Trois heures (Neyestani)

En matière de BD documentaire et/ou reportage, il y a – pour moi – des auteurs incontournables. Au même titre que Joe Sacco, Emmanuel Lepage ou encore Igort [pour ne citer qu’eux], Mana Neyestani a déjà prouvé à plusieurs reprises qu’il avait tout à fait sa place dans les auteurs qui ont ce talent de raconter une histoire en dépliant l’Histoire. Que ce soit dans un registre autobiographique comme dans « Une métamorphose iranienne » ou en reprenant un fait historique réel comme avec « L’Araignée de Mashhad » , Mana Neyestani témoigne avec force et conviction sans toutefois s’autoriser à juger arbitrairement. Sa plume nous informe, nous rend critique et nous permet d’acquérir une vision large d’une situation, d’une problématique… on se glisse alors entre les mots et on s’appuie sur ces espaces blancs laissés entre les cases pour tirer nos propres conclusions. Enrichissant.

Témoigner pour ne pas oublier. Témoigner pour dénoncer et dire sa désapprobation. Témoigner pour que d’autres sachent, que d’autres y réfléchissent… que d’autres en parlent à leur tour. Voilà la manière dont je perçois son travail.

Avec « Une métamorphose iranienne » , l’auteur nous parlait d’improbable. Improbable que la liberté d’expression soit aussi malmenée. Improbable qu’un régime politique aille aussi loin pour museler des individus, les contraindre au silence et les forcer à la docilité. Et pourtant… C’est « à cause » d’un petit crobard que Mana Neyestani a été contraint à fuir clandestinement l’Iran. Un petit crobard pour la presse que des gens sans humour, sans consistance, sans libre-arbitre ont jugé inapproprié et ont prétendu que ce crobard était capable d’ébranler tout un système…

C’était en 2006.

Depuis, les années ont filé. Mana Neyestani a vadrouillé. Il a obtenu des résidences d’auteur et a trouvé un « chez-soi » sur le territoire français. En 2017, il vivait en région parisienne. Sa vie reconstruite, il n’oublie pourtant rien des troubles qu’il a vécus. Il n’oublie rien des pressions, du chantage, des détentions, des gardes-à-vue que les autorités de son pays lui ont fait subir. Il n’a rien oublié du traumatisme qu’il a subit en Iran. Il a profondément changé. Marqué au fer rouge par cette période, il perdu cette part de nonchalance qui l’autorisait à croire qu’il n’avait rien à craindre pour son intégrité. Cette expérience a, en revanche, renforcé ses convictions. Il continue à avancer, conscient que la vie ne l’attendra pas s’il décide d’en être un passager.

Neyestani © Çà et Là & Arte Editions – 2020

Et le voilà à vivre ces « Trois heures » de 2017. « L’Araignée de Mashhad » vient de paraître et Mana Neyestani doit se rendre au Canada pour la promotion de l’album. Il soigne particulièrement les préparatifs de son départ. Papiers d’identité, planning une fois sur place… il pense le moindre détail, anticipe tout pour que les impondérables n’aient aucune prise sur lui.

« Je ne dois pas porter de chaussures à lacets. Quand on n’est pas très doué pour faire et défaire rapidement ses lacets, ce qui est mon cas, les contrôles de sécurité peuvent être considérablement prolongés par le fait de retirer puis de remettre ses chaussures. »

Le jour du départ, il se rend à l’aéroport trois heures avant l’heure de l’embarquement. Trois heures c’est largement pour enregistrer ses bagages, passer les contrôles de sécurité, lire pour oublier d’avoir stressé à l’idée des complications qu’il aurait pu rencontrer. Trois heures, c’est plus que trop même. Pourtant, une fois de plus, le contrôle de routine va virer au cauchemar. Son passeport n’est pas reconnu par le système informatique de l’aéroport. Le temps des vérifications administratives s’éternise. Une heure. Deux heures. Trois heures. Une interminable attente durant laquelle Mana Neyestani a tout loisir de repenser aux expériences passées et à son quotidien… à commencer par la course folle des déboires administratifs qu’il a dû mener pour effectuer ce voyage. Balloté entre la Préfecture, les ambassades… ce récit est l’occasion d’aborder la réalité kafkaïenne des réfugiés…

