Pour Sanpeï, tome 2 (Kouno)

Pour Sanpeï, tome 2
Kouno © Kana- 2009

« Sanpeï est un sexagénaire à la retraite, un peu bougon et renfermé de nature. Après la mort de sa femme, il emménage chez son fils. En triant ses affaires, il tombe par hasard sur un carnet, une sorte de journal de bord tenu par sa femme. A sa lecture, Sanpeï découvre que Tsuruko a pris le temps de mettre par écrit tout ce qui pourrait être utile à son époux afin de lui faciliter la vie, afin qu’il puisse vivre plus en harmonie avec son entourage : les goûts de sa petite-fille, le caractère de son fils, les recettes de cuisine essentielles, comment recoudre un bouton, comment repasser, tec. C’est maintenant à lui de se débrouiller » (synopsis du Quatrième de couverture).

Avec un plaisir non dissimulé, j’ai retrouvé Sanpeï dans sa quotidienneté déjà bien rythmée (mon avis sur le tome 1). Un personnage serein, confiant, aimant et aimé qui a trouvé sa place auprès de ses proches. Sans complexe, on savoure cette ambiance chaleureuse qui nous fait découvrir la quotidienneté d’une famille et quelques traditions japonaises. Une tendresse particulière émane de cette série, comment rester insensible à ce récit, comment ne pas être touchés par ses personnages ? On partage avec eux, on s’émeut, on sourit.

De nouveau, la narration est fluide et le trait est délicat, les ambiances soignées et le ton du récit mi-réaliste mi-poétique. Des petits gestes anodins, témoins de l’affection de Sanpeï vis-à-vis de sa petite-fille, sa bru ou son fils, sont omniprésents dans le récit. Une succession de planches muettes mettent en valeur ces moments. Je trouve ce choix pertinent, Fumiyo Kouno nous montre que la compréhension de ces gestes d’amour se passe sans problème des artifices narratifs existants.

Une postface signée de l’auteure clôt cet album… un moment de partage avec l’auteure :

PictoOKFin du diptyque que je n’ai pas pu vous présenter en une seule chronique. Une lecture que je conseille à tous.

L’avis de Tiphanya et de Faelys.

Extrait :

« Sanpeï. Tu dois vivre pleinement ce que j’ai pu gâcher. Prends soin des gens que tu as négligés à cause de moi et un jour, viens m’apporter un peu de jalousie en cadeau » (Pour Sanpeï , tome 2).

Pour Sanpeï

Tome 2

Diptyque terminé

Editeur : Kana

Collection : Made In

Dessinateur / Scénariste : Fumiyo KOUNO

Dépôt légal : mai 2009

ISBN : 9782505005704

Bulles bulles bulles…

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Pour Sanpeï, tome 2 – Kouno © Kana – 2009

Pour Sanpeï, tome 1 (Kouno)

Pour Sanpeï, tome 1
Kouno © Kana – 2009

La vie de Sanpeï, un vieux retraité bourru, est morose depuis le décès de sa femme. Le voyant dans cette situation, son fils lui propose de venir s’installer chez eux. Sanpeï accepte mais rapidement, le fait d’être une charge supplémentaire pour sa belle-fille lui pèse. Il se sent inutile. Quelques temps plus tard, Sanpeï retrouve par hasard le carnet que sa femme écrivait. Avec beaucoup d’émotions, il l’ouvre et découvre qu’il contient des notes sur tout ce qui fait le quotidien, sorte de recueil de fiches techniques du « savoir rendre son intérieur chaleureux » : cela va de la préparation de petits plats à l’art de veiller un malade… jusqu’à l’attention spécifique à donner à chaque membre de la famille.

