Je me souviendrai (Soulman & Collectif)

Je me souviendrai - 2012 : Mouvement social au Québec -
Soulman – Collectif © La Boîte à bulles – 2012

« Printemps 2012. Depuis de longs mois désormais, le Québec est témoin, spectateur, détracteur ou acteur d’une crise sociale qui, quoi qu’il advienne, a d’ores et déjà marqué son histoire, au même titre que les événements d’octobre 1970.

Initialement portée par un mouvement étudiant sans précédent au Canada – la lutte des carrés rouges contre la hausse des frais de scolarité – catalysée par la Journée de la Terre du 22 avril, cette lutte a pris une valeur et une dimension politiques inédites, après l’adoption par le parlement québécois de la loi spéciale 78 destinée à enrayer le mouvement (dénoncée par l’ONU et Amnesty International) puis l’adoption par le parlement fédéral de la loi C-38 officialisant le retrait du pays du Protocole de Kyoto.

Après des mois de manifestations quotidiennes, d’initiatives en tous genres, un collectif artistique est né : Je me souviendrai.

Journalistes, auteurs, illustrateurs, penseurs et musiciens ont répondu à cet appel pour donner une voix emplie d’optimisme et de promesses à ce « printemps québécois », à ces indignés du Nouveau Monde qui se sont levés pour dire non » (présentation officielle).

A l’instar de Gaza – Décembre 2008 – Janvier 2009, cet ouvrage collectif a été réalisé dans l’urgence. Il est destiné à sensibiliser l’opinion publique (internationale) sur ce mouvement social québécois, comprendre ce conflit… et ne pas l’oublier. Parmi les auteurs ayant collaboré, je vous avais déjà présenté sur ce blog quelques ouvrages de Soulman, Jimmy Beaulieu, Johanna, Jérôme D’Aviau, Maximilien Le Roy, Clément Baloup, Laureline Mattiussi. Ce recueil collectif m’a également permis de découvrir d’autres univers artistiques : Fred Jourdain, Jeik Dion, Antoine Corriveau, Geneviève Lafleur-Laplante, Julie Fontaine Ferron, Chloé Germain-Thérien, Gautier Langevin… Mes excuses envers ceux que je n’ai pas cités.

J’avais quelques notions – bien maigres – de ce qui s’est passé au Québec entre février et septembre 2012. En une dizaine de pages, le premier chapitre revient sur les causes de l’émergence du conflit social (décembre 2010-février 2012). Les quatre chapitres suivants s’arrêtent mois par mois, de mars à juin 2012, sur l’enlisement des négociations entre le peuple et le gouvernement, les tentatives de négociations amenant systématiquement le dialogue dans des impasses.

Faits marquants, prises de position, initiatives individuelles ou collectives, Je me souviendrai fait un état des lieux complet des événements. Le rouge qui nous accueille dès le visuel de couverture et indique l’orientation prise par ce recueil. Ainsi, les témoignages qu’il contient marquent leur opposition à la hausse des frais de scolarité (une très forte hausse étalée sur 5 ans) mais le ton n’est pas à l’animosité. Les propos sont argumentés et rappellent sans cesse l’état d’esprit pacifique de ce mouvement social.

En tant que lecteur, on a lieu d’être agacé par la stratégie d’évitement du Gouvernement de Jean Charest. En effet, on ne peut que constater l’obstination des politiques à fuir le débat, à refuser de s’asseoir à la table des négociations et à apporter des réponses stériles. Au fil des pages, on revit les temps forts de ce mouvement comme le vote de la Loi 78, la signification des Carrés rouge / vert / noir / blanc (détails également sur Wiki), l’action menée par les porte-paroles étudiants, les débordements du SPVM (Service de police de la ville de Montréal), …

PictoOKLe résultat est un album patchwork composé de textes, de poèmes, d’illustrations, de BD ou de strips, de photos. Le lecteur n’est pas pris à parti même s’il me semble, à l’évidence, que la lutte engagée par les étudiants québécois me semble relever du bon sens. Une bonne sensibilisation au Printemps Erable.

Rajouter 1625 dollars par an, certains disent que cela ne nuira à personne, mais ceux-là ne réalisent pas que la valeur de l’argent n’est pas la même pour tous.

