Anuki, tome 7 (Maupomé & Sénégas)

Maupomé – Sénégas © Editions de la Gouttière – 2017

Il n’est pas simple de se repérer sur ce sentier ! Anuki peste et râle tout ce qu’il peu. Parti explorer la forêt avec Nuna, voilà notre petit indien pris à son propre jeu.
Mais voilà qu’Anuki à force de pester décide de s’asseoir pendant que son amie réfléchis sur la direction à prendre. Malheur à lui ! Car le voilà qui pose ses fesses sur un hérisson et ce dernier n’est pas d’humeur à se laisser faire. Anuki détale au quatrième galop, emportant dans sa course son amie Nuna. Ils roulent jusqu’en bas d’un talus, rebondissent… et atterrissent au pied d’un arbre majestueux. Joie ! Les voilà qui ont trouvé l’endroit idéal pour procrastiner, jouer, construire une cabane, regarder l’horizon… !!! Mais un polatouche avait trouvé ce havre de paix avant eux et il ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée des deux marmots.

Je doute qu’il soit encore nécessaire de présenter Anuki ! Ce petit indien espiègle et imaginatif nous amuse depuis quelques années déjà. Le mois dernier, il est revenu à l’occasion de la sortie du septième album de la série.

Toujours frais, drôle, pétillant, Anuki réveille le lecteur endormi et lui donne envie d’aller faire les quatre cent coups en pleine nature. Un album muet accessible dès le plus jeune âge, « Anuki » c’est une série d’aventures ludiques qui met de bonne humeur. Les enfants se tordent de rire pendant la lecture, les adultes ne sont pas mécontents même s’ils sont moins expansifs…

D’album en album, aucune pointe de lassitude à lire ou à relire Anuki. De son côté le duo Frédéric Maupomé (scénario) et Stéphane Sénégas (dessin) semblent continuer à se régaler et à faire tourner expositions et spectacles autour de cet univers. Au menu : des trognes sympathiques, des cascades imprévues et des coups de sang qui virent au fou rire.

A voir & à lire, je doute que le voyage vous déplaise !

A partir de 4 ans.

Les autres albums de la série sont sur le blog. Allez donc faire un tour du côté de la biblio-jeunesse pour y trouver votre bonheur 😉

Anuki

Tome 7 : L’Arbre de vie
Série en cours
Editeur : La Gouttière
Dessinateur : Stéphane SENEGAS
Scénariste : Frédéric MAUPOME
Dépôt légal : septembre 2017
36 pages, 10.70 euros, ISBN : 979-10-92111-62-0

Bulles bulles bulles…

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Anuki, tome 7 – Maupomé – Sénégas © Editions de la Gouttière – 2017

Sixtine, tome 1 (Maupomé & Soleilhac)

Maupomé – Soleilhac © La Gouttière – 2017

Il y a un peu plus d’un an, je vous présentais Sixtine. Voilà ce que j’en disais :

« Depuis que son père est décédé lorsqu’elle avait cinq ans, Sixtine vit seule avec sa mère. Cette dernière cumule les petits boulots pour faire face au quotidien mais les dettes s’accumulent dangereusement. D’ailleurs, un avis d’expulsion vient d’être remis à la mère de Sixtine.
Sixtine est une adolescente espiègle. A l’école, Sixtine peut compter sur Martin et Sophie, ses amis d’enfance. Mais Sixtine a un secret. Le jour où sa mère a disséminé les cendres de son père sur la plage, elle a rencontré Igor le Muet, Tranche-trogne et Archembeau. Depuis, ils sont inséparables. Avec eux, elle fait les quatre cents coups et ces derniers lui apprennent tout ce qu’ils savent, à commencer par le code d’honneur des pirates. Car les trois lascars ont écumé les mers et pillés des navires. Mais c’était il y a longtemps et aujourd’hui, ces fantômes se sont pris d’affection pour Sixtine et partagent sa vie » (extrait de mon premier article de Sixtine).

