Strangers in Paradise, intégrale 1 (Moore)

Moore © Guy Delcourt Productions – 2017

Katchoo et Francine sont amies depuis le collège. Aujourd’hui, elles ont 25 ans et elles partagent un appartement en colocation. A deux elles arrivent à s’en sortir, entre les périodes de chômage et les petits boulots. Francine file l’amour presque parfait avec Freddie. Quant à Katchoo, éternelle solitaire, elle traîne dans les musées et consacre son temps libre à peindre ses propres tableaux. C’est au détour d’une galerie d’art qu’elle fait la connaissance de David avec qui elle va se lier d’amitié.

Au début en tout cas, tout semble assez simple. Mais c’est au début et on sait toujours qu’il ne faut pas se fier aux apparences. La vie n’est pas un long fleuve tranquille et Terry Moore se charge de nous le démontrer. Alors que Francine s’apprête à fêter son premier anniversaire avec Freddie, ce dernier rompt brutalement, excédé que sa compagne refuse tout rapport sexuel. Et tandis que Francine sombre dans une grosse dépression, Katchoo se retrouve nez-à-nez avec des individus qu’elle avait fuis. Dix ans après les faits, Katchoo se retrouve donc à devoir expliquer ses erreurs passées.

« Strangers in paradise » est une série de Terry Moore assez connue outre-Atlantique. Il a commencé à l’écrire en 1993 et terminée 14 ans plus tard. C’est un soap-opera avec des épisodes à rebondissements multiples. Le ton du récit est assez entraînant, parfois verbeux sur certains passages que j’aurais aimé un peu aérés au niveau graphique. Le trait de Terry Moore est agréable, expressif mais j’ai à plusieurs reprises eu des difficultés pour reconnaître au premier coup d’œil certains personnages. L’illustrateur renouvelle peu son style, utilise en permanence les mêmes détails pour les visages, les mêmes silhouettes parfois… les blondes se ressemblent toutes et les brunes… je les ai confondues entre elles.

Si « Strangers in paradise » avait déjà été publié en France par différentes maisons d’éditions, c’est Delcourt qui offre à la série un second souffle en proposant une parution de la totalité de la série en trois intégrales. Ce tome est donc le premier d’une trilogie. Il est conséquent et volumineux (600 pages).

Pour tout dire, j’ai eu du mal à accrocher sans toutefois avoir envie de le passer par la fenêtre. Je trouve que l’auteur a cherché à injecter trop de sujets dans sa saga. On a de la romance, de l’amitié, une gentille critique de société, des questions d’identité sexuelle, une enquête policière, du suspense, des rebondissements à gogo, des histoires de corruption et de manipulations diverses, de la violence, du sexe, de l’alcool… J’ai suivi avec intérêt l’histoire centrale qui raconte cette amitié forte entre les deux héroïnes mais les histoires secondaires m’ont souvent agacées. En préface, Terry Moore revient rapidement sur la genèse de ce récit : « J’ai commencé à écrire Strangers in Paradise parce que je ne trouvais rien de comparable en librairies. Je mourais d’envie de lire une histoire d’amour, d’amitié, de bravoure… et du courage de se lever chaque matin et de tout recommencer. »

Alors je reconnais que Terry Moore a l’art d’épicer le quotidien de ses personnages de façon assez surprenante. Disons que ce n’est pas difficile de s’identifier à elles, leur quotidien est réaliste… mais compte-tenu tout ce qui se passe, on est plutôt face à une fiction bon enfant peuplée de personnages un peu soupe-au-lait. Et puis on a aussi des explosions de colère à certains moments, des caprices excessifs, des dérapages, des pétages de plombs, des égos de certains qui sont surdimensionnés…

Disons que j’ai lu mais les passages qui ont retenu mon attention ne font pas le poids par rapport au reste.

La preview de l’album.

Une lecture commune que je partage avec Jérôme.

