Satanie (Vehlmann & Kerascoët)

Vehlmann – Kerascoët © Soleil Productions – 2016
Vehlmann – Kerascoët © Soleil Productions – 2016

« Charlotte – alias Charlie – une jolie rousse, organise une expédition afin de retrouver son frère. Ce jeune scientifique, qui a disparu sous terre depuis plusieurs mois, affirmait– au plus grand étonnement de tous – pouvoir prouver l’existence de l’Enfer en s’appuyant sur la théorie de l’évolution de Darwin !

Le petit groupe conduit par Charlie s’enfonce donc sous terre et découvre au fur et à mesure de sa progression que les entrailles de notre planète pourraient bien abriter une autre forme de vie pour le moins inattendue… » (synopsis éditeur).

En 2011, Dargaud publiait le premier tome d’une série annoncée comme étant un diptyque. Il s’agissait alors de « Voyage en Satanie » avec aux commandes le fameux Fabien Vehlmann (« Les Derniers jours d’un immortel », « Les Cinq conteurs de Bagdad », « Seuls », « Paco les mains rouges » …) et aux crayons : Kerascoët, le duo de dessinateurs formé par Marie Pommepuy et Sébastien Cosset (« Miss Pas Touche », « Donjon Crépuscule » ou encore « Jolies Ténèbres » déjà réalisé avec Vehlmann).

Et depuis 2011, la série était en attente. Pas de suite et donc pas de dénouement… jusqu’à ce mois d’octobre 2016 qui arrive. Les Editions Soleil avaient annoncé la sortie de « Satanie », superbe ouvrage rouge qui contient le diptyque dans son intégralité.

Satanie – Vehlmann – Kerascoët © Soleil Productions – 2016
Satanie – Vehlmann – Kerascoët © Soleil Productions – 2016

« Satanie » est un récit d’aventure hors du commun, un réel voyage initiatique. Une quête identitaire où convergent les références mythologiques, oniriques, scientifiques. Et si le fait que Fabien Vehlmann puise ouvertement dans l’imaginaire collectif pour construire son scénario, se basant ainsi sur les représentations que l’on peut avoir de l’Enfer comme un lieu hostile, terrifiant où évoluent des créatures amorales, fourbes, vicieuses… il rend également hommage au célèbre roman de Jules Verne (et notamment à Voyage au centre de la Terre) et il s’en faut pour faire également des parallèles avec « La Quatrième Dimension » de Rod Serling. De plus, il fait appel à des connaissances scientifiques, tentant d’expliquer par le jeu narratif la disparition de l’Homme de Neandertal. Son scénario invente ainsi une nouvelle hypothèse et imagine l’existence d’un lieu insolite.

Le duo Kerascoët a contribué au fait que ce récit donne l’impression d’un renouvellement permanent. Jouant avec les couleurs et les paysages aux formes sans cesse réinventées. Il n’y a aucune ligne d’horizon, comme si les personnages évoluaient dans un lieu clos qui pourtant semble n’avoir aucune limite. De nouvelles galeries apparaissent, elles sont aussitôt empruntées par les personnages qui vont de surprises en déconvenues et découvrent les impasses et les ressources de ce monde. On a l’impression de progresser dans un univers vivant, comme un corps qui serait soumis à des mutations permanentes. Ce lieu fascinant enferme pourtant les personnages dans un huis-clos où les notions d’espace et de temps n’existent plus, où la folie des uns et des autres semble prête à surgir à la moindre occasion.

PictoOKIl y a dans cet album tout un charivari de couleurs. Tantôt vives, tantôt toniques ou tantôt très sombres, elles accompagnent chaque instant de cette épopée dont on ne sait prédire l’issue finale. Un album ludique et prenant. Un régal pour les yeux et pour l’esprit.