Oui… parce que sur ce coup-là, j’ai eu l’honneur d’être dans le secret des dieux. Des dieux bien nommés (et qui vont m’en vouloir de les qualifier ainsi 😛 ) puisqu’il s’agit de Frédéric Maupomé et Aude Soleilhac. Une belle aventure que j’aurais aimé pouvoir partager davantage avec vous mais il y a toujours ce fichu mauvais temps libre qui nous file entre les pattes…

Sixtine enfant

« Sixtine » c’est avant tout une histoire d’amitié que l’héroïne tisse avec ses camarades d’école et avec trois drôles d’énergumènes qui sont en réalité des fantômes. Depuis que Sixtine les a rencontrés sur une place lorsqu’elle était enfant, il ne se passe pas un jour sans qu’elle ne les voit. Elle se confie à eux, grandit à leurs côtés et se forge une personnalité pour le moins étonnante. Elle tire sa force de cette amitié, une confiance en elle et en ses convictions qu’elle n’a à envier à personne. Dans cette nouvelle série, on retrouve des thèmes chers à Frédéric Maupomé : l’amitié, l’enfance, l’aventure, l’intégrité. De nouveau, la question du trio : le trio des fantômes, celui que Sixtine a construit avec Martin et Sophie (dans d’autres albums, il y a celui de SuperS aussi avec la fratrie de Mat, Benji et Lili, ou bien encore celui d’Anuki). Des trios qui permettent aux dialogues de fuser, aux idées de jaillir et au scénario de rebondir en permanence.

La place de l’adulte aussi ; elle se décline différemment dans ces séries. Pour Sixtine, qui est orpheline de père, le lien à la mère est sa bouée, son phare. Pour que sa maman ne s’inquiète pas, Sixtine se montre forte et si elle garde le cap, c’est en partie dû à la présence des trois flibustiers ; ils lui ont appris bien plus qu’un vocabulaire pour le moins poussiéreux. Le fait que Sixtine soit la seule à les voir donne lieu à des scènes cocasses et entraîne la jeune fille dans des aventures rocambolesques.

« Sixtine » fut aussi l’occasion de découvrir le talent d’Aude Soleilhac. Un dessin doux, fluide, expressif qui illustre avec beaucoup de douceur cet univers mi-réaliste mi-fantastique. Elle accompagne Sixtine dans cette période si particulière où l’on se bien que sa vie va prendre un tournant décisif. La dessinatrice marque avec justesse les coups durs et les instants chargés d’émotion. Elle met en valeur les traits de caractère de l’héroïne, pointe avec pudeur ce qui la fragilise, une question d’identité, de filiation… Sixtine ne sait rien de son père et toutes les questions qu’elle a le concernant, et qui restent sans réponse, la mettent à mal.

Pour toutes ces raisons (et bien plus encore !), j’aimerais vraiment que vous découvriez Sixtine. Je vous garantis que cette série jeunesse vous réserve bien des surprises ! 😉

Sixtine est sur ce blog depuis 2016 !

Un album que je partage à l’occasion de « La BD de la semaine » qui se donne aujourd’hui rendez-vous chez Moka !

Sixtine

Tome 1 : L’Or des Aztèques
Série en cours
Editeur : La Gouttière
Dessinateur : Aude SOLEILHAC
Scénariste : Frédéric MAUPOME
Dépôt légal : septembre 2017
80 pages, 13.70 euros, ISBN : 979-10-92111-54-5

Bulles bulles bulles…

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Sixtine, tome 1 – Maupomé – Soleilhac © La Gouttière – 2017

SuperS, tome 3 (Maupomé & Dawid)

Maupomé – Dawid © La Gouttière – 2017

Les policiers continuent de piétiner dans leur enquête. Mais qui sont donc ces trois supers-héros qui viennent au secours de la veuve et de l’orphelin. D’autant que ces mystérieux alliés leurs ont livré, sur un plateau, un pyromane qui sévissait depuis quelques temps dans la ville. Sauf que lors de son interrogatoire, le pyromane a donné de précieux renseignements sur le profil de des trois super-héros qui l’ont pris la main dans le sac : il s’agit d’enfants.
Autour de Benji, Lili et Mat, l’étau se resserre. Vont-ils parvenir à garder l’anonymat ? Et l’enquête de l’assistante sociale ne va-t-elle pas conduire au fait qu’ils vont être placés ? Y a-t-il une autre solution qu la fuite ?
Dans leur cavale, ils vont pourtant trouver des alliés inattendus.

