgies et scènes plus intimes, on explore les pratiques SM et j’avoue que je n’y ai pas trouvé grand intérêt.

pictobofPfff… moi qui pensait pouvoir participer au premier mardi chez Stephie… c’est raté.

Du côté des challenges :

Petit Bac 2015 / Musique : notes

PetitBac2015

Les enfants de Jessica, tome 2 (Brunschwig & Hirn)

Les Enfants de Jessica, tome 2 : Jours de deuil
Brunschwig – Hirn © Futuropolis – 2012

Dans le premier tome, nous avions laissé Jessica Ruppert en pleine tourmente politique, frappée de plein fouet d’un côté, par la traitrise de son propre camp qui s’oppose violemment à son projet de modernisation sociale, et de l’autre par une vague de violence anti-migrants dans la ville où elle avait testé ses idées (New-York).

Le second tome couvre une période d’une semaine autour du discours prononcé par Jessica (devant le Congrès). Il se déroule entre des flash-back « 4 jours avant » et les jours suivant l’action du tome 1. Ce procédé de narration nous permet de percevoir simultanément les causes et les conséquences du premier opus. C’est  une conspiration, que l’on perçoit comme titanesque, qui s’est abattue sur Jessica. Maffia, Politiques, Financiers… les voyous de tous bords se sont unis contre elle pour l’empêcher d’apporter de la justice sociale. L’occasion pour le lecteur d’avoir des éléments de compréhension supplémentaires quant au contexte socio-économico-politique de cette société américaine fictive (quoi que très proche des problématiques rencontrées par nos sociétés actuelles).

Nous retrouvons surtout Logan, dix ans après les faits que nous connaissons (voir la série-mère du Pouvoir des Innocents et le tome introductif du spin off Car l’enfer est ici). Logan est emprisonné à Ricker’s, une prison nouvelle génération.

Un ouvrage de 64 pages – un peu plus consistant que le précédent -. La première édition est enrichie d’un cahier graphique de 12 pages intitulé « Making off – Dans l’atelier de Laurent Hirn ».

Ce bonus permet aux lecteurs d’accéder aux intentions des auteurs ainsi qu’aux objectifs qu’ils souhaitent atteindre :

Ça fait 20 ans que Laurent Hirn et moi-même avons vu notre premier bouquin commun sortir en librairie. C’était en juin 1992, le premier tome du Pouvoir des Innocents… le début d’un sacré voyage. Pendant 10 ans, le Pouvoir nous a permis de parler à nos lecteurs de notre façon de voir le monde : ce qu’il était et ce qu’on aurait aimé le voir devenir… ou pas. Cette série reste, je crois, le témoin pertinent de l’évolution de nos sociétés depuis la fin des années 80 jusqu’aux portes du 21è siècle. En achevant le Pouvoir des Innocents en janvier 2002, nous avons perdu notre tribune… alors que le monde, lui, continuait son évolution. Donner une (voire deux) suite au Pouvoir, avait avant tout pour but de reprendre avec vous cet échange autour de ce Monde qui est le nôtre.

(Luc Brunschwig)

Dans ce nouveau tome, Luc Brunschwig nous fait d’ores et déjà profiter de tout le travail de construction psychologique réalisé autour de ses personnages. Leurs traits de personnalité tordent la réalité dans laquelle ils se trouvent… ils ont commencé leurs combats. Les leaders de cette histoire sont positionnés aux emplacements stratégiques ; ils se sont mis en marche et leur action va converger vers un point central. A l’instar du Pouvoir, le lecteur navigue entre les principaux protagonistes et assemble peu à peu les pièces du puzzle. Pour l’heure, le lecteur doit se contenter de suppositions. Quelques pistes sont visibles mais le scénariste choisira-t-il un chemin parmi ces possibilités ou a-t-il inventé un tout autre itinéraire ??

De même, la partie graphique s’inscrit dans la même veine que Le Discours (tome 1). On apprécie l’investissement de Laurent Hirn qui a désormais apprivoisé ses personnages. On colle facilement à leur ressenti, on comprend leur état d’esprit en voyant l’expression de leur visage ou leur regard…

PictoOKAprès lecture de ce nouvel album, et face à une telle qualité narrative et graphique,  on imagine difficilement que ces deux techniciens de l’art séquentiels ne ressentent aucun plaisir ni aucune satisfaction à collaborer ensemble. De même, le lecteur a la satisfaction de retrouver des personnages cohérents et intègres quant à leurs idéaux respectifs.