« Pourquoi je ne dis rien et je ne râle pas ? Peut-être parce qu’en tant que réfugié, je me sens comme un gosse que sa mère n’a pas hésité à virer de chez lui d’un coup de pied dans le derrière… et qui a été recueilli par des étrangers. Un réfugié est un orphelin qui ne doit pas se montrer trop exigeant avec sa famille d’accueil. »

Le récit nous met face à un constat édifiant, déprimant. Bien sûr, on connait cette réalité. On connaît la rigidité des démarches administratives. La rigueur des fonctionnaires veillant à ce que chaque mot soit à la bonne place et que chaque justificatif fourni corrobore chaque information. « Qu’est-ce que vous avez foutu dans les cases ? Ça déborde ! (…) on vous demande de répondre par « oui » ou par « non » alors : ça dépend, ça dépasse ! » constate Katia en lisant le formulaire complété par Zézette dans « Le père noël est une ordure » . Sauf qu’ici, Mana Neyestani veille à ne rien laisser dépasser pour qu’aucun grain de sable ne grippe les procédures. Mais c’est sans compter l’existence d’aprioris des gens natifs du Moyen-Orient. Délit de sale gueule, préjugés… la suspicion complexifie tout, jusqu’aux rapports humains. Mana Neyestani fait le point sur cette expérience qui a un goût de déjà-vus.

Il liste les amères et angoissantes auxquelles il a été maintes fois confronté. La France est-elle vraiment la terre d’accueil qu’elle prétend être ? Pourquoi accule-t-elle des personnes réfugiées des peurs sourdes comme celle du rejet ? Avec des mots crus, Mana Neyestani se confie sur les maux qui le ronge. A l’aide de son crayon, il dépeint de façon réaliste son quotidien et évite l’écueil du pathos en utilisant de belles métaphores graphiques. Un dessin tout en rondeur, tout en douceur pour décrire un quotidien aux facettes anguleuses et qui entretient un sentiment d’insécurité permanent.

Une réflexion sur l’identité, le déracinement, la place qu’une société laisse à un individu et le fait qu’elle le ramène sans cesse à son statut d’étranger. Un très beau témoignage.

Trois heures (récit complet)

Editeurs : Çà et Là & Arte Editions

Dessinateur & Scénariste : Mana NEYESTANI

Traduction : Massoumeh LAHIDJI

Dépôt légal : octobre 2020 / 124 pages / 16 euros

ISBN : 978-2-36990-283-6

L’Araignée de Mashhad (Neyestani)

Neyestani © Ça et là – 2017

Saïd Hanaï était un maçon, père de famille et mari attentionné. Il vivait à Mashhad (la ville est considérée comme une ville sainte, elle se situe dans l’Est de l’Iran). Saïd Hanaï était musulman, croyant et fervent pratiquant. Musulman, croyant, Saïd Hanaï s’était donné pour mission de nettoyer Mashhad de la débauche. Entre août 2000 et août 2001, il a tué 16 prostituées. En août 2001, il s’en prend à une dix-septième prostituée mais c’est l’acte de trop. Il est arrêté et emprisonné. Surnommé « le tueur araignée », il croupira en prison jusqu’à son exécution en avril 2002.

Durant son incarcération, deux journalistes, Mazia Bahari et Roya Karimi, sont allés l’interviewer. Ils ont filmé cette rencontre. C’est en regardant ce documentaire que Mana Neyestani a eu envie d’adapter ce parcours atypique en bande dessinée et d’y mêler faits réels et fiction. En introduction, l’auteur précise d’ailleurs : « Ce livre résulte de la combinaison entre le documentaire de Mazia Bahari et mon propre imaginaire. Je n’ai pas tenu à être fidèle point par point à la réalité des faits, mais plutôt à m’inspirer de l’esprit des événements décrits ».