L’année 2015 était pour nous l’occasion de découvrir le premier tome de la série Supers. L’intrigue principale s’intéresse à trois enfants orphelins puis, en tournant les pages, on apprend qu’ils sont nés sur une autre planète. Un peu comme Superman, leurs parents les ont mis à l’abri sur notre planète et ils ont des super-pouvoirs ; ils peuvent voler, hypnotiser, porter des charges très lourdes… C’est leur secret et il est parfois lourd à porter. La journée, ils vont à l’école comme les autres enfants. Une fois chez eux, c’est Mat, le grand frère âgé de 13 ans, qui s’assure que les devoirs sont faits et que personne ne se couche trop tard. Mat veille au grain et est secondé par Al. Ce dernier est une nounou un peu particulière puisque c’est un robot qui les aide à grandir, à s’organiser, à entretenir la maison…

Le scénario imaginé par Frédéric Maupomé se construit donc autour de ces trois orphelins. Chaque tome nous permet de rentrer un peu plus dans le vif du sujet et de prendre conscience, en douceur, du fait que ce n’est pas toujours simple de vivre sans adulte. Bien sûr, pour l’enfant qui lit la série, il y a quelque chose de fascinant dans le postulat de départ. Il voit des enfants complètement autonomes. Leur situation a quelque chose de fantaisiste, de bricolé, un peu comme ces raviolis qui composent l’essentiel de leur alimentation.

Ces enfants imaginaires ont aussi beaucoup de point commun avec leurs lecteurs. Pour bien grandir et s’intégrer, ils font exactement la même chose : ils vont à l’école et font leurs devoirs, ils se couchent tôt, ils doivent respecter des règles, ils ont des amis. Petite touche de réalité supplémentaire : les relations entre les trois enfants sont plutôt bonnes malgré quelques désaccords ponctuels… des rivalités et des petites tensions qu’on retrouve dans toutes les fratries. Bien sûr, ce qui nous en met plein les yeux est à n’en pas douter le fait que les trois héros aient des pouvoirs surnaturels. De fait, on baigne entre un quotidien qui nous est familier et le monde des supers-héros où des gens seraient capables de voler ! Et c’est encore plus fascinant quand les super-pouvoirs sont utilisés pour faire le bien !

Tout est sans cesse sur un fil dans le scénario et cela donne l’impression que cette histoire est une aventure permanente, où chaque jour passé est une petite victoire en soi. Le jour, Mat (l’aîné) s’assure que le secret est bien gardé et la nuit, il prend la tête des opérations quand les enfants partent détrousser les délinquants, voleurs et autres tordus qui peuvent circuler en liberté.

Depuis le début, la série nous emmène dans son rythme d’autant que les illustrations de Dawid sont un petit voyage à elles seules. Des couleurs chaudes qu’il utilise pour certaines scènes aux teintes plus sombres qui nous font ressentir le froid mordant des nuits d’hiver, on est aux premières loges à chaque instant. Le dessin vit, les personnages s’animent sous nos yeux. Dans cet univers hyper réaliste, on se met à croire à quelque chose d’incroyable.

Un régal. A ce stade de la série, ce tome est plus posé et plus sombre que les autres. C’est aussi mon préféré. On est entré au cœur de cette famille atypique et passé le côté fascinant que peut avoir leur vie, on rentre dans le vif du sujet et on se rend compte que tout n’est pas si simple qu’il n’y paraît. J’aime beaucoup les questions soulevées par cette histoire.

Ma chronique du tome 1 et celle du tome 2.

SuperS

Tome 3 : Home Sweet Home
Série en cours
Editeur : La Gouttière
Dessinateur : DAWID
Scénariste : Frédéric MAUPOME
Dépôt légal : août 2017
112 pages, 18 euros, ISBN : 979-10-92111-53-8

Bulles bulles bulles…

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SuperS, tome 3 – Maupomé – Dawid © La Gouttière – 2017

Sixtine #3

Après moult péripéties, il était grand temps de vous parler de nouveau de Sixtine !

Je ne vous ai rien dit la concernant depuis bien trop longtemps et l’heure est venue de vous donner de ses nouvelles. Dans mon dernier article, vous aviez eu l’occasion de découvrir les grandes lignes de l’univers. Je vous avais alors proposé de consacrer un article à Sixtine afin que vous puissiez faire la connaissance de l’héroïne de la série. On va donc profiter de cet article pour entrer un peu plus loin dans les coulisses de ce projet et parler du travail de collaboration entre Frédéric Maupomé et Aude Soleilhac.