A l’aide de ce précieux carnet, Sanpeï va donner un second souffle à sa vie. Lui qui jusque-là ne s’était soucié que de sa propre personne, il décide de se consacrer aux autres. De gestes attentionnés en paroles réconfortantes, il se rend compte que le fait de se consacrer à sa famille lui apporte bien plus que ce qu’il n’aurait imaginé. Petit à petit, il va parvenir à trouver sa place dans cette nouvelle configuration familiale…

Tout d’abord, je voudrais remercier Saxaoul. Nous étions toutes les deux inscrites au Manga Loto organisé par Loula et Saxaoul avait inscrit ce titre en complétant sa participation au jeu. Gagnante de ce Loto, j’ai eu la chance de recevoir quatre mangas, dont celui-ci qui figurait dans mes envies de lecture depuis un bon moment.

L’écriture de Pour Sanpeï a débuté au moment de la parution du Pays des Cerisiers au Japon (2003). Comme dans de nombreux mangas, on y retrouve l’image d’un foyer chaleureux où cohabitent trois générations d’une même famille. Mais au-delà de ça, Pour Sanpeï est un récit touchant qui ne se contente pas d’aborder la quotidienneté d’une famille japonaise. Avec beaucoup de pudeur et de respect, cet album aborde la question de la vieillesse à commencer par le nécessaire travail d’acceptation d’une nouvelle vie sociale que le vieil homme doit faire : « Papa. Grand-Père. En y réfléchissant, il n’y a plus personne pour m’appeler Sanpeï maintenant… ». A demi-mot, il est aussi question de sénilité mais le recourt à l’humour permet d’éviter les lourdeurs de ce sujet avec finesse. Là où Fumiyo Kouno nous surprend, c’est en insérant de très belles envolées lyriques dans ce récit, permettant ainsi de faire sortir le personnages des stéréotypes dans lesquels on enferme souvent les septuagénaires. Le voir remonter ses manches pour mettre en pratique les notes de sa femme, apprendre de nouvelles habitudes de vie à son âge avancé ou bien encore être pris au dépourvu face aux réactions spontanées et étonnantes de sa petite-fille… quel régal !!

Fumiyo Kouno a construit ce livre avec tout un tas de petits riens pourtant, l’ambiance qui se dégage ici est agréable. Les pages se tournent sans impression de redondance ou de lassitude. Le trait est doux et élégant, reconnaissable du premier coup d’œil. Je me suis fait une place dans cette petite famille japonaise où les rôles de chacun ont tendance à s’inverser. On est attendri par les moments complices que Sanpeï passe avec la petite fille ou tout simplement par les membres de cette famille qui réapprennent à se connaître. Au final, je crois que j’y ais pris beaucoup de choses à titre personnel : une vision rassurante de la vieillesse, un regard optimiste sur la sphère familiale et plein de petites informations qui seront injectées dans mon propre quotidien.

Une lecture que je partage avec Mango et les participants aux

Mango

Choisit par Saxaoul dans le cadre de sa participation au Manga loto organisé par Loula, cette lecture intègre le Challenge PAL Sèches

PictoOKJ’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de cet album. Un manga aussi délicieux que l’extrait que je vous propose !

Ils en parlent très bien : Saxaoul, Tiphanya, Kaeru, Harpye.

Extrait :

Cette fois, pas de citation. La lecture de Pour Sanpeï m’a redonné envie de préparer des plats japonais (cela faisait si longtemps !!). Hier, j’ai donc cuisiné un Nikujaga… tout simplement délicieux !

« Prendre quatre pommes de terre, les éplucher et les couper en quatre ou en six morceaux. Les laver rapidement à l’eau froide.
Prendre un oignon, l’éplucher, le couper en deux puis en petits morceaux de six à sept millimètres.
Verser un verre d’eau dans une marmite, ajouter deux cuillères à soupe de sucre, trois cuillères à soupe de sauce de soja. Faire bouillir.
Lorsque la sauce arrive à ébullition, rajouter l’oignon et la viande (environ 200 grammes de bœuf ou de porc coupé fin). Lorsque la viande change de couleur, rajouter les pommes de terre.
Mettre le couvercle sur la marmite et laisser cuire à feu doux. Lorsque les pommes de terre sont tendres, c’est prêt.
Si possible, laisser reposer 30 minutes de plus, c’est encore meilleur ».
Le tout est bien sur accompagné d’un bol de riz.