Ce qui marque en premier lieu, c’est la vie très ordinaire du tueur en série. Une enfance banale jusqu’à ce qu’il parte à la guerre dans les années 1980 (guerre Iran-Irak). On saisit vite que le conflit l’a traumatisé. Puis, il retourne à la vie civile, trouve du travail et se marie. Le Coran lui montre la voie à suivre, les règles à respecter ; la religion rythme sa vie. En fidèle croyant, il connaît les textes sacrés par cœur mais applique sa propre vision de la charia.

Quelle créature ? Une créature divine ne tomberait pas dans la débauche et la luxure. Si vous vouliez appliquer la loi divine, vous feriez vous-même lapider une femme adultère. Ce n’est pas un meurtre, c’est la stricte justice divine.

Mana Neyestani s’était fait connaître en France avec son excellent témoignage autobiographique « Une métamorphose iranienne ». On retrouve ici son style. Le propos va à l’essentiel et montre sans jugement toutes les contradictions d’une société prise à son propre piège et ballotée entre les traditions, la religion et la démocratisation.

Le journaliste iranien nous permet d’avoir plusieurs points de vue sur cet événement. Les entretiens avec le meurtrier sont le cœur du récit mais l’auteur l’enrichit du point de vue d’une victime, du juge en charge de l’affaire, de l’opinion publique. Des extraits de la rencontre avec la femme et le fils sont également de la partie.

Graphiquement, c’est tout aussi pertinent. Les dessins n’agressent à aucun moment et les jeux de hachures construisent une narration visuelle très fluide. L’ambiance graphique est sereine, presque posée. Elle donne un côté intimiste au reportage. Pas de tensions, pas de suspense mais une observation à la fois objective et empathique.

La personnalité du tueur est à la fois fascinante et terrifiante. Jamais il ne s’excusera pour les meurtres commis, convaincu d’être dans son bon droit et d’appliquer la justice divine.

Mana Neyestani relate, expose et suppose. Il tisse des liens entre le passé du tueur et son présent, il cherche à comprendre ce qui peut conduire un homme à tuer avec un tel sang-froid, sans aucune considération pour les prostituées, les considérant comme des choses insignifiantes. Il se questionne aussi sur le fait que l’opinion publique donne raison à cet homme et l’excuse au point d’en faire un héros.

Extraits :

« C’est comme d’aller à la guerre, j’estime que c’est le devoir de tout bon musulman » (L’Araignée de Mashhad).

« Si Saïd avait tué quelqu’un sans raison, j’aurais été perturbée, effrayée… mais seize femmes dépravées, ça ne s’appelle pas des assassinats. Il y a un projet derrière, un engagement. Saïd a toujours été un homme très responsable. (…) Si Saïd a commis une faute, c’est peut-être d’avoir accompli le devoir du gouvernement à sa place » (L’Araignée de Mashhad).

« J’avais une soif de revanche insatiable. L’autre jour, en isolement, je me suis mis à compter. Il reste encore quatre-vingt femmes dont je voulais m’occuper dans le secteur que je surveillais. Mais le temps m’a manqué » (L’Araignée de Mashhad).

L’Araignée de Mashhad

One Shot
Editeur : Ça et là
Dessinateur / Scénariste : Mana NEYESTANI
Traduction : Massoumeh LAHIDJI
Dépôt légal : mai 2017
164 pages, 18 euros, ISBN : 978-2-36990-238-6

Bulles bulles bulles…

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L’Araignée de Mashhad – Neyestani © Ça et là – 2017

La « BD de la semaine » est aussi chez :

Sabine :                                      Enna :                                    Mylène :

Antigone :                                Saxaoul :                                   Karine :

Amandine :                                     Fanny :                                  Blandine :

Sophie :                                Gambadou :                                 Noukette :

Jérôme :                                   Jacques :                                    Bouma :

Soukee :

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Infos du jour

Changement de programme aujourd’hui car la publication initialement prévue a été reportée. J’en profite donc pour consigner sur cet espace quelques articles qui ont retenus mon attention ces derniers jours.