Extrait :

« Journal de l’abbé Montsouris. Date inconnue. J’ai décidé de relater notre périple pour laisser un témoignage à qui trouverait ces lignes. Nul ne saurait dire combien de temps Charlie et moi-même pourrons suivre les Sataniens au cœur de cette « forêt retournée », faite de racines géantes. Les notions de jour et de nuit n’ont plus ici aucun sens. Seuls nos brefs moments de sommeil nous permettent-ils de ponctuer notre progression. Quant aux Sataniens, c’est à croire qu’ils ne dorment jamais. Toujours aux aguets, en mouvement, à la manière de requins. Leur respiration elle-même paraît différer de la nôtre, car jamais leur poitrine ne se lève ou s’abaisse. Comme si tout dans ce monde semblait continu, permanent… Ou, pour être plus précis, permanent dans le changement. Car si aucun cycle ne vient rythmer cet univers souterrain, rien ici ne reste pourtant longtemps identique. On croit trouver un havre, et nous voilà déjà contraints de fuir devant des brumes bouillantes. Une racine semble comestible et bien vite, une autre, d’apparence presque identique, s’avère nocive. » (Satanie)

Satanie

Récit complet

Editeur : Soleil

Collection : Métamorphose

Dessinateur : KERASCOËT

Scénariste : Fabien VEHLMANN

Dépôt légal : octobre 2016

128 pages, 22,95 euros, ISBN : 978-2-3020-5386-1

Bulles bulles bulles…

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Satanie – Vehlmann – Kerascoët © Soleil Productions – 2016

 

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Les découvertes des autres lecteurs des « BD de la semaine » :

Mylène                                         Enna                                           Saxaoul

Jérôme                                      Noukette                                       Stephie

Leiloona                                        Sophie                                              Sabine

Marion                                     Bouma                                         Caro

« Jolies Ténèbres » de Kerascoet et Vehlmann

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Jolies Ténèbres – Vehlmann – Kerascoet © Dupuis – 2009

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’une BD qui ne se raconte pas ! Autant dire, un pari un peu fou 😉 Oui mais voilà, cette petite merveille de BD mérite que vous alliez y jeter un œil ou deux ! Sans que je vous dévoile l’histoire …. Oui, parce que Jolies Ténèbres est inclassable, ne ressemble à rien de ce que j’avais lu auparavant,  ne se dit pas et se lit, dans un trouble et une émotion rarement égalée !

Il faut que je vous dise un peu comment j’ai découvert cet ovni : trouvé dans la délicieuse bibliothèque de mon ami Fabrice, j’en ai lu quelques pages par une belle soirée de juin en me disant « ouais pas mal, un conte onirique, joli, délicat, peuplé de personnages qui semblent venir de l’enfance …. » Quand soudain …. un choc ! Avais-je mal lu ???? Je reprends la lecture au tout début et là, un saisissement, un ébranlement,  presque un dégoût …. Ai terminé cette histoire en apnée, m’enfonçant page après page dans un affreux malaise, qui demeure bien après avoir refermé ce livre….

Bon évidemment, là, j’ai le sentiment de ne pas avoir suscité le désir fou de découvrir cette BD hein ?! Mais il le faut, croyez moi ! Cette merveille, sortie en 2009, écrite d’après une idée originale de Marie Pommepuy, racontée par cette auteure ainsi que Fabien Vehlmann et dessinée par Kérascoët, est un petit prodige ! Totalement en décalage entre le dessin à l’aquarelle, les petits êtres tout droit sortis de l’univers doux et poétique des contes de l’enfance et l’histoire où toute la cruauté des hommes est résumée : méchanceté, cruauté, bêtise, absurdité, égoïsme, et j’en passe des mochetés ! Cette BD est un petit bijou macabre et cruel, uniquement pour les adultes (à moins que vous ne vouliez traumatiser ces chères têtes blondes !), à découvrir absolument !

 

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Jolies Ténèbres de Kerascoët et Vehlmann, Dargaud, 2009, 16 euros.

Jolies Ténèbres (Vehlmann & Pommepuy & Kerascoët)

Jolies Ténèbres
Vehlmann – Karascoët © Dupuis – 2009

Des petits personnages aux allures enfantines sortent du corps d’une enfant. Ils en avaient fait leur demeure. La fillette étant décédée, le corps se décompose et ces petits êtres mystérieux sont contraints de plier boutique.

Dehors, Aurore va tenter de tisser une solidarité entre ses compagnons d’infortune. C’est sans compter les mesquineries de chacun.

J’avais lu et entendu beaucoup de bien sur cet album. J’ai vu fleurir le terme de « chef d’œuvre » ça et là et j’ai sauté sur l’occasion de le lire lorsqu’on me l’a conseillé dans le »Faites-moi lire » de décembre. Je dois dire que c’est chose faite depuis un moment mais qu’il m’a été difficile d’en parler.

J’ai pris soin de lire, voire de relire les avis de mes confrères blogueurs de kbd (Yaneck, Vicklay, Lunch) avant de me relancer une seconde fois dans ce one-shot. Rien n’y fait.