Une lecture que je partage également avec Mango à l’occasion de ce mercredi BD

Et découvrez les albums présentés par les autres lecteurs !

Pour aller plus loin sur le sujet : http://greve2012.org/ et http://rouge.onf.ca/

Les chroniques : Annabelle Moreau et Fabien Deglise.

« Si nous nous endormons ici, nous rêverons si mal que plus rien ne sera possible » (Réjean Ducharme).

Je me souviendrai

– 2012 : Mouvement social au Québec –

One shot

Éditeur : La Boîte à bulles

Collection : Contre-Cœur

Ouvrage collectif coordonnée par SOULMAN

Dépôt légal : octobre 2012

ISBN : 978-2-84953-160-0

Bulles bulles bulles…

La preview sur Digibidi.

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Je me souviendrai – Soulman – Collectif © La Boîte à bulles – 2012

Une par Une (Johanna)

Une par une
Johanna © La Boîte à Bulles – 2010

« Une jeune femme part en voyage dans l’espoir d’oublier celui qu’elle aime et qui l’a quittée. Une autre se demande en quels apprêts elle attendra son amoureux, le soir venu. Une troisième tente de convaincre une de ses semblables des charmes de l’amour saphique, une quatrième promet à son amant qui la délaisse que désormais elle saura… s’aimer ! » (synopsis extrait d’un échange sur le forum de BDGest’).

Sentiments, relation, adultère, sexe, attirance, fantasmes, homosexualité…

12 petites histoires qui passent, qui dérangent parfois, qui marquent ou nous laissent indifférents. C’est étrange, indiscret, juste… et amusant de voir comment on réagit à chacune d’entre elle. Petite exploration des jeux de l’Amour et du Hasard.

Nous sommes accueillis dans ce recueil par une histoire que je mets volontairement à part, à tort ou à raison d’ailleurs. Pourquoi ? Peut-être parce que c’est la première. Peut-être parce qu’elle n’était pas présente en 2005 dans la première édition de cet album (signé sous le pseudo de Nina, l’album était alors paru au Éditions de l’An 2). Peut-être parce que c’est la seule qui est en couleurs… ou tout simplement parce que l’héroïne s’appelle Nina. En tout cas, elle donne le ton et introduit à merveille cet album qui aborde un thème qui nous taraude tous, qu’on le veuille ou non. Chaque saynète fait  évoluer un personnage différent (entre)aperçu dans la nouvelle précédente alors qu’il était simple badaud, voisin de compartiment, amante éconduite… On saute du coq à l’âne, d’un sentiment à l’autre.

Il n’y a pas de pudeur dans le dessin, il est un peu figé sur certains passages mais les ambiances graphiques sont agréables.

PictomouiUne belle occasion qui m’a été offerte de découvrir un auteur. Les personnages sont accessibles, on comprend leurs désarrois, leurs envies… mais  j’y suis resté très extérieure, sans empathie… J’ai aimé mais « sans plus ». Un moment de lecture agréable, trop court, parfois trop lisse. Les personnages n’ont pas le temps de s’installer que nous passons déjà à autre chose, comme des voleurs… Ces courts chapitres happent des bribes de vies et/ou de pensées… Visiblement, je passe à côté de cette lecture à en croire les avis déjà en ligne.

Pourtant, ce « trait » d’auteur me plait. J’aimerais la lire sur un autre ouvrage, mais lequel ? Un conseil ?

Biographie de Johanna sur Bedetheque.com et interview de l’auteure sur BDtheque. La chronique de Sceneario.com et de CoinBD.

Je remercie La Boîte à Bulles pour cette découverte.

Extrait :

« J’ai longtemps pensé qu’avec le sexe, je trouverais l’amour. Mais l’amour peut très bien se passer de sexe. J’ai pensé… qu’en te quittant avant de faire ce long voyage, te laissant à ton gout pour le libertinage, je rendrais les choses plus claires, moins douloureuses. Mais t’as été le passager clandestin de ma valise. Et au bout du monde, j’ai retrouvé ton visage » (Une par une).

Une par une

One Shot

Éditeur : La Boîte à bulles

Collection : Hors-Champs

Dessinateur / Scénariste : JOHANNA

Dépôt légal : décembre 2010

ISBN : 978-2-84953-111-2

Bulles bulles bulles…

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Une par une – Johanna © La Boîte à bulles – 2010