Tout d’abord, Une métamorphose iranienne de Mana Neyestani a vraiment pris un bel envol et j’en suis ravie.

  • Hier, l’éditeur (Ça et Là) proposait sur son blog des illustrations de presse réalisées par Neyestani,

Ce week-end, j’apprenais qu’une caricature de Maus existait… ce qui m’intrigue. Je vous laisse découvrir Katz via l’article d’ActuaBD. Que pensez-vous de cela ?

Je me mets cette bonne nouvelle de côté mais je sais que les amateurs de Kokor sont nombreux. Installez-vous bien et accrochez-vous à votre siège car l’auteur sort un nouvel album cette année et ce sera chez Futuropolis. La preuve en image sur le blog de Futuro.

Hier toujours, et pour les amateurs de Guy Delisle, l’auteur partageait quelques secrets de fabrications de Chroniques de Jérusalem. Il nous montre les photos, objets… qui ont fait le chemin de la réalité à l’univers de sa BD. C’est amusant de voir comment des décors peuvent parfois prendre vie et cela réactive mon envie de découvrir son dernier titre.

On prend les mêmes et on recommence ?? L’Opération Restos du Cœur a repris. Amis blogueurs, attendez-vous à recevoir un gentil petit message dans votre boîte, une demande pour relayer l’info et « un article publié = 10 repas offerts !! ». Mardi, Sébastien Naeco présentait sur son blog les raisons qui l’on -cette fois- conduit à décliner ce partenariat. Et je trouve sa réaction saine et plus utile que les petits clapotis que je pourrais faire dans mon coin… Mais vous ? Que pensez-vous de ces opérations des Restos ?

Il y a 1 an, je vous parlais du P’tit Lu. Son univers, son blog… Je continue à suivre son actualité… Et hier (encore !!!), j’apprends la sortie d’un album collectif dont le thème est la pedocriminalité. J’espère que nous aurons l’occasion d’en reparler. En tout cas, c’est pour avril ou mai !

Et puis un petit rappel rapide : le concours de kbd pour gagner Habibi se termine demain à minuit ! C’est ici et la synthèse de kbd (8 lecteurs !) est également en ligne.

Une métamorphose iranienne (Neyestani)

Une Metamorphose iranienne
Neyestani © Ca et Là – 2012

Le témoignage de Mana Neyestani débute en 2006. Il est alors dessinateur pour le compte d’un journal local iranien. Il propose chaque semaine un petit strip destiné à être publié dans le supplément jeunesse de l’Hebdomadaire. L’auteur mène jusque-là une vie sans grandes secousses, la principale difficulté est de faire face au manque d’inspiration, le fameux symptôme de la page blanche. Ce jour de 2006, une idée lui vient. Avant qu’elle ne se dissipe, il la couche sur papier. Il met en scène son personnage, un petit garçon espiègle, aux prises avec un cafard qui lui donne la réplique. Le strip est déposé à l’éditeur, validé par le rédacteur en chef. Dès le lendemain, quelques remous se font sentir. Ils ne cesseront de croitre dans les semaines suivantes.

« Le problème est que le cafard dessiné par Mana utilise un mot azéri. Les azéris, un peuple d’origine turc vivant au nord de l’Iran, sont depuis longtemps opprimés par le régime central. Pour certains, le dessin de Mana est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et un excellent prétexte pour déclencher une émeute. Le régime de Téhéran a besoin d’un bouc émissaire, ce sera Mana. Lui et l’éditeur du magazine sont emmenés dans la Prison 209, une section non-officielle de la prison d’Evin, véritable prison dans la prison sous l’administration de la VEVAK, le Ministère des Renseignements et de la Sécurité Nationale » (extrait du synopsis de l’éditeur).

