Chroniks Expresss #18

Courant mars… pas tant de lectures que ça :

BD :

Car l’enfer est ici #3 (L. Brunschwig & L. Hirn ; Ed. Futuropolis, 2015).

Romans :

Millénium #2 (S. Larsson ; Ed. Actes Sud, 2012), 80 notes de jaune (V. Jackson ; Ed. Livre de Poche, 2014).

Bandes dessinées

Brunschwig – Nouhaud - Hirn © Futuropolis – 2015
Brunschwig – Nouhaud – Hirn © Futuropolis – 2015

La campagne électorale de Lou Mac Arthur bat son plein. D’ailleurs, sur la première de couverture, le poulain de Jessica Ruppert montre la hargne qu’il met dans ce combat politique. Poings en avant, il est bien déterminé à faire définitivement pencher la balance électorale en faveur des démocrates. S’il accède au poste de sénateur, il pourra ainsi apporter un réel soutien à la Maire de New-York et de sa politique en faveur des populations défavorisées.

Pendant ce temps, Joshua Logan purge sa peine au pénitencier de Riker’s. Une aide providentielle d’une poignée de matons ne sera pas de trop pour lui permettre de se protéger de la haine que les autres détenus vouent à son égard, et notamment ceux appartenant à la communauté afro-américaine. Rappelons – pour ceux qui ont suivi la série – que Logan est accusé du meurtre de Providence, un ancien boxeur noir américain qui était très aimé, hyper médiatisé et offrait un soutien inconditionnel à Jessica Ruppert.

Que dire de ce titre ? Qu’il est bon, à l’instar des autres opus de la série (voir tome 1). Des personnages torturés par leurs inquiétudes personnelles, des enjeux économico-politiques qui dépassent les protagonistes, une lutte contre la corruption et le crime qui est habilement traité par Luc Brunschwig et les dessins de David Nouhaud qui proposent une très belle mise en images.

Ce tome s’arrête sur les journées du 7 septembre 1999 et du 9 novembre 1999. L’histoire se poursuit et continue à étoffer l’univers du Pouvoirs des Innocents, série-mère qui avait été publiée la première fois en 1992 chez Delcourt. Delcourt… une marque qui semble être un argument de poids pour la campagne marketing du spin-off « Car l’enfer est ici ». On ne peut que regretter ces nouvelles couvertures brillantes et pimpantes, ce format standard qu’on trouve généralement chez Delcourt… il ne manque plus que le petit triangle rouge sur la tranche et nous seront-là en présence d’un pur produit Delcourt. Si Futuropolis pouvait garder sa « touche » éditoriale, m’est avis que nous en présence d’un objet-livre de bien meilleure qualité.

PictoOKMais vu que la ligne éditoriale de cette série est définitivement retenue, pas d’autre choix que de continuer à la suivre (d’autant que le scénario est de qualité) et à fermer sa gueule. Alors achetons un produit marketing comme si l’emballage étincelant était la preuve que ce qu’il contient est à la hauteur de nos attentes… je trouve cela réellement dommage. En revanche,

Du côté des challenges :

Petit Bac 2015 / Mort : enfer

PetitBac2015

 

Romans

Millénium, Volume 2 : La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette

tome 2 – Larsson © Actes Sud – 2012
tome 2 – Larsson © Actes Sud – 2012

Après avoir mené avec brio une première enquête et être ainsi parvenus à des conclusions que la Police n’a jamais su tirer, Mikael Blomkvist a assis sa réputation professionnelle et sa crédibilité par la même occasion. Il a repris son poste à Millénium et le cours de sa vie. Seule ombre à l’horizon : Lisbeth Salander qui, sans raison apparente, refuse tout contact avec lui.

De son côté, Lisbeth est maintenant dans une situation financière très confortable même si la provenance des fonds de son épargne a été acquise illégalement. Malmenée par la précédente affaire (voir le premier volume de « Millénium »), elle coule des jours tranquilles à l’étranger. Une semaine par ci, quelques mois par là… rien ne vient la perturber si ce n’est, au bout d’un an de fuite, cette envie de rentrer à Stockholm. Elle finit par s’y résoudre. A son arrivée, elle opère encore quelques changements, comme l’acquisition d’un nouvel appartement ou celle d’une voiture. Puis, les événements se précipitent et Lisbeth se retrouve en fâcheuse position. Recherchée par la Police pour un triple meurtre, elle va se terrer chez elle pendant que ses rares amis vont tenter de prouver son innocence.