Pour Sanpeï

Tome 1

Diptyque terminé

Éditeur : Kana

Label : Made In

Dessinateur / Scénariste : Fumiyo KOUNO

Dépôt légal : avril 2009

ISBN : 9782505005605

Bulles bulles bulles…

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Pour Sanpeï, tome 1 – Kouno © Kana – 2009

Le Pays des Cerisiers (Kouno)

Le Pays des Cerisiers
Kouno © Kana – 2006

1955, Hiroshima fête un triste anniversaire.

La ville et ses habitants ont été marqués à jamais par le bombardement d’Août 1945. Le traumatisme causé par les effets de la Bombe atomique est prégnant. Chacun est en quête d’une raison d’être et tente encore de comprendre les raisons de cette abomination. Aucun ne s’autorise à vivre et à intégrer la nécessaire acceptation de cette culpabilité d’être encore vivant.

Voilà une œuvre qui m’avait été conseillée par ma petite libraire il y a quelques mois déjà. J’ai eu besoin d’un temps de réflexion avant de me la procurer… la colorisation de la couverture m’avait rebuté car je pensais que c’était un Shojo (genre avec lequel je n’accroche pas)…

Le récit est réellement poignant. L’auteur nous livre avec humilité le quotidien des hommes et des femmes qui ont survécu à l’horreur. La difficile acceptation de la réalité, la difficile acceptation de soi et de la vie qui doit poursuivre son cours. Les trois chapitres de cet ouvrage abordent le thème de la quotidienneté à Hiroshima 10 ans après les faits. De ceux qui ont vécu l’horreur à ceux qui sont nés après. De ceux qui refusent de se souvenirs à ceux qui y font face. Rien n’est livré au hasard, tant dans les mots que dans les dessins. Un ouvrage dont il m’est difficile de parler, un témoignage que je ne veux abîmer. La postface de l’auteur offre une conclusion magnifique à cet ouvrage et je voulais vous en livrer le contenu, en faire un résumé est une prouesse qui m’est totalement inaccessible.

Le Pays des Cerisiers – Kouno ©Kana – 2006

PictoOKPictoOKComment ça deux coups de cœur en moins d’un mois ??

Réellement touchant, émouvant, juste… à lire réellement.

Cette œuvre a été primée par le Prix Culturel Osamu Tezuka en 2005 (Prix de la nouveauté) et par les Japan Expo Awards (le Prix Jury & le Prix public lui ont attribué le Prix Moriawase en 2007).

Extraits :
« Non, les gens d’ici ne sont pas naturels. Personne n’en parle. on ne sait toujours pas pourquoi c’est arrivé. Tout ce qu’on sait, c’est que quelqu’un s’est dit que notre mort importait peu. Malgré cela, on a survécu. Mais le plus effrayant, c’est que depuis, nous soyons devenus des êtres qui acceptent que d’autres aient pensés ainsi, et qui s’y résignent » (Le Pays des Cerisiers).

« A chaque fois que je pense que je suis heureuse… à chaque fois que je pense que quelque chose est beau… Je me souviens de toute cette ville que j’aimais tant, de tous ces gens. Je suis ramenée au jour où tout à disparu. Et j’entends cette voix qui me dit : le monde où tu vis n’est pas ici » (Le Pays des Cerisiers).

« Tout se serait bien passé si j’avais pu oublier » (Le Pays des Cerisiers).

« 10 ans ont passé mais ceux qui ont lancé la bombe atomique pensent-ils encore en me voyant : Hourra ! On en a encore tué une ! » (Le Pays des Cerisiers).

Le Pays des Cerisiers

Roaarrr ChallengeOne Shot

Éditeur : Kana

Collection : Made In

Dessinatrice / Scénariste : Fumiyo KOUNO

Dépôt légal : avril 2006

ISBN : 9782871299288

Bulles bulles bulles…

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Le Pays des Cerisiers – Kouno ©Kana – 2006