Étonnant parcours auquel on accède par le biais d’Une métamorphose iranienne. L’auteur parvient parfaitement à relater les faits et leur caractère invraisemblable tout en évitant l’écueil du pathos. Le récit est construit de manière chronologique et montre l’engrenage dans lequel Mana Neyestani a été pris corps et âme. L’effet est d’autant plus frappant qu’il resitue d’emblée les conditions dans lesquelles il a réalisé le strip polémique. Les événements qui se déroulent ensuite nous permettent rapidement de prendre la mesure du décalage entre l’intention de l’auteur (sans arrière-pensées, à visée humoristique) et l’interprétation que les politiques en font. On voit l’effet pervers du système, on assiste à la construction de cette stratégie qui n’a qu’un objectif : la manipulation de l’opinion publique.

C’est en lisant la chronique de Jérôme que le souhait de découvrir cet album est né. Comme lui, j’ai été sensible au graphisme de Neyestani qui m’a fortement fait penser à celui de  Joe Sacco. Le trait donne vie à des personnages expressifs, les jeux de hachures importants servent aussi bien à construire les décors qu’à doser l’ambiance. Cette dernière fait appel à une palette assez importante d’émotions : impuissance des uns, perversité des autres, incompréhension, colère… La narration se développe sur la base de planches de 3 bandes. Si cette ossature sert de base à la majorité des planches de l’album, on est régulièrement face à une découpe plus agressive qui vient rompre un rythme routinier. Pas de lassitude dans cette lecture qui mêle pertinemment tant les faits et éléments « objectifs » que les projections inconscientes de l’auteur (fantasmes, peurs, extrapolations…) qui viennent renforcer le sentiment d’impuissante qu’a ressenti Mana Neyestani. Il a été pris dans un engrenage infernal.

On passe rapidement les premières inquiétudes (peur de ne plus avoir le droit de publier…) qui laissent place à la première audition qui mène à une détention provisoire d’un mois… Une situation inextricable, une détention qui s’étire dans le temps et sans que Mana puisse faire appel à une quelconque aide extérieure ; l’avocat de la défense en charge du dossier fait preuve d’une incompétence effarante…

PictoOKCet album donne un regard sur les dysfonctionnements du système iranien, son sectarisme à l’égard de la liberté d’expression, son opportunisme et sa faculté à tirer profit d’un événement, même bénin.

Comment ne pas devenir fou après avoir vécu une telle expérience ?

Les chroniques de Jérôme et de David.

Extraits :

« Salaam, M. Neyestani. Je dois vous répéter combien je suis désolé de ce qui arrive. Nous pensons qu’il y a eu un malentendu, mais l’Azerbaïdjan ne l’entend pas de cette oreille. Mettez tout par écrit sans omettre aucun détail. Vous écrirez pourquoi vous avez dessiné ce cafard et utilisé un terme turc. Vous avez tout votre temps et un large stock de papier. Plus vous serez exhaustif, plus vous serez convaincant, plus vous vous rendrez service. (…) Nous poursuivrons notre conversation demain. Essayez de réfléchir à des motifs plus valides. (…) Pour nous, c’est le moment ou jamais de compléter nos registres avec ce que vous savez. Parlez-nous des dessinateurs iraniens que vous connaissez. Écrivez donc tout ce que vous savez sur eux » (Une métamorphose iranienne).

« La liberté, c’est votre frère qui vous attend les bras grands ouverts à la sortie de la prison. La liberté, c’est contempler tous les immeubles de votre ville à travers la vitre du taxi. Comme si vous les voyiez pour la première fois. La liberté, c’est rentrer à la maison et retrouver ceux qu’on aime » (Une métamorphose iranienne).

« – Combien de temps allez-vous nous garder ?
– Peut-être une nuit. Peut-être un mois » (Une métamorphose iranienne).

Une métamorphose iranienne

One Shot

Éditeur: Ça et Là

Dessinateur / Scénariste : Mana NEYESTANI

Dépôt légal : Février 2012

ISBN : 978-2-916207-65-0

Bulles bulles bulles…

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Une métamorphose iranienne – Neyestani © Ca et Là – 2012