Comme lors de la lecture du premier volume de la série « Millénium », il m’a fallu quelques temps avant d’entrer dans cette histoire. J’ai regretté un moment d’avoir enchaîné aussi rapidement la lecture des deux ouvrages et de ne pas avoir tenus compte des conseils que l’on m’avait prodigué (Marilyne notamment). Sans compter cette frustration de découvrir une Lisbeth Salander au cœur des événements, presque traquée par les services de l’ordre et une bande de tueurs qui en veulent à sa peau, et de passer presque 300 pages sans la voir, sans savoir où elle est ni comment elle accueille les choses (à commencer par cet étalage de sa vie privée dans les médias).

Stieg Larsson utilise de nouveau des thèmes sur lesquels il avait construit sa première intrigue : sexe et perversions sexuelles, violences faites aux femmes, corruption et milieux extrémistes. Mais on ne sent pas la redondance, si ce n’est en début d’ouvrage (moment où j’ai quelque peu appréhendé le fait que l’argumentation de l’auteur puisse tourner en rond).

Comme pour le premier volume, la fascination pour cette histoire arrive sans crier gare. D’un coup, le lecteur se retrouve pris par une sorte d’attraction magnétique vis-à-vis de l’ouvrage. Captivé, aspiré… on se retrouve dans l’impossibilité de tenir nos engagements de « allez, encore un chapitre et j’éteins la lumière » puisqu’un rapide coup d’œil sur l’heure affichée par le radio-réveil nous apprend que l’heure est déjà bien avancée et que, avec une moue prononcée, on se résout à poser l’ouvrage… oui, il s’agit d’être opérationnel pour travailler le lendemain…

PictoOKIl me reste le dernier volume à découvrir. Je suis partagée entre l’envie de me ruer dessus et l’envie de laisser décanter un peu. D’autant qu’il m’a été très difficile de m’extraire de cette « Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette » ; j’ai eu un mal fou à me plonger dans une autre lecture.

Jackson © Livre de Poche – 2014
Jackson © Livre de Poche – 2014

D’un côté, nous avons Summer, jeune femme d’une trentaine d’années et d’origine néo-zélandaise, installée à Londres depuis quelques années et musicienne de profession.

De l’autre, nous avons Dominik, professeur de littérature à l’Université et également âgé d’une trentaine d’années, londonien de pure souche et qui n’a jamais quitté sa ville, si ce n’est à l’occasion de voyages (professionnels ou non).

Quand Dominik voit Summer pour la première fois, elle est en train de jouer du violon dans le métro ; elle espère ainsi se faire un peu d’argent pour pouvoir payer une partie de son loyer, manger… Quelques semaines passent et il découvre, dans un journal, que la musicienne a subit les dégâts collatéraux d’une bagarre dans le métro. Si elle n’a rien physiquement, son violon en revanche est en mille morceaux. L’article permet à Dominik d’apprendre l’identité de la jeune femme et une rapide recherche sur internet lui permet de trouver son compte Facebook. Il entre en contact avec elle et lui propose de lui acheter un nouvel instrument mais son offre est soumise à certaines conditions. La jeune femme le recontacte, accepte de le rencontrer, excitée à l’idée de savoir quelles peuvent bien être les exigences de cet homme…

Baptême de littérature érotique me concernant et malheureusement, ce fut un coup dans l’eau. Disons que je ne vois pas tellement l’intérêt de détailler autant les personnages principaux sur les deux premiers chapitres. Je trouve bien évidemment que cela a un intérêt mais je ne vois pas pourquoi donner autant d’informations aussi rapidement… me semble que le jeu de la suggestion est inévitable dans ce style d’écrits et que dévoiler trop de choses trop tôt gâche un peu.

Mais passons. Le lecteur sait donc rapidement à qui il a à faire et la manière dont ils se projettent. Doute, excitation, fantasme… rien n’est oublié. Je me suis accrochée ferme au roman, bien décidée à me faire un avis après avoir lu entièrement le roman.

Mais j’ai commencé à faire de la lecture en diagonale puis à sauter des passages, avant de fermer définitivement l’ouvrage. Entre soirées dans des clubs très privés, orgies et scènes plus intimes, on explore les pratiques SM et j’avoue que je n’y ai pas trouvé grand intérêt.

pictobofPfff… moi qui pensait pouvoir participer au premier mardi chez Stephie… c’est raté.