Je suis en tout point d’accord pour dire que les graphismes sont de toute beauté. L’atmosphère est conviviale, les grands yeux de ces petits personnages nous font fondre, ils ont l’air si naïfs, si candides ! Mais sur ces visuels, un scénario implacable. Simple, il va à l’essentiel…

… l’ensemble est malsain. Chaque personnage rivalise de cruauté, d’égoïsme, d’égocentrisme. Voir la pauvre Aurore se débattre au milieu de cette petite communauté d’êtres dont on ne comprend pas clairement la provenance et le sens (l’utilité aussi) de leurs existences… est pathétique. « Jolies Ténèbres » : oui, je rejoints Yaneck lorsqu’il identifie qu’on oublie rapidement le titre de l’album en étant face à de telles ambiances. Je suis aussi d’accord pour applaudir l’exercice de style : le contraste visuels chaleureux / cruauté des personnages est frappant. Mais ce ne sont réellement pas de belles personnes qui peuplent cet ouvrage. C’est malsain, glauque. Ça me renvoie encore à LEtat Morbide. Quel est le message à comprendre ? Que veut-on nous dire ? Encore un ouvrage basé sur des clichés ? Encore un album pseudo-intello ? Franchement, ça m’ennuie. Cet album est bien évidemment allé à Angoulême en janvier dernier, pour en revenir bredouille… pour une fois, je me retrouve assez bien dans ce positionnement.

pictobofpictobofMacabre. Une lecture difficile qui m’a mise mal à l’aise, qui ne m’a rien appris, ne m’a pas fait voyager (ce que l’on peut à minima attendre d’une BD) et encore moins réfléchir. Je trouve ça de mauvais goût, mais tous les avis sont dans la nature !

Je vous oriente de ce pas vers Dame Harpye pour une chronique plus objective.

Jolies Ténèbres

Challenge Bu / Lu
Challenge Bu / Lu

One Shot

Éditeur : Dupuis

Dessinateur : KERASCOËT

Scénariste : Fabien VEHLMANN & Marie POMMEPUY

Dépôt légal : mars 2009

ISBN : 9782800142388

Bulles bulles bulles…

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Jolies Ténèbres – Vehlmann – Kerascoët © Dupuis – 2009

Miss pas Touche, tome 4 (Hubert & Kerascoet)

Miss pas touche, tome 4
Hubert – Kerascoët © Dargaud – 2009

On retrouve Blanche dans ses aventures rocambolesques et impossibles. Cette Sainte-Nitouche a décidément la guigne.

Dans ce tome, elle court après son Antoine disparu dans des conditions inexpliquées et tente de joindre les deux bouts dans le joyeux bordel de sa vie.

L’amoureux volatilisé, la mère parasite, les collègues hypocrites… seule son amie Joséphine est son alliée.

A petit polar divertissant, petite chronique BD divertissante… mais pas très jolie !

On replonge facilement dans le monde de Blanche. Toujours en quête perpétuelle d’elle-même, elle court après le temps, elle ne maîtrise rien de ses actes et ne comprend pas dans quoi elle est impliquée. Situations saugrenues en tout genre pour cette aventurière en gros sabots.

Miss Pas Touche, tome 4 – Hubert – Kerascoët © Dargaud – 2009

Pour tout dire, j’avais bien aimé les trois premiers tomes de la série, mais à ce stade, les choses stagnent un peu.

Blanche est moins timorée, c’est dommage car cela faisait son charme. Mais elle est d’une naïveté… pfff. Et on attend de Joséphine une intervention…

… mais non. Madame Jo est pratiquement absente et elle manque.

pictobofOn sourit plus rarement que dans les trois premiers tomes de la série.

Ce tome me déçois. Les personnages perdent du caractère au profit d’un rythme de lecture un peu trop speed. On ne se pose pas ! Ça n’est plus vraiment du Polar, mais ça n’est pas vraiment autre chose.

Miss Pas Touche

Tome 4 : Jusqu’à ce que la mort nous sépare

Série en cours

Éditeur : Dargaud

Collection : Poisson Pilote

Dessinateur : KERASCOET

Scénariste : HUBERT

Dépôt légal : août 2009

ISBN : 9782205062922

Bulles bulles bulles…

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Miss Pas Touche, tome 4 – Hubert – Kerascoët © Dargaud – 2009