Les deux premiers tomes des Enfants de Jessica ont installé l’intrigue et placé les pièces de l’échiquier… On nous a servi les entrées du banquet, elles étaient bonnes, place maintenant au copieux plat de résistance. On en sent déjà les relents prometteurs… Viendrez-vous prendre place à ce banquet ??

Les Enfants de Jessica

Tome 2 : Jours de Deuil

Série en cours

Éditeur : Futuropolis

Dessinateur : Laurent HIRN

Scénariste : Luc BRUNSCHWIG

Dépôt légal : aout 2012

ISBN : 9782754806909

Bulles bulles bulles…

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Les enfants de Jessica, tome 2 – Brunschwig – Hirn © Futuropolis – 2012

Car l’enfer est ici, tome 1 (Brunschwig & Nouhaud)

Car l'enfer est ici, tome 1
Brunschwig – Nouhaud © Futuropolis – 2011

Mai 1998. New-York.

Jessica Ruppert est Maire de la ville depuis 6 mois. Peu avant l’élection, le 4 novembre 1997, les habitants de New-York avaient appris avec émotion la mort de Steven Providence, le champion du monde de boxe, symbole du rêve américain, devenu une figure emblématique de la ville pour avoir fédéré et redonné espoir au peuple noir dans sa lutte contre les discriminations raciales. Providence est mort des suite de l’explosion de sa résidence alors qu’il fêtait l’élection de Jessica en compagnie de 508 autres anciens pensionnaires d’un orphelinat géré par Ruppert dans les années 1970.

Six mois après la fin du Pouvoir des Innocents, Joshua Logan, revient à New-York après une cavale dans tout le pays. Lui, qui est accusé injustement d’avoir perpétré cet attentat, le pire qui ait frappé la ville, a décidé de se rendre à la police pour faire reconnaitre son innocence. Mais qui voudra défendre l’homme le plus haï de la ville ? Qui sera prêt à l’écouter ?

En mai dernier, je vous parlais du Pouvoir des Innocents – superbe série en 5 tomes de Luc Brunschwig et Laurent Hirn – et du tome de lancement des Enfants de Jessica, premier spin-off du Pouvoir qui, je vous le rappelle, a eu tôt fait de balayer mon scepticisme quant à l’intérêt de prolonger cet univers. D’autant que le pari était osé puisque les auteurs avaient annoncé la publication de deux spin-off en parallèle : Les Enfants de Jessica et Car l’enfer est ici, le premier se déroulant en 2007 tandis que le second s’intéresse au lendemain du drame de 1998 et aux premiers mois de Jessica Ruppert dans son mandat de Maire de la Ville.

Nous avions donc quitté Joshua estomaqué après l’explosion de la résidence de Providence, laissant des centaines de mort derrière lui et l’obligeant à fuir. Nous le retrouvons métamorphosé alors qu’il revient à New York après une longue cavale que l’on imagine éprouvante. L’impression est d’autant renforcée que cette fois, les illustrations ne sont pas réalisées par Laurent Hirn (il a supervisé le story-board) mais par David Nouhaud. Le trait est plus rond, ses choix de colorisations plus proches des Enfants de Jessica, plus lumineux que Le Pouvoir des Innocents. S’il m’a été difficile de reconnaître Joshua dans cet album, ce n’est pas le cas des autres personnages une fois quelques pages tournées.

Brunschwig prend de nouveau le temps de placer ses pièces sur l’échiquier, de rappeler les faits et de construire des passerelles avec la série-mère. Nous retrouvons donc un univers qui nous est plus proche du Pouvoir des Innocents puisque Ruppert n’a pas eu le temps de réformer en profondeur les instances politiques, administratives et judiciaires de la Ville. Ici cependant, à l’inverse des Enfants de Jessica, il faut avoir une bonne connaissance de l’univers originel savourer la lecture de cet album. L’enquête se construit autour de Joshua, son épouse Xuan-Meï, Jessica et Angelo Frazzy le mafieux. De nouveaux personnages secondaires entrent en scène et viennent compléter un tableau déjà bien installé.