Du côté des challenges :

Petit Bac 2015 / Musique : notes

PetitBac2015

Car l’enfer est ici, tome 1 (Brunschwig & Nouhaud)

Car l'enfer est ici, tome 1
Brunschwig – Nouhaud © Futuropolis – 2011

Mai 1998. New-York.

Jessica Ruppert est Maire de la ville depuis 6 mois. Peu avant l’élection, le 4 novembre 1997, les habitants de New-York avaient appris avec émotion la mort de Steven Providence, le champion du monde de boxe, symbole du rêve américain, devenu une figure emblématique de la ville pour avoir fédéré et redonné espoir au peuple noir dans sa lutte contre les discriminations raciales. Providence est mort des suite de l’explosion de sa résidence alors qu’il fêtait l’élection de Jessica en compagnie de 508 autres anciens pensionnaires d’un orphelinat géré par Ruppert dans les années 1970.

Six mois après la fin du Pouvoir des Innocents, Joshua Logan, revient à New-York après une cavale dans tout le pays. Lui, qui est accusé injustement d’avoir perpétré cet attentat, le pire qui ait frappé la ville, a décidé de se rendre à la police pour faire reconnaitre son innocence. Mais qui voudra défendre l’homme le plus haï de la ville ? Qui sera prêt à l’écouter ?

En mai dernier, je vous parlais du Pouvoir des Innocents – superbe série en 5 tomes de Luc Brunschwig et Laurent Hirn – et du tome de lancement des Enfants de Jessica, premier spin-off du Pouvoir qui, je vous le rappelle, a eu tôt fait de balayer mon scepticisme quant à l’intérêt de prolonger cet univers. D’autant que le pari était osé puisque les auteurs avaient annoncé la publication de deux spin-off en parallèle : Les Enfants de Jessica et Car l’enfer est ici, le premier se déroulant en 2007 tandis que le second s’intéresse au lendemain du drame de 1998 et aux premiers mois de Jessica Ruppert dans son mandat de Maire de la Ville.

Nous avions donc quitté Joshua estomaqué après l’explosion de la résidence de Providence, laissant des centaines de mort derrière lui et l’obligeant à fuir. Nous le retrouvons métamorphosé alors qu’il revient à New York après une longue cavale que l’on imagine éprouvante. L’impression est d’autant renforcée que cette fois, les illustrations ne sont pas réalisées par Laurent Hirn (il a supervisé le story-board) mais par David Nouhaud. Le trait est plus rond, ses choix de colorisations plus proches des Enfants de Jessica, plus lumineux que Le Pouvoir des Innocents. S’il m’a été difficile de reconnaître Joshua dans cet album, ce n’est pas le cas des autres personnages une fois quelques pages tournées.

Brunschwig prend de nouveau le temps de placer ses pièces sur l’échiquier, de rappeler les faits et de construire des passerelles avec la série-mère. Nous retrouvons donc un univers qui nous est plus proche du Pouvoir des Innocents puisque Ruppert n’a pas eu le temps de réformer en profondeur les instances politiques, administratives et judiciaires de la Ville. Ici cependant, à l’inverse des Enfants de Jessica, il faut avoir une bonne connaissance de l’univers originel savourer la lecture de cet album. L’enquête se construit autour de Joshua, son épouse Xuan-Meï, Jessica et Angelo Frazzy le mafieux. De nouveaux personnages secondaires entrent en scène et viennent compléter un tableau déjà bien installé.

La richesse d’un scénario que l’on sent fouillé et maîtrisé jusqu’au moindre détail est l’atout majeur de la série. Les conséquences du drame du 4 novembre sont bien exploitées puisqu’on chasse plusieurs lièvres à la fois. En toile de fond, des enjeux politiques et magouilles mafieuses pour déstabiliser Jessica, le nettoyage des dernières traces crapuleuses des uns et des autres…

PictoOKLes 50 pages de ce nouvel opus suffisent à présenter la nouvelle donne. Un bon album. Une série à suivre.

D’autres chroniques en ligne : Yvan et PlaneteBD.

Car l’Enfer est ici

Tome 1 : 508 statues souriantes

Série en cours

Éditeur : Futuropolis

Dessinateur : David NOUHAUD

Mise en scène : Laurent HIRN

Scénariste : Luc BRUNSCHWIG

Dépôt légal : août 2011

ISBN : 9782754803564

Bulles bulles bulles…

La preview sur BDGest’ (11 pages).

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Car l’enfer est ici, tome 1 – Brunschwig © Nouhad – Futuropolis – 2011