Strangers in Paradise

Intégrale 1
Trilogie en cours
Editeur : Delcourt
Collection : Contrebande
Dessinateur / Scénariste : Terry MOORE
608 pages, 45 euros, ISBN : 978-2-7560-9327-7

Bulles bulles bulles…

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Strangers in Paradise, intégrale 1 – Moore © Guy Delcourt Productions – 2017

Les albums partagés aujourd’hui à l’occasion de la BD du mercredi :

Jérôme :                                    Cristie :                                 Pati Vore :

 Nathalie :                                  Nathalie :                                       Maël :

Stephie :                                 Amandine :                               Bouma :

Sabariscon :                                Sabine :                               Noukette :

Caro :                                  Soukee :                                    Sandrine :

Khadie :

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Fear Agent, Intégrale 1 (Remender & Moore & Opena)

Remender – Moore – Opena © Akileos - 2012
Remender – Moore – Opena © Akileos – 2012

Les Fear Agent sont les membres d’un groupuscule texan dont l’action consiste à exterminer les extra-terrestres. Après l’invasion massive de la Terre, devenu le champ de bataille de deux espèces aliens, les Fear Agent se sont progressivement constitué en milice afin de défendre la race humaine. Leur efficacité fait leur réputation mais les méthodes qu’ils emploient ne sont pas toujours très orthodoxes. Heath Huston est l’un d’entre eux, oui mais voilà… ils ont tous été tués… ou presque.

Depuis plusieurs années, Heath fait cavalier seul. Sa drogue : l’alcool dont il ne saurait se passer. Il erre dans la galaxie en compagnie d’Annie, l’intelligence artificielle de l’ordinateur de bord de son vaisseau. Ses destinations sont fonction des missions qu’on lui confie. Son rôle : identifier la menace et agir pour la neutraliser. Selon les lois en vigueur, Heath n’est pas autorisé à tuer délibérément un intellect de classe inférieure mais le Fear Agent a pris l’habitude de composer avec les lois…

Lorsqu’il découvre l’existence d’une conspiration visant à décimer la race humaine, il décide d’arrêter de boire et de se remettre sérieusement au travail.

Je découvre Fear Agent à l’occasion de la sortie de cette intégrale qui réunit les trois premiers tomes de la série : Re-ignition, Ma guerre et Le dernier adieu. Le récit s’inscrit dans la grande famille de la SF Pulp (je vous renvoie à la page Wiki, à la fiche du Cafard cosmique et à celle de scifi-universe si vous voulez plus d’infos) délaissée depuis quelques années [comme nous l’explique Rick Remender en préface].

fear agent vaisseauOn s’engouffre assez facilement dans ce monde peuplé d’extra-terrestres, de vaisseaux spatiaux, d’armes et d’énergumènes au langage châtié. Les rares personnages féminins sont dotés – sans réelle surprise – de formes généreuses. L’intrigue ne cesse de s’enrichir de tome en tome et les rebondissements sont nombreux. Certains passages souffrent d’un manque de crédibilité, laissant croire que Heath va succomber… Malheureusement, la série repose sur ses seules épaules et le fait de savoir qu’au-delà de cette intégrale, d’autres albums ont continué à développer cet univers… on a du mal à y croire. En revanche, Rick Remender parvient parfaitement à relancer son récit. Un récit d’ailleurs qui alterne parfaitement voix-off (du personnage principal) et dialogues. Si j’ai ressenti des difficultés durant la lecture, cela est dû au fait que le scénario effectue sans vergogne des sauts dans le temps, sans transition préalable. Passé, présent, futur… tout se mélange parfois et il peut être difficile de se repérer. A chaque chapitre, il faut laisser passer quelques pages avant de faire le lien et pouvoir dissocier la réalité du reste. Le scénario tient compte du fait que le personnage principal est dépendant de substances diverses (alcool le plus souvent, mais il y a un long passage où il consomme des drogues dures). Réminiscences, hallucinations, cauchemars se bousculent sur certains passages, rendant ainsi le traitement de l’action assez confus.

Heureusement, il est possible de s’appuyer sur le graphisme. Les teintes laissent souvent des indications quant à la période de référence (passé/présent/futur) mais il faut tout de même être bien familiarisé avec la série pour commencer à distinguer ces subtilités. Tony Moore et Jérome Opeña, les deux dessinateurs impliqués dans Fear Agent, sont parvenus à développer la série de manière cohérente, il y a très peu de variations entre leurs réalisations respectives. La découpe des planches autant que le trait de chaque auteur portent l’action et embarquent le lecteur dans cette épopée haletante. Rapidement, on ressent de la sympathie pour ce héros qui n’est pas sans nous rappeler – physiquement – un autre aventurier qui a de la poigne : Blueberry. Heath est un looser malmené par la malchance, mais on perçoit rapidement que l’alcool n’est qu’un placebo qui lui permet d’apaiser une souffrance plus profonde.