La richesse d’un scénario que l’on sent fouillé et maîtrisé jusqu’au moindre détail est l’atout majeur de la série. Les conséquences du drame du 4 novembre sont bien exploitées puisqu’on chasse plusieurs lièvres à la fois. En toile de fond, des enjeux politiques et magouilles mafieuses pour déstabiliser Jessica, le nettoyage des dernières traces crapuleuses des uns et des autres…

PictoOKLes 50 pages de ce nouvel opus suffisent à présenter la nouvelle donne. Un bon album. Une série à suivre.

D’autres chroniques en ligne : Yvan et PlaneteBD.

Car l’Enfer est ici

Tome 1 : 508 statues souriantes

Série en cours

Éditeur : Futuropolis

Dessinateur : David NOUHAUD

Mise en scène : Laurent HIRN

Scénariste : Luc BRUNSCHWIG

Dépôt légal : août 2011

ISBN : 9782754803564

Bulles bulles bulles…

La preview sur BDGest’ (11 pages).

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Car l’enfer est ici, tome 1 – Brunschwig © Nouhad – Futuropolis – 2011

Les Enfants de Jessica, tome 1 (Brunschwig & Hirn)

Les Enfants de Jessica, tome 1
Brunschwig – Hirn © Futuropolis – 2011

« Le Pouvoir des innocents se passait en 1997 et évoquait l’accession à la tête de la ville de New York, de Jessica Ruppert, grande humaniste.

Nous sommes maintenant en 2007, Jessica, leader de l’opposition démocrate, est devenue la secrétaire aux affaires sociales du nouveau gouvernement, et de surcroît son premier membre !

Elle s’apprête à prononcer dans l’hémicycle du Congrès à Washington, un discours qui s’annonce déjà comme historique ! Toutes les télévisions et radios sont en place, les citoyens à l’écoute, ses ennemis à l’affût.

Pour opérer une révolution totale dans la façon de penser la politique du pays, afin de sortir de l’économie de marché, de la mondialisation et d’intégrer l’urgence écologique, elle va proposer 200 projets de réforme pour une société plus juste.

Mais, avant même de pouvoir commencer, c’est d’abord dans une lutte acharnée contre ses adversaires politiques, qu’elle doit se jeter… » (synopsis éditeur).

Avec cette nouvelle série qui débute, Luc Brunschwig et Laurent Hirn prolongent Le Pouvoir des Innocents. Près de 10 ans après la sortie de Sergent Logan (tome 5), nous accédons à la suite annoncée (voir dossier de presse du tome 5) de cette série. La publication d’un second spin-off (!!), Car l’enfer est ici, débute en août prochain (story-board réalisé par Laurent Hirn et mis en images par David Nouhaud ; ce sera pour nous l’occasion de découvrir le parcours de Joshua Logan depuis la fin du Pouvoir).

Dans un billet publié en mars 2010 sur le blog de Futuropolis, Luc Brunschwig revient sur cette démarche :

Lorsque nous avons fini le Pouvoir, nous nous sommes demandés ce qu’allait devenir ce New-York uchronique entre les mains bienveillantes de Jessica Ruppert. On ne voulait qu’en avoir une idée, juste comme ça, pour se rendre compte. On s’est projetés en 2007, soit dix ans après les événements racontés dans notre série. On y a vu des choses passionnantes, un contexte social et politique complètement bouleversé par la présence sur l’échiquier de cette politicienne qui n’aurait jamais dû avoir la possibilité de se retrouver là… et malgré notre désir de marquer définitivement le mot fin au bas du Pouvoir, on s’est promis, avec Laurent, d’écrire et de dessiner l’histoire de cette autre Amérique, une fois fini le Sourire du Clown.

On en avait même le titre : LES ENFANTS DE JESSICA.

Cependant, entre le moment où nous avons fini le Pouvoir et aujourd’hui, New-York a connu un événement majeur qu’il semblait difficile de passer sous silence : je veux bien sûr parler du 11 septembre 2001 et de ses multiples conséquences géo-politiques.

Y avait-il un intérêt à mettre l’attentat le plus médiatisé de tous les temps en perspective avec celui plus américano-américain du Pouvoir des Innocents ?

Nous avons jugé que oui et décidé de créer un cycle entre le Pouvoir et les Enfants de Jessica que nous avons baptisé : CAR L’ENFER EST ICI.