Comment ce personnage a évolué dans les différents travaux, trouvé sa silhouette, une gestuelle qui lui est propre ? Comment ses traits de caractères se sont peu à peu imposés aux auteurs, comme une évidence ? Comment « Sixtine » a trouvé son rythme, le ton adéquat pour le récit… un crédo en quelque sorte qui rend l’univers original ?

Place au travail de création.

L’idée de cette série a germé dans l’esprit de Frédéric Maupomé après avoir vu une série de dessins réalisés par Cécile (je vous invite réellement à vous rafraîchir la mémoire en relisant l’article Sixtine #2), les éléments qui ont par la suite enrichit l’univers viennent d’autres référence. Il y eu cette envie de créer un personnage qui soit un mélange de Sophie et de Fido (fans de la série « Inspecteur Gadget », j’en appelle à vos souvenirs) ? Alors oui, Sixtine avait une personnalité qui se dessinait déjà lorsque le projet – entièrement écrit en dialogues – arrive sur la table à dessin d’Aude Soleilhac. En revanche, Frédéric n’a rien dit à Aude – excepté pour Sophie (l’amie de Sixtine) pour laquelle la consigne était que le personnage devait obligatoirement être une jeune fille caribéenne (élément qui devrait servir dans les tomes à venir) – concernant le physique des personnages. La dessinatrice a ainsi eu tout loisir d’inventer et de les construire en fonction de son propre ressenti.

Sixtine – Maupomé – Soleilhac © La Gouttière – 2017

Si la trame de l’histoire narrative était déjà construite, il restait cependant à trouver le bon compromis graphique pour installer certaines précisions (émotions ressenties par les personnages, trouver les bonnes expressions pour que, d’un coup d’œil, le lecteur comprenne qu’il est face à une scène comique ou qu’au contraire, il est à un moment crucial de l’histoire et que la suite de l’aventure va dépendre du dénouement d’une scène ou d’un choix fait par tel ou tel protagoniste…).

Sixtine est donc « née » une première fois dans l’imagination du scénariste et ses traits de caractères se sont précisés lorsqu’il a couché par écrit les premiers dialogues de cette fiction. L’illustratrice peut ensuite corroborer certaines orientations. En ayant une liberté de création totale, Aude Soleilhac a ainsi apporté les compléments nécessaires au travail du scénariste. De la silhouette de Sixtine à l’ambiance de cet univers en passant aussi par un choix d’appliquer telle ou telle structuration à ses planches, elle a eu une influence importance sur la dynamique de cette histoire, sur la vitesse de lecture qu’on va choisir, sur le moment où – inconsciemment – on va s’attendrir face à la réaction d’un personnage où sur le moment précis où on va sourire ou encore être en alerte face à un danger imminent. Son dessin, ses couleurs et la taille de ses vignettes sont nos antennes.

Sixtine – Maupomé – Soleilhac © La Gouttière – 2017

Sixtine va donc « naître » une seconde fois sous le crayon de l’illustratrice. Il s’agit pour elle d’organiser des idées, d’attraper son ressenti, de préciser une forme puis, crayon en main, d’assembler ces éléments et d’en faire un univers graphique cohérent. Frédéric en construit l’ossature et donne les premiers repères. Aude le complète, l’enrichit et y apporte des détails nouveaux qui lui donneront de la rondeur.

« (…) pour chacun des personnages, je suis allée puisée dans mes expériences d’adolescence, le côté geek de Martin, le côté bonne élève sérieuse de Sophie, ses rondeurs nouvelles dues à l’adolescence, et le côté androgyne de Sixtine, en dehors des cases de la société »

(propos d’Aude Soleilhac)

Créer un personnage, l’investir à tour de rôle, ne jamais cesser de l’enrichir et surtout, confronter des regards sur un univers et ses personnages… voilà autant d’atouts qui vont permettre aux auteurs de s’appuyer sur une réelle interaction, un échange régulier entre scénariste et dessinateur qui permet de construite progressivement un univers dans lequel le lecteur trouvera sa place. Une place qu’il aura envie de retrouver plus tard lors de la sortie des albums à venir.