En fin d’intégrale, une partie bonus d’une vingtaine de pages permet au lecteur de profiter des croquis exploratoires et recherches graphiques effectuées pour cet univers.

PictoOKUne bonne surprise au final, une lecture qui me sort des genres vers lesquels je me tourne habituellement. Cette intégrale se dévore, je pense que je lirais la suite si l’occasion se présente.

Fear Agent

Intégrale 1

The-reading-Comics-challengeSérie en 6 tomes

Éditeur : Akiléos

Dessinateurs : Tony MOORE et Jérome OPEÑA

Scénariste : Rick REMENDER

Dépôt légal : décembre 2012

ISBN : 978-2-35574-122-7

Bulles bulles bulles…

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Fear Agent, intégrale 1 – Remender – Moore – Opena © Akileos – 2012

Walking Dead, tome 1 (Kirkman & Moore & Adlard)

Walking Dead, tome 1
Kirkman – Moore – Adlard © Guy Delcourt Productions – 2007

Quatrième de couverture :

« Rick est policier et sort du coma pour découvrir avec horreur un monde où les morts ne meurent plus. Mais ils errent à la recherche des derniers humains pour s’en repaître. Il n’a alors plus qu’une seule idée en tête : retrouver sa femme et son fils, en espérant qu’ils soient rescapés de ce monde devenu fou. Un monde où plus rien ne sera jamais comme avant, et où une seule règle prévaut : survivre à tout prix.

Œuvre fondatrice du genre en bande-dessinée, Walking Dead s’impose par sa qualité d’écriture et son attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine. En effet, au-delà des scènes où apparaît la menace des morts-vivants, les auteurs nous entraînent dans un récit où la survie est l’affaire de tous les instants, et où la moindre erreur peut s’avérer fatale ».

Voici donc une série qui n’est absolument pas nouvelle puisque ses débuts de publication en France datent de 2005 (chez Semic), que le douzième tome est paru en France et que la série n’est pas encore finie. Mes pérégrinations dans le monde du Comics sont moins hésitantes depuis quelques temps… mais mes références sont encore balbutiantes.

Le format de l’album, petit format, couverture souple, est similaire aux autres comics initialement publiés en mensuels américains. Panini comics nous y avait habitué, Delcourt suit le sillage. Dans Walking Dead, nous sommes projetés dans un monde qui pourrait être le notre. L’ambiance qui s’en dégage n’est pas provocante, le noir et blanc des planches laisse libre court à l’imagination du lecteur et n’agresse pas par les teintes rougeâtres due à une surabondance d’hémoglobine. La découpe de planches est assez classique… et le récit, quant à lui, pourrait être crédible si on nous expliquait calmement par quel hasard l’existence des Zombis a été rendue possible, mais les auteurs semblent ne pas trouver ce détail important à ce stade de la série. Ce qui m’a permis d’avaler cette couleuvre en douceur, c’est la présence du personnage principal qui est doté d’un sang-froid à toute épreuve (certainement un rejeton caché de Bruce Willis). On ne serait presque pas agressé ici si certains visuels macabres n’étaient présents, du zombi qui croque un bout de fesse d’un vivant au cadavre putréfié sur le bord de la route en passant par une tête qui explose.

PictoOKUne lecture qui m’a été conseillée dans le « Faites-moi lire » de mai et qui venait confirmer les éloges que j’avais pu lire de la série.

Pour le moment, en sortant du premier tome, je ne suis pas entièrement convaincue même si la lecture n’est pas désagréable globalement. Le premier tome ne permet cependant pas de se rendre compte de, toute l’humanité qui se dégage de cette œuvre,  de « l’attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine » pour reprendre la présentation de l’éditeur. Je  ne compte pourtant pas en rester là et je pense me lancer dans la lecture des autres tomes avant de me faire une idée définitive. Pour l’heure, je perçois cette série comme un moment de lecture agréable, mais sans plus.

Walking Dead

Tome 1 : Passé décomposé

Éditeur : Delcourt

Collection : Contrebande

Dessinateurs : Tony MOORE & Charlie ADLARD

Scénariste : Robert KIRKMAN

Dépôt légal : juin 2007

ISBN : 978-2-7560-0912-4

Bulles bulles bulles…

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Walking Dead, tome 1 – Kirkman – Moore – Adlard © Guy Delcourt Productions – 2007