Le résultat de cet opus de lancement fait taire les plus sceptiques qui, comme moi, sont devenus réfractaires au principe des spin-off. Mais le maître-mot pour définir cet ouvrage est « qualité », son univers est riche et percutant. Ceux qui n’auraient pas lu le Pouvoir des Innocents pourront comprendre et se saisir de cette intrigue socio-politique au ton juste. Pour les connaisseurs, le fait de savoir comment les liens entre les personnages se sont renforcés ou délités ajoute du plaisir à la lecture. Ils savoureront leurs retrouvailles avec des personnages attachants et découvrirons les événements qui ont eu lieu entre 1997 (fin du Pouvoir) et les faits relatés.

Dès les premières pages, on est pris dans le rythme du scénario. En (re)situant les faits via quelques personnages de la série-mère (Jessica, Amy, Freddy, Xuan-Maï), Brunschwig distribue le nouveau jeu de manière très fluide. Il maîtrise plusieurs niveaux du jeu narratif : de l’individu à la nation, en passant par les communautés et les lobbies. Il donne de la consistance à ses  personnages, fouille leurs personnalités et leur donne la parole tour à tour. Autant d’ambiances qui seront mises en valeur par Laurent Hirn. En parallèle, le scénariste offre un regard d’ensemble sur ce nouveau monde mi-réaliste mi-fictif. Une atmosphère originale se dégage de cette uchronie sociale. Les quarante pages de l’album suffisent largement pour donner des fondations solides au récit. Comparé au Pouvoir, moins de voix-off, plus de dialogues… un univers plus mordant, plus assumé.

Au dessin, Laurent Hirn nous livre un travail aboutit. Son trait est réaliste et fouillé. On le sent à l’aise, assuré, le sentiment qu’il connaît parfaitement ses personnages. Il leurs donne une réelle présence et parvient à nous transmettre leurs émotions. Les choix de découpe de planches sont efficaces et donnent parfaitement la réplique au scénario. Agréable également le contraste entre la violence du contexte socio-politique et la douceur des visuels, offrant d’emblée une ambiance atypique et propre à cet ouvrage. J’ai vraiment apprécié les choix de colorisation où prédominent des ocres et des bleutés, ainsi que les jeux d’ombre et de lumière. Le résultat attire l’œil et incite à la lecture.

PictoOKCet album est, pour le lecteur, l’occasion de mesurer la place de Jessica dans la société au travers de plusieurs regards : collaborateurs, amis, classes sociales défavorisées… Ainsi, elle est tour à tour une femme politique incontournable portée aux nues par ses partisans et ses « enfants », ou détestée par ses opposants qui voient en elle une liberticide, antiaméricaine. Indéniablement, on perçoit qu’elle sera encore une fois au cœur d’une nouvelle intrigue politique, l’enjeu d’une lutte mortelle entre deux visions de la société.

Ce premier tome annonce une série très prometteuse. A suivre !

Un interview des auteurs sur BDGest (avril 2011) : c’est ici.

L’avis de Spooky sur bdtheque, l’avis de Korrigan sur SDI.

Ma chronique sur Le Pouvoir des Innocents : c’est ici.

Les enfants de Jessica

Tome 1 : Le Discours

Série en cours

Éditeur : Futuropolis

Dessinateur : Laurent HIRN

Scénariste : Luc BRUNSCHWIG

Dépôt légal : mai 2011

ISBN : 9782754803533

Bulles bulles bulles…

Cliquez sur ce lien pour la preview sur le site Futuropolis.

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Les enfants de Jessica, tome 1 – Brunschwig – Hirn © Futuropolis – 2011

Le Pouvoir des Innocents (Brunschwig & Hirn)

Le Pouvoir des Innocents, tome 1
Brunschwig – Hirn © Guy Delcourt Productions – 1992

New-York, 1997. La campagne municipale bat son plein dans une ville qui se retrouve soudainement confrontée à l’émergence de violences urbaines sanglantes. Deux candidats briguent le poste de Maire de la ville. Du côté républicain, c’est le maire sortant, Gedeon Sikk, champion de la tolérance zéro, qui défend avec fougue ses convictions individualistes et capitalistes. Le parti démocrate, quant à lui, crée la surprise en présentant une candidate jusqu’alors inconnue sur le plan politique : Jessica Ruppert. Sa récente arrivée dans le débat politique donne lieu à du scepticisme et de la méfiance dans les rangs des électeurs. Pourtant, cette ancienne Directrice d’établissement de redressement pour adolescents « irrécupérables » donne au débat politique un relief inattendu. Dans ce contexte, l’association pour la légitime défense « Le Pouvoir des Innocents« , qui prône la création de milices de quartier, compte peser de tout son poids médiatique pour influencer cette élection.