Lorsque le scénario a commencé à prendre forme, Sixtine était avant tout définie par des traits de caractère : déterminée, franche, futée, casse-cou, cancre et sportive. Un personnage qui est entier, qui s’appuie sur de rares amitiés mais des amitiés réelles, fortes. Lorsque Aude s’en saisit et commence à explorer cet univers, premiers croquis, la silhouette de Sixtine apparaît, son look vestimentaire se précise, sa gestuelle s’affirme progressivement. Sixtine ressemble un peu à Vincent (« Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes… ») sur certains traits de caractères. Aude poursuit : élancée, l’adolescente sera aussi androgyne, « passe-partout » avec son look vestimentaire en dehors des canons de la mode.

Sixtine – Maupomé – Soleilhac © La Gouttière – 2017

Sixtine a donc été investie à deux reprises par deux auteurs qui tous l’ont perçue de manière aussi différente que complémentaire. C’est un univers qui leur échappe donc en partie puisque tout au long de ce travail de création, les échanges ont permis de préciser un point de vue ou l’importance d’un détail (tic d’expression, attitude corporelle, sens de la répartie…). Le résultat les surprend tous les deux, comme un univers où ils ont injecté une part d’eux-mêmes mais qui est indépendant. Il y a aussi cette envie commune aux deux auteurs de partager des valeurs communes (un certain regard sur la société). Le sujet de la tolérance et celui du respect de la différence seront présents en toile de fond dans cet univers.

Une complémentarité réelle dans le travail dont sort des personnages avec une âme, un charisme.

Le prochain article sera l’occasion de vous montrer les différentes étapes du processus de création de cet album à paraître (septembre 2017).

Pour aller plus loin :

Supers, tome 2 (Maupomé & Dawid)

Maupomé – Dawid © Editions de La Gouttière – 2016
Maupomé – Dawid © Editions de La Gouttière – 2016

A la fin du premier tome de « Supers », nous avions laissé la jeune fratrie en bonne posture. L’installation dans leur nouvelle maison était en bonne voie, les années scolaires de chacun des trois enfants plutôt bien engagée si ce n’est pour Mat, l’aîné, un peu inquiet de toutes ces responsabilités qui lui incombent. D’autant que Lili, sa cadette, ne lui facilite pas la tâche en faisant la forte tête à l’école. Quant au benjamin, Benji, il s’agit de faire face aux questions qu’il peut avoir concernant leurs parents et de l’aider à trouver des repères suffisamment solides pour qu’il puisse s’épanouir sur cette nouvelle planète… la Terre.

Pas évident, d’autant qu’un pyromane sévit dans leur ville. La fratrie, dotée de supers-pouvoirs, décide de venir en aide à la population.

Frédéric Maupomé imagine un scénario improbable où une fratrie d’enfants serait livrée à elle-même… ou presque. Ayant été contraint de fuir leur planète natale, ils se retrouvent parachutés sur Terre. En guise de tuteur, un robot-nurse s’active à la maison 24 heures sur 24, gère l’intendance de la maison et fait office de fonction parentale. On adhère au postulat de départ même s’il interpelle ; ce n’est pas commun de devoir grandir loin de ses parents. L’histoire suit le quotidien de ces trois enfants hors du commun puisqu’ils sont dotés de pouvoirs : ils volent, on une force surhumaine, peuvent modifier leur apparence… et il n’est pas dit que les tomes à venir ne nous réservent pas d’autres surprises. Pour rythmer le récit, une alternance entre les temps scolaires et les interventions nocturnes destinées à rétablir l’ordre. En effet, ils vont mettre leur super-pouvoirs au service du bien en luttant contre la criminalité. C’est bien vu et cela donne une autre vision du super-héros qui bafouille, n’arrive pas à ses fins dès le premier essai, se pose des questions sur le modus-operandi est excité à l’idée d’agir, s’amuse ou a peur. Le cheminement des personnages est parfaitement accessible à aux jeunes lecteurs qui se laissent prendre par l’histoire. Les personnages sont sympathiques et le travail d’illustration de Dawid tend à créer un univers accueillant et chaleureux. Le dessin est agréable et bourré de détails et les couleurs chaudes rehaussent l’ensemble.

PictoOKOn attend le troisième tome…

Supers

Tome 2 : Héros

Série en cours

Editeur : Editions de la Gouttière

Dessinateur : DAWID

Scénariste : Frédéric MAUPOME

Dépôt légal : août 2016

112 pages, 18 euros, ISBN : 979-10-92111-38-5

Bulles bulles bulles…

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Supers, tome 2 – Maupomé – Dawid © Editions de La Gouttière – 2016

Sixtine #2

En juin, je vous présentais les grandes lignes d’un univers dont l’héroïne se prénomme Sixtine… avant de proposer à ce blog de prendre une longue pause estivale…

Je vous laissais donc sur votre faim concernant certains aspects d’une intrigue qui ose une cohabitation réussie entre l’univers de la piraterie, celui de l’adolescence et le registre du surnaturel.

Fantômes, incantations, des objets et/ou personnages qui disparaissent en un tour de main mais pour réapparaître à quel endroit ? Je me garderai bien de vous donner la réponse !

Frédéric Maupomé pioche dans les références de tout bord pour construire un univers original mais c’est bel et bien du côté de l’ésotérisme qu’il s’arrête pour donner de la consistance à l’intrigue. Sixtine – son héroïne – a ainsi l’opportunité de mener de front deux (en)quêtes intimement liées.

La jeune fille va tout d’abord chercher à obtenir davantage d’informations sur sa famille paternelle qu’elle ne connaît pas tout en se sensibilisant aux phénomènes étranges dont elle est le témoin. L’histoire s’est construite progressivement et le projet est né d’une série de dessins de Cécile publiés sur Facebook.

Lors d’une rencontre avec Frédéric en avril 2016, il explique : « J’avais envie de travailler avec elle et il se trouve que l’envie était réciproque. J’ai commencé à réfléchir à un scénario inspiré par les images qu’elle avait réalisées d’une petite fille jouant avec des pirates. Au départ, les pirates étaient le refuge imaginaire d’une petite fille atteinte d’une maladie grave mais l’histoire était très sombre et je n’ai jamais réussi à trouver le ton adéquat pour un album jeunesse. Du coup je suis reparti à zéro, j’avais envie d’une héroïne vive et dynamique, un personnage inspiré de Sophie et Fido (dans l’Inspecteur Gadget). Le projet à cheminé progressivement, les éléments ont trouvés leur place. Lors d’un trajet en avion j’ai voulu vraiment formaliser ce que j’avais en tête. Et là, la catastrophe. Le père décédé est arrivé, ainsi que la mère dépassée tentant de faire face au quotidien sans avoir jamais fait le deuil de son mari. Mon envie initiale de construire une série avec des albums indépendants les uns des autres venait d’exploser. Je me rappelle m’être dit en relisant tout ça  : « on est quand même loin de l’Inspecteur Gadget » »

Finalement, le projet n’a pu être finalisé avec Cécile. En revanche, l’univers graphique d’Aude Soleilhac étant prometteur, plein de malice et de gourmandise, Frédéric Maupomé a contacté l’illustratrice qui s’est jointe au projet. Les premiers visuels réalisés en février 2016 ont conforté l’idée que la collaboration serait fructueuse.

Lorsque Aude rejoint le projet, il est déjà très avancé puisque les dialogues des deux premiers tomes sont déjà écrits (rien n’est pourtant figé puisque le scénariste retouche ses dialogues jusqu’à l’envoi à l’imprimerie). Frédéric lui propose donc le scénario narré de l’intégralité du premier tome de « Sixtine », un univers réaliste enrichit d’éléments fantastiques. En effet, l’évolution de différents personnages devrait permettre aux jeunes lecteurs de trouver sa place dans ce monde sans grande difficulté. L’ambiance y est chaleureuse, les protagonistes conviviaux et l’intrigue est prenante.

Comme je le disais plus haut, les grandes lignes du scénario ne sont pas figées. Frédéric Maupomé perçoit les illustrations réalisées par ses collègues comme un levier favorisant le processus de création. Il adapte, intègre… enrichit constamment un scénario déjà riche : ésotérisme, épopée de pirates, pioche dans des souvenirs de voyages, façonne la personnalité de chaque personnage à des fins narratives, cherche le prénom approprié à chaque personnalité… explique Frédéric. C’est un jeu d’écriture permanent.

 

Parlons encore un peu du scénario. Il propose une intrigue qui se déroule dans un monde fantastico-réaliste. Les enfants pourront ainsi s’appuyer sur des repères qui leurs sont familiers : la vie scolaire, l’amitié, les rapports familiaux, les règles quotidiennes (à la maison, à l’école…), la désobéissance… Le fait que la jeune héroïne – Sixtine – partage généreusement son monde imaginaire avec le lecteur devrait également lui assurer un bon accueil auprès de son lectorat. Quel enfant n’a pas rêvé de pouvoir partager de folles aventures avec les personnages qui peuplent ses rêves les plus fous ?

Nous sommes face à un trio de jeunes personnages, comme dans « Anuki« , comme dans « Supers« … pure coïncidence constate le scénariste.

 

Dans les articles à venir, nous aurons, vous comme moi, l’occasion de nous familiariser au dessin d’Aude Soleilhac. On y côtoie des personnages aux trognes expressives (à l’instar de « Histoire de poireaux, de vélos, d’amour et autres phénomènes » réalisé avec Marzena Sowa), un univers plus pétillant et plus ludique que le travail qu’elle avait produit à l’occasion du « Tour du monde en 80 jours » (scénarisé par Loïc Dauvillier) et avec ce petit côté amusé vu dans « La Guerre des boutons » (scénario de Philippe Thirault). Je vous inviterais prochainement à visiter son univers.

Pour l’heure, s’est toute une recherche qui a été faite, tant pour installer lieux et personnages. Trouver Le détail qui permet d’aborder chaque protagoniste avec le bon angle de vue, LE look et la posture qui servent au mieux chaque personnalité, chaque trait de caractère.

Bientôt, je vous présenterai Sixtine, jeune héroïne courageuse et audacieuse…

Sixtine
Sixtine

Myrmidon #5 (Dauvillier & Martin) vs Anuki #6 (Maupomé & Sénégas)

Ils sont deux ! Deux intrépides aventuriers qui n’hésitent pas à repousser les frontières de leurs peurs. Deux à revenir maintenant avec régularité. Chaque année, on peut compter sur eux pour épauler nos charmantes têtes blondes.

Dauvillier – Martin © Editions de la Gouttière – 2016
Dauvillier – Martin © Editions de la Gouttière – 2016

D’un côté, je vous présente Myrmidon qui fait sa cinquième apparition dans un album intitulé « Myrmidon et la grotte mystérieuse ». Lorsque l’histoire commence, Myrmidon se promène dans son jardin, vêtu de son indécrottable grenouillère. Pour une fois, il n’est pas seul. Son chien file à la vitesse de l’éclair vers le fond du jardin, portant dans sa gueule une lance et une peau de bête. Myrmidon parvient à s’en saisir, enfile la peau de bête et le voilà devenu un vaillant petit homme des cavernes. Mais lorsque qu’il se retrouve nez-à-nez avec un majestueux tigre à dents de sabre, Myrmidon décampe aussi vite que le lui permettre ses petites jambes. Sa fuite l’embarque dans un périple surprenant qu’il n’est pas prêt d’oublier !

Maupomé – Sénégas © Editions de la Gouttière – 2016
Maupomé – Sénégas © Editions de la Gouttière – 2016

De l’autre, je vous présente Anuki, un jeune indien intrépide. « La grande Course du printemps » est le sixième album de la série. Le printemps est revenu et avec lui tout son cortège de rires et d’activités en plein air. S’il y a bien un jour spécial, c’est celui de la grande course de printemps qui est l’occasion de défier les copains à la course. La journée s’annonçait bien jusqu’à ce que Nuna prenne place sur la ligne de départ. Pourtant tout le monde sait bien que les filles ne font pas la course d’habitude. Les garçons tentent de la raisonner mais rien à faire, Nuna a décidé de participer à la course et foi de Nuna, elle participera !

Alors dans ce combat narratif qui oppose deux personnages de séries jeunesses muettes, qui a l’avantage ? « Myrmidon » est une série plus « jeune » qu’ « Anuki ». Née en 2013, elle s’adresse à des petits lecteurs qui commencent à se sensibiliser aux livres. Conseillée à partir de 2 ans, la série propose des histoires indépendantes mettant en scène un personnage récurrent prénommé Myrmidon. Un petit bonhomme haut comme trois pommes qui a soif d’aventures. Cet enfant solitaire s’invente mille et une histoires dans lesquelles il affronte des pirates, des indiens ou encore un dragon ! Son imagination débordante lui permet de repousser sans cesse les frontières de son jardin. Chaque recoin de ce petit espace familier se transforme en un battement de cils. Ainsi, une cavité dans le tronc d’un arbre devient l’entrée secrète d’un repaire ou d’une caverne, une brise… et c’est un tigre à dents de sabre qui apparaît et le renifle ! Il suffit à Myrmidon d’enfiler un costume et la manière dont il perçoit son environnement change. Les aventures qu’il invente prennent vie.