Le Pouvoir des Innocents, tome 2
Brunschwig – Hirn © Guy Delcourt Productions – 1994

Loin de la lumière des projecteurs, le lecteur découvre effectivement une ville aux abois. Des petites frappes font régner la Loi de la Rue jusque dans les quartiers résidentiels les plus calmes. C’est dans une de ces périphéries new-yorkaise que vit Joshua Logan, l’ancien G.I’s traumatisé par la Guerre du Vietnam. Le contexte de violences dans lequel il vit nourrit ses fantômes. Bon an mal an, il survit en se terrant chez lui jusqu’au soir tragique où son fils meurt, atteint par une balle. Cet événement a l’effet d’un électrochoc sur Joshua qui s’en prend au gang qui menace son quartier. Il est appréhendé par les services de Police et libéré, quelques heures plus tard, après que le Pouvoir des Innocents ait payé sa caution. En état de choc suite au décès de son fils, il est hospitalisé dans un service psychiatrique où il rencontre Amy, une jeune orpheline déficiente mentale.

Le Pouvoir des Innocents, tome 3
Brunschwig – Hirn © Guy Delcourt Productions – 1996
Le Pouvoir des Innocents, tome 4
Brunschwig – Hirn © Guy Delcourt Productions – 1998

Pendant ce temps la guerre médiatique se poursuit. Pour contrer la récupération du drame de Joshua par les partisans du tout répressif,  Steven Providence – champion de boxe issu des quartiers pauvres, icône des démunis de la ville qui voient en lui la personnalisation du « rêve américain » – décide d’apporter tout son soutien à la candidate démocrate.

Le Pouvoir des Innocents, tome 5
Brunschwig – Hirn © Guy Delcourt Productions – 2002

Mais si « Mamie Jessie », par son discours rempli d’amour, sa spontanéité et sa dévotion, arrive à s’attirer la sympathie de l’électorat et à retourner lentement l’opinion en sa faveur, arrivera-t-elle à désamorcer le mécanisme de haine qui gronde dans les classes moyennes et aisées de la population ? Et si l’avenir des habitants de New-York était entre les mains d’innocents ?

Je n’avais pas relu cette série depuis la sortie du tome final paru en 2002. Dix ans après, le plaisir de lecture reste inchangé. La série n’a pas pris une ride, je dirais qu’elle s’est bonifiée.

Faut-il encore présenter le scénariste Luc Brunschwig ? Ses albums, toujours très attendus, riment avec qualité et ce quel que soit le genre… La Mémoire dans les poches, Vauriens, Le sourire du clown, L’Esprit de Warren, Angus Powderhill, voici quelques une de ses sagas. D’un tome à l’autre, si le laps de temps qui s’écoule est généralement conséquent, l’attente est toujours justifiée. Le Pouvoir des Innocents ne déroge pas à la règle. Parus entre 1992 et 2002, les cinq tomes de cette série constituent une saga politico-humaniste incontournable pour les amateurs de bandes dessinées.

L’histoire se découpe en cinq tomes éponymes qui offrent tour à tour un regard différent sur l’intrigue. Les personnages principaux se relayent donc à la narration pour se raconter. D’un tome à l’autre, on comprend la place de chacun dans l’intrigue générale, on voit cette dernière avancer sous un angle particulier. On prend réellement plaisir à les découvrir isolément tant on est pris par l’intrigue principale. Il est difficile de faire l’impasse sur le talent et la facilité avec lesquels Luc Brunschwig parvient à nous mettre sous le charme de chaque protagoniste malgré leurs positions et leurs actes qui peuvent paraitre antagonistes. Le scénariste permet au lecteur d’investir totalement cet univers et ses différents personnages. On prend le temps de faire leur connaissance en fouillant leurs passés et leurs pensées, autant de prétextes pour espérer les voir atteindre leurs objectifs respectifs. Un scénario d’une richesse non négligeable qui permet de plonger dès les premières planches dans cet univers réaliste. Le plaisir de lecture restera intact sur les cinq tomes, relecture(s) comprise(s)… pour moi, la qualité de chaque album est un atout majeur de ce récit. Il offre une réflexion juste et pertinente sur les effets de la guerre sur l’individu, sur les coulisses du pouvoir, sur le quotidien de tout à chacun, du petit bourgeois au sans domicile fixe…