Pour Anuki, c’est différent. La série est un peu plus ancienne (démarrée en 2011) et propose chaque année une nouvelle aventure. Le terrain de jeu de ce jeune sioux est vaste et englobe chaque recoin qu’il y a aux abords du camp indien. Forêt, plaine, rivière… à chaque aventure, il s’aguerrit un peu plus. Il apprend la bravoure, le sens de l’amitié, la patience. Il doit parfois ravaler sa fierté et apprendre à faire des compromis. A partir de 4-5 ans, Anuki est un compagnon de lecture idéal pour des enfants qui profiteront à la fois du rythme (parfois effréné) de l’histoire, des nombreux détails graphiques proposés par les illustrations et de l’humour qui jaillit régulièrement. Les scènes sont drôles et rien qu’à regarder les bouilles des personnages, on comprend parfaitement quand les choses dérapent ou tournent en faveur d’Anuki. C’est truculent.

Dans les deux séries, l’humour et la bonne humeur sont très présents. De même, les auteurs donnent des petites doses d’adrénaline à leurs lecteurs… il y a toujours un moment qui fait un peu peur avant que l’histoire ne reprenne sa course jusqu’au dénouement. Depuis deux ou trois ans, ces deux séries muettes sont à peu près synchro sur leur rythme de publication. Toutes deux ont pour personnage central un petit garçon jovial et dynamique, toutes deux – et pour des raisons différentes – donnent l’impression qu’un petit vent de liberté souffle sur nos héros.

Alors qu’il suffit à Myrmidon d’imaginer un animal ou une fusée pour que ceux-ci prennent forme, Anuki en revanche se jette (souvent à son insu) à corps perdu dans des situations alambiquées. Il agit… et réfléchit ensuite. Il est rarement seul et ses amis lui ont souvent été d’une aide précieuse pour se tirer d’un mauvais pas. Il fanfaronne là où Myrmidon est plus réservé. Il se lance dans de franches accolades là où Myrmidon cherchera un petit câlin qui rassure. Tout est explicite dans Anuki tandis que dans Myrmidon, l’originalité tient au fait que le monde imaginaire du garçonnet se transpose sur son monde réel via une technique assez facile à appréhender : le monde réel est coloré tandis que les éléments du monde imaginaire sont croqués (seuls les contours des personnages sont colorés). J’avais expliqué le principe dans les chroniques des albums précédents (accessibles via les sommaires du blog et/ou le moteur de recherche intégré).

Anuki et Myrmidon sont deux jeunes héros aussi différents que complémentaires. Anuki fonce dans le tas tandis que Myrmidon serait plus enclin à esquiver. Mais tous deux promettent à leurs lecteurs de partager de belles aventures. Le support diffère légèrement ; un format à l’italienne (255 x 195 mm) met en valeur les illustrations très épurées de Myrmidon. Les dessins sont simples, chaque case contient tout au plus trois éléments et pas plus d’une action à chaque fois. C’est la garantie pour ne pas perdre le jeune lecteur en route. Anuki en revanche est plus espiègle : derrière ce format standard (190 x 250 mm), la composition des planches change en permanence afin d’accompagner les sprints et les chutes du héros. Un arrêt brutal contre un tronc d’arbre, un regard plein de complicité ou un grand moment de solitude sont autant d’occasions de faire des gros plans sur des trognes qui nous font fondre.

PictoOKDe belles séries jeunesse à faire découvrir.

Myrmidon

Tome 5 : Myrmidon et la grotte mystérieuse
Série en cours
Editeur : Editions de la Gouttière
Dessinateur : Thierry MARTIN<
Scénariste : Loïc DAUVILLIER
Dépôt légal : septembre 2016
32 pages, 9,70 euros, ISBN : 979-10-92111-41-5

Anuki

Tome 6 : La grande Course du printemps
Série en cours
Edition : Editions de la Gouttière
Dessinateur : Stéphane SENEGAS
Scénariste : Frédéric MAUPOME
Dépôt légal : septembre 2016
40 pages, 10,70 euros, ISBN : 979-10-92111-37-8

Bulles bulles bulles…

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