Au dessin, Laurent Hirn illustre cet univers à l’aide d’un trait fin, précis, détaillé. Sobre et classique, son style colle parfaitement au scénario imaginé par Brunschwig. Bien qu’assez conventionnelle, la découpe de planches alterne gros-plan et grand angle de manière harmonieuse. Elle est cependant totalement dépourvue de visuels en pleine page, une absence vite oubliée grâce à la présence de portraits très expressifs des différents personnages. L’ambiance contribue à donner tantôt un ton mordant, tantôt un ton intimiste au récit. Elle met en valeur les oppositions de thèmes permanentes comme l’élan d’humanisme impulsé par Jessica, les coulisses de la corruption ou les traits de personnalité de chacun (la confusion de Joshua, la naïveté d’Amy, le côté magnanime de Jessica…)

Enfin, tentez de vous procurer, si ce n’est pas déjà fait, la première édition du tome 5. Ses bonus comporte des coupures de presse qui, bien que fictives, sont intéressantes. Elles projettent le récit sur les quelques jours qui suivent son dénouement final et en enrichissent la lecture via la présence de faits nouveaux, autant de détails qui mettent en lumière certains éléments restés absents dans le récit principal (essentiellement sur le parcours de Jessica Ruppert). Ces bonus offrent à cette histoire une fin ouverte laissant espérer une suite…

PictoOKPictoOKCette fresque franco-belge mérite qu’on s’y arrête pour plusieurs raisons. Les amoureux des récits où la psychologie des personnages est travaillée y trouveront leur compte, les amateurs de thriller ne seront pas en reste et les adeptes d’univers réalistes se régaleront. Ajoutons à cela la présence d’une intrigue politique qui mêle avec brio une lutte verbale farouche entre républicains et démocrates et où les enjeux politiques fricotent avec la pègre. Sans recourir à des effets de style alambiqués, Luc Brunschwig a méthodiquement introduit ses pièces sur l’échiquier narratif lui donnant ainsi une portée appréciable.

Le Pouvoir des Innocents

Série Terminée

Tome 1 : Joshua

Tome 2 : Amy

Tome 3 : Providence

Tome 4 : Jessica

Tome 5 : Sergent Logan

Éditeur : Delcourt

Collection : Sang-Froid

Dessinateur : Laurent HIRN

Scénariste : Luc BRUNSCHWIG

Dépôt légal : juin 1992 (tome 1), avril 1994 (tome 2), février 1996 (tome 3),

avril 1998 (tome 4) et janvier 2002 (tome 5)

ISBN : 978-2-906187-87-0 (tome 1)

Bulles bulles bulles…

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Le Pouvoir des Innocents – Brunschwig – Hirn © Guy Delcourt Productions – 1992 à 2002

Merci !

Voilà, hier j’ai fêté mon  » mois-iversaire  » dans la blogosphère. L’œil hagard, le cheveu hirsute, je vadrouille aussi depuis peu de ci-de là (et après m’être énervée un temps sur la mise en page).
Maintenant mon blog a la tête qu’il a et c’est bien comme ça !Merci à tous pour l’accueil, les discussions et les découvertes…
J’ai vu des jolis bijoux partout…
Des personnes qui ont des idées vraiment géniales.Je pense à Hirondelle, morue des pays chauds, sans qui je ne serais pas,
je pense à Loula, sa chaîne de livres, et son hommage à ma maniaquerie,
je pense à l’univers chaleureux d’Yspaddaden, qui a fait les frais de mes déboires blogistik tik tik,
Yaneck mais il ne vient plus,
….

et aux copains qui sont venus remuer mes pages …
petite mamoune de l’Est que je revois bientôt, parce que la semaine prochaine je remonte en vacances,
la grande mamoune et sa bannière,
le petit papa que je sors de son lit pour que mon blog y soit tout beau,
mon vieux copain, le meilleur gardien de but que je connaisse, que je revois le 145è (parce qu’il paraît que ce n’est plus le 146è…),
le gentil golgoth qui supporte ce joyeux bordel avec notre bande de minis golgoths,

Nico a eu une très bonne idée de mettre à disposition des fonds d’écran, je la lui pique…

à mon tour d’offrir de quoi remercier les gens de passage ici…

Fond d’écran Sillage
Fond d’écran Arcane Majeur
Fond d’écran Le Pouvoir des Innocents
Fond d’écran de Bilal

Voilà, c’était la séquence émotion